Celui qui nourrit les loups

Aprilus met la table

Une job à quatre mains avec Philippe Dujardin. Voici donc un hommage corrosif dédié à Philippe Couillard que les stratèges du PLQ tentent nous faire passer pour un papi affable, un brave nounours bienveillant et rassembleur. Nous souhaitons également un électrochoc à cet électorat que le principal intéressé considère comme à jamais acquis. La prochaine salve de notre duo s’intéressera au marchepied de cette véritable tumeur sociale, à savoir QS.

 

Celui qui nourrit les loups

– Un texte de Philippe Dujardin –

Depuis 4 ans, avec son apathie habituelle, notre premier sinistre Couillard a charcuté le tissus social québécois. Ce marabout du mercantilisme au brutal esprit comptable a coupé en éducation, en santé, mais aussi dans les services communautaires, les programmes sociaux, afin d’imposer son austérité.

Ce charognard miteux a imposé de nouvelles taxes, en a augmenté d’autres, laissé Hydro monter les tarifs d’électricité, coupé des aides de l’état, avec pour résultat d’aggraver la situation des citoyens les plus précarisés.

Ce dépravé de l’extrême-droite économique a pavé la voie aux privatisations, affaiblissant le système public. Il a aussi favorisé la compagnie Uber au détriment des chauffeurs de taxis qui sont, dans la grande région de Montréal, originaires à plus de 90% des communautés culturelles.

Les sous-catégories de la population les plus affectées par ces mesures ont été les personnes âgées et celles en perte d’autonomie, mais surtout celles des quartiers défavorisés de Montréal, lesquelles sont composées principalement de gens issus de l’immigration.

Cela ne l’a pas empêché d’augmenter les quotas d’immigrants économiques, sans pour autant améliorer la reconnaissance des diplômes et qualifications, sans pour autant leur assurer une meilleure intégration au marché de l’emploi. Chaque nouvelle vague va s’entasser dans les mêmes quartiers défavorisés, concentrés à Montréal, et devra se trouver une job dans les pires conditions, accepter l’inacceptable, et cela fragilisera encore plus les travailleurs des vagues précédentes arrivant péniblement à se faire une place au sein de notre société. Ces derniers devront alors entrer en concurrence avec les nouveaux arrivants.

Ce sadique, sous ses airs de nounours, ne laisse d’autre choix à ces nouveaux arrivants que de se retourner vers leur communauté pour chercher de l’aide, du soutien, de l’espoir, un emploi, etc. Et c’est là que les attendent les chefs de bande et autres dealers de malheurs. Ces exploiteurs, vendeurs de sommeils, refilant des job au rabais, n’auront aucun scrupule à profiter de leurs semblables en détresse, de les presser jusqu’à la dernière goutte. C’est dans ce terroir que se cachent les prédicateurs et les enrôleurs de l’extrême-droite religieuse, toujours à l’affût d’un miséreux pour lui porter secours, en échange de quelques bigoteries identitaires. C’est la naissance des ghettos communautaires qui participeront à alimenter les préjugés, les peurs et ressentiments des Québécois.

Couillard, et ses amis du patronat et des chambres de commerce, s’en foutent. Ils aiment ces immigrants dociles et facilement exploitables, ne connaissant ni les lois, ni les règles, ni les prix, ni la culture du pays et ne se syndicalisant pas ou peu. C’est tellement plus simple pour faire fructifier le dollars sur le dos des malheureux courbant le dos en silence, résignés, soumis aux discours de peur : « Attention aux Québécois, ils sont racistes, ils ne veulent pas vous embaucher, c’est pour cela que vous avez de la misère et que la vie est dure, c’est systémique, ils ne vous aiment pas, ne vous acceptent pas, méfiez-vous. »

Cette ordure a polarisé le Québec en deux factions sur des sujets émotifs en accusant le Parti Québécois d’être responsable de l’augmentation de l’intolérance et la CAQ de souffler sur les braises de l’intolérance.

Depuis 4 ans avec des sorties incendiaires, dangereuses, irresponsables, il aggrave les clivages, creuse le fossé entre les communautés du Québec, consolide le repli des uns envers les autres. Qu’importe, du moment que les Québécois ne s’unissent jamais contre son parti, ni contre la fédération canadienne. Ce boucher divise, dissèque, démembre la société québécoise, à la manière d’un pervers.

Calculateur, il a refusé de légiférer sur le consensus autour des recommandations de Bouchard Taylor, malgré les concessions du PQ et de la CAQ, et l’appui de QS. Au contraire, prétendant que la neutralité de l’état n’était pas un enjeu au Québec, il a laissé se dégrader une situation, qui deviendra encore plus émotive et explosive. Or, comme l’avançait Gérard Bouchard, un chef d’état prévoyant légifère avant d’avoir un problème sur les bras. Nenni, notre Couillon n’a pas plus utilisé les instruments de l’état québécois pour lutter contre la discrimination. Il nous a plutôt pondu un plan foireux intitulé projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État, lequel n’a fait que rendre la situation encore plus confuse et inextricable, tout en remisant dans le néant les principes de laïcité.

Tout ce que cet autoproclamé bon père de famille (famille se référant ici au peuple québécois) a su faire, c’est politiser et instrumentaliser la tuerie de Québec, faisant fi de son devoir de réserve en la déclarant acte terroriste avant toute enquête. L’ignominie a atteint son paroxysme lorsque papa ours a tenu le parti québécois pour responsable en évoquant des événements malheureux (comprendre a charte des valeurs) ayant mené à une augmentation de la haine. «Des chiffons identitaires» qu’aurait agité le PQ». Lorsqu’un rabbin a comparé la charte des valeurs à la Shoah, affirmant préférer la mort que d’enlever sa kippa, Couillard et Jean-Marc Fournier s’étaient levés et avaient applaudi frénétiquement.

Ce dépravé va jusqu’à « choisir son camp » quand il apprend que des groupes violents antifas s’en prennent à des citoyens dans les manifestations, au nom de la lutte au racisme dira-t-il.

Tout cela a participé à créer en réaction, un bloc identitaire réactionnaire à ses discours et politiques. Des Québécois se sentant abandonnés par leur propre gouvernement, traités comme une minorité de parasites, d’étrangers devant baisser le front dans leur propre pays, se sont réunis en meutes.

Qui se nourrit de cette putréfaction sociale ?

 Ce coprophage aux discours odieux, jouant sur les peurs et les ressentiments, ne fait qu’aggraver la haine et l’apparition de meutes religieuses, de meutes réactionnaires, se réfugiant auprès de ceux qui leur ressemblent.

Du ventre fécond de la bête surgissent aussi des vers solitaires, qui dans une symbiose mortifère, participent à saper la paix sociale.

Cette pourriture de neurochirurgien, cruel, cynique, calculateur, implacable, jouant avec le système nerveux de notre société, n’arrêtera que lorsqu’il aura mis le Québec à sa botte. Alors tel un Néron, il préféra le voir pris dans les flammes, pendant qu’il continuera de jouer de sa lyre en entonnant encore son chant austère à la gloire du Canada et du spectacle de la marchandise.

 

 

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L’aut’ gauche

Aprilus met la table

La gauche, c’est pas les marioles multiculturalistes de chez QS. Malgré la surexposition médiatique de cette poignée de schtroumphs à lunettes, la gauche ne saurait se résumer pas à ça. C’est vrai qu’il y a matière à être confus avec ces merdias qui nous dégainent des «à gauche on dit ceci, à gauche on pense cela». Eh ben voilà, on est nombreux à qui cet état de fait fout la haine. Ras-le-cul, de ce nouveau cru de curés snowflakes qui, non contents d’avoir signé le retour du religieux via leurs obsessions ethnico-individualistes, veulent imposer leur petit ordre moral, à savoir la bombe à retardement communautariste. Ces escrocs, ces usurpateurs, écrasent et étouffent tout engagement politique citoyen. Benêts, ils font le jeu des puissants, des obscurantistes et des racistes (un terme qu’ils s’efforcent de vider de sa substance). Qu’on ne se laisse pas berner par leur petite «com» à la con: leurs pseudo-exercices de démocratie participative – comme FQSP – ne sont que tremplins pour vieux politicards déguisés en djeunes. L’aut’ gauche, la vraie, ce sont ces dizaines de milliers de citoyens engagés, progressistes et démocrates, ironiquement accusés de tous les maux par ces quelques mièvres moralisateurs morveux, pour l’essentiel urbains et coupés du pays. La gauche, on l’a vu se dresser contre les ambitions des pétrolières et de leurs valets, militer pour le maintien des acquis de notre sécularisation collective, s’employer à freiner l’érosion du français d’Amérique, s’indigner contre nos asservissements collectifs, qu’ils soient économiques, politiques ou religieux. C’est cette gauche que célèbrent ROMÉO BOUCHARD et LOUIS FAVREAU dans le texte qui suit. Matière pour un manifeste.

 

L’aut’ Gauche – par Roméo Bouchard & Louis Favreau

 

Relancer l’engagement politique citoyen

 

Le Québec traverse une période d’incertitude politique. « L’électorat est volatil » disent les sondeurs. En réalité, il est déçu, confus, déstabilisé. Les partis politiques eux-mêmes changent leurs programmes au gré des sondages et des scandales politiques. Aucun projet politique ne parvient à susciter la confiance et l’enthousiasme. Avec l’avènement d’une économie et d’une culture sans frontières, les convictions qui nous ont longtemps guidées sont brusquement remises en question : le nationalisme, le rôle social de l’État, la laïcité, le féminisme, l’immigration.
Même les militants syndicaux, communautaires ou écologiques sont désorientés. La délocalisation de l’économie et le démantèlement de l’État les forcent souvent à jouer aux pompiers et à se replier sur des cibles locales. Les courants extrémistes, à gauche comme à droite, créent un climat peu favorable à la liberté d’expression et au débat politique. Le fossé se creuse entre un Montréal cosmopolite qui a le vent dans les voiles et un Québec des régions méconnu qui ne cesse de se dépeupler et de s’appauvrir, entre la génération des baby-boomers qui a vécu la Révolution tranquille et la génération des milléniaux branchés sur le monde.
Ce désengagement politique généralisé est dangereux pour l’avenir du Québec. Il est urgent que ceux et celles qu’on pourrait appeler la « gauche citoyenne et démocratique » reprennent conscience de leur rôle et de leur force politique. Il faut relancer l’engagement politique citoyen.

 

Être un citoyen progressiste,

 

c’est vouloir changer la société dans laquelle nous vivons :

une société organisée et contrôlée par les riches et pour l’enrichissement des riches,

où la démocratie n’est plus qu’un mot,

où la richesse est mal partagée,

où notre environnement est compromis,

où le peuple québécois est méconnu,

où tout ce qu’on nous propose c’est de consommer et de nous amuser à crédit ;

c’est travailler à l’avènement d’un Québec démocratique, égalitaire, solidaire, écologique, souverain, libre et heureux.

 

Cependant, deux visions du changement politique se côtoient et s’affrontent présentement au Québec.

 

Qui sont ces citoyens démocrates et progressistes ?

C’est d’abord et avant tout le mouvement de fond de ces citoyens engagés dans le changement social qu’on retrouve partout au Québec, dans

les syndicats,

les groupes communautaires et coopératifs,

les entreprises d’économie sociale,

les comités de citoyens et de développement,

les groupes écologiques engagés dans de multiples combats,

les groupes qui travaillent pour l’égalité des femmes, des personnes LGBT et pour la reconnaissance des peuples autochtones,

ceux qui accueillent les réfugiés, qui développent des solidarités avec des mouvements communautaires dans les pays du Sud, qui parlent aux sans-abri, qui s’occupent des enfants handicapés et des personnes âgées, qui hébergent les femmes victimes de violence,

et tous ces Québécois déçus de la politique qui se sentent impuissants devant le triomphe d’une minorité de riches.

Ce grand réseau citoyen et démocratique, enraciné dans l’action collective et proche du peuple, on l’entend peu, il a peu de moyens, les médias en parlent peu, il se mêle peu de politique partisane, il est sous-estimé et même orphelin politiquement, il n’a pas de voix politique.

Pourtant, il s’inscrit naturellement dans le projet collectif du Québec.

Il tient à la solidarité sociale et il dénonce la déconstruction de l’État social et des régions par les politiques d’austérité et de centralisation néo-libérales.

Il tient à l’émancipation du Québec, à son identité et à son avenir comme peuple, à son territoire, à la langue et à la culture française qui nous caractérisent, à la laïcité, à l’émancipation des femmes et à l’intégration des immigrants.

Il conçoit le Québec comme une nation, une société de citoyens égaux et non comme une société d’identités particulières à la façon du Canada des Trudeaux, Il est solidaire des autres peuples du monde qui luttent contre leur oppression.

 

Une certaine gauche multiculturelle

 

Entre temps, une certaine vision de gauche a pris beaucoup de place ces dernières années dans le débat public. On l’entend un peu partout, à Montréal surtout, chez les jeunes intellectuels, dans les médias, dans les manifestations, à Québec solidaire, dans les organismes de défense des droits de la personne, chez certains groupes d’étudiants universitaires, à la Fédération des femmes du Québec…

Elle est multiculturelle et préoccupée par les minorités ethniques, culturelles, linguistiques, religieuses et sexuelles, au mépris parfois des majorités; elle ne jure que par la charte canadienne des droits de la personne, au point parfois d’ignorer les droits collectifs, et même, de juger discriminatoires des dispositions de la loi 101, ou d’éventuelles lois sur la la laïcité qui limiteraient le port des signes religieux et du voile islamique, ou même la liberté d’expression lorsqu’elle est jugée offensante pour les minorités culturelles ou religieuses; elle défend même le voile intégral, et, du même coup, l’intégrisme islamique.

Se voulant inclusive, elle pourchasse le racisme systémique, l’islamophobie, la xénophobie, le suprématisme mâle blanc, la catho-laïcité qu’elle voit partout et qu’elle associe trop facilement et de manière démagogique à toute conviction nationaliste ou identitaire.

On peut dire aussi qu’elle est post-nationale, car elle est contre le nationalisme facilement qualifié d’ethnique, identitaire, revanchard, passéiste, régressif : pour elle, l’idée de nation, de peuple, de société distincte, de société laïque, de communauté de destin est suspecte, dangereuse même et doit être dénoncée, voire condamnée. Elle est pour l’indépendance à condition qu’elle soit multiculturelle, inclusive, non-identitaire et socialiste. Surtout, elle n’arrive pas à inclure son projet politique dans le projet collectif et l’identité historique des Québécois : pour elle, le PQ nous a tout simplement trahi, nous maintient dans un nationalisme ethnique et néolibéral de survivance et doit être éliminé de la scène politique.

Le discours de cette gauche multiculturelle tente d’imposer une nouvelle rectitude politique et crée un immense malaise parmi les forces progressistes. L’intransigeance et le dogmatisme moral de plusieurs inclusifs blesse beaucoup de Québécois et de Québécoises attachés à leur peuple, en plus de détourner l’attention de problèmes importants pour l’ensemble de la population. En réalité, cette gauche divise et exclut plus qu’elle ne rassemble et inclut.

 

Prendre la parole !

 

Cette « gauche multiculturelle, inclusive et post-nationale » est loin d’être la seule ni la plus représentative, ni la plus nombreuse. Nous l’avons vu, il existe une autre gauche, une gauche sociale, citoyenne et démocratique, composée de milliers de citoyens progressistes, allumés, engagés dans leur milieu partout au Québec.

Il est temps que cette « gauche citoyenne et démocratique populaire » sorte de l’ombre, qu’elle prenne la parole et trouve sa place sur la scène politique.

Gabriel Nadeau-Dubois postait récemment à ses abonnés le message suivant : « Il est urgent de reprendre l’idée d’indépendance des mains de ceux qui veulent faire la chasse au voile ». On pourrait dire plus justement qu’il est urgent de reprendre le projet d’émancipation politique du Québec des mains de ceux qui ne partagent plus ce qui nous définit comme peuple distinct et qui ne jurent que par la charte canadienne des droits de la personne.

 

Un projet profondément québécois et rassembleur

 

Le projet politique dont cette gauche citoyenne est porteuse est profondément québécois et rassembleur.

Les Québécois forment un peuple et une nation : ils sont le cœur du peuple français d’Amérique!

Nous avons appris l’égalité, la solidarité, la tolérance, l’indépendance et le respect de la nature tout au long de notre histoire, aussi bien avec le rêve de Champlain d’un Nouveau monde et les premiers coureurs des bois associés aux Indiens qui nous ont permis d’explorer ce continent et d’y vivre en toute liberté, qu’avec les paysans autosuffisants réfugiés dans les campagnes que nous fumes pendant deux siècle, les patriotes de Papineau qui nous ont fait rêver de République, les ouvriers des villes qui ont appris à s’entraider et à se défendre face aux patrons étrangers, les artisans de la Révolution tranquille qui ont posé les bases de notre émancipation culturelle, politique et économique, et aujourd’hui, ceux qui nous permettre d’entrer de plein pied dans l’ère de la mondialisation.

Nous avons créé une société distincte en Amérique, par sa langue et sa culture, par ses politiques et ses institutions sociales et économiques, par sa métropole internationale, sa capitale réputée, ses régions toutes plus originales les unes que les autres, par un rayonnement culturel exceptionnel, par l’intégration de milliers d’immigrants au fil des années, par la solidarité que nous avons créé avec les autres peuples du monde.

Si nous ne sommes pas encore un État souverain et démocratique, c’est bien parce qu’on nous a divisés, intimidés, hypnotisés avec le mirage de la mondialisation et de la nation canadienne, multiculturelle et post-nationale

Cette histoire commune est précieuse et nous sommes encore capables d’évoluer sans renier ce que nous sommes. Il n’est pas trop tard pour rassembler les Québécois autour d’un projet original de démocratie citoyenne, communautaire, libre et écologique, et pour forcer nos représentants à nous écouter.

 

Les choix politiques

 

Mais attention! Cette « gauche citoyenne populaire » n’est acquise à aucun parti politique.

Elle ne se reconnaît nullement dans le Parti libéral, inféodé au Canada multiculturel et au grand capital des multinationales et de ses lobbies, infesté par la corruption et discrédité par ses mensonges, ni dans la CAQ qui n’a d’yeux et d’oreilles que pour un développement économique et social du Québec d’abord et avant tout par l’entreprise privée, sans égard pour nos acquis sociaux ni pour ses impact sur l’environnement et le climat, et qui n’hésite pas à jouer malhonnêtement sur les peurs de la population

Elle n’est pas non plus à l’aise avec un PQ trop ambivalent et trop peu souvent à la hauteur des enjeux sur l’indépendance, sur la laïcité, sur le français, sur la démocratie, sur la question écologique, malgré la présence en son sein d’une gauche nationaliste et un programme renouvelé nettement progressiste sur le plan social, économique et environnemental, ni avec un QS trop multiculturel, trop électoraliste, trop socialiste passéiste et trop peu enraciné dans notre histoire et notre territoire.

 

Une plate-forme politique commune

 

La plate-forme politique que nous proposons au mouvement citoyen et démocratique s’articule autour de quatre axes de changement inséparables l’un de l’autre : la réforme démocratique, le partage de la richesse, la transition écologique, la souveraineté politique.

Premièrement, une réforme démocratique en profondeur, qui restaure la souveraineté du peuple et l’autonomie des communautés locales et régionales, de façon à permettre à tous sans distinction de participer et de décider en permanence à tous les niveaux de la vie collective.

La citoyenneté québécoise doit être le lien commun qui nous définit et nous unit, anciens comme nouveaux venus, et les principes de la laïcité, du caractère français et de l’égalité hommes-femmes doivent pouvoir nous protéger des particularismes religieux et culturels et assurer une intégration de tous. L’objectif doit être une société de citoyens québécois solidaires et non une société d’identités particulières.

Pour y parvenir, il faudra aller plus loin que des réformes du système électoral et parlementaire à la pièce : à terme, la redéfinition des règles de notre démocratie devrait se faire dans la rédaction d’une constitution du Québec par le peuple, à l’intérieur d’un grand chantier démocratique coordonné par une Assemblée constituante citoyenne libre de toute allégeance politique et libre de ses délibérations.

Deuxièmement, une meilleure répartition de la richesse, grâce à une démocratisation de l’économie et à un filet social élargi, afin de tenir compte des réalités nouvelles du monde du travail et des inégalités révoltantes engendrées par l’économie mondiale actuelle. À titre d’exemples, il faut penser à

un revenu minimum garanti,

un revenu maximum admissible,

la mise au pas des banques,

la fin de l’évasion fiscale,

la lutte contre la corruption,

le respect de la souveraineté des États et des économies locales dans le libre-échange,

la participation des travailleurs à l’entreprise,

un meilleur accès aux services essentiels,

un meilleur encadrement de la consommation et du crédit.

Troisièmement, la transition écologique de notre économie pour préserver la qualité et la pérennité de notre milieu de vie. Des mesures concrètes doivent être prises pour assurer une transition accélérée dans notre consommation d’énergie (particulièrement le pétrole), la rationalisation des transports, la gestion de nos ressources naturelles et de nos écosystèmes, la production agricole. Il faut viser une relocalisation de notre économie, une économie circulaire, une économie de proximité et de partage, en un mot, une croissance ajustée à nos besoins réels et aux capacités de notre planète.

Quatrièmement, la souveraineté politique pour permettre au peuple québécois d’exprimer son identité propre,

de redéfinir ses institutions démocratiques, sociales, culturelles et économiques dans une constitution bien à lui,

d’exercer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, de son fleuve, de ses ressources, de son immigration et de ses politiques, de compléter avec les Premières nations présentes sur le territoire la négociation d’un statut de nations autonomes et des ententes de cohabitation et de partage des usages du territoire sur le modèle de la Paix des Braves,

enfin, d’exprimer nos choix de solidarité avec d’autres peuples du monde d’une manière pleine et entière.

« Le Québec sera souverain ou ne sera pas »(Maxime Blanchard)

 

Passer à l’action

 

À nous tous, citoyens progressistes et démocratiques, de nous approprier ce projet politique commun; d’en faire la promotion auprès de nos concitoyens et auprès de nos réseaux, organisations et concitoyens de même qu’auprès de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger; de fédérer nos forces afin de relancer notre engagement politique citoyen sur ces nouvelles bases, et ainsi, contribuer à réactiver le projet de souveraineté, renouveler notre démocratie, mieux répartir la richesse et assurer notre transition écologique.

 

Roméo Bouchard, romeobouchard@hotmail.ca (Kamouraska)
Co-fondateur de l’Union paysanne et de la Coalition pour la Constituante, auteur de plusieurs ouvrages sur l’agriculture paysanne, le développement et l’autonomie des régions, les enjeux écologiques et la démocratie.

Louis Favreau, louis.favreau@uqo.ca (Saint-Mathieu de Beloeil)
Sociologue et directeur de la Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC-UQO), organisateur communautaire et auteur de plusieurs ouvrages sur le développement communautaire, la transition écologique et la coopération internationale.

Note : Une cinquantaine de personnes actives dans les réseaux citoyens partout au Québec ont été consultés lors de la rédaction de ce texte.

 

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L’Université Born Again

Publié le 24 avril 2017 dans le Journal du Québécois.

Vous avez vu en fin de semaine cet article du Devoir intitulé «La religion investit l’université»? Grosso modo, on y apprend que l’université Laval formera bientôt des missionnaires évangélistes.

Moi qui suis biologiste, s’il est une chose qui me pompe particulièrement chez les baptistes évangélistes et autres born again christians, c’est leur zèle créationniste. Éminent généticien, biologiste et théoricien de l’évolution, Theodosius Dobzhansky affirmait que « rien en biologie n’a un sens excepté dans le contexte de l’évolution ». Allez rapporter un tel propos à un baptiste bien lobotomisé et sa réaction vous permettra de mesurer l’étendu de l’obscurantisme moyenâgeux qui s’incrustera sous peu dans ce lieu de savoir que devrait être l’Université. Causez avortement, contraception, droit des femmes ou de minorités sexuelles et vous serez éblouis par les sottises qu’il vous servira ainsi que par sa dévotion aux fariboles les plus grotesques. Prenez ensuite la mesure de tout le fric que sous-tend le mouvement protestant évangélique, cette énième sous-espèce chrétienne, et vous comprendrez pourquoi cette manne a su parler au doyen de l’Université Laval. Dans l’affaire qui nous intéresse, un modeste 420 000$.

Pour prendre acte du degré de fanatisme des adeptes de cette fiction millénaire, offrez-vous la bande-annonce du film Jesus Camp (voir en bas de page – le film entier est en ligne). Si vous croyiez la barbarie chrétienne définitivement révolue malgré le passage de Bush junior le croisé, jetez aussi un œil au documentaire Dispatches Saving Africa’s Witch Children (en bas de page). Pas très joli. On se demande où est passé le Jésus babacool post-boomers. Puis, pour vous détendre, offrez-vous une petite virée au Big Valley Création Science Muséum en Alberta, vous y rencontrerez peut-être quelques-uns des Jesus freaks élus d’Ottawa. Certains attesteront, sans complexe, de la dimension politique de leur foi. Moins tiède sur les questions d’intrusions religieuses lorsqu’elles n’émanent pas de musulmans, l’émission Enquête a témoigné, sous le règne d’Harper, de cette vilaine manie évangéliste. Le reportage intitulé À la droite de Harper peut toujours être visionné sur Youtube (en bas toujours). Convaincus de l’imminence de l’Apocalypse et que le Canada y jouera un rôle prescrit par les Écritures, ces illuminés s’affairent d’avantage à sauver des âmes pour la moisson finale qu’à lutter contre les changements climatiques. Au pouvoir, les Conservateurs ont ainsi multiplié les tentatives devant remettre au goût du jour la question de l’avortement, œuvré à moraliser les événements et productions artistiques subventionnés et assumé un virage pro-Israélien. L’arrivée du poster boy Trudeau s’inscrit également dans la tradition du clientélisme électoral guidé par les bondieuseries. Fiston Trudeau, on le sait, ne rechigne jamais à montrer sa bouille dans les pires nids à intolérance.

On peut s’attendre à ce que d’autres sectes à succès prennent le pas à l’Université Laval. Quand viendra le tour de l’islam, ses gourous pourront bien sûr compter sur Québec Solidaire et le Parti Libéral pour faire taire toute contestation en aboyant copieusement des «racistes». Incarnée au Québec par QS, la tradition de la gauche régressive initiée par Foucault, improbable groupie de l’Ayatollah iranien Khomeyni, mariée au multiculturalisme fanatique de Couillard, piétine le réel, les leçons de l’histoire et les derniers confettis francophones d’Amérique.

Alors que j’aurais volontiers illustré le funeste destin que réserve le Parti Libéral au dernier troupeau de caribou de Val d’Or, je me retrouve à vous réchauffer ma camelote de sale laïcard intégriste, identitaire et raciste. Deux autres dessins donc, qui auraient dû se retrouver dans le dernier livre de Djemila Benhabib. Les frères Kouachi en ont décidé autrement en abattant Charb qui devait en signer la préface. Dès lors, moquer les idéologies religieuses et défendre la liberté d’expression est devenu un sujet tabou donnant de l’urticaire aux éditeurs. Je me suis bien vite retrouvé seul comme un taenia au fond d’un duodénum. Pourquoi s’embarrasser d’un type qui n’a jamais fait TLMEP et qui persiste à dessiner des matières fécales, des bites et des vulves? Rassurez-vous, dans la marginalité, la santé va bien. Sans doute mieux qu’autrement. Job alimentaire oblige, j’y dessine moins de caribous persécutés que je ne le souhaiterais, mais en bon garçon, j’y pratique le recyclage de mes vieux coups de sang mécréants. Et comme l’histoire ne veut pas passer à autre chose, et ben voilà… Jusqu’à épuisement des stocks.



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Moi, raciste? Fuck you!

Le voile islamique s’est invité en campagne électorale. La question n’est pas réglée, on l’a remarqué. Une question qui détournerait d’enjeux autrement plus importants. Un Harper va-t-en-guerre qui nous la brandit tel un épouvantail pour leurrer l’électeur. Des craintes légitimes tournées en dérision par des esprits javellisés au multiculturalisme. Des amis, des militants, des familles qui se brouillent, toujours sur cette question. Et pourtant! «Laïcité», qui se souvient encore du sens de ce mot? Voici comment il s’est taillé une place dans mes neurones. Je procéderai d’un exemple vécu d’intrusion religieuse dans l’espace public, en l’occurrence une école publique prise d’assaut par les évangélistes chrétiens (histoire de foutre un peu la paix aux musulmans). Je basculerai ensuite dans l’actualité, puis aborderai l’éducation, notamment le cours d’ECR.

(Des centaines de partages sur le Site Le Québécois…. Merci de votre intérêt et de vos commentaires)

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L’éveil du mécréant…

Histoires de préhistoire et regards naturalistes, c’est la science qui a d’abord fait éclater tout ça d’entre mes deux oreilles. J’avais 12 ans, on ne m’avait jamais trop matraqué de chrétienneries, mais elles étaient là, omniprésentes. À l’école, où on nous bassinait d’âneries catholiques – je me souviens d’un diaporama où l’on nous présentait le pape Jean-Paul II en ski alpin, sur fond de hard rock – on dirait du Ozzy Osbourne! me disait un pote. Bien-sûr c’était plus gentil que ce qu’avaient connu mes parents, mais ça demeurait la promo d’un placebo, un ramassis de fables grotesques issues de manipulations et de triturations pathétiquement primates. Mais voilà, grâce à Charles Darwin, les couleuvres, tritons et salamandres que je capturais et observais en terrarium avaient mis à mal cette pathologie psychique que les grandes personnes tentaient de m’inoculer. Des adultes avaient insulté mon intelligence de mioche à grands coups de ce catholicisme, qui à l’instar de toutes les doctrines monothéistes, n’est qu’un obscur méli-mélo de tout et de son contraire. «Cette voix du dedans qui fait parfois un de ces boucans», comme le chantait Ferré, n’était donc que le fruit de mon encéphale, moi, l’Homo sapiens.

bilboquet coul aprilusHors de l’école et de sa rectale pastorale, malgré nos églises désertées, les bondieuseries, perduraient (et perdurent), stagnantes et putrides, dans nos cervelles de colonisés. Je pense ici à cette saleté de culpabilité judéo-chrétienne troublant l’éveil des hormones, exécrant le plaisir, le sexe, les femmes et l’intelligence. Autant de névroses institutionnalisées et instrumentalisées glorifiant la mort, l’obéissance béate et la détestation du savoir. Une fois fait ce constat, le goût des blasphèmes n’en est devenu que plus doux pour l’ado que j’étais. D’autant plus qu’en bon boutonneux Post-Passe-Partout Québécois, je les pimentais allègrement de riffs punks et métalleux. «Clic, il fait clair, vive la lumière!1»

…et la claque évangéliste

À ce stade, je ne me sentais toutefois pas le besoin d’inscrire mon «dégoût» du religieux dans le cadre d’une lutte. Au Québec, le phénomène me semblait désarmé, voire agonisant, une affaire de vieux lobotomisés qui freakent au crépuscule de leur vie. On avait viré le catéchisme des écoles publiques, j’avais d’autres centres d’intérêt et surtout deux jeunes enfants. Pourtant, en 2005, alors que j’enseignais au Nunavik, dans le Nord du Québec, les bondieuseries sont revenues par la porte arrière : une direction d’école publique m’interdisait d’aborder le thème de l’évolution des espèces en classe. Le monde n’aurait que 6000 ans et aurait été créé en 6 jours. Les évangélistes chrétiens avaient pignon sur rue dans la toundra. Oui, ces mêmes exaltés qui mènent aujourd’hui des offensives de prières dans les tribunes du Parlement d’Ottawa et qui sont courtisés par la clique de Stifine Harper; lui-même appartenant à l’organisation religieuse évangélique Alliance chrétienne et missionnaire. Le 11 septembre 2001 n’était pas très loin derrière. Les cul-bénits, me semblaient soudainement prendre du poil de la bête, comme revenus d’outre-tombe.

