Globule & Pustule

Adoptez Pustule & Globule dans vos pages!

animpustule & globule aprilus

Vulgarisation scientifique sur un ton résolument humoristique et tout à fait digeste, même pour les tout petits. Le thème de prédilection de l’insolite duo : l’évolution. Un sujet fascinaaaant, comme dirait Charles Tisser; trop souvent mis à mal par différents courants obscurantistes. En bas de page, trouvez ce dont nos deux énergumènes veulent causer…

« Rien en biologie n’a un sens excepté dans le contexte de l’évolution » – Theodosius Dobzhansky

   Ci-dessous, quelques esquisses :Esquisses planche 1Esquisses planche 2

esquisse planche 3

Suivez le lien pour voir une autre façon d’aborder cette thématique : «la convergence évolutive» par Aprilus» – planches finies.

Thèmes liés à l’évolution :

– Les pseudo-sciences et le créationnisme.
– Juste une théorie?
– L’effet de l’insularité sur les espèces.
– Le processus de domestication (l’exemple des renards russes, du chien, des choux…).
– La tolérance au lactose.
– Quand la parole est-elle apparue?
– Comment se forment les fossiles?
– La naissance de la bipédie.
– La néoténie (chez l’homme… le chat et la salamandre).
– La taxinomie et ses limites – ex: le crocodile et l’oiseau, les hybrides (pizzlys, coywolfs), etc.
– La généalogie des gènes, arbres phylogénétiques
– Le Projet Grands Singes (GAP – Great Apes Project) : étendre les droits fondamentaux de la personne humaine au-delà de notre espèces, pour en faire bénéficier les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans.
– Qu’entendez-vous par chaînon manquant?
– La relation entre la masse des testicules et celle du corps chez les primates.
– Regard évolutionniste sur la persistance du religieux dans les sociétés.
– Convergences évolutives (la vision des couleurs, le vol, la nage, les dents de sabre, etc.)
– Biogéographie : les camélidés
– Madagascar (site d’évolution d’espèces uniques).
– Les mutations génétiques.
– Allers-retours évolutifs (cétacés, pinnipèdes, tortues marines, etc.)
– Les hippopotames et les baleines.
– D’où vient le dimorphisme sexuel?
– Comment s’explique la proportion des sexes dans les populations?
– L’Amérique du Sud (site d’évolution d’espèces uniques).
– Les afrothériens (éléphants, damans, lamantins, tenrecs, etc.).
– L’Australie (site d’évolution d’espèces uniques).
– Les chevaux.
– Spéciation en cours : la souris sylvestre
– L’embryogenèse.
– Les marsupiaux.
– Les monotrèmes.
– Les reptiles mammaliens.
– Les squamates (l’origine commune des serpents et des lézards).
– Les vestiges du passé (via l’homme, les baleines, les punaises, les kiwis, les boas, etc.).
– L’anatomie comparée.
– Les imperfections de la nature (le nerf laryngé de la girafe, le hoquet, etc.).
– la course aux armements.
– Les pinsons de Darwin.
– La sélection sexuelle (avec le paon).
– Le dodo (la perte de la faculté de voler).
– Des tétrapodes aux condors.
– L’oiseau-éléphant, les ratites (famille de l’autruche) nous expliquent la tectonique des plaques).
– Archéoptéryx, volatile controversé.
– La néoténie (chez l’homme, le chat et la salamandre).
– Spéciation en cours : le crapaud marin.
– La notion d’espèce (avec les salamandres québécoises du groupe de Jefferson)
– Spéciation en cours : guppies et autres poissons.
– Le dipneuste.
– Le cœlacanthe.
– La forme des poissons et leur environnement.
– La vessie natatoire
– Le périophtalme (un poisson qui n’a pas choisi entre l’eau et la terre).
– Espèces cavernicoles.
– L’imperfection des poissons plats
– Les requins
– Lamproies, myxines, amphioxus, tuniciers…
– Comment les fossiles permettent de construire des arbres évolutifs?
– Les insectes ont été les premiers domesticateurs.
– Formation d’espèces en laboratoire : avec les drosophiles
– Arthropodes et diversité
– Sur quoi est fondée la notion de race?
– L’horloge moléculaire
– Cnidaires (méduses et coraux).
– Le comportement «social» des cellules de l’éponge – des unicellulaires aux multicellulaires.
– Datation : dendrochronologie, paléomagnétisme, radioactivité…
– La sélection des légumes
– La rencontre de la cellule et de la bactérie.
– Les bactéries, maîtres chimistes du vivant.
– Ressusciter les espèces éteintes (histoire des disparus, techniques et questions éthiques).

Parasitisme :

– Cycles et stratégies parasitaires extravagants.
– Relation hôte-parasite – l’exemple de l’introduction d’animaux domestiques en Afrique.
– Les parasitoïdes.

Anatomie, physiologie et santé animale :

– Techniques de santé animale (ex: contention d’animaux, de la perruche au boeuf en passant par l’iguane).
– Techniques de stérilisation.
– Le dégriffage des chats, la coupe de la queue et des oreilles chez les chiens.
– Techniques de détection des parasites chez les animaux domestiques.
– La sélection des races. Problèmes associés.
– Fonctions générales des systèmes vulgarisées.
– Les modes de reproduction (anatomies comparées).
– La régénération.

Agriculture et élevages :

– Apiculture – histoire, enjeux et techniques.
– Ostréiculture, mytilicultures, etc.
– Élevages d’insectes : larves de mouches domestiques, mouches soldats, grillons, ténébrions meuniers, vers à soie, etc.
– L’enthomophagie.
– Élevages insolites (iguanes, pacas, etc).
– Les gros animaux (porcs, vaches, ovins, caprins, etc.).
– Lutte biologique.
– Les certifications.
– La ferme de proximité.
– La ferme «impossible» – histoire des législations en matière d’élevage au Québec.
– Le bois raméal fragmenté.
– La biodynamie.
– La permaculture.
– Cultures spécifiques ou de familles.
– Les variétés anciennes.
– Cultures de niches.
– Systèmes culturaux (planches permanentes, rotation des cultures, successions, etc.)
– Les engrais verts et les jachères.
– Prolonger la belle saison.
– Les zones de rusticité.
– Des armes chimiques recyclés dans l’agriculture.
– Malades des pesticides.
– Les coûts environnementaux des pesticides.

Divers (biologie & société) :

– Les goulots d’étranglement – l’exemple du guépard.
– Écologie tropicale.
– Éthologie.
– Herpétologie.
– Les espèces exotiques envahissantes.
– La désertification.
– Tabac : le rideau de fumée.
– L’aspartame.
– Les perturbateurs endocriniens.
– Le festin toxique des inuits (polluants organiques persistants).

Contact : info.aprilus@gmail.com

facebook_logo_aprilus

Projet : «Concevons une BD» 2014-2015

Extraits…

58 arriere

49 Félix35 marian39 emanu41 julien21 poutine14 arthurab

Le mot de l’enseignant-illustrateur

DSCN5992La première erreur est de croire qu’on est mauvais en dessin. J’aime bien souligner que pour peu que l’on s’y mette et quoi que l’on veuille dessiner, il s’agit d’extraire et de projeter les quelques figures géométriques simples qui composent notre sujet, d’un trait léger et prudent, puis de graduellement lier tout ça à coups de crayon. Mais là n’est pas la question. Car bien souvent, ce sont les dessins les plus moches et en apparence les plus bâclés qui fonctionnent le mieux. Il y a les gribouilleurs nerveux notoires, tels Goldstyn (Les Débrouillards) et mon maître, le défunt et pas toujours fréquentable Reiser (Gros Dégueulasse), qui, de leurs crayons agiles, ne sont «brouillons» qu’en apparence. Mais il y a aussi ceux qui se contentent d’avoir de bonnes idées. Que personne ne vienne me dire que Philippe Geluck (Le Chat) ou Xavier Gorge (Les indégivrables) sont des as du dessin. Et pourtant leurs gags fonctionnent et sont redoutablement efficaces.

La BD, outre la facette la liant aux arts visuels, est aussi un procédé d’écriture permettant de raconter une histoire ou un gag. Au-delà du conte, elle nous fait voyager, témoigne de réalités diverses et instruit. Le dessin satirique, quant à lui, permet de distribuer des baffes, de relever les absurdités qui pullulent en ce monde et de lutter par le rire plutôt que de sombrer dans la résignation. Pour les ambitieux et les explorateurs, aucune frontière n’existe en BD. Bien sûr, il y a certains codes. Mais tous peuvent être transgressés, en atteste l’oeuvre de Fred (Philémon) et de ses héritiers.

La plupart des enfants aiment dessiner et ils ont bien raison, car leurs dessins sont souvent authentiques et géniaux. Quel dommage qu’ils soient si nombreux à cesser de gribouiller en grandissant. J’ignore combien parmi les participants à ce projet continueront à manier la plume (ou le stylet informatique). Que ce soit sur un coin de papier, lors d’une conversation téléphonique ou dans un coin de l’agenda, au cours d’une réunion ennuyante; je le leur souhaite. Un dessin par jour, au moins! Et bien sûr aussi, des histoires. Je leur souhaite de continuer à coucher leurs idées sur le papier (ou à l’écran). Quoiqu’il advienne, ce recueil constituera pour les adultes qu’ils deviendront un magnifique témoignage des enfants qu’ils étaient. À moins qu’ils ne demeurent, oh bonheur, à jamais des enfants! Toujours est-il que cet album est «encré» dans leur milieu de vie, puisqu’il s’agissait là de l’unique contrainte de création exigée  : nous devions lier les récits au milieu. En réalité, au regard de la richesse que la trace de ce lien organique avec leur communauté laissera aux jeunes participants, l’effort exigé était bien mince. Bon, je reconnais que pour les hippopotames et le trampoline, c’était un peu plus ardu…

00 couvertureLors de cette expérience, nos jeunes auront voyagé dans l’univers de la BD, découvert ses différents courants, abordé l’histoire du septième art, appris et expérimenté des techniques de dessin, cogité pour pondre un récit, illustré ce dernier, d’abord sous forme de brouillon, ensuite en crayonné, puis en encrage. Non seulement auteurs et illustrateurs, ils auront été également coloristes et graphistes. Certains ont manoeuvré avec aisance et avidité dans ces univers, alors que d’autres se sont davantage laissé porter. La majorité d’entre eux a rapidement pris la mesure de l’utilité de chacune des étapes. Pour d’autres, pressés de se frotter aux crayons ou, bien souvent, à l’ordinateur, le caractère essentiel de l’écriture et des esquisses n’est devenu évident qu’au terme de l’exercice. Ceux-là auraient bien voulu tout recommencer!

Il y avait aussi les petits malins, heureux de pouvoir déceler au cœur des affiches ornant les murs de la bibliothèque ou du centre communautaire, les subtilités techniques qu’avait exigées leur conception. Pour d’autres participants, réaliser cette BD, c’était œuvrer à intégrer une pièce de choix dans leur portfolio d’artiste.
En contrepartie, il y avait ceux, peu nombreux, qui fréquentaient les ateliers avec légèreté, pour faire du social. Voilà pourquoi, avec tous ces ingrédients, cette expérience s’étant échelonnée de juillet 2014 au mois d’avril 2015, constitue un instantané des tourbillons neuronaux des jeunes du pays.

J’ai rencontré de petits vaillants, responsables et aidants dans l’organisation du cours, toujours prêts à épauler leurs pairs; et des petits placoteux qu’on doit souvent rappeler à l’ordre. Mais ça c’était aussi mon boulot de prof. Au-delà de mes expériences artistiques, cet élément de mon parcours personnel m’aura été particulièrement utile. Pas toujours facile de naviguer de l’univers d’un garçonnet de 8 ans à celui d’une ado de secondaire IV! En langage «pédagogique», plusieurs groupes étaient «multiniveaux» quant aux aptitudes, expériences et niveaux de maturité. Il m’a fallu jongler avec des absences ponctuelles, des retards à rattraper mais aussi avec de manifestes appétits d’apprendre à assouvir.

Mais au final, ce qui importe, c’est que toutes ces petites personnes aient cheminé, retenu quelque chose et que toutes aient désiré ardemment cet album que vous tenez entre les mains. Combien de fois me suis-je fait apostropher par un ancien élève  :
«  Alors, l’album BD, c’est pour quand?  » Eh ben, ça y est, le voilà l’album! Votre album! Un pur produit du terroir basque, du concentré de méninges de la relève, une mosaïque d’imaginations débridées, de la tendresse et de la rigolade couchées sur papier! Quel plaisir d’y avoir contribué! Il y a définitivement de bien belles petites personnes dans les Basques! Quel privilège d’en avoir accompagné un si bel échantillon.

Bonne lecture! Mais peut-être devrais-je plutôt vous souhaiter un bon séjour chez les Basques…

Aprilus

Québec en clichés – La chasse

Voici ma contribution à un livre qui sera imprimé et distribué en Europe à 300 exemplaire en mars 2013. L’objectif est de permettre aux directeurs artistiques et éditeurs européens de découvrir des artistes du livre jeunesse au Québec. Donc, présenter mon style. Mais mon style, c’est quoi exactement? Plusieurs me disent préférer mes dessins gribouillés et nerveux, ceux que je barbouille pendant les réunions. Celui-ci m’apparaît un peu trop propre…

Voici un petit aperçu du processus de réalisation…

Le lynx a dû être sacrifié car il tombait dans la reliure. Dommage. Pour ma blonde, c’est le style qui me va le mieux, à la «Reiser». Sauf pour le chasseur qui est trop incomplet.

Dessins plus avancés, disposés sur des calques indépendants. Ici, j’ai décidé de laisser tomber l’acrylique et les crayons de bois au profit de photoshop, c’était déjà assez long comme ça. N’empêche, je crois que j’aurais préféré les vielles méthodes…

Couleurs avancées. Ajout du décors à partir de feuilles et de fougères ramassées dans la forêt pistoloise. