Le Pacte et les mèches courtes

JE L’AI SIGNÉ LE PACTE. Et je le résignerais encore.

Mais n’empêche, je suis un peu énervé. Ils étaient où les justiciers de «Terre-Mère» alors que les deux seuls partis indépendantistes dotés d’une plateforme en environnement se crêpaient le chignon? Ils étaient où ces sauveurs exaltés pendant la campagne électorale? Alors que QS, le parti sabordeur de la convergence, présentait une candidate contre Aussant, sûrement la pire menace qu’ait connu le Québec? Il y a des disgrâces qui méritent d’être relevées. Surtout lorsque, cumulées, elles conduisent au triomphe de la CAQ, le seul parti escamotant entièrement les questions environnementales. Et non, par pitié, je ne suis pas un Péquiste aigri!

 

Depuis le lancement du Pacte, le Québec brille encore par son incapacité à débattre. À peine une semaine et les insultes fusent, pour peu que l’on fasse part de réserves quant à l’initiative. Un p’tit malaise devant la présence de certains signataires? Un p’tit malaise quant à leurs allégeances? Et c’est la pluie de flèches. Voilà pourtant des questions légitimes qui devraient pouvoir être entendues et discutées. D’autant plus qu’elles sont venues spontanément et que c’était pas que d’la glotte à Martineau, l’ennemi juré des bourgeois bohèmes. Non, ce sentiment émanait aussi de la plèbe. De monsieur et madame Toulmond’ comme disent les politicards. Et ça, «les masses», «la populace», c’est un truc qui fait pester une certaine gauche – qui pourtant s’affirme «populaire», dans le sens de «près du peuple».

Ce malaise populaire (repris par quelques chroniqueurs), on peut y répondre intelligemment. Champagne l’a fait, dans un premier temps. Moi ça m’a convaincu. C’est clair que ça m’irrite les «stars», les pleins de fric, ceux qui s’empiffrent de gadgets remplis de métaux rares extraits de mines lointaines à grands coups de procédés chimiques, ceux qui pètent à eux seuls le bilan carbone de villages entiers, ceux dont on voit la face partout et qui s’invitent entre-eux, s’interviewent entre-eux, papotent devant nos rétines abruties… Mais que des richards signent le Pacte, ma foi, je suis assez d’accord avec Champagne pour dire que c’est pas mauvais en soi. Et puis parmi les signataires mis de l’avant, il y en a des biens, des humains (si le mot n’était pas autant galvaudé, je serais tenté d’ajouter «inspirants») qui tentent depuis belle lurette de vivre en accord avec les principes dudit Pacte. Ce n’est pas une question de venir nous faire la morale. C’est une question de mouvement collectif, de prise de conscience collective. Or le collectif, ça comprend aussi tous ces lascars.

Dans un second temps, Champagne et certains de ses potes ont quelque peu dérapé. Faut dire que pour qui évolue en vase clos, c’est pas facile de capter la légitimité des questions soulevées par ce foutu Pacte. Et ils sont allés un peu vite en besogne pour distribuer des accusations de «trollisme». Ça tient du réflexe dirait-on. On extrapolant, on pourrait presque leur trouver des accointances politiques… En retour, ils ont récolté une belle réaction épidermique, alors que les braises du débat sur la laïcité rougeoient encore (d’autant plus que certains «gentils», jusqu’à tout récemment, ce sont bien démenés pour entretenir le brasier). C’était écrit dans le ciel. En un clin d’œil, les hurlements des meutes ont percolé de part et d’autre. Or quand les gens se braquent, ils ne réfléchissent plus et on ne se rassemble plus.

Pour les pessimistes, l’initiative du Pacte peut sembler futile. Mais pour le père que je suis, c’est un petit quelque chose de positif et ça me semblerait bête de ne pas y insuffler un peu de jus. Pour ceux qui suivent et les autres créatures qui ont le malheur de cohabiter avec notre espèce. Ce Pacte, cette bricole en regard de ce qui nous pend au nez, je le résignerais direct et je vous invite à le faire itou. Un modeste soubresaut québécois au cœur de ce grand naufrage qui engloutit l’humanité. La Terre n’est pas stressée pour une cenne par notre dimension temporelle, nos p’tites vies de singes glabres, autodomestiqués, gorgés que nous sommes de pesticides et de molécules suspectes. Car contrairement à nous, forte du temps géologique, elle se débarrasse plutôt bien des tumeurs.

Le Pacte, c’est ici : https://www.lepacte.ca/

En rappel, deux dessins du temps où je sévissais encore au journal Le Québécois. Avant que le petit rédac’ chef à la con ne balance toutes mes publications à la corbeille.

 

 

Troller les trolls (mais pas tous)

Ça devait paraître dans un nouveau journal qui vraisemblablement se présente par le siège. Mais tout ça n’a guère d’importance, ce sont mes p’tites affaires. Le propos, à savoir les stepettes d’une gauche paumée, demeure d’actualité. Le voici donc :

Pendant et après la campagne électorale, le cinéaste Hugo Latulippe a ouvertement et sans réserve appuyé Québec Solidaire, ce qui évidemment, est légitime. Dans le tourbillon de la campagne, son plus récent documentaire «Troller les trolls» a été diffusé sur Télé-Québec. Dans la foulée, le documentariste et sa comparse Pénélope McQuade ont également été invités à TLMEP. Voici un texte à ce sujet. Je l’ai bricolé à partir de commentaires que j’ai envoyé au principal intéressé, au demeurant, mon ami.

Cher Hugo, j’ai vu ton dernier documentaire. Tu as su faire du joli avec peu de moyens. Grosso modo, je reste plutôt fan. Étant du même coin de pays que toi, je suis tes œuvres depuis l’aube de ta carrière. Mon fils est né alors que nous regardions Bacon, ton pamphlet. Et je t’ai déjà dit à quel point j’ai été remué par Alphée des étoiles. Voici mes remarques, non pas sur l’image, mais sur les idées que trimballe «Troller les trolls».

L’aspect les plus intéressants de votre film est ce regard porté sur les mœurs des internautes, notamment leur façon de réagir à un propos selon qu’il émane d’un porteur de couilles ou d’ovaires. Un constat qui fait froid dans le dos. Le fond de l’air est malsain et ça prend un électrochoc collectif, on est d’accord là-dessus.

Par ailleurs, y me semble que vous auriez gagné en crédibilité en vous penchant également sur les «furieux d’en face», les racialistes, les attifas, les censeurs bien pensants, bref, l’autre meute. Bien au fait de ta partisanerie décomplexée et sachant que QS est frette lorsque vient le temps de condamner les excès d’une partie de sa clientèle, je trouve votre choix TRÈS gênant. D’autant plus que j’ai ressenti le même malaise avec ton expo, 25X la Révolte.

GND apporte des éléments pertinents en évoquant l’éducation. Il s’agit d’une piste à explorer : l’enseignement de la communication non-violente, de l’auto-défense intellectuelle et du civisme (tiens, ça me fait penser à ce cours au contenu discutable qu’on gagnerait à éjecter (ECR)). Toutefois, j’ai trouvé agaçant d’entendre ton pote souligner que les sujets les plus explosifs sont l’identité et la religion. Ça ne fait p’têt pas les gros titres de Radio-Cadenas, mais on est nombreux à trouver que QS, à l’instar du PLQ, joue au pyromane sur ces thèmes.

Bien que je sois affligé qu’un flot de menaces se soit abattu sur Dalila Awada, le fait que vous ayez ignoré les sorties les plus incendiaires de cette militante QSiste m’a laissé pantois. Avec Richard Martineau on a eu droit à un peu de recul quant à son «obsession» de l’islam, laquelle serait motivée par une soif de buzz médiatique – comme le laissait entendre Eric Lagacé. Pourquoi pas le même recul avec Awada? D’ailleurs à TLMEP, Pénélope McQuade affirmait que Dalila Awada «était là pour nous faire réfléchir». Personnellement, je trouve qu’on fait mieux qu’Awada pour gamberger. Traiter le PQ de parti raciste et néocapitaliste ça fait court, ça coupe court et c’est injurieux. Avec ça, on a aussi eu droit à Haroun Bouazzi, un autre Qsiste controversé (enfin, visiblement pas pour vous). Je ne vais pas m’étaler sur celui là, mais on peut pas dire que tu ratisses large pour trouver des victimes. Marci tout de même de nous avoir épargné Camus, Singh et Charkaoui, car là vous vous seriez vraiment vautré dans le fumier.

Un recul sociologique plus large aurait été intéressant quant à ce qui pousse les gens à s’improviser chroniqueurs (pas sûr que le terme convienne), mais voilà, les moyens étant limités, c’est déjà très bien. Cette dame qui se déchaîne devant sa caméra, c’est une vision assez troublante qui invite au recul.

Par contre, je suis perplexe quant à votre choix de confronter cet homme (l’internaute déchaîné) à l’un de ses propos : «l’islam n’est pas une race, c’est une menace». Vous aviez l’embarras du choix, mais c’est ce que vous avez choisi de nous présenter comme le summum de l’abomination. À mon avis, c’est assez révélateur d’un penchant QSiste pour les raccourcis multiculturalistes vaseux. Mon cher Hugo, l’islam EST une idéologie religieuse (et les musulmans ne correspondent pas tous aux stéréotypes que tes camarades s’évertuent à renforcer). Ça fait p’têt cave dit comme ça, mais tes chums qui s’pètent les bretelles avec leur motion contre l’islamophobie, ils n’ont pas capté cette évidence. Pour ce qui est de savoir si cette religion (ou une autre) constitue ou pas une menace au Québec, on reste dans le domaine des idées. Ça peut se discuter, mais ça ne relève pas de l’infamie.

