Legault Bismol

Aprilus met la table

 

Cette fin de semaine, à la lumière d’un sondage Léger-Le Devoir, Michel David relevait que la population tend actuellement à attribuer à Legault et à la CAQ des vertus qu’ils n’ont pas. C’est le moins que l’on puisse dire! En pareille situation, on peut s’attendre à ce que les multiculturâleux de QS, avec leur compassion de missionnaires à la con, leur manie d’asepsie individualiste et leur foutu fantasme d’un Québec orange citrouille, étalent à nouveau leur incapacité à prendre le recul qui s’impose. Pour ouvrir le dialogue avec cette plèbe qu’ils affublent régulièrement des pires ignominies, ils sont vraiment, mais vraiment, mal barrés. Comme l’étaient tous ces donneurs de leçons yankees, prétendument de gauche, qui se sont réveillés un bon matin avec une merguez blonde, joufflue et vociférante à la présidence. De toute façon, les quelques confettis de cette pseudo-gauche seront trop occupés dans la métropole à tenter de ravir des votes au vilain PQ, à leurs yeux, l’incarnation absolue du mal. Le tout sous le feu de projecteurs avides. Quand on dit d’eux qu’ils sont le «marchepied du pire» et ben, c’est ça. Et moi, excédé par ces vecteurs du pire, j’en oublie parfois ce qui nous pend au nez, à savoir LE PIRE. Pour planter le décors autour de mon dessin de Legault-Bismol, j’ai eu envie de remettre en circulation ces articles fort éclairants de mon ami STEVE FORTIN.

 

Travailler 60h par semaine? Non merci!

Publié le 26 janvier 2018

 

Simon-Jolin-Barrette, ce jeune député de la CAQ, souhaite que nous développions la même fierté que les Américains, qui s’enorgueillissent de travailler plus de 60 heures par semaine…

Simon Jolin-Barrette fait un excellent Poster boy du Conseil du patronat et autres idéologues de l’hyper-productivité et du capitalisme effréné… Son collègue caquiste Youri Chassin doit mouiller dans son froc.

Quand j’observe le monde autour de moi, l’état du monde en général, de la planète sur laquelle nous sommes condamnés à vivre, il m’apparait de façon indiscutable que ce qui presse le plus ce n’est pas de travailler plus pour consommer plus et engranger plus pour consommer plus lors d’une très hypothétique retraite que des idéologues comme Jolin- Barrette souhaiteraient qu’elle soit le proche possible de la mort…

Non.

Ce qui presse le plus, et ce dont je suis très fier, c’est de ralentir la cadence. De travailler mieux, de travailler plus intelligemment, en consommant moins, en jetant moins. Le plus pressant c’est de nous acquitter de l’essentiel et de penser à l’essentiel.

Ma plus grande fierté professionnelle, c’est de réussir à concilier le travail (que j’aime) et ma vie familiale (la chose que j’aime le plus). Je suis là au réveil des enfants, quand ils prennent l’autobus. Je les attends après l’école, je suis témoin de leur apprentissage, je constate avec émerveillement, les progrès de lecture de ma cadette, comme j’ai pu le faire de mon aînée. La plus belle chose qui soit, de voir, de m’émerveiller de la croissance de mes enfants.

Non Simon Jolin-Barrette – Député de Borduas je ne veux rien savoir de travailler plus, de manquer les cours de gymnastique de mes filles pour « avoir la fierté de travailler 60h par semaine », les sociétés du futur, résolument tournées vers ce qui est le mieux pour notre descendance, ralentissent la cadence, investissent dans le savoir, dans l’intelligence, prévoient le changement de nos structures économiques et de l’organisation du travail, ouvrent grande la porte à la fin de l’organisation conventionnelle du travail et délocalisent leurs employés pour leur permettre de travailler de la maison quand c’est possible et misent sur l’organisation du travail comme UNE DES COMPOSANTES de la vie professionnelle, mais pas la plus importante, les organisations du futur placent la conciliation du travail avec la vie familiale comme l’élément le plus important, justement, pour que nous puissions passer moins de temps à « travailler » et plus de temps à nous épanouir, notamment, en redéfinissant le rôle du père, que l’on veut moins « pourvoyeur » et plus actant de la vie familiale, à plein temps.

Cette idéologie est tellement dépassée. mais elle s’inscrit parfaitement dans le cadre du programme d’un parti qui cherche, justement, à démanteler les CPE… On est là dedans. Que c’est pitoyable…

Scridb filter

La CAQ choisit le camp de la droite fiscale radicale…

Publié le 10 janvier 2018

 

Faudra cesser de dire « Coalition avenir Québec ». Car ce parti n’a plus rien d’une coalition; loin s’en faut. Si, lors du lancement de son parti politique, François Legault aimait s’enorgueillir que son « mouvement » dépassait le vieux clivage fédéraliste/indépendantiste – dans le sens de vieilles affaires qui ne sont pas les vraies affaires –, au moins dorénavant il n’y a plus de doute possible.

La CAQ est un parti de droite très, très fédéraliste. Et très, très à droite.

Tout au long de l’année, chaque parti ponctuera les semaines de différentes annonces à saveur électorale. Un des travers de l’élection à date fixe; la campagne est déjà bien lancée. Et aujourd’hui, Denis Lessard de La Presse révélait que la CAQ avait trouvé son « candidat économique », sa grosse pointure en la matière, sa caution électorale économique en quelque sorte.

Il s’agit d’un des porte-étendards de la droite fiscale la plus radicale au Québec, un fier représentant du think tank de droite qu’est l’Institut économique de Montréal, le chroniqueur Youri Chassin.

En réaction à la nouvelle, l’ex-ministre péquiste Camil Bouchard, l’un des instigateurs du réseau des CPE, y allait du commentaire suivant :

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En effet, on est ici dans ce que la droite produit de plus radical. On imagine sans difficulté Youri Chassin avec le parti conservateur du Québec d’Adrien Pouliot. La caution économique de la CAQ est un chantre de la privatisation des services publics et de la réduction de la taille de l’état.

Genre, l’état peau de chagrin.

Ce sera intéressant de voir comment François Legault répondra des prises de position passées de son candidat vedette-économique. Sur la privatisation en santé, sur la privatisation de la SAQ, la privatisation d’Hydro-Québec, la privatisation des prisons (bref, tout ce qui peut être privatisé et selon Chassin, la liste est très longue, voire même Postes Canada au fédéral) la fin de la gestion de l’offre en agriculture, ce à quoi on ajoutera les positions déjà affichées par la CAQ qui souhaite l’abolition des commissions scolaires, la fin des CPE, etc.

Si l’on taxe souvent Québec solidaire d’être l’incarnation de l’extrême-gauche – faut lire le programme pour s’en convaincre -, on pourra dorénavant dire de la CAQ qu’elle se situe aussi, par une telle candidature économique, dans la radicalité économique fiscale.

Car Youri Chassin a beaucoup publié. Voilà une candidature de très haut risque, un personnage polarisant, dont les prises de position radicales en matière de services publics, de fiscalité et d’économie seront étalées au grand jour par les adversaires politiques de la CAQ.

Et oublier tout nationalisme économique avec cet ancien collaborateur du conseil du patronat. C’est pas du tout le bon registre. Si Stéphane Gobeil a encore quelconque rôle à jouer à la CAQ, cela fera des discussions intéressantes entre lui, l’auteur du bouquin « Un gouvernement de trop », ce gouvernement étant l’état fédéral selon l’auteur, et Youri Chassin, dont les publications s’opposent radicalement à ce principe.

Voilà une candidature qui sera applaudie à tout rompre dans les radios parlées de Québec. Les Duhaime et Fillion de ce monde jubileront. Mais qu’en sera-t-il de la population en général?

Scridb filter

Steve Fortin – rédaction-web, journaliste pigiste, blogueur HuffPost Québec, chroniqueur à la radio, gribouilleur et fouineur des internet, a été publié à l’occasion, enseigne comme chargé de cours dans le domaine de la littérature et des communications.

 

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L’aut’ gauche

Aprilus met la table

La gauche, c’est pas les marioles multiculturalistes de chez QS. Malgré la surexposition médiatique de cette poignée de schtroumphs à lunettes, la gauche ne saurait se résumer pas à ça. C’est vrai qu’il y a matière à être confus avec ces merdias qui nous dégainent des «à gauche on dit ceci, à gauche on pense cela». Eh ben voilà, on est nombreux à qui cet état de fait fout la haine. Ras-le-cul, de ce nouveau cru de curés snowflakes qui, non contents d’avoir signé le retour du religieux via leurs obsessions ethnico-individualistes, veulent imposer leur petit ordre moral, à savoir la bombe à retardement communautariste. Ces escrocs, ces usurpateurs, écrasent et étouffent tout engagement politique citoyen. Benêts, ils font le jeu des puissants, des obscurantistes et des racistes (un terme qu’ils s’efforcent de vider de sa substance). Qu’on ne se laisse pas berner par leur petite «com» à la con: leurs pseudo-exercices de démocratie participative – comme FQSP – ne sont que tremplins pour vieux politicards déguisés en djeunes. L’aut’ gauche, la vraie, ce sont ces dizaines de milliers de citoyens engagés, progressistes et démocrates, ironiquement accusés de tous les maux par ces quelques mièvres moralisateurs morveux, pour l’essentiel urbains et coupés du pays. La gauche, on l’a vu se dresser contre les ambitions des pétrolières et de leurs valets, militer pour le maintien des acquis de notre sécularisation collective, s’employer à freiner l’érosion du français d’Amérique, s’indigner contre nos asservissements collectifs, qu’ils soient économiques, politiques ou religieux. C’est cette gauche que célèbrent ROMÉO BOUCHARD et LOUIS FAVREAU dans le texte qui suit. Matière pour un manifeste.

 

L’aut’ Gauche – par Roméo Bouchard & Louis Favreau

 

Relancer l’engagement politique citoyen

 

Le Québec traverse une période d’incertitude politique. « L’électorat est volatil » disent les sondeurs. En réalité, il est déçu, confus, déstabilisé. Les partis politiques eux-mêmes changent leurs programmes au gré des sondages et des scandales politiques. Aucun projet politique ne parvient à susciter la confiance et l’enthousiasme. Avec l’avènement d’une économie et d’une culture sans frontières, les convictions qui nous ont longtemps guidées sont brusquement remises en question : le nationalisme, le rôle social de l’État, la laïcité, le féminisme, l’immigration.
Même les militants syndicaux, communautaires ou écologiques sont désorientés. La délocalisation de l’économie et le démantèlement de l’État les forcent souvent à jouer aux pompiers et à se replier sur des cibles locales. Les courants extrémistes, à gauche comme à droite, créent un climat peu favorable à la liberté d’expression et au débat politique. Le fossé se creuse entre un Montréal cosmopolite qui a le vent dans les voiles et un Québec des régions méconnu qui ne cesse de se dépeupler et de s’appauvrir, entre la génération des baby-boomers qui a vécu la Révolution tranquille et la génération des milléniaux branchés sur le monde.
Ce désengagement politique généralisé est dangereux pour l’avenir du Québec. Il est urgent que ceux et celles qu’on pourrait appeler la « gauche citoyenne et démocratique » reprennent conscience de leur rôle et de leur force politique. Il faut relancer l’engagement politique citoyen.

 

Être un citoyen progressiste,

 

c’est vouloir changer la société dans laquelle nous vivons :

une société organisée et contrôlée par les riches et pour l’enrichissement des riches,

où la démocratie n’est plus qu’un mot,

où la richesse est mal partagée,

où notre environnement est compromis,

où le peuple québécois est méconnu,

où tout ce qu’on nous propose c’est de consommer et de nous amuser à crédit ;

c’est travailler à l’avènement d’un Québec démocratique, égalitaire, solidaire, écologique, souverain, libre et heureux.

 

Cependant, deux visions du changement politique se côtoient et s’affrontent présentement au Québec.

 

Qui sont ces citoyens démocrates et progressistes ?

C’est d’abord et avant tout le mouvement de fond de ces citoyens engagés dans le changement social qu’on retrouve partout au Québec, dans

les syndicats,

les groupes communautaires et coopératifs,

les entreprises d’économie sociale,

les comités de citoyens et de développement,

les groupes écologiques engagés dans de multiples combats,

les groupes qui travaillent pour l’égalité des femmes, des personnes LGBT et pour la reconnaissance des peuples autochtones,

ceux qui accueillent les réfugiés, qui développent des solidarités avec des mouvements communautaires dans les pays du Sud, qui parlent aux sans-abri, qui s’occupent des enfants handicapés et des personnes âgées, qui hébergent les femmes victimes de violence,

et tous ces Québécois déçus de la politique qui se sentent impuissants devant le triomphe d’une minorité de riches.

Ce grand réseau citoyen et démocratique, enraciné dans l’action collective et proche du peuple, on l’entend peu, il a peu de moyens, les médias en parlent peu, il se mêle peu de politique partisane, il est sous-estimé et même orphelin politiquement, il n’a pas de voix politique.

Pourtant, il s’inscrit naturellement dans le projet collectif du Québec.

Il tient à la solidarité sociale et il dénonce la déconstruction de l’État social et des régions par les politiques d’austérité et de centralisation néo-libérales.

Il tient à l’émancipation du Québec, à son identité et à son avenir comme peuple, à son territoire, à la langue et à la culture française qui nous caractérisent, à la laïcité, à l’émancipation des femmes et à l’intégration des immigrants.

Il conçoit le Québec comme une nation, une société de citoyens égaux et non comme une société d’identités particulières à la façon du Canada des Trudeaux, Il est solidaire des autres peuples du monde qui luttent contre leur oppression.

 

Une certaine gauche multiculturelle

 

Entre temps, une certaine vision de gauche a pris beaucoup de place ces dernières années dans le débat public. On l’entend un peu partout, à Montréal surtout, chez les jeunes intellectuels, dans les médias, dans les manifestations, à Québec solidaire, dans les organismes de défense des droits de la personne, chez certains groupes d’étudiants universitaires, à la Fédération des femmes du Québec…

Elle est multiculturelle et préoccupée par les minorités ethniques, culturelles, linguistiques, religieuses et sexuelles, au mépris parfois des majorités; elle ne jure que par la charte canadienne des droits de la personne, au point parfois d’ignorer les droits collectifs, et même, de juger discriminatoires des dispositions de la loi 101, ou d’éventuelles lois sur la la laïcité qui limiteraient le port des signes religieux et du voile islamique, ou même la liberté d’expression lorsqu’elle est jugée offensante pour les minorités culturelles ou religieuses; elle défend même le voile intégral, et, du même coup, l’intégrisme islamique.

Se voulant inclusive, elle pourchasse le racisme systémique, l’islamophobie, la xénophobie, le suprématisme mâle blanc, la catho-laïcité qu’elle voit partout et qu’elle associe trop facilement et de manière démagogique à toute conviction nationaliste ou identitaire.

On peut dire aussi qu’elle est post-nationale, car elle est contre le nationalisme facilement qualifié d’ethnique, identitaire, revanchard, passéiste, régressif : pour elle, l’idée de nation, de peuple, de société distincte, de société laïque, de communauté de destin est suspecte, dangereuse même et doit être dénoncée, voire condamnée. Elle est pour l’indépendance à condition qu’elle soit multiculturelle, inclusive, non-identitaire et socialiste. Surtout, elle n’arrive pas à inclure son projet politique dans le projet collectif et l’identité historique des Québécois : pour elle, le PQ nous a tout simplement trahi, nous maintient dans un nationalisme ethnique et néolibéral de survivance et doit être éliminé de la scène politique.

Le discours de cette gauche multiculturelle tente d’imposer une nouvelle rectitude politique et crée un immense malaise parmi les forces progressistes. L’intransigeance et le dogmatisme moral de plusieurs inclusifs blesse beaucoup de Québécois et de Québécoises attachés à leur peuple, en plus de détourner l’attention de problèmes importants pour l’ensemble de la population. En réalité, cette gauche divise et exclut plus qu’elle ne rassemble et inclut.

 

Prendre la parole !

 

Cette « gauche multiculturelle, inclusive et post-nationale » est loin d’être la seule ni la plus représentative, ni la plus nombreuse. Nous l’avons vu, il existe une autre gauche, une gauche sociale, citoyenne et démocratique, composée de milliers de citoyens progressistes, allumés, engagés dans leur milieu partout au Québec.

Il est temps que cette « gauche citoyenne et démocratique populaire » sorte de l’ombre, qu’elle prenne la parole et trouve sa place sur la scène politique.

Gabriel Nadeau-Dubois postait récemment à ses abonnés le message suivant : « Il est urgent de reprendre l’idée d’indépendance des mains de ceux qui veulent faire la chasse au voile ». On pourrait dire plus justement qu’il est urgent de reprendre le projet d’émancipation politique du Québec des mains de ceux qui ne partagent plus ce qui nous définit comme peuple distinct et qui ne jurent que par la charte canadienne des droits de la personne.

 

Un projet profondément québécois et rassembleur

 

Le projet politique dont cette gauche citoyenne est porteuse est profondément québécois et rassembleur.

Les Québécois forment un peuple et une nation : ils sont le cœur du peuple français d’Amérique!

Nous avons appris l’égalité, la solidarité, la tolérance, l’indépendance et le respect de la nature tout au long de notre histoire, aussi bien avec le rêve de Champlain d’un Nouveau monde et les premiers coureurs des bois associés aux Indiens qui nous ont permis d’explorer ce continent et d’y vivre en toute liberté, qu’avec les paysans autosuffisants réfugiés dans les campagnes que nous fumes pendant deux siècle, les patriotes de Papineau qui nous ont fait rêver de République, les ouvriers des villes qui ont appris à s’entraider et à se défendre face aux patrons étrangers, les artisans de la Révolution tranquille qui ont posé les bases de notre émancipation culturelle, politique et économique, et aujourd’hui, ceux qui nous permettre d’entrer de plein pied dans l’ère de la mondialisation.

Nous avons créé une société distincte en Amérique, par sa langue et sa culture, par ses politiques et ses institutions sociales et économiques, par sa métropole internationale, sa capitale réputée, ses régions toutes plus originales les unes que les autres, par un rayonnement culturel exceptionnel, par l’intégration de milliers d’immigrants au fil des années, par la solidarité que nous avons créé avec les autres peuples du monde.

Si nous ne sommes pas encore un État souverain et démocratique, c’est bien parce qu’on nous a divisés, intimidés, hypnotisés avec le mirage de la mondialisation et de la nation canadienne, multiculturelle et post-nationale

Cette histoire commune est précieuse et nous sommes encore capables d’évoluer sans renier ce que nous sommes. Il n’est pas trop tard pour rassembler les Québécois autour d’un projet original de démocratie citoyenne, communautaire, libre et écologique, et pour forcer nos représentants à nous écouter.

 

Les choix politiques

 

Mais attention! Cette « gauche citoyenne populaire » n’est acquise à aucun parti politique.

Elle ne se reconnaît nullement dans le Parti libéral, inféodé au Canada multiculturel et au grand capital des multinationales et de ses lobbies, infesté par la corruption et discrédité par ses mensonges, ni dans la CAQ qui n’a d’yeux et d’oreilles que pour un développement économique et social du Québec d’abord et avant tout par l’entreprise privée, sans égard pour nos acquis sociaux ni pour ses impact sur l’environnement et le climat, et qui n’hésite pas à jouer malhonnêtement sur les peurs de la population

Elle n’est pas non plus à l’aise avec un PQ trop ambivalent et trop peu souvent à la hauteur des enjeux sur l’indépendance, sur la laïcité, sur le français, sur la démocratie, sur la question écologique, malgré la présence en son sein d’une gauche nationaliste et un programme renouvelé nettement progressiste sur le plan social, économique et environnemental, ni avec un QS trop multiculturel, trop électoraliste, trop socialiste passéiste et trop peu enraciné dans notre histoire et notre territoire.

 

Une plate-forme politique commune

 

La plate-forme politique que nous proposons au mouvement citoyen et démocratique s’articule autour de quatre axes de changement inséparables l’un de l’autre : la réforme démocratique, le partage de la richesse, la transition écologique, la souveraineté politique.

Premièrement, une réforme démocratique en profondeur, qui restaure la souveraineté du peuple et l’autonomie des communautés locales et régionales, de façon à permettre à tous sans distinction de participer et de décider en permanence à tous les niveaux de la vie collective.

La citoyenneté québécoise doit être le lien commun qui nous définit et nous unit, anciens comme nouveaux venus, et les principes de la laïcité, du caractère français et de l’égalité hommes-femmes doivent pouvoir nous protéger des particularismes religieux et culturels et assurer une intégration de tous. L’objectif doit être une société de citoyens québécois solidaires et non une société d’identités particulières.

Pour y parvenir, il faudra aller plus loin que des réformes du système électoral et parlementaire à la pièce : à terme, la redéfinition des règles de notre démocratie devrait se faire dans la rédaction d’une constitution du Québec par le peuple, à l’intérieur d’un grand chantier démocratique coordonné par une Assemblée constituante citoyenne libre de toute allégeance politique et libre de ses délibérations.

Deuxièmement, une meilleure répartition de la richesse, grâce à une démocratisation de l’économie et à un filet social élargi, afin de tenir compte des réalités nouvelles du monde du travail et des inégalités révoltantes engendrées par l’économie mondiale actuelle. À titre d’exemples, il faut penser à

un revenu minimum garanti,

un revenu maximum admissible,

la mise au pas des banques,

la fin de l’évasion fiscale,

la lutte contre la corruption,

le respect de la souveraineté des États et des économies locales dans le libre-échange,

la participation des travailleurs à l’entreprise,

un meilleur accès aux services essentiels,

un meilleur encadrement de la consommation et du crédit.

Troisièmement, la transition écologique de notre économie pour préserver la qualité et la pérennité de notre milieu de vie. Des mesures concrètes doivent être prises pour assurer une transition accélérée dans notre consommation d’énergie (particulièrement le pétrole), la rationalisation des transports, la gestion de nos ressources naturelles et de nos écosystèmes, la production agricole. Il faut viser une relocalisation de notre économie, une économie circulaire, une économie de proximité et de partage, en un mot, une croissance ajustée à nos besoins réels et aux capacités de notre planète.

Quatrièmement, la souveraineté politique pour permettre au peuple québécois d’exprimer son identité propre,

de redéfinir ses institutions démocratiques, sociales, culturelles et économiques dans une constitution bien à lui,

d’exercer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, de son fleuve, de ses ressources, de son immigration et de ses politiques, de compléter avec les Premières nations présentes sur le territoire la négociation d’un statut de nations autonomes et des ententes de cohabitation et de partage des usages du territoire sur le modèle de la Paix des Braves,

enfin, d’exprimer nos choix de solidarité avec d’autres peuples du monde d’une manière pleine et entière.

« Le Québec sera souverain ou ne sera pas »(Maxime Blanchard)

 

Passer à l’action

 

À nous tous, citoyens progressistes et démocratiques, de nous approprier ce projet politique commun; d’en faire la promotion auprès de nos concitoyens et auprès de nos réseaux, organisations et concitoyens de même qu’auprès de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger; de fédérer nos forces afin de relancer notre engagement politique citoyen sur ces nouvelles bases, et ainsi, contribuer à réactiver le projet de souveraineté, renouveler notre démocratie, mieux répartir la richesse et assurer notre transition écologique.

 

Roméo Bouchard, romeobouchard@hotmail.ca (Kamouraska)
Co-fondateur de l’Union paysanne et de la Coalition pour la Constituante, auteur de plusieurs ouvrages sur l’agriculture paysanne, le développement et l’autonomie des régions, les enjeux écologiques et la démocratie.

Louis Favreau, louis.favreau@uqo.ca (Saint-Mathieu de Beloeil)
Sociologue et directeur de la Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC-UQO), organisateur communautaire et auteur de plusieurs ouvrages sur le développement communautaire, la transition écologique et la coopération internationale.

Note : Une cinquantaine de personnes actives dans les réseaux citoyens partout au Québec ont été consultés lors de la rédaction de ce texte.

 

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Devinette électorale – 2014

2aprilusdevinette
(CLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR ÉLARGIR)

Mon vote à moé : PQ.

DAMOURS
Les politicards ne cherchent pas à convaincre les intellectuels. Pédagogie, débats éclairés, rationnels et obtention de grands consensus, bien peu pour eux. Ils savent que l’élection va se jouer dans des Tim Hortons. Suffit de passer une p’tite heure dans la salle d’attente aux urgences de Trois-Pistoles et d’ouvrir les oreilles pour le mesurer. «Ouh! Qu’il est méprisant envers les petites gens!» diront certains mange-mardes. Eh ben, mangez-en d’la marde! Sortez de vos meute recluses et offrez-vous une immersion dans le grand troupeau dérouté. Des décennies d’infantilisation et de matraquages mental perché sul’ l’dos des States, ça laisse pas indemne. Jean-D’amours, candidat Libéral dans la circonscription de Rivière-du-Loup-Kamouraska, en bon colonisé, capitalise là-dessus, il serre la pince dans les mouroirs à vieux et les centre d’achat miteux. Il évite les granoles habillées en terre cuite, les artisses aigris, punks et autres racailles militantes, insatiables et râleuses. Il additionne et fait le compte.

Mon calcul à moi, personnage incontournable et hautement influent, c’est que nos problèmes finissent toujours par se buter au palier fédéral. C’est un inévitable tropisme. J’veux l’indépendance,  le droit élémentaire à l’autodétermination et à la liberté (de même que je reconnaîtrai ce droit aux indiens et aux inuits le moment venu). On n’est pas mieux ni pire que les autres peuples d’hominidés, faut arrêter d’être complexés simonak! Québec Solitaire, depuis son origine, flageole comme une vieille schnolle molle sur la crisse de question nationale. Comme si c’était pas assez, le parti s’est montré hostile à toute idée de coalition indépendantiste. Même avec Option Nationale! Méchants progressistes! Et voilà que PKP, le nouveau capitaine Québec, ravive le truc. Un séisme comme y disent dans les feuilles de chou (bien souvent les siennes). Tant mieux!!! Je sais que c’est exaspérant, mais faut arrêter de croire que l’indépendance peut se faire sans la droite. Bien sûr que je trouve insupportable de voir «la Marois», comme on l’appelle dans les soirées shefferball de vos campagnes, entourée de ses stratèges, tergiverser pour ne pas trop en parler de l’indépendance. Bien sûr, elle calcule aussi «la Marois». Évidemment, ils nous ont déjà fait le coup d’la carotte de l’indépendance. Mais faut croire que je ne suis pas encore complètement cynique sur cette question. Le chemin le plus court pour l’indépendance, ça reste le PQ. On ne se désarme pas pour autant! Qui a parlé de faire un chèque en blanc?

Le PQ reste une coalition et malgré certains éléments qui me feront voter en me pinçant le nez, il comprend aussi plusieurs candidats qui ont du panache. D’ailleurs si le vote indépendantiste et progressiste de 2012 n’avait pas été splité en trois, on aurait eu droit à un gouvernement majoritaire bien ancré à gauche (certainement pas une gauche bien «radicale», mais comme on n’en a jamais vu ici). En contexte minoritaire, le glissement à droite était prévisible. Déjà, l’électrification des transports ça m’fait briller les yeux. C’est déjà ça de gagné. Pour l’exploration pétrolière, le pipeline et le reste, on les attendra de pied ferme. La gauche, comme disait Falardeau n’a pas besoin d’être à l’Assemblée Nationale, y’a d’autres moyens pour faire peur aux politicards véreux, puisque le rôle de la gauche, c’est justement ça! Une job dont QS ne s’acquitte pas. Bien mignons les Solidaires, mais complètement inoffensifs, voire utiles. Du pain béni pour les fédéralistes, Power Corporation et les néolibéraux.

Autre chose sur QS. Avec une argumentation aussi creuse que la tête à Trudeau, sur fond de relations plus que douteuses, Mère Thérésa-David et Mahatma Kadhir sont tombés QSdans le panneau du multiculturalisme anglo-saxon. Et honnêtement, à choisir entre Djemila Benhabib (ou Louise Mailloux) du PQ et Dalida Awada, militante QS, cette dinde voilée et maquillée à la truelle qui nous chante la primauté de l’individu sur le collectif en chœur avec Salam Elmenyawi et Adil Charkaoui, deux trou-de-culs obscurantistes, misogynes et prosélytes, je n’hésite pas une seconde. Accoler des adjectifs à la laïcité, en ce qui me concerne, c’est hautement répulsif, je dirais même que c’est la trahison d’une lutte historique de la gauche. Et pour ce qui est d’Option Nationale, z’ont même pas été foutu de prendre position sur l’enjeu, alors pfioouuu, disqualifié! Désolé Patrick Bourgeois.

Alors Benoit Renaud, candidat QS, est-ce avec ces élections que tu comptes asseoir ton cul sur la mape? À moins que tu ne croies sincèrement en tes chances de triompher dans un bastion de papis conservateurs, cette foutue circonscription de Rivière-du-Loup-Kamouraska?

Du côté de Rimouski, là je suis franchement triste de voir une amie s’engager dans ce petit carnaval politique complètement inoffensif pour les vrais «méchants» : un bon coup de pouce aux Libéraux en attendant la semaine des quatre jeudi. T’étais plus marrante et mordante sans bannière.

Allez, je patauge trop dans le politique. Et puis c’est trop long pour l’internaute moyen , personne ne lira…

Le grand Pierre

Le genre de tarte qui ne manque pas de voter :

anglaise acquise APRILUS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dessins de campagne


À force de patauger dans la marde, notre renégat national finira le nez dedans. Irrésistible tropisme fécal.

Ici, dans la circonscription de Rivière-du-Loup/Temiscouata, le PQ aura mon vote : il s’agit de dégager Jean D’amour et sa tête de pain de fesses. Dans un monde meilleur, avec un scrutin proportionnel ou alternatif, mon choix irait plutôt à l’Option nationale, pour la sincérité d’Aussant.

QS & les accommodements? C’est à partir d’une idée de Luz (ci-dessous). Sur ce point Québec Solidaire et le Parti Libéral, c’est kif-kif. La laïcité flanquée de l’adjectif «ouverte», c’est ridicule. J’aurais aussi bien aimé pointer l’indépendantisme mou de Khadir… Mais ils sont quand même gentils chez QS. Ils nous parlent de sortir du pétrole et c’est bien.

Luz – Charlie Hebdo 1992-2010 «Plus jamais 20 ans!»

La région de Québec bouffée par la droite

Citoyens de Vanier, qui donc subventionne ces radios de merdes qui vous matraquent le cerveau et saturent vos oreilles?

Ci-dessous, Legault & Charest. Ils sont pas mignons tous les deux? On leur souhaite quand même de s’entre-bouffer.

L’arriviste

Ah Legault! Cet arriviste ambitieux, ce renégat aussi visqueux qu’un batracien. Je vous l’offre frottant son CAQ-cloaque sur une girouette.

Beaucoup de choses que j’aimerais dessiner en ce moment… Ridiculiser ce connard de maire Tremblay, ce facho moyenâgeux. Faire le portrait d’un électeur Libéral, non ethnique from Québec, la ville. Charlesbourg plus précisément. Quoique Vanier serait aussi intéressant. On verra, comme le dit si bien notre grand philosophe, Francesco Legault, flanqué de son équipe garnie à 75% à partir du milieu des affaires. Puissent-ils gruger des voix à Charest.

Le Devoir – 15 août

Marchandisation de l’éducation (PLQ & CAQ)

Entre Legault et Charest, une même vision : les élèves sont tous des clients. Nous ne serions qu’ un troupeau de moutons déroutés n’aspirant qu’à consommer. Le scénario décrit dans ce gag correspond à une réalité à laquelle j’ai été confronté en tant qu’enseignant au primaire et au secondaire. On a déjà les deux pieds dans ce merdier et une certaine élite politique voudrait nous y enfoncer jusqu’aux amygdales. De vielles recettes américaines qui, de l’aveu même de leurs concepteurs, n’ont généré que de la marde. Dans nos écoles, un langage vicelard s’immisce chaque jour d’avantage. Les élèves, comme les patients d’ailleurs, deviennent des clients; les cours, comme les remèdes, deviennent des produits. Désormais, les nananes, ipods et autres gugusses servent à stimuler les jeunes.

Le dessin d’origine, fait pour le Journal Ensemble représentait Legault et son comparse, Sirois, les fondateurs de la CAQ. Au départ, sur mon blog, le dessin était titré «La CAQ débarque : péril en éducation». Il a depuis été publié sur le site internet du journal avec le titre «La performance à l’école». À cette occasion, il était accompagné du texte suivant :

La Coalition Avenir Québec (CAQ) de François Legault promet de rouvrir les conventions collectives des enseignants pour y introduire un système d’évaluation en contrepartie d’une hausse salariale de 20 %.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a réagi par communiqué: « Ouvrir les conventions collectives, monsieur Legault, n’y pensez même pas! Une convention collective c’est un contrat, un comptable tel que vous devrait en connaître la valeur. En dévoilant vos lignes d’attaque populistes, vous vous en prenez particulièrement aux employées et employés de l’État, de façon méprisante, en parlant des  » bureaucrates qui compliquent les affaires  » et aux enseignantes et enseignants en ciblant, à nouveau, leur évaluation pour corriger les carences du réseau de l’éducation. Les enseignantes et enseignants ont besoin d’être soutenus dans leur travail et non que l’on remette en question leur professionnalisme. Votre approche ne peut qu’entraîner suspicion et démobilisation dans le milieu. Une école n’est pas une entreprise qui se gère en calculant bêtement les intrants et les extrants. Le facteur humain est au cœur de ses activités et celles-ci ne se calculent pas avec une équation comptable », a déclaré le président de la FAE, Pierre St-Germain.

L’original! Avec les co-fondateurs de la CAQ.