doublediscour aprilusJe fus sanctionné pour insubordination, raconté par Québec Science, appuyé des milieux scientifiques et des syndicats d’enseignants, mais grossièrement harcelé par les pets secs de la Bible Belt et trahi par une certaine gauche québécoise qui se découvrait multiculturaliste (à l’époque, l’Union des Forces progressistes2). Bien que la sanction me fut retirée, la Commission scolaire cautionna publiquement la censure pratiquée par son établissement et m’accusa de ne pas respecter la culture inuite, à savoir les insanités créationnistes prescrites par les églises pentecôtistes! J’étais donc devenu une sorte de raciste, moi qui l’année précédente mangeais de la tête de castor bouillie et des tripes de caribou au sein de ma famille adoptive Crie; moi l’ancien coopérant en Amérique Centrale. Ces quolibets, la gauche à bobettes de babiche et à jupes de terre cuite me les a réchauffé lors du récent débat sur la Charte. Et aujourd’hui, ils en remettent avec cette histoire de vote à visage découvert. Mais j’y reviendrai.

Au sommet de la terre, je n’avais pas anticipé un tel bazar et je dois reconnaître que j’en suis ressorti bien «égratigné». Je me mis dès lors à me gaver des bouquins de Richard Dawkins (le pitbull britannique de Darwin), pour ensuite plonger dans les crus locaux, Guy Rocher, Normand Baillargeon, Daniel Baril, Louise Mailloux, Djemila Benhabib et plus récemment, le français Michel Onfray. Confronter les contes de fées, les sectes et autres opiums, à la rationalité, aux sciences et à l’histoire devint vite une passion. Je n’allais certainement pas tendre l’autre joue comme le mythique granole cosmique. Ce triste personnage inventé de toute pièce afin de consacrer la soumission du bon peuple; aujourd’hui, vestige anachronique et dégoulinant, cloué sur son instrument de torture, bien en vue à l’Assemblée Nationale.

Fustiger la connerie made in Quebec à coups de crayon, façon Charlie…

Depuis, toutes griffes dehors, je buzze à célébrer l’absurdité du monde à renfort de second degré, d’insolences et de vulgarités qui ne sont gratuites qu’en apparence. L’humour noir et la satire c’est l’exutoire qui m’empêche de poser des bombes et d’entartrer les politiciens véreux. C’est mon antidote à l’écrasante bien-pensance des gonades molles qui flageolent, l’arme non aseptisée qui fustige les pilleurs environnementaux, l’avidité obscène des crapules, les fachos, les mysos, les homophobes, les fédéralistes coincés du cul et bien sûr les gourous de tout acabit. Ah! Ces fonctionnaires de Dieu! Intarissable terreau à bêtises, infinie source d’inspiration! Ridicules clowns costumés, fantasmant la mort, dérobant son caractère indubitable à des fidèles qu’ils enfument pour mieux régner, pour les détourner de leur vie, la seule qu’ils auront pourtant jamais.

extremiste ababord

…À bâbord

Je veux secouer les puces de cette «nouvelle gauche québécoise» qui me donne de l’urticaire. D’abord pour sa laïcité mitée d’adjectifs creux et relatifs, mais aussi pour son indépendantisme mou et mortifère. Lorsqu’en 2005, timidement sur son site officiel, l’UFP emboîta le pas à mes détracteurs, je comprenais qu’un cancer avait fait son nid dans ma famille politique : le multiculturalisme. Désormais, chez Québec Solidaire, en chœur avec le Parti Libéral, il est de bon ton de cautionner l’intolérance inhérente aux religions sous prétexte de «tolérance» et sur fond de culpabilisation de la société d’accueil. La démocratie au service de l’anti-démocratie. On s’adresse aux minorités comme à des imbéciles, on les flatte et les encourage à l’auto victimisation plutôt qu’au débat et à la rationalité. Même approche avec les indiens et les inuits : à go-gauche, on est les amis des bons sauvages, on «stéréo-typise» : sur fond de tam-tam, on se met des plumes au cul, de l’igunaq3 entre les oreilles et on offre l’exclusivité de tribune aux plus cons d’entre-eux. «LES musulmans, LES juifs, LES indiens, LES schtroumphs…» Une connerie qui mène droit aux communautarismes et à la fragmentation. Lors des dernières élections provinciales, l’accusation d’électoralisme, pas forcément infondée, fut balancée à la pelletée à l’endroit du PQ et de sa Charte de la laïcité. Il vaut pourtant parfois mieux regarder le reflet de sa propre gueule avant d’aboyer. Qui donc QS voulait-il séduire en embrassant le multiculturalisme?

Bien sûr, pour les mauvaises raisons, des fachos se sont greffés à ce projet de Charte, fondamentalement progressiste. C’était exaspérant, d’autant plus qu’un flou malsain a été entretenu par les Péquisses. Mais les apôtres théocratiques du surnaturel, de l’homophobie et du machisme, les Charkaoui et compagnie, ils étaient aux côtés de cette gauche métamorphosée, ils militaient en leurs rangs. Et au final? On a rien du tout. On a Couillard et ses couillons qui coupent. Point de balises, une merde législative liberticide sur le discours haineux (loi 59), que des cloisons qui s’érigent… Et du provincialisme Cana’ien en prime.

Ces 91 % de Québécois…

Garderie aprilusAujourd’hui, quand des citoyens «ordinaires» font part, parfois maladroitement, de leurs inquiétudes quant à l’Islam, ils sont nombreux, au sein de cette «gauche» coupée du peuple et chez les fédéralistes, à associer ce qui constitue la majorité des québécois à des fachos de base. Et pourtant, à la lumière des nombreuses expériences multiculturalistes virées en fiasco, de ces images de décapitations, de lapidations, de destructions de trésors patrimoniaux, de mariages forcés, de persécutions en tout genre et depuis la tuerie de chez Charlie Hebdo, CES CRAINTES SONT LÉGITIMES. Les balayer sous le tapis contribuera assurément à envenimer la situation, laquelle pourrait effectivement dégénérer en racisme primaire. Distinguer l’islamiste exalté du type qui prie peinard sans emmerder tout le monde, ce genre de type qui, en Syrie ou en Irak, est la première victime de Daech; discerner l’extrême moron du paisible croyant,  finira par devenir plus ardu pour le citoyen moyen. Les gens, ils n’ont pas toujours raison, mais il faut les écouter avant qu’ils ne pètent une coche. C’est vexant ne pas être écouté. Lorsque Mitterrand s’est recentré, voire droitisé, suivi de ses successeurs «socialistes»; lorsque les résultats du référendum français sur la Constitution Européenne ont été balayés du revers de la main par Sarkozy le nabot, pour ne citer que ces exemples; il y avait matière à être vexé. Et c’est un peu pour ces raisons que le Front National est à 30% aujourd’hui. Un parti xénophobe jusqu’au tréfonds de son histoire, qui glane des recettes altermondialistes inventées par «des gauches bien splittées entre-elles» et qui capitalise sur l’arrogance des grands partis, sur les trahisons dont ils sont porteurs, pour se présenter comme le seul vecteur de changement.

Depuis quelque temps, des déclarations de Marine Le Pen, la fille du monstre, dégoulinent jusqu’ici, au Québec. Des petits clips Youtube ça et là. Une saveur étonnamment gauchisantes. Dès qu’on gratte, ça pue. «Ça schlingue grave»! Suffit de zyeuter le CV des pourceaux qui se terrent derrière le nouvel emballage du FN. Au Québec, le terreau susceptible de recevoir ce purin fasciste, à mon humble avis, ce sont les multiculturalistes qui le préparent, inconsciemment. C’est pas les gars comme moi!

Construire un espace commun neutre, c’est quand même pas la mer à boire… Ah merde, j’oubliais! Nous sommes un peuple conquis, inféodé à Ottawa… Rien n’est simple dans notre posture. La preuve : les présentes élections fédérales. Un pallier gouvernemental de conneries supplémentaires! Entre les prouesses d’Harper, le tacticien véreux, et les stépettes du monstre bicéphale NPD-PLC, on se fait encore bassiner par les têtes de nœud du Fédéral. Il faut retrouver notre liberté, qu’on s’administre enfin nous même. Au plus criss.

etui penien aprilusIl y a mieux à faire à l’école…

Mes mots, mes dessins, bien que parfois grossiers, ils sont aussi pour mes enfants, Arthur et Zoé. Car entre la fin du catéchisme et le retour du religieux à l’école, via le mal nommé cours d’Éthique et Culture Religieuse, aucune génération n’a eu le temps de passer. Les bondieuseries demeurent incrustées et sournoises. Emballées d’un multiculturalisme canadien éructant l’assujettissement pernicieux de l’État au religieux, de la communauté à l’individu, bref, l’apologie de l’accommodement raisonnable. On invite aujourd’hui nos gamins à découvrir les sectes à succès comme les mets d’un inoffensif buffet : all you can eat, stick to the cultural origin of your parents! L’athéisme y passe à la trappe. Meslier, Holbach, Feuerbach, Nietzche, ces pionniers qui n’avaient pas le cul entre deux chaises, sont évincés par l’inventaire puéril des lieux de cultes qui parsèment la province. Exit : les Croisades, l’Inquisition, les bûchers, les autodafés, les fatwas islamiques, les théocraties, les écoles résidentielles indiennes et aborigènes, les scandales de pédophilie, l’islamisme politique, l’obscurantisme, le démontage rationnel des mythes, leurs incohérences, le fantasme d’un peuple se croyant élu, les rituels religieux soumis à l’approche évolutive et dépeints en simples dérivés de mécanismes cognitifs«nécessaires» à la vie sociale, le climato-scepticisme des nouveaux prédicateurs de l’apocalypse, etc. Que nenni. Les commissaires Bouchard et Taylor servent à nos gamins une bouette infâme dépourvue de perspectives historiques, philosophiques et scientifiques. Ils cuisinent l’idéologie multiculturaliste. Définitivement, il y a mieux à faire à l’école.

Et puis, qu’on cesse enfin de financer les écoles confessionnelles, bien trop souvent obscurantistes. D’ailleurs, c’est aussi le seul bon point qu’avance Québec Solidaire dans ce dossier.

Buffet aprilus

Aménager le vivre ensemble

Athées, ne soyons plus complexés, faisons taire tous ces faux-culs aux mains ensanglantées qui prétendent que seule la religion est vecteur de morale. La sélection naturelle a retenu l’altruisme et l’empathie chez les hominidés et ces attributs sont au cœur même de notre succès évolutif. Réclamons la lumière, démythifions publiquement les fables surnaturelles, combattons les intrusions religieuses et bâtissons une éthique post-chrétienne axée sur le vivre-ensemble dans le monde réel.

Et puis, let’s «tax the fuck out of the churches», pour reprendre Frank Zappa. Ça suffit les conneries!

Baptisés païens et croyants écœurés des institutions, je vous invite à faire acte d’apostasie, pour la beauté du geste, pour ne plus faire partie des statistiques et envoyer un message aux saintes sangsues embusquées.

Les pieux, je vous convie, sans mépris aucun – puisque je le réserve aux gourous et autres marchands d’arrière-mondes – à bien mesurer pour vous, pour nous tous, les indéniables avantages d’un Québec laïque et pluraliste. Une garantie que la religion ou l’athéisme enragé (oui oui!) des autres n’étouffent pas ce droit fondamental et personnel qu’est votre liberté de culte. Une garantie d’intégration paisible par le biais d’un espace commun neutre.

La laïcité, surtout, c’est pour que les enfants qui naissent au sein d’une tradition qu’ils n’ont pas choisi sachent que des fenêtres existent, que le monde est plus complexe qu’il n’en a l’air et qu’ils peuvent choisir la forme de spiritualité qui leur convient, quelle soit religieuse ou pas.

Sur ce, vaut mieux en rire que de s’en crisser! Vive le droit au remue-méninges via le blasphème! Car les religions sont des idéologies comme les autres, elles ne sont sacrées que pour ceux qui y souscrivent, et encore à différents degrés. J’adhère pleinement à la maxime des Zappartistes : rire est une si jolie façon de montrer les dents. Et c’est ce que je m’efforce de susciter en vous, convaincu que le grotesque des accommodements, ridicule avant même d’être caricaturé, ne fait pas sourire que dans les rangs des mécréants mais aussi parmi les croyants.

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1-Référence à Passe-Partout, emblématique série de télévision québécoise pour les enfants de la décennie 80…

2-L’UFP fusionna en 2006 avec l’Option Citoyenne de Françoise David pour former QS.

3-Bloc de gras, de viande et parfois de viscères de morse faisandé du printemps à l’automne arctique puis congelé en hiver. Il est consommé par les inuits qui le considèrent comme un délice.

Note : Oui, l’étui pénien, koteka ou horim ça existe, suivez le LIEN.

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Devinette électorale – 2014

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Mon vote à moé : PQ.

DAMOURS
Les politicards ne cherchent pas à convaincre les intellectuels. Pédagogie, débats éclairés, rationnels et obtention de grands consensus, bien peu pour eux. Ils savent que l’élection va se jouer dans des Tim Hortons. Suffit de passer une p’tite heure dans la salle d’attente aux urgences de Trois-Pistoles et d’ouvrir les oreilles pour le mesurer. «Ouh! Qu’il est méprisant envers les petites gens!» diront certains mange-mardes. Eh ben, mangez-en d’la marde! Sortez de vos meute recluses et offrez-vous une immersion dans le grand troupeau dérouté. Des décennies d’infantilisation et de matraquages mental perché sul’ l’dos des States, ça laisse pas indemne. Jean-D’amours, candidat Libéral dans la circonscription de Rivière-du-Loup-Kamouraska, en bon colonisé, capitalise là-dessus, il serre la pince dans les mouroirs à vieux et les centre d’achat miteux. Il évite les granoles habillées en terre cuite, les artisses aigris, punks et autres racailles militantes, insatiables et râleuses. Il additionne et fait le compte.

Mon calcul à moi, personnage incontournable et hautement influent, c’est que nos problèmes finissent toujours par se buter au palier fédéral. C’est un inévitable tropisme. J’veux l’indépendance,  le droit élémentaire à l’autodétermination et à la liberté (de même que je reconnaîtrai ce droit aux indiens et aux inuits le moment venu). On n’est pas mieux ni pire que les autres peuples d’hominidés, faut arrêter d’être complexés simonak! Québec Solitaire, depuis son origine, flageole comme une vieille schnolle molle sur la crisse de question nationale. Comme si c’était pas assez, le parti s’est montré hostile à toute idée de coalition indépendantiste. Même avec Option Nationale! Méchants progressistes! Et voilà que PKP, le nouveau capitaine Québec, ravive le truc. Un séisme comme y disent dans les feuilles de chou (bien souvent les siennes). Tant mieux!!! Je sais que c’est exaspérant, mais faut arrêter de croire que l’indépendance peut se faire sans la droite. Bien sûr que je trouve insupportable de voir «la Marois», comme on l’appelle dans les soirées shefferball de vos campagnes, entourée de ses stratèges, tergiverser pour ne pas trop en parler de l’indépendance. Bien sûr, elle calcule aussi «la Marois». Évidemment, ils nous ont déjà fait le coup d’la carotte de l’indépendance. Mais faut croire que je ne suis pas encore complètement cynique sur cette question. Le chemin le plus court pour l’indépendance, ça reste le PQ. On ne se désarme pas pour autant! Qui a parlé de faire un chèque en blanc?

Le PQ reste une coalition et malgré certains éléments qui me feront voter en me pinçant le nez, il comprend aussi plusieurs candidats qui ont du panache. D’ailleurs si le vote indépendantiste et progressiste de 2012 n’avait pas été splité en trois, on aurait eu droit à un gouvernement majoritaire bien ancré à gauche (certainement pas une gauche bien «radicale», mais comme on n’en a jamais vu ici). En contexte minoritaire, le glissement à droite était prévisible. Déjà, l’électrification des transports ça m’fait briller les yeux. C’est déjà ça de gagné. Pour l’exploration pétrolière, le pipeline et le reste, on les attendra de pied ferme. La gauche, comme disait Falardeau n’a pas besoin d’être à l’Assemblée Nationale, y’a d’autres moyens pour faire peur aux politicards véreux, puisque le rôle de la gauche, c’est justement ça! Une job dont QS ne s’acquitte pas. Bien mignons les Solidaires, mais complètement inoffensifs, voire utiles. Du pain béni pour les fédéralistes, Power Corporation et les néolibéraux.

Autre chose sur QS. Avec une argumentation aussi creuse que la tête à Trudeau, sur fond de relations plus que douteuses, Mère Thérésa-David et Mahatma Kadhir sont tombés QSdans le panneau du multiculturalisme anglo-saxon. Et honnêtement, à choisir entre Djemila Benhabib (ou Louise Mailloux) du PQ et Dalida Awada, militante QS, cette dinde voilée et maquillée à la truelle qui nous chante la primauté de l’individu sur le collectif en chœur avec Salam Elmenyawi et Adil Charkaoui, deux trou-de-culs obscurantistes, misogynes et prosélytes, je n’hésite pas une seconde. Accoler des adjectifs à la laïcité, en ce qui me concerne, c’est hautement répulsif, je dirais même que c’est la trahison d’une lutte historique de la gauche. Et pour ce qui est d’Option Nationale, z’ont même pas été foutu de prendre position sur l’enjeu, alors pfioouuu, disqualifié! Désolé Patrick Bourgeois.

Alors Benoit Renaud, candidat QS, est-ce avec ces élections que tu comptes asseoir ton cul sur la mape? À moins que tu ne croies sincèrement en tes chances de triompher dans un bastion de papis conservateurs, cette foutue circonscription de Rivière-du-Loup-Kamouraska?

Du côté de Rimouski, là je suis franchement triste de voir une amie s’engager dans ce petit carnaval politique complètement inoffensif pour les vrais «méchants» : un bon coup de pouce aux Libéraux en attendant la semaine des quatre jeudi. T’étais plus marrante et mordante sans bannière.

Allez, je patauge trop dans le politique. Et puis c’est trop long pour l’internaute moyen , personne ne lira…

Le grand Pierre

Le genre de tarte qui ne manque pas de voter :

anglaise acquise APRILUS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le moulineur

On parle beaucoup du «dépeceur de Montréal», Luka Rocco Magnotta… Faudrait pas oublier notre moulineur national : John Charest, moulineur de jeunes, façonneur de cervelles pour entreprises et grand promoteur de l’école sauce Étazunienne.

Profilage politique lors du Grand prix

À tous ceux qui, comme le terroriste Fred Pellerin, portent le carré rouge «de la menace et de l’intimidation», sachez que les sbires de Charest, fin renards, vous reconnaîtrons et adopterons des mesures «préventives» à votre endroit. Tiens, ça me rappelle un certain Georges W… Enfin, anticipez la chose et offrez-vous le plaisir de les saluer du majeur.

Crise sociale au menu

Tapent les casseroles, montent les factures… Même pas mal!

Le dessin suivant a été fait pour le blog, mais a finalement été publié chez Ensemble… après hésitation car jugé «trop optimiste». J’étais pas d’ac’ c’est sûr…

Mais la suite, bien méchante et salée, ça ne pouvait être publié ailleurs qu’ici, sur le blog… Et là, pour sûr, c’est un scénario «optimiste»!

 

Le Devoir sait mettre Charest en valeur