Vous auriez aussi pu relever le fait que les citoyens, hormis aux rendez-vous électoraux (massivement boudés), disposent de peu d’espaces pour faire valoir leurs inquiétudes, discuter (sans les claviers), s’impliquer et influer sur leur collectivité. Faut dire que le parti que tu présentes comme celui du peuple s’est mainte fois illustré pour son mépris de craintes légitimes exprimées par la plèbe, les citoyens ordinaires, qualifiés de bouseux racistes et intolérants…

«Troller les trolls» transpire tellement l’obsession d’une poignée de bobos benêts (et d’une pincée de sagouins sanguins) qu’au final, il scrape une belle occasion. Votre lecture de ce sujet d’intérêt public majeur s’égare dans les méandres d’un autre enjeu, celui de la laïcité auquel manifestement, vous ne comprenez rien. Sauf votre respect, dans ce registre, on reste dans la même lignée que certaines des merdes chiées par Enquêtes. À astiquer la bille avec tant d’insistance, vous n’émoustillez que les sadomasochistes. Ouvrez les yeux, tendez l’oreille : la cerise est à vif. Ça file graveleux dans le vestibule pis l’minou sature d’être ramoné! Comme pour le thé, «NON ça veut dire NON»! Passez à aut’chose cimonak! J’sais pas moi, le trollisme at large ou… l’environnement tiens!

Alex, ton pote rural, de l’aut’ gauche, le caricaturiste satirique, indépendantisse, censuré, au final plutôt anonyme, et pas prêt d’aller à TLMEP.

http://www.telequebec.tv/documentaire/troller-les-trolls/

Dans l’air du temps

Quelle serait votre série préférée parmi ces proposition dans l’air du temps?

Un nouvel aphorisme d’Albert Brie, également dans l’air du temps…

Qui c’est Albert Brie?

Écrivain et humoriste québécois. Il a participé comme scripteur francophone à plusieurs médias. Il est notamment connu comme auteur d’aphorismes humoristiques et philosophiques salués par ses pairs. Albert est décédé le 27 octobre 2015 à l’âge de 89 ans.

« Un écrivain prodigieux, à mettre quelque part entre le vieux Montaigne et le jeune La Bruyère » ­- Jean Marcel

« Ses pensées précises et fines ont éclairé des générations de lecteurs. Ses traits, il les décoche en quelques mots qui lui suffisent à cerner une idée, une impression, un sentiment.  » – Jean François Nadeau

« Si tous ceux qui parlent pesaient leurs mots, comme l’air serait léger ! » – Albert Brie

« La plupart des grands hommes sont considérés comme des lumières seulement quand ils sont éteints et les morts sont enterrés deux fois, sous la terre et sous les éloges ! » – Albert Brie

Brie Aprilus

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Au pays des gentils

Aprilus plante le décor

Ça s’amuse ferme au pays des gentils. Après tout, l’été c’est fait pour jouer. Et celui de 2018 aura été riche en amusements. Vu de ce microcosme où galopent licornes et pangolins fluorescents, dans la vie, il y a des méchants et des gentils. Et heureusement, chez les gentils, il y a des gardiens de la pensée. Fort des algorithmes de Facebook, tout ce petit monde évolue en vase clos sur fond de patchouli.

Or les gentils ne se cantonnent pas qu’à Montréal et certaines de leurs âneries remontent le fleuve. C’est ainsi qu’un échange «qui n’a pas eu lieu» et qui pourtant a généré son lot de petits cœurs et de pouces levés m’a donné envie de varger à nouveau dans ce guêpier qui constitue la clientèle de Québec Solidaire.

Au pays des néo-cléricaux québécois, dès lors qu’on a de bons sentiments, les faits et la sémantique comptent peu. On s’y bricole un petit cocon d’intransigeance bien sélectif et on n’aime pas qu’on vienne nous y secouer les puces. Chez les gentils, on peut partager des énormités et, dès lors qu’un pauvre bougre vient polluer notre petit monde, on se contente de se distribuer des likes entre calinours. Mais au fond, on est quand même bien contents que les méchants nous accordent autant d’importance. Alors entre vertueux, on peut pousser le bouchon jusqu’à endosser la racialisation ambiante et l’onde de censure et d’auto-censure qui balaie actuellement le Québec.

La récréation se terminera peut-être lorsque le monde extérieur appellera enfin les choses par leurs noms.

Retourner l’insulte – RACISTE – et y adjoindre CENSEUR

Le largage d’énormités racistes nappées de bien-pensance induisent une autocensure qu’on mesure par la tiédeur des réponses qu’il suscite. Un hurluberlu fringué en gothique avec une empreinte de loup sul’ chest, assurément, on lui fera sa fête. Le néo-clergé, lui, est à l’abris de tels déferlements d’indignation car il s’affirme bruyamment antiraciste et égrène sont petit chapelet pseudo-intellectuel, le plus souvent dans la langue de Shakespeare.

Devant le racisme, je n’y vais pas par quatre chemins. Qu’il émane du bec de lièvre d’un fakir tamoul, d’un pygmée hydrocéphale ou d’un apache hermaphrodite, si tu partages des propos racialistes, je vais le relever. Et surligner en rouge fluo si tu les endosses. Idem pour ce qui est d’excuser ce fléau intemporel qu’est la censure.

Lettre à un gentil de mon patelin

Avant de me lancer, Gentil-de-mon-patelin, je te prie d’excuser mon ton, mon style. C’est plus fort que moi. Autrement, écrire m’est moins amusant et puis tu le sais, en vrai, je ne suis pas spécialement teigneux. Ce qui m’intéresse ce sont d’avantage les idées que tu véhicules que ta petite personne, rassure-toi. De toute façon, je sais bien que tu ne liras pas mes mots. Enfin, ma marde, si tu préfères.

1- L’antiracisme raciste

On va mettre les choses au clair. Le racisme tient de l’ignorance. Et ignorants, nous le sommes tous à des degrés divers – ne pas le reconnaître tient de la connerie absolue. Je veux bien croire, cher justicier de la justice, que tes intentions sont nobles. Moi aussi, je me réjouis de voir nombre d’autochtones sortir du mutisme et se tailler une place dans le débat public. Seulement, je me méfie de ces petits porte-paroles autoproclamés que tu suis fiévreusement. Tu ne trouves pas ça réducteur de ranger les quelques 500 nations autochtones des Amériques derrière Maïté Labrecque Saganash ou Natasha Kanape? Les indiens, ils n’ont pas le droit d’être de droite? D’être cons, tout simplement. Tu les fantasme comment? Tous traditionalistes, gentils, de gôche, avec des plumes au cul? Et à partir de quel degré de métissage peut-on se prétendre indien? Tu ne t’étais pas posé la question? Effectivement, c’est débile. C’est raciste. Maïté et Natasha ne représentent qu’elles même, ou tout au plus, une poignée d’exaltés. De la même manière, Wiel Prosper, si prompt à fustiger ceux des «siens» ne se ralliant pas à ses idées, ne représente en rien les «noirs». Pas plus que Dalila Awada ne représente les gens de confession musulmane.

Mais avant d’aller plus loin cher Gentil, je t’invite à ne pas remettre en question ma sensibilité aux réalités autochtones. C’est un peu nul de le rappeler mais je vois pointer la bêtise, le classique dénigrement du messager. J’ai vécu des années marquantes chez les cris et les inuits, mes enfants sont nés là-haut, très loin de Montréal, de l’UQAM et de Concordia. J’y ai même des parents adoptifs, eux-mêmes passés par le rouleau compresseur des écoles résidentielles. Et je t’assure que je sais prendre tout le recul historique qui s’impose. Alors épargne-moi tes raccourcis vaseux, car pour l’heure, le raciste qui s’ignore, c’est toi.

Le racisme donc, chemine lentement mais sûrement. Pour le justifier, les nazis l’ont enrobé d’un jargon scientifique. Pour le diffuser, la RTLM, radio populaire Rwandaise, l’a asséné en boucle, sous forme d’un quolibet, «cafard». Ici, le néo-clergé québécois, recoure à la bien-pensance anglo-saxonne. Il importe le discours racialiste des Étazuniens. Et pour le gauchiste d’un autre cru que je suis, le pouvoir de nuisance de ce néo-clergé ne s’arrête pas là. Bien qu’il aboie à l’occasion à leur endroit, il sert les puissants. À force de sottises racialistes, d’écriture zinclusive et de délires de reconnaissance d’individualités toujours plus excessifs, il détourne l’attention publique du pillage économique, de la destruction environnementale et de notre asservissement collectif à une autre nation.

Parmi les inepties racistes que tu véhicules – ou like – allègrement, il y ce concept tordu de whitesplaining. Ainsi la couleur de la peau assignerait certains individus à résidence. Tout individu né blanc (là aussi il faudrait que tu nous indiques à partir de quel degré de blanchitude) serait coupable de colonialisme. Évidemment le colonialisme, l’esclavagisme et la traite négrière perpétrés jadis – et encore aujourd’hui – par certains musulmans ne t’indispose pas. L’antiracisme raciste, par exemple Jaggi Singh qui vomit du blanc, ça ne te pose pas problème car, dans ton cosmos, les porteurs d’épidermes basanés sont vaccinés contre l’ignominie suprême! Le seul racisme digne de ta vindicte c’est celui des blancs d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Le poids du passé, pour toi, c’est aux individus de le porter. Suivant ton raisonnement, puisque le nazisme fut une invention germanique, tout enfant allemand né depuis devrait porter la responsabilité des bourreaux d’autrefois. Vraiment, l’absurdité tu ne la sens pas? Il faut vraiment t’expliquer?

Tout ceux qui prennent à la légère ce genre de dérives verbeuses se montrent complices de cet authentique racisme néo-clérical. Il faut le voir, le reconnaître et le dénoncer comme tel.

Pour clore sur ce point, j’aimerais reprendre les propos de mon ami André Gagnon alors qu’il réagissait à une autre donneuse de leçon. Le racisme qui a façonné l’Amérique du nord n’était pas spécialement blanc, mais bien anglo-saxon et protestant. Il n’était pas plus «blanc» que le racisme aryen des nazis. De quel traitement «privilégié blanc» ont bénéficié les Acadiens, dépossédés, traités et déportés comme du bétail, sans droits reconnus et sans indemnisation pendant 2 siècles? De quel «privilège blanc» a bénéficié Louis Riel et ses métis? Pour certains enfants de Lord Durham, premiers bénéficiaires encore aujourd’hui de ce racisme, il est de bon ton de se déculpabiliser en rejetant le blâme sur ceux que leurs prédécesseurs ont opprimé. La preuve vivante que leur racisme se porte bien.

2- Non, la censure ce n’est pas une question d’hygiène

Voici un exemple de comment, à force de branlettes intellectuelles, on excuse la censure – où lorsque des relents staliniens diffusent dans la bien-pensance :

«Les mécontents et les protestataires vous agacent peut-être, mais ils sont les vrais gardiens de vos droits et de vos libertés, y compris de la liberté d’expression. La critique, la dissidence, le refus, c’est le dernier rempart de la démocratie. (…) Réjouissons-nous tout de même de vivre dans une société où les artistes ont le droit de se tromper, et où le public a également le droit de les critiquer et de les rappeler à l’ordre quand ils errent. La liberté d’expression, c’est pour tout le monde ou ça n’existe pas. C’est bien ce qu’il y a de plus positif à retirer de ce lamentable épisode.»

Cet extrait et l’article d’où il a été tiré, tu les as partagé. Sérieux, tu trouves ça malin? Tu n’a pas voulu me répondre quand j’ai relevé la grossièreté, les contradictions et la condescendance de cette affirmation. Tu crois vraiment que les «noirs», les «indiens» et la «démocratie» se portent mieux depuis que deux œuvres de Robert Lepage ont été mises à l’index par «les gardiens de nos droits et liberté»? D’abord, ce sont peut-être tes gardien à toi, mais pour moi ce sont des clowns obscurantistes, dangereux et nuisibles. Ça ne te saute pas au yeux à quel point ce charabia ne veut rien dire? Il faut vraiment que je t’explique? Relie l’extrait, mesure la bêtise. Cher Gentil, tes gardiens de mes deux, les fameuses pièces de Lepage, ils ne les ont même pas vues! Et ils ont œuvré à les faire censurer! Faut vraiment être débiles…

Avant d’aller plus loin, je vais ouvrir une parenthèse égocentrique. Je voulais te dire que vous (enfin, toi, ton likeux attitré et quelques autres du patelin), m’avez bien déçu par votre silence alors que le petit éditeur du Journal Le Québécois foutait mon article intitulé «Ceux qui hurlent avec les loups» aux poubelles. C’était sous prétexte que je n’étais pas assez fin avec Québec Solidaire. Peut-être qu’à vos yeux, un safe space médiatique était de mise, dès lors que Paul Cliche, un gourou prosélytiste de la gauche orange, était venu mettre son grain de sel en me qualifiant de scatophile. N’empêche, vous pouviez tout à fait ne pas être d’accord avec mon propos. Mais sachez toutefois qu’il manque visiblement une dimension à votre engagement prétendument progressiste : la défense de la liberté d’expression. L’humanité n’a pas à réagir à mes déboires, mais quand on est du même patelin, un peu plus de 3000 habitants, votre silence, même en privé, m’est apparu, du moins pour les deux premiers moineaux, comme un appui tacite au censeur (d’un propos qui vraisemblablement vous agaçait). Eh les mecs, la liberté d’expression ce n’est pas l’affaire d’un clan. Vous devriez relire Chomsky, gauchistes que vous êtes. Et pour ce qui est de mon irritant propos, vous devriez relire Falardeau que vous aimez tant citer de manière sélective.

Mais revenons à l’affaire Lepage, autrement plus évocatrice que ma banale petite histoire. Faudra-t-il recourir à une gamme de couleurs SICO, à un test d’ADN ou revenir à la crâniométrie du 18ème siècle (photo de 1912 ci-contre) pour que soit déterminée notre «case raciale» et de ce fait notre latitude de parole? Et pour causer de l’homosexualité, devrons-nous fournir aux gardiens de la bonne pensée un rapport de nos activités sexuelles? Pour causer d’un genre, devrons-nous baisser notre slip? Pour causer d’une idéologie religieuse devrons-nous en être nous-mêmes endoctrinés?

D’ailleurs à propos de bondieuseries, ce sont aussi tes amis calinours, anarchopanda, inspecteur Camus, Singh et autres tenants du multiculturalisme (en tête, le PLQ) qui se sont mis à diaboliser la laïcité, à associer religions et races, à chier des stéréotypes racistes et à vomir un portrait hétérogénéisant des croyances. Voilà 15 ans qu’on se replonge périodiquement dans le même merdier et à chaque fois, tu cries présent pour bien envenimer l’affaire. Tu ne trouves pas qu’on marche sur la tête là? Qu’il est temps de passer à autre chose?

Ressaisi toi Gentil! Est-ce qu’il faudrait t’énumérer toutes les œuvres qui devraient être mises à l’index selon ton raisonnement de raciste et d’analphabète culturel? Pas sûr que t’aurais la patience de tout te farcir tellement il y en aurait, y compris parmi tes héros anarchistes et gauchistes. Tu mesures le risque qu’on court, collectivement si les artistes, les auteurs, les citoyens se soumettent à l’autocensure, par peur de déplaire à tes bruyants amis du néo-clergé?

C’est pourtant pas compliqué, ami Gentil. TOUT le monde peut s’exprimer, créer, peindre, écrire, dessiner, danser, jouer, sculpter à l’abris du carcan idéologique de tes prétendus gardiens à la con. Le bourgeois comme le prolo. En création, TOUT le monde a le droit de s’inspirer de quoi bon lui semble. On peut s’inspirer de TOUT ce qu’on veut! TOUT le monde a le droit de se planter, de se raviser, ou d’assumer. Devant une création, TOUT le monde a le droit de réagir, d’aimer, de ne pas aimer, de critiquer, de caricaturer, de pasticher, etc. Mais pour ce faire, ça aiderait que tes amis du néo-clergé mettent au placard leurs petits réflexes totalitaires. Faudrait qu’ils comprennent que le monde ne s’arrête pas à la paroi de leur bulle.

La rencontre de deux dérives

Je veux bien croire que ton positionnement part de bonnes intentions (en fait, j’en suis convaincu). Mais au final, il est aussi nuisible que celui qui transpire de la meute ou autre rassemblement de guignols – qui, aussi, peuvent s’être braqués sur des bêtises à partir de craintes légitimes. Nier que ces gens ne sont pas tous forcément mal intentionnés; c’est se comporter en petit Lénine. Se croire appartenir à une élite éclairée, omnisciente, seule apte à penser. C’est mépriser le peuple et s’en couper, c’est pervertir les luttes de la gauche en autocratie; c’est nourrir la fragmentation, la division, la ghettoïsation. Alors que la gauche devrait penser le commun. 

Avec votre surexposition médiatique, vous faites passer l’ensemble des anarchistes et des gauchistes pour une bande d’abrutis! Ne serait-ce que pour cette raison, on peut remercier Roméo Bouchard et Louis Favreau pour leur manifeste de L’Aut’ Gauche.

On assiste à deux types de dérives racialistes qui carburent à l’ignorance et se nourrissent mutuellement. Pour l’heure, tu t’inscris dans l’un de ces courants. Est-ce que tout ceux qui macèrent dans l’un comme dans l’autre sont des racistes finis? Non, mais certainement, ils sont ignorants quelque part. Bonne nouvelle, ça se corrige.

Le bisou de la fin

De grâce, Gentil n’embrasse plus ces conneries mortifères. Ne crains plus l’excommunication de cette clique de fanatiques unidimensionnels, fussent-ils tes amis. L’indépendance d’esprit, c’est une belle expérience de la liberté. Pour l’essentiel, Gentil, on est plutôt d’accord. Du coup, c’est bête qu’on se crêpe le chignon tous les deux car j’ai pour toi, à bien des égards, une sincère admiration. Mais quand tu endosses des propos racistes et que tu te comportes en gardien de la pensée, je surligne la chose en rouge.

Le racisme, d’où qu’il émane, et la censure ne passeront pas.

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Au nom du sang

3ème publication depuis la censure qui m’a frappé au Journal le Québécois. Je vous sert ce nouveau dessin avec un autre, dans la même veine, publié dans le dit journal le 2 février 2016. En effet, plus ça change, plus c’est pareil et c’est pas pour rassurer. En 2015 je publiais l’un de mes premier article illustré dans ce canard web – aujourd’hui aseptisé – et ça s’intitulait : Moi raciste, fuck you!

Également, un aphorisme d’Albert Brie – plus léger – tout neuf.

Ah oui, et un joyeux camp de formation à Portneuf aux gens du PCQ – le seul parti qui ne présente pas de candidat mais des idées et un profond désir d’indépendance (avec un cadre uninominal à un un tour faut bien finir par tilter).

Au plaisir!

ghetto Aprilus

Pour info :

La cryptorchidie est l’absence d’un ou des deux testicules dans le scrotum.

Le prognathisme est une configuration faciale selon laquelle une des deux mâchoires est plus saillante que l’autre.

castors Brie aprilus

Qui c’est Albert Brie?

Écrivain et humoriste québécois. Il a participé comme scripteur francophone à plusieurs médias. Il est notamment connu comme auteur d’aphorismes humoristiques et philosophiques salués par ses pairs. Albert est décédé le 27 octobre 2015 à l’âge de 89 ans.

« Un écrivain prodigieux, à mettre quelque part entre le vieux Montaigne et le jeune La Bruyère » ­- Jean Marcel

« Ses pensées précises et fines ont éclairé des générations de lecteurs. Ses traits, il les décoche en quelques mots qui lui suffisent à cerner une idée, une impression, un sentiment.  » – Jean François Nadeau

« Si tous ceux qui parlent pesaient leurs mots, comme l’air serait léger ! » – Albert Brie

« La plupart des grands hommes sont considérés comme des lumières seulement quand ils sont éteints et les morts sont enterrés deux fois, sous la terre et sous les éloges ! » – Albert Brie

Brie Aprilus

Et parce que des fois, je me lâche encore sur Fèce de bouc… Vous êtes bien gentils de continuer à zyeuter mes bêtises.

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Des claques pour la CAQ

Faire du vieux avec du vieux

  legault couillard aprilusPapi Legault présente sa CAQ comme le parti du changement par rapport au PLQ qui trône de façon quasi-ininterrompue depuis seize ans. Et pourtant, la CAQ et le parti Libéral sont des versions similaires d’une pensée politique mortifère pour le Québec. Ensemble, on pourrait les comparer à un serpent qui change de peau. Exhibant un épiderme «neuf», le reptile, au fond de ses entrailles, reste le même.

Pour faire court, la CAQ est une créature créée en 2011 par Papi Legault et l’homme d’affaires Charles Sirois. Elle a voulu mettre son cul sur la mappe en lorgnant du côté des «électeurs fatigués du débat entre fédéralistes et souverainistes». La formule procède d’une curieuse contorsion : se prétendre nationaliste et éviter tout débat sur la place du Québec au sein du Canada. Ses politiques économiques résolument de la droite la plus fétide, empestent de l’arsenal argumentaire simpliste des radios X : réduction des impôts et dégraissage de l’État. Du même souffle , les gymnastes de la CAQ prétendent vouloir améliorer les services à la population. Gratouillons un peu pour essayer de dégotter des différences entre la CAQ et le PLQ.

Le statut constitutionnel du Québec

Les libéraux comme la CAQ considèrent que le statut constitutionnel du Québec ça n’intéresse pas le vrai monde. Il serait amusant de spéculer pour savoir lequel de ses sbires Papi Legault enverrait quémander au Canada, tel Jean Marc Fournier, téteux et doucereux, pour le voir ensuite se faire remballer par son Altesse Justin premier. Papi Legault a la prétention de vouloir changer les choses mais il évite de dire quoi et comment. En fait, sur tous les enjeux, il se terre, lui et ses troupes, autant que faire se peut, de peur de s’enfoncer le pied jusqu’aux amygdales. Il gagne du temps et fait de son mieux pour dissimuler le vide intersidéral qui caractérise son option.

Le françâ

Circulez, y’a rien à voir. La seule nuance avec les Libéraux que propose la CAQ, c’est de s’affirmer préoccupée par la survie du français tout en ne ne proposant rien, de peur de froisser la minorité anglophone. D’ailleurs les quelques modifications à la loi 101 proposées par l’éphémère gouvernement Marois minoritaire n’ont pas eu l’appui de la CAQ. Voici donc un autre grand écart de Papi Legault qui finira un jour par se fendre la raie. Les Libéraux, de leur bord, prétendent que le français se porte merveilleusement bien et nous ont pondu une sorte de secrétariat aux affaires anglophones pour éviter à cette «minorité maltraitée» de s’éroder d’avantage… CAQ-PLQ, le résultat est le même, on s’enlise.

culdesac CAQ PLQ aprilus

Les vases communicants

Club école des libéraux, la CAQ est une pépinière à transfuges opportunistes et sans scrupules. Bref, le genre de crapules dont les québécois prétendent saturer.

La star incontestée de cette usine à nuisibles est l’actuel ministre de la santé, Gaétan Barette. Battu en 2012 en tant que Caquiste, l’homme dont l’arrogance est aussi grande que la circonférence, s’est présenté en 2014 pour être élu Libéral, une job qui lui a permis de briller parmi les artisans de l’actuel fiasco. Signe de son succès, même les Libéraux s’efforcent de le planquer d’ici les élections.

Un autre opportuniste d’envergure, Martin Coiteux, a reluqué du côté de la CAQ et même du parti conservateur d’André Pouliot, notre libertarien Québécois. Mais bon, puisqu’à l’époque c’était le train libéral qui fonçait, c’est à bord de c’lui-là qu’il s’est garoché… Comme on le sait, en obtenant le poste de président du Conseil du Trésor, Coiteux a pu mettre en pratique tous ses fantasmes de démolition à grand renfort de discours boiteux.

Pour sa part, la vice première ministre Dominique Anglade s’est fait élire dans une élection partielle en tant que libérale alors qu’elle occupait le poste de présidente de la CAQ. Mêmes virevoltes de girouette avec Sébastien Proulx, l’actuel ministre de l’Éducation. L’ancienne vedette de l’ADQ, bien que dégoulinante de sympathie pour la CAQ, s’est laissé convaincre de se présenter dans une élection partielle sous la bannière Libérale. La CAQ et le PLQ, c’est blanc bonnet, bonnet blanc.

blanc bonnet CAQ PLQ aprilus

Dégraisser l’État pour améliorer les services…

Cette quadrature du cercle a été abondamment utilisée par les libéraux durant leur présent mandat. La solution à tous nos maux serait de tchopper dans la bureaucratie, celle-ci étant «inefficace». Depuis que les libéraux sont au pouvoir, la Fonction Publique a subit des coupures de personnel importantes et c’est le privé qui rafle la mise. Dans certains secteurs, il faut même engager des consultants du privé pour surveiller d’autres consultants du privé ! Or si le privé était miraculeux, ça se saurait. Les exemples démontrant les failles, les limites, les risques et les travers de cette solution «miracle» pullulent. Et comme on le sait bien cheux-nous, la facture peut être salée, ce qui n’est pas pour déplaire aux amis du régime. Ici, la seule différence avec les libéraux, c’est que la CAQ s’est engagée à réduire l’État alors que les libéraux ont mis en place cette politique en ayant promis le contraire. Il ne faut pas se leurrer, il est mathématiquement impossible de baisser les impôts et de maintenir ou d’améliorer le niveau de services.

Legault Bismol logo aprilusCoiteux, l’ancien groupie de Legault devenu minette de Couillard, a réservé ses toutes premières salves pour affirmer que les finances du Québec étaient dans un état déplorable. La faute à qui? Évidemment, à l’éphémère gouvernement Marois qui nous aurait laissé un déficit de près de 7 milliards. De la bouillie pour les chats, puisqu’il s’agissait des demandes budgétaires des ministères avant que l’arbitrage gouvernemental ne soit fait. Faut dire qu’avec la bénédiction d’un ancien vérificateur général, la pirouette avait l’air tellement crédible… Par la suite, notre ragondin à lunettes y est allé rondement de coupes paramétriques d’une ampleur sans précédent, frappant allègrement les plus faibles. À tel point que l’ombudsman du Québec mentionnait de façon explicite que les coupes faisaient très mal à certains secteurs de la population. Bref, pour améliorer le modèle québécois et sous prétexte de rigueur, il faudrait s’efforcer de faire disparaître tout ce qui nous distingue du reste de l’Amérique du Nord.

D’une certaine façon, ce genre d’énergumène a cannibalisé le parti libéral, lequel s’affichait – tout de même – un peu plus au centre de l’échiquier politique. Mais peu importe le train, seule compte la destination pour cette clique de boulimiques.

Papi Renouveau

Legault NEW aprilusCelui qui était perçu comme «Monsieur indicateur de performance» alors qu’il occupait les ministères de l’Éducation et de la Santé ne rechignait pas à exiger de ses fonctionnaires des montagnes de rapports statistiques pour démontrer la rigueur de sa gestion (beau paradoxe pour celui qui claironne l’inefficacité des fonctionnaires). Pas besoin de tendre l’oreille et de flâner dans les écoles et les hôpitaux. Avec les indicateurs de performances tout est clair et net! Comme lors des famines soviétiques. Les gens crevaient de faim alors que les récoltes étaient excellentes sur papier. Papi Legault voit la société comme un bilan comptable. Comme ceux de sa race, il peine à comprendre la complexité des sociétés. Il pense qu’avec une bonne poigne, il va gérer.

Gorgé de testostérone, Papi Legault trouve qu’on manque d’ambition, ici au Québec. Il faudrait «penser plusse big», comme aux States. Eux, affirme-t-il, ont le plusse meilleur niveau de vie au monde – quand on ne s’intéresse qu’à une moyenne, piètre indicatrice s’il en est, puisqu’elle zappe copieusement les abyssales inégalités caractérisant notre voisin du sud. Avec de tels propos, il n’est pas surprenant que le nouveau poster boy du Papi soit Youri Chassin, économiste à l’Institut Économique de Montréal, ce repaire de la droite pure, dure et obtuse. Un petit monsieur de plus, bien propre avec des dents bien blanches et une petite gueule de Ken, qui va nous rappeler que quelque soit le défi auquel nous sommes confrontés, y’aura qu’le privé pour le régler. Avec des mots de monsieurs respectables, les caquistes nous feront des démonstrations nébuleuses qui seront reprises par des merdias tout aussi respectables. Enfin, les radios poubelles réchaufferont tout ça avec du glutamate monosodique et le feront tourner en boucle dans les shops de Québec. Entre les lignes, suintera néanmoins le fantasme d’origine: un État coupé de sa populace mais généreux pour sa p’tite élite de carnassiers insatiables. Le pathétique de l’histoire, c’est que nombre de ces parvenus se sont bâtis grâce à ce modèle québécois dont ils souhaitent aujourd’hui la mort.

Des questions et de la consternation

Notre déculturation tranquille s’explique-t-elle par une résignation assumée? Est-ce le contrecoup d’offensives médiatiques orchestrées par des couillons sans scrupules exploitant bassement, au micro de radios privées, la niche de l’insignifiance? Quelle part de notre écrasement collectif peut-on attribuer aux flux d’intox «bien propre» que nous déverse quotidiennement Radio-Cadenas et ses alliés véreux de chez Power Corp? Saupoudrez à ces fléaux des stratagèmes de division à saveur multiculturaliste et ça vous fait un cocktail pire que du Roundoup! Ça fait la job.

Si la CAQ passe on sera nombreux à avoir une sacrée envie de dégueuler sur ceux qui auront œuvré en ce sens. À commencer par les solidaires vertueux, ces dévots de la revendication religieuse qui nous ont boudé la convergence indépendantiste. Le PQ de son bord n’est pas toujours facile à aimer. Il a sa part de responsabilité dans notre merdier collectif. Évidemment, ce serait tentant de lui mettre le nez dans sa p’tite bouse. Mais d’ici le prochain rendez-vous électoral, vaut mieux s’en garder car dans l’état actuel des choses, ce sont eux qui demeurent le meilleur scénario. C’est pas le temps de leur lancer des roches. Entéka, moi j’me sens pas d’le faire.

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Legault bismol

 

Les pointes de Brie (7ème service)

Voici deux nouveaux aphorismes qui, ma foi, collent bien avec le tumulte dont je compte bien m’arracher. Ils sont tout neufs pour vos pupilles. D’autres sont à venir. Je vous ai aussi réchauffé Les Pointes de Brie déjà parues au Journal Québécois. Je les ai allégées de l’URL encombrant.

Hamster 2 Aprilus

 

lionne aprilus pointe brie aprilus avenir

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Qui c’est Albert Brie?

Écrivain et humoriste québécois. Il a participé comme scripteur francophone à plusieurs médias. Il est notamment connu comme auteur d’aphorismes humoristiques et philosophiques salués par ses pairs. Albert est décédé le 27 octobre 2015 à l’âge de 89 ans.

« Un écrivain prodigieux, à mettre quelque part entre le vieux Montaigne et le jeune La Bruyère » ­- Jean Marcel

« Ses pensées précises et fines ont éclairé des générations de lecteurs. Ses traits, il les décoche en quelques mots qui lui suffisent à cerner une idée, une impression, un sentiment.  » – Jean François Nadeau

« Si tous ceux qui parlent pesaient leurs mots, comme l’air serait léger ! » – Albert Brie

« La plupart des grands hommes sont considérés comme des lumières seulement quand ils sont éteints et les morts sont enterrés deux fois, sous la terre et sous les éloges ! » – Albert Brie

Brie Aprilus

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Ce que susurre la censure…

L’article se subdivise comme suit : L’acte de censure; Le censeur; La caution molle; L’artiste mis à l’index (l’expulsion – la mise en marché de la satire – ce qui titille mon crayon – Aprilus scelle (encore) son sort).

Censorship aprilus

 

L’acte de censure

«[…]. Si vous croyez en la liberté d’expression, vous croyez alors dans la liberté de parole pour les opinions qui vous déplaisent également. Goebbels était en faveur de la liberté de parole pour les opinions qu’il aimait… Et Staline était pareil. […] Si vous êtes en faveur de votre liberté de parole, cela signifie que vous êtes en faveur de la liberté de parole pour les opinions que précisément vous méprisez. Sinon, vous n’êtes pas en faveur de la liberté d’expression. »

Noam Chomsky, Manufacturing Consent: Noam Chomsky and the media, 1992

QS gang aprilus censureUn même propos suscite deux réactions. D’un bord, on manœuvre pour court-circuiter la réflexion et induire la censure. C’est la voie royale de la gauche régressive. Profondément dégueulasse. En prime, il y la diffamation menée par les meutes que ces salauds dorlotent. S’enclenche alors le salissage des messagers mis à l’index, lesquels, dans une société à peu près libre, devraient être en droit de critiquer les personnalités publiques et politiques. Cette méthode, c’est l’option de prédilection du professeur Camus qui, piochant dans ses névroses, investit beaucoup d’heures à bricoler des captures d’écran, les amputant soigneusement de leur contexte. Beaucoup de temps aussi pour chier des raccourcis et servir les habituels anathèmes : bouffeurs de minorités, racistes, laïcards intégristes, identitaires obtus, etc.

Lacensurepue

Mon censeur

safespaceaprilus censureLà c’est le moment pittoresque où un artiste invisible parle d’un journal qui l’est tout autant.

Quand je replonge sur cet article qui m’a valu une censure, puis, par effet de cascade, une éviction du Journal le Québécois, je demeure pantois. Il n’était pas si roffe ce texte. Les dessins non plus. Replongez-y : http://aprilus.com/ceux-qui-hurlent-avec-les-loups/ Pas de quoi fouetter un chat! Pour moi, ça reste un portrait du réel, avec, à peine, une pincée de piment.

Au delà de l’acceptation de censure, les nouvelles conditions que «l’illustre éditeur», Carlo Mosti, m’imposait étaient intenables. Cette mise sous tutelle constituait une offense à l’intelligence d’abord, puis à l’histoire de ce canard web qui jadis avait soutenu un texte de Falardeau intitulé «La mort de Ryan». Je nourrissais abondamment cette plateforme depuis trois ans et ma chronique allait grandissant. Mosti s’est comporté en sauvage totalitaire.

Qui est-il? D’où vient-il? Cet invincible censeur des temps nouveaux.

avatars censureVous aurez remarqué que nous causons présentement d’un type qui, au final, est encore plus anonyme que moi. Qui est-il? D’où vient-il? Cet invincible censeur des temps nouveaux. Sa plume n’est pas spécialement prolifique et son succès est plus que modeste. Quatre publications en 2017, trois en 2016, trois (et deux insignifiances moquant le mouvement Je suis Charlie) en 2015… En 2018, un copié-collé n’indiquant pas le nom de l’auteur. Je ne vous invite pas spécialement à découvrir la pensée de ce justicier de la bonne morale.

Au fond, j’ai commis deux erreurs. La première, être en désaccord idéologique avec un petit éditeur anonyme vadrouillant quelque part entre QS et les antifas. La seconde, avoir collaboré avec Philippe Dujardin, un homme que ce dernier méprisait. Cette bisbille, à priori anecdotique, n’en demeure pas moins éclairante sur la vérole qui gruge la gauche et les débats publics en général. Mosti avait viré Dujardin (co-auteur du texte censuré) de son Facebook car il n’arrivait pas à rivaliser d’arguments avec lui. Je prenais part à l’échange l’ayant mené à resserrer son safe space. Dujardin demeurait respectueux malgré une horde de loups s’acharnant sur lui. Une agressivité suintant le fachisme. Pour donner une idée de l’ambiance, j’ai eu droit aux insultes de l’un des canidés qui, après être venu faire des captures d’écran de mes «amitiés», est venu, en privé, me traiter de sale raciste tout en me comblant de menaces. Ça puait la charogne. Une charogne que Mosti, artiste à ses heures, affectionne suffisamment pour en croquer le portrait et le diffuser. Car oui, à temps perdus, dans son petit carnet rouge, notre homme ne rechigne pas à croquer Guevara, Marx et… des fous furieux. C’est dire si la liberté tient à peu de chose.

Malgré ce délire, j’avais ma tribune. J’étais moins isolé que seul au fond de mon rang Pistolois. L’adorateur de Castro respectait mon espace. Pour ma part, je pouvais cohabiter avec lui. Je me serais même battu pour défendre son droit de parole. Malgré nos divergences, j’éprouvais une certaine affection pour ce garçon. J’aurais bien aimé avoir le temps de lui recommander ce livre, L’homme qui aimait les chiens, sur l’assassin de Trotsky. Un de mes coups de cœur littéraire. Je crois qu’il aurait aimé, comme tous mes autres potes fascinés par ces lointaines révolutions immanquablement érodées. En commun, nous avions une passion pour la bière et le heavy métal. C’était marrant de se retrouver ensemble à commenter un post sur Motörhead.

70388_262_rg-130_c_lgMalheureusement, Mosti a cédé à la tentation totalitaire et moi je l’ai pointé (et moqué) publiquement. Je trouvais obscène de négocier ma liberté dans un Journal vendant des t-shirt à l’effigie de Falardeau, de Bourgault, ainsi que des camisoles «esprit libre»!

Le gars restera braqué à défendre l’indéfendable et, peut-être, finira-t-il par couler le Journal. Je suppose qu’il ne l’a pas eu facile lui non plus. Je ne l’excuse pas, mais je regrette qu’on en soit là tous les deux. Pour peu qu’il reconnaisse cette bêtise, je tracerais, direct, une croix sur l’embrouille. À moins d’un improbable revirement, il portera l’odieux d’avoir trahi l’idéal faisant vibrer toutes les plumes s’agitant dans les colonne de «son» journal.

Mosti a donné raison au propos d’un article qui s’intitulait «ceux qui hurlent avec les loups». Et c’est pas rien de le dire…

La caution molle

GND aprilus censurePour l’heure, je suis toujours brouillé avec l’un des anciens fondateurs du Journal, un homme que je continue d’estimer malgré tout. J’ai essayé d’être gentil un bout de temps. Je me suis publiquement excusé pour mon seul tort, commis sous le coup de l’émotion (publier le courriel où il cautionnait Castro le petit). En vain. Je n’ai pas accepté que Bourgeois, sur un coup de sang, persiste outre-mesure à discréditer publiquement mon travail (qu’il ne connaît vraisemblablement pas). Je lui ai donc répliqué. Qu’on aime ou pas mon travail, l’enjeu est ailleurs : L’ACTE DE CENSURE ET LE PROPOS DU TEXTE.

Masse Aprilus censureÊtre énervé de se retrouver sous les projecteurs alors qu’on n’y tenait pas, c’est certes légitime. Toutefois, l’autre chose à faire, c’est se désolidariser de la décision prise par Mosti. Reconnaître ne pas s’être penché posément sur la question et être allé un peu vite en affaire. Affirmer, comme il l’a fait, qu’à une certaine époque, il aurait mieux valu fermer le journal et dissoudre le RRQ, ça ressemble à une sorte de désaveu du petit Staline. Mais pour moi, ça reste mi-dur, mi-mou.

On venait de faire connaissance. Je l’avais reçu comme un frère et on s’était bien accordé. Je suis freak a souhait et je bouffe de la cervelle de lièvre. Il a un égo turgescent teinté de machisme. On ne s’en est pas formalisé et on s’est éclatés à courir les coyotes ensemble (sérieusement). Depuis, entre-nous, c’est frette comme une plote de nonne. Il a bien ses petits principes, mais ne mesure ni la violence de la censure, ni le choc du gars qui constate que depuis trois ans, son travail passe sous le radar de ceux qu’il considérait comme des frères de lutte.

Pincez-moi quelqu’un, mais l’ensemble de mon stock, le fruit de mois de travail acharné, mérite-t-il d’être réduit à la seule dimension scatologique? J’invite cordialement le gaillard à aller se faire une tête sur mon site.

CENSUREaprilus

chier Sol Zanetti censureL’autre fondateur impliqué, Bégin, s’est quant à lui contenté de lancer un truc du genre : «les péquistes teigneux et les solidaires méchants, on ne les aime pas». Soit, mais on peut s’interroger sur sa compréhension de l’enjeu au sein d’une tribune claironnant «la libération par la plume». Peu loquace sur cette affaire, il est, au demeurant, plus que mou. Carrément flasque. Du moins jusqu’ici. Depuis mon entrée au Journal, je n’ai jamais loupé une chronique de Bégin. Elles me plaisaient bien. Certaines étaient puissantes pour leur dimension rassembleuse. Là, j’avoue que ça risque de m’énerver un peu. S’il est important de se rassembler, il l’est tout autant de critiquer les incohérences et les travers des partis. Qu’il se rassure, le bordel ne prendra plus au journal car il est peu probable que Mosti trouve à redire des chroniques de Sol Zanetti. Il est tellement gentil Sol. Tellement Solidaire.

Pour faire court, IL N’Y A AUCUNE EXCUSE POUR CAUTIONNER CETTE CENSURE, qu’on ait été – bien malheureusement – contraint de se prononcer ou pas. Puissent ces vieux routiers de la lutte pour l’indépendance ne jamais être tentés de nous enfumer avec leur passé glorieux de militants héroïques et ne jamais fantasmer d’une privatisation intellectuelle de l’héritage de Pierre Falardeau.

L’artiste mis à l’index

L’expulsion

Il y a eu la censure, puis l’expulsion. Que je sois viré du canard pour avoir garoché en ligne des propos privés? Possible. Un bel alibi pour Mosti qui exécrait mon travail. Mais quand même, c’eût été sauvage. J’ai nourri en abondance le Journal en publications remportant un succès grandissant, et ce depuis 2015. J’étais l’une des plumes les plus actives du site. On aurait pu s’arranger autrement.

Je n’ai jamais été payé au Québécois. Aussi naïf que cela puisse paraître, j’ai trimé pour l’indépendance et la liberté. Pas toujours adroitement, mais avec tout mon cœur. En assumant mon suicide commercial, les risques et les coûts que ça impliquait. J’ai mis beaucoup d’énergie là-dedans.

J’ai perdu un univers visuel qui me plaisait bien. Les petits patriotes armés de plumes, c’était hyper bien vu. La seule consigne lorsque j’ai intégré le canard? À gauche et indépendance. C’était tout naturel pour moi. J’en ai invité du beau monde sur ma tribune. L’ethnomusicologue Gérald Côté qui nous a pondu un superbe texte intitulé Vide de stars, la docteur en art communautaire Dominique Malacort qui nous a causé d’une forme de résistance méconnue et le philosophe François Doyon qui, à trois reprises, est venu donner du scalpel. Avec permission, j’ai associé mes dessins sur la CAQ à des textes décapants de Steve e Fortin. Du fond de ma campagne, je pensais être dans une sorte de famille. Mais force est de constater que ça n’a pas gueulé fort quand Mosti m’a censuré puis viré. Le soutien est venu d’ailleurs. D’André Parizeau et du PCQ, de Roméo Bouchard, de Steve e Fortin, de Jérôme Blanchet-Gravel et de Vigile. Merci à ceux là.

PaulClichePreuve de notre insignifiance médiatique, la chose est passée relativement inaperçue chez nos héros de la liberté d’expression, ce qui remet les pendules à l’heure (et l’égo à sa place). Djemila Benhabib n’en a pas fait tout un cinéma. Normand Baillargeon n’en a pas profité pour philosopher. Le preux Bock Côté n’a pas dégainé ses verbes. Martineau n’a même pas saisi l’occasion pour rire de la gauche. Et Lisée? S’est-il dissocié de mes «immondices» comme le réclamait Paul Cliche? Eh ben non! Papi Cliche me voyait pas mal plus gros que je ne l’étais… Il peut être fier l’autobiographié : je suis licencié et plutôt que de donner des claques à la CAQ et que de botter le cul du PLQ, je réponds aux hostilités de la meute régressive. Qu’est-ce qu’on rigole quand les grosses stars de QS écrasent les petits merdeux de mon acabit! Mais trêve de plaisanterie… Je parle du père Cliche mais qu’en est-il de tous les autres beuglards qui sont tombés sur le lard du pauvre petit Castro d’arrondissement Montréalais. Qui sont-ils? Zanetti en est-il? A-t-il pleuré quand il s’est vu chié par Gabriel Weasel? S’est-il plutôt questionné sur le sous-entendu? Silver Fox m’a-t-elle fait l’honneur de se plaindre au petit Mao vêtu de son t-shirt «Corsica libera»? On imagine son calvaire au pauvre petit révolutionnaire de pacotilles, déjà qu’il n’était pas chaud de m’avoir sur les bras… Pas d’illusions camarades, jamais celui là n’ira nous raconter tout ça publiquement. On ne saura jamais. Ça restera dans son safe space.

Dali Awada aprilus copieLa mise en marché de la satire politique

J’ai exécré Facebook depuis le jour où, à reculons, j’y ai mis les pieds. Dans cet univers, je suis mésadapté et je multiplie les gaffes. Toujours refusé de leur payer une job de promo. Je trouve insupportable la façon dont cet hydre trie sur le volet les infos qui circulent sur mon mur. J’haïs ça me faire cartographier le cerveau par leurs algorithmes de marde. Je vomis le quasi-systématique basculement dans l’insulte des échanges qu’on y tient dès que les opinions divergent. Sur Facebook on perd notre sens du civisme. On ne se voit plus entre humains. Des gars comme Roméo Bouchard se font insulter par des petits crisses d’analphabètes politiques. Alors quand on me dit qu’en tant qu’artiste, il faut savoir se mettre en scène sur les réseaux sociaux, ça m’énerve. On en est là, c’est rendu incontournable. Au delà de ce constat, le stuff satirique, politique et indépendantiste à tendance anarchiste se heurtera toujours à nombre de murs. J’en ai déjà cogné quelques uns. Car faut pas croire que j’ai pas essayé. On pourrait écrire une foutue thèse là-dessus. Ça te tentes-tu Dominique Malacort?

Je reconnais que le Québec n’est pas une terre accueillante pour le dessin satirique, notamment celui hérité des fondateurs d’Hara Kiri.

Là-dessus, Bourgeois a raison. Sur pellicules, on a eu les Gratton et les Bougon. On a bien quelques humoristes incisifs. Mononc’ Serge s’aventure parfois en musique dans ces eaux troubles. Mais côté illustration, nous sommes anémiques en la matière. Aprilus est-il le gars qui changera la donne? Impossible. Faire ma promo, c’est comme remplir un rapport d’impôt, ça m’écœure profondément. Cette inaptitude fait parti du package. Même accompagné d’un camarade apprenti-gérant, l’expérience s’est soldée avec le vol d’un concept de mon cru, par un éditeur bien gros. En mode séduction, on rampe et on fait le beau. Les gros sales, bien rodés au jeu, en profitent. Ils pillent, placent leurs proches et roulent des mécaniques si on a le malheur de s’insurger trop fort. Claude Robinson connaît la chanson. J’y ai dansé aussi.

Et puis des fois, on désespère un peu. On se sent inutile, tout simplement. On essaie de pas trop le montrer, pour ne pas décourager les potes, ceux qui se bagarrent encore. Au Québec, le courage, s’il vient à descendre sous le seuil viable, il nous viendra peut-être d’ailleurs…

« Entre ces peuples meurtris, sans États et parfois invisibles, existe une fraternité réelle. Je crois que le Québec peut donner de l’espoir aux Kabyles, car il a survécu à la Conquête. Mais peut-être que les Kabyles peuvent aussi apprendre le courage aux Québécois qui en manquent parfois. » – Karim Akouche

«Celui qui veut améliorer son sort (…) doit soulever la poussière avec ses pieds au lieu de la garder collée à son derrière.» – Boucar Diouf

Marchepied aprilus censure

Ce qui titille mon crayon…

membership QS aprilus censureL’idée de gribouiller Québec «l’imprenable» me chatouille. J’en suis de Québec. De la banlieue dortoir déculturisée comme disait Falardeau (La liberté n’est pas une marque de yogourt). Mais la bonne chose, c’était la forêt qui bordait notre maquette banlieusarde. La réserve d’eau potable de Beauport, les étangs gorgées de vie, les couleuvres, les tritons, etc. Ça m’a filé un coup de pouce. Ça m’a évité de trop m’intéresser aux tas de tôles sur roues et autres choses futiles. Québec donc. Pourquoi certains de mes amis d’enfance, des gars qui ont grandi dans le bois, des types sensibles à la nature, des pères avec le coeur sur la main, pourquoi annônent-ils aujourd’hui tout l’arsenal idéologique débile des radios poubelles? On causait du fameux tramway l’autre jour, des vieux chums et moi. J’en suis reparti boulversé. À la shop, forcément, quand on te farci l’encéphale de ces conneries radiophoniques à longueur de journée et qu’en plus, la vie te fait pas de cadeaux, eh ben tu finis par vomir ces saletés à qui mieux mieux. C’est pas marrant comme situation. J’aimerais poser un geste à ce niveau. Faire des dessins là-dessus.

J’aimerais aussi produire une série intitulée – un peu ironiquement – «sagesse rurale» inspirée par les gens d’ici, au Bas-St-Laurent. Les «ruraux». M’intéresser au monde que les politiciens qualifient d’ordinaire. Faire comme Reiser. Lâcher les politicards et me pencher sur la plèbe, pour le meilleur et pour le pire. Car c’est pas toujours joli au sein de la populace. Mais je peux vous dire que les matantes qui servent les cafés pisse-d’âne au Temiscouata, elles ont les yeux qui brillent et de l’amour à revendre. Ça c’est beau. Et aussi, ce brave gars qui travaille au Pétro-Canada de Rivière-du-Loup, celui qui essaie toujours de nous refourguer des billets de loterie et des palettes de chocolat passées date en usant d’un imparable humour…

Couillard parasites aprilus censure
Peut-on être trop dur avec Philippe Couillard dans un Journal comme Le Québécois? La réponse est oui. Cette caricature a également été visée par la censure. Couillard, une sorte de petit Jérémy fédéraliste? Bullshit!

Aprilus s’éternise et remet un oscar

QS exposure aprilus censureJe ferai du ménage sur Aprilus.com. Alors que j’étais au Québécois, je ne m’en souciais plus guère. À l’occasion, j’y archivais du matériel. C’était au cas où!!! Les vieilleries qui s’y trouvent me font un peu honte. C’est là que je vois que je n’ai pas fait du surplace depuis l’époque du Journal Ensemble. Mon trait est plus agile, je surcharge moins. Chez Illustration Québec, ils m’ont dit : «style original, punché, lecture claire, a fait l’unanimité du jury».

Mais le plus important, c’est tous ces mots que j’ai reçus après m’être fait jeté. Ça vaut tout l’or du monde. Celui-là, l’extrait ci-dessous, c’est mon préféré. Rien que de savoir qu’une personne, au moins une, qui plus est, porte des ovaires – ma première expérience de censure m’ayant été assenée par des dindes se réclamant du féminisme – qu’une dame donc, ait saisi ce que j’espérais un jour pouvoir réaliser, eh ben juste pour ça, je suis comblé. Et qu’elle me le dise aussi joliment…

(…) Votre talent sera toujours de loin supérieur à vos censeurs (…) Ce que vous avez créé avec Dujardin tient du génie, rien de moins, tant vous visez dans le mille. Ne vous laissez pas démonter et ne déviez pas de votre route. Mon livre étant lui-même sous le coup de la censure,  je vous assure que cela confirme la pertinence et la valeur du travail en cause. Dans le contexte vicié actuel, c’est là la meilleure des confirmations! Merci et mille fois bravo pour votre art, vos traits et votre regard à nul autre pareil !

C’est justement l’absence de tout compromis dans l’expression de votre perception de la scène politique qui rend votre travail redoutable. Et ça prend rien de moins que du génie pour produire une œuvre aussi puissante. Le courage ne vous fait pas défaut. Et le matériel d’inspiration abonde dans notre médiocratie de vendus et de baise-la-piastre. Bien sûr, ce qui vous arrive est chiant. Je vous considère comme le meilleur illustrateur que nous avons eu au Québec. Le plus grand. Vous êtes unique. Vous accomplissez ce que devrait être le rôle-critique de tout artiste: l’impitoyabilité dans le regard porté sur la société. Ce que vous faites à merveille. C’est dire à quel point le potentiel de l’art est puissant dès lors qu’il emprunte les voies de la résistance. – Suzanne Bousquet, auteure « déviante » mise à l’index.

Aprilus scelle (encore) son sort

Ce qui est ironique, c’est que je comptais me retirer tranquillement après mon article sur Legault. Je rêve souvent de me déconnecter. Ma famille en serait ravie. Mes abeilles, mon potager, le vent… Je vais probablement m’offrir une cure estivale et ensuite, on verra. Peut-être que les élections me mettront le feu. En attendant, je vous boucle prochainement cet article sur Legault (il sera peut-être moins étoffé que prévu car pour être franc, en ce moment, je sature un peu) et je vous filerai toutes les pointes de Brie (faites à partir des aphorismes du prénommé Albert).

Salutations!

 

L’art communautaire engagé : une arme de création massive

Aprilus met la table

 

Au Bas-St-Laurent, dans les Basques, on s’apprête à perdre un sacré numéro! Dominique Malacort, c’est son nom. Avis aux rats des villes de Monrial : attachez vot’ tuque avec d’la broche, car c’est de vot’ bord qu’elle s’en va atterrir bientôt! La Malacort, elle nous a fait découvrir un tas de trucs délirants. Le théâtre communautaire, son dada, c’est un univers auquel personnellement je ne connaissais rien. J’y suis plongé tête première, y injectant parfois une dose d’Aprilus. Une couille par ci, une crotte par là diront certains. C’est p’têt pas faux, mais quand même, ce serait réducteur. Moi je dirais plutôt que nos désirs de brasser la cage et notre fascination commune pour les récits de gens «ordinaires» se sont nourris mutuellement. Un de ces quatre, celle qui se présentait comme la greffée extra-terrestre de St-Simon-sur-Mer, vous racontera, sur cette modeste tribune, ce en quoi consiste l’art communautaire (elle en a déjà pondu une thèse). Pour le moment, vous devrez vous contenter de découvrir l’insolite parcours de ma pote, ce monument d’originalité sur pattes, cet encéphale hyperactif qui m’aura marqué à jamais. Elle vous servira du «je», à la mode de l’époque, mais ce ne sera pas anodin. Et puis faut comprendre, au départ, le texte, il était pour le Rumeur du Loup, un canard sympa du coin qui ne donne pas dans le registre incisif. Voilà qui démontre que notre énergumène a les griffes rétractiles – car croyez-moi, quand elle les dégaine, façon cran d’arrêt, elle fesse fort, c’est jamais banal et souvent, c’est vraiment drôle.

 

Dominique Malacort raconte…

 

Depuis plus de trente ans, j’emprunte un parcours professionnel qui me réjouit et me maintient en alerte. À mi chemin entre le métier et le militantisme, le théâtre communautaire me permet d’évoluer dans un lieu où la création se réalise avec, par et pour la communauté, où la démocratie culturelle se construit à petits pas, où le partage des pouvoirs et des savoirs devient réalité, où l’esprit de collaboration remplace celui de la compétition, où nos imaginations sont activées et nos insubordinations attisées et où la créativité mène à l’expression d’une vision du monde inspirante et critique.

Ensemble, nous inventons, construisons et revendiquons une réalité plus égalitaire, plus libre et plus audacieuse que celle dans laquelle nous vivons. L’œuvre finale devient le reflet de nos désirs communs. Les changements sociétaux ne doivent-ils pas, pour advenir, être d’abord imaginés, exprimés et partagés publiquement par les citoyen.nes ?

Pour moi, la pratique du théâtre communautaire est le plus formidable des passeports. Il me donne un accès direct aux réalités, aux aspirations et aux indignations des collectivités. . Quand je participe à la construction d’une œuvre communautaire, la force du collectif me stimule, on dirait que tout mon être est en éveil. Je jubile et je m’anime. De plus, grâce au théâtre communautaire, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes que je n’aurais sans doute jamais connues autrement. J’ai co-créé une trentaine d’œuvres collectives avec des réfugié.es politiques, des rapatrié.es, des militant.es, des femmes incarcérées, des sans-emplois, des personnes vivant en situation de pauvreté, des personnes aphasiques, des personnes âgées, sans oublier, des citoyen.nes non «catégorisé.es» mais rattaché.es à une communauté territoriale: gens du monde rural et voisin.es de quartier.

Après 24 ans en Belgique, mon pays natal, 29 ans à Montréal, ma ville d’adoption, et après de nombreux voyages, je me suis établie en 2004, à Saint-Simon. J’ai alors eu l’impression d’être encore plus étrangère qu’en pleine brousse africaine là où, par tradition, l’hospitalité est érigée comme valeur sacrée. Dans le Bas-Saint-Laurent, je découvre qu’il suffit de venir du village d’à coté pour être identifiée comme une «étrange étrangère». J’accepte la situation sachant que dans mes valises je possède un petit trésor, un moyen pour établir des liens avec la communauté : la pratique artistique. Les collaborations avec les organismes du milieu se sont, en effet, progressivement établies et les projets se sont enchainés. L’organisme UTIL que j’avais initié à Montréal (Unité théâtral d’interventions locales) a déménagé son siège social à Saint-Simon et s’y enracine depuis avec force et enthousiasme. J’ai rencontré des artistes avec lesquelles j’ai établi des collaborations ponctuelles comme celle avec Benoit Gautier, Brigitte Lacasse, Chantal Drouin, Alexandre April et des collaborations pérennes, comme celles avec Stéphanie Beaudoin et Richard Lemay, grand complice devenu le coordonnateur d’UTIL.

UTIL devenait «utile et agréable» autant que rassembleur. Au total, de 2005 à 2018, des projets de théâtre communautaire, multidisciplinaires et intergénérationnels, se sont construits à Saint-Simon, Saint-Mathieu, Trois-Pistoles, Rimouski, Saint-Jean-de-Dieu, Degelis, Neigette et Esprit-Saint. L’ensemble s’est réalisé avec la participation de quelque trois cent citoyen.nes du Bas-Saint-Laurent.

En tant qu’artiste-accompagnatrice, mon approche s’est progressivement affirmée. Elle est influencée par les collaborations avec les autres artistes et est bien-sûr modulée par les habitudes culturelles des divers groupes avec qui je travaille. Après plusieurs années et moult expériences artistiques, j‘ai ressenti le besoin de faire le point et j’ai entrepris une recherche doctorale à l’Université Laval, là où j’avais été, durant plusieurs années, chargée de cours. A débuté alors un profond questionnement portant sur le sens et les modalités de ma pratique. Pour plonger dans ce travail, je disposais d’un endroit rêvé: un grand bureau baigné de lumière, dans ma maison, l »ancien presbytère de Saint-Simon. J’ai délibérément pris tout mon temps pour examiner et analyser ma pratique. L’entreprise fut captivante. J’en étais moi-même étonnée, moi qui n’ai pourtant jamais été très scolaire mais au contraire, plutôt rebelle à l’école. Il faut dire, qu’à partir de la maitrise, on ne nous demande pas d’assimiler mais de chercher de manière très autonome. Ça me convenait ! Tout en poursuivant la recherche universitaire, tout en continuant les projets de théâtre dans la région, je suis allée en Europe et en Afrique pour rencontrer des collègues exemplaires qui par effet de miroir m’ont ramené à ma propre pratique. À la fin de cette recherche biographique croisée je reconnaissais les particularités de ma propre pratique mais je constatais combien le théâtre communautaire pouvait s’affirmer, ici comme ailleurs, comme un extraordinaire vecteur d’émancipation collective. Un voyage en Argentine, en 2017, confirma cette certitude. Certes, la culture coule dans les veines des Argentin.es. mais le théâtre communautaire répond, par ailleurs, à un immense besoin de prise de parole et de résistance. Des troupes de théâtre communautaire, autogérées, festives et rassembleuses, il y en a dans presque tous les quartiers. Je suis rentrée chez moi, ragaillardie et un peu jalouse, déterminée à participer activement à la reconnaissance de l’art communautaire au Québec.

Il nous faut reconnaitre, avec lucidité et courage, un écueil majeur dans la pratique de l’art communautaire au Québec. Si l’engouement pour les arts communautaires est bien réel depuis les années 1990, la précarité et la fragilité, dans la pratique quotidienne des artistes communautaires, le sont tout autant.

Pour que son impact soit réel, l’art communautaire exige de la pérennité mais dans les faits, les artistes et les compagnies sont obligées de fonctionner à coup de projets donc sans budget de fonctionnement ni aucune structure stable. En réalité, nous n’avons pas les moyens de nos intentions et à chaque nouveau projet, nous recommençons presque à zéro. Au CALQ (Conseil des arts et des lettres du Québec), aucun programme n’est dédié à notre pratique spécifique, contrairement au Conseil des Arts de l’Ontario qui offre des subventions de projet et de fonctionnement aux organismes artistiques œuvrant en milieu communautaire. Auprès des autres instances culturelles québécoises, nous devons nous travestir, user de mille stratagèmes pour entrer dans les cases, toujours inappropriées, comme celles de la médiation culturelle. Le Québec accuse un retard alarmant. Les artistes communautaires s’affairent à la réalisation et à la survie de leur projet. Plusieurs sont au bord de l’essoufflement, et beaucoup demeurent isolé·e·s les un·e·s des autres.

En 2018, j’ai décidé de prendre un nouveau tournant. Dorénavant, je veux participer à la reconnaissance des arts communautaires. Certes, cette entreprise va me demander autant de passion et d’acharnement que je n’en ai mis pour réaliser des projets locaux Pour commencer, il me faut trouver des complices et des partenaires. J’en ai parlé autour de moi, auprès des regroupements d’artistes, des organisations culturelles, des réseaux existants, des structures universitaires et des chaires de recherche. Le projet, à caractère ouvertement revendicateur et politique, a trouvé nettement plus d’écho à Montréal que dans la Bas-Saint-Laurent. La nomade que je suis, va donc refaire ses valises. Je retourne à Montréal, plaque tournante des pratiques artistiques communautaires engagées.

Bien sur, UTIL maintiendra ses actions dans le Bas-Saint-Laurent en prenant des orientations nouvelles: ancrage dans les municipalités du Haut-Pays, action rassembleuse ruralité-urbanité. Mais plus globalement encore, je souhaite que pour les prochaines années, la pratique de l’art communautaire prenne sa juste place, que sa puissance transformatrice éclate et se répande au sein de nos collectivités, partout au Québec, tant en milieu rural que citadin, que les citoyens puissent se réapproprier la pratique artistique, que leurs rêves soient révélés, les injustices dénoncées, les solutions proposées et le plaisir largement propagé.

Unité théâtrale d’interventions locales : https://unitetheatralebsl.wordpress.com/

Celui qui nourrit les loups

Aprilus met la table

Une job à quatre mains avec Philippe Dujardin. Voici donc un hommage corrosif dédié à Philippe Couillard que les stratèges du PLQ tentent nous faire passer pour un papi affable, un brave nounours bienveillant et rassembleur. Nous souhaitons également un électrochoc à cet électorat que le principal intéressé considère comme à jamais acquis. La prochaine salve de notre duo s’intéressera au marchepied de cette véritable tumeur sociale, à savoir QS.

 

Celui qui nourrit les loups

– Un texte de Philippe Dujardin –

Depuis 4 ans, avec son apathie habituelle, notre premier sinistre Couillard a charcuté le tissus social québécois. Ce marabout du mercantilisme au brutal esprit comptable a coupé en éducation, en santé, mais aussi dans les services communautaires, les programmes sociaux, afin d’imposer son austérité.

Ce charognard miteux a imposé de nouvelles taxes, en a augmenté d’autres, laissé Hydro monter les tarifs d’électricité, coupé des aides de l’état, avec pour résultat d’aggraver la situation des citoyens les plus précarisés.

Ce dépravé de l’extrême-droite économique a pavé la voie aux privatisations, affaiblissant le système public. Il a aussi favorisé la compagnie Uber au détriment des chauffeurs de taxis qui sont, dans la grande région de Montréal, originaires à plus de 90% des communautés culturelles.

Les sous-catégories de la population les plus affectées par ces mesures ont été les personnes âgées et celles en perte d’autonomie, mais surtout celles des quartiers défavorisés de Montréal, lesquelles sont composées principalement de gens issus de l’immigration.

Cela ne l’a pas empêché d’augmenter les quotas d’immigrants économiques, sans pour autant améliorer la reconnaissance des diplômes et qualifications, sans pour autant leur assurer une meilleure intégration au marché de l’emploi. Chaque nouvelle vague va s’entasser dans les mêmes quartiers défavorisés, concentrés à Montréal, et devra se trouver une job dans les pires conditions, accepter l’inacceptable, et cela fragilisera encore plus les travailleurs des vagues précédentes arrivant péniblement à se faire une place au sein de notre société. Ces derniers devront alors entrer en concurrence avec les nouveaux arrivants.

Ce sadique, sous ses airs de nounours, ne laisse d’autre choix à ces nouveaux arrivants que de se retourner vers leur communauté pour chercher de l’aide, du soutien, de l’espoir, un emploi, etc. Et c’est là que les attendent les chefs de bande et autres dealers de malheurs. Ces exploiteurs, vendeurs de sommeils, refilant des job au rabais, n’auront aucun scrupule à profiter de leurs semblables en détresse, de les presser jusqu’à la dernière goutte. C’est dans ce terroir que se cachent les prédicateurs et les enrôleurs de l’extrême-droite religieuse, toujours à l’affût d’un miséreux pour lui porter secours, en échange de quelques bigoteries identitaires. C’est la naissance des ghettos communautaires qui participeront à alimenter les préjugés, les peurs et ressentiments des Québécois.

Couillard, et ses amis du patronat et des chambres de commerce, s’en foutent. Ils aiment ces immigrants dociles et facilement exploitables, ne connaissant ni les lois, ni les règles, ni les prix, ni la culture du pays et ne se syndicalisant pas ou peu. C’est tellement plus simple pour faire fructifier le dollars sur le dos des malheureux courbant le dos en silence, résignés, soumis aux discours de peur : « Attention aux Québécois, ils sont racistes, ils ne veulent pas vous embaucher, c’est pour cela que vous avez de la misère et que la vie est dure, c’est systémique, ils ne vous aiment pas, ne vous acceptent pas, méfiez-vous. »

Cette ordure a polarisé le Québec en deux factions sur des sujets émotifs en accusant le Parti Québécois d’être responsable de l’augmentation de l’intolérance et la CAQ de souffler sur les braises de l’intolérance.

Depuis 4 ans avec des sorties incendiaires, dangereuses, irresponsables, il aggrave les clivages, creuse le fossé entre les communautés du Québec, consolide le repli des uns envers les autres. Qu’importe, du moment que les Québécois ne s’unissent jamais contre son parti, ni contre la fédération canadienne. Ce boucher divise, dissèque, démembre la société québécoise, à la manière d’un pervers.

Calculateur, il a refusé de légiférer sur le consensus autour des recommandations de Bouchard Taylor, malgré les concessions du PQ et de la CAQ, et l’appui de QS. Au contraire, prétendant que la neutralité de l’état n’était pas un enjeu au Québec, il a laissé se dégrader une situation, qui deviendra encore plus émotive et explosive. Or, comme l’avançait Gérard Bouchard, un chef d’état prévoyant légifère avant d’avoir un problème sur les bras. Nenni, notre Couillon n’a pas plus utilisé les instruments de l’état québécois pour lutter contre la discrimination. Il nous a plutôt pondu un plan foireux intitulé projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État, lequel n’a fait que rendre la situation encore plus confuse et inextricable, tout en remisant dans le néant les principes de laïcité.

Tout ce que cet autoproclamé bon père de famille (famille se référant ici au peuple québécois) a su faire, c’est politiser et instrumentaliser la tuerie de Québec, faisant fi de son devoir de réserve en la déclarant acte terroriste avant toute enquête. L’ignominie a atteint son paroxysme lorsque papa ours a tenu le parti québécois pour responsable en évoquant des événements malheureux (comprendre a charte des valeurs) ayant mené à une augmentation de la haine. «Des chiffons identitaires» qu’aurait agité le PQ». Lorsqu’un rabbin a comparé la charte des valeurs à la Shoah, affirmant préférer la mort que d’enlever sa kippa, Couillard et Jean-Marc Fournier s’étaient levés et avaient applaudi frénétiquement.

Ce dépravé va jusqu’à « choisir son camp » quand il apprend que des groupes violents antifas s’en prennent à des citoyens dans les manifestations, au nom de la lutte au racisme dira-t-il.

Tout cela a participé à créer en réaction, un bloc identitaire réactionnaire à ses discours et politiques. Des Québécois se sentant abandonnés par leur propre gouvernement, traités comme une minorité de parasites, d’étrangers devant baisser le front dans leur propre pays, se sont réunis en meutes.

Qui se nourrit de cette putréfaction sociale ?

 Ce coprophage aux discours odieux, jouant sur les peurs et les ressentiments, ne fait qu’aggraver la haine et l’apparition de meutes religieuses, de meutes réactionnaires, se réfugiant auprès de ceux qui leur ressemblent.

Du ventre fécond de la bête surgissent aussi des vers solitaires, qui dans une symbiose mortifère, participent à saper la paix sociale.

Cette pourriture de neurochirurgien, cruel, cynique, calculateur, implacable, jouant avec le système nerveux de notre société, n’arrêtera que lorsqu’il aura mis le Québec à sa botte. Alors tel un Néron, il préféra le voir pris dans les flammes, pendant qu’il continuera de jouer de sa lyre en entonnant encore son chant austère à la gloire du Canada et du spectacle de la marchandise.

 

 

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