21ème siècle – Le nez dans le mur ou la transition?

avril 1st, 2012
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Le dessin d’origine (qui n’apparaît plus ici) et l’article ci-dessous ont été concocté pour le Journal Ensemble.

Pas la peine d’en parler?
ou Est-ce que ces quelques graines porteront bientôt de très gros fruits?

L’auteur de cet article, Martin Zibeau, habite St-Siméon dans la Baie-des-Chaleurs et est un des citoyens impliqués dans le projet Transition BDC

Au Québec, c’est dans 0,01% des municipalités que l’on peut retrouver les traces d’un mouvement révolutionnaire, pacifique et basé sur une vision positive de ce qui pourrait remplacer la situation globale actuelle. Ce mouvement de transition hautement coopératif, l’est-il trop pour l’esprit individualiste du nord-américain moyen?

Selon l’équipe de Québec en Transition, quinze initiatives de Transition francophones sont actives en Amérique du Nord. Celles-ci s’ajoutent à une quarantaine au Canada et plus de 800 répertoriées par le réseau Transition Network et réparties dans une trentaine de pays.

Toujours selon l’équipe de Québec en Transition, « une Initiative de Transition est lancée par la communauté et vise à préparer les mutations et à mettre en place les solutions pour faire face aux crises pétrolière, climatique et économique en développant la résilience locale. »

En Gaspésie, dans la Baie des Chaleurs, une petite équipe de citoyens et citoyennes, en collaboration avec le Centre d’initiation à la recherche et de développement durable (CIRADD) ont entrepris les démarches afin de lancer une telle initiative visant à réduire la dépendance de leurs localités au pétrole et à accroître la résilience locale. La question de base qu’ils se posent est, « à quoi ressemblera la BDC en 2034 » (500 ans après la venue de Jacques Cartier en Gaspésie).

Malgré le nombre peu élevé d’initiatives lancées au Québec (15 initiatives sur 1 476 municipalités1 ) ce ne sont pourtant ni les ressources disponibles, ni la facilité d’exécution à lancer un tel projet qui sont un frein à leur apparition. En effet, la première étape est tout simplement de trouver une personne intéressée par le concept, appelée l’initiatrice. Une fois cette étape franchie l’initiative passe ensuite par plus ou moins sept autres étapes, selon la réalité de chaque région, et se dirige vers un «Plan d’action de descente énergétique» (PADE) en passant par le « grand lancement ». Tout ceci se fait en gardant une vision optimiste de la situation, comme par exemple, de voir la descente énergétique comme une opportunité plutôt qu’une catastrophe.

Le groupe de Transition BDC s’est donné comme premier but de répertorier ceux qu’ils appellent les « Artisans du changement ». Des gens qui travaillent déjà à élever le degré de résilience locale autour d’eux. Comme c’est souvent le cas avec d’autres initiatives en Transition, c’est autour de la production de nourriture que se développent les premières actions concrètes. Jardins communautaires, ASC (Agriculture soutenue par la communauté), groupe d’achat, etc. Puis se greffent au groupe quelques artistes, des gens habitués à vivre et à penser « autrement » et c’est ainsi, à partir de la base en allant vers le haut que s’installent ces dites initiatives.

Le projet de Transition BDC est ambitieux en ce sens qu’il vise les 26 communautés de la Baie-des-Chaleurs. Au fil des rencontres avec les Artisans du changement, l’équipe de Transition BDC espère que ceux-ci décideront d’apporter leur précieuse contribution aux divers PADE. S’il est un terrain fertile c’est bien la Gaspésie comme le rapporte Roméo Bouchard dans son dernier livre « La reconquête du Québec : Esdras Minville et le modèle gaspésien » en citant Félix Leclerc parlant d’ici comme de « ce pays intérieur de chacun de nous, patient, silencieux, inconnu et mystérieux, d’où viendra le cri qui fera peur à tout le monde ».

Espérons que ce cri sera joyeux et que cette peur sera juste assez surprenante pour nous permettre de remettre en question les bases de l’économie actuelle. Puis, de passer à l’action en mettant l’accent un peu moins sur nos biens et un peu plus sur nos liens.

1 Source : Institut de la statistique du Québec, 2003

http://www.quebecentransition.org/

 

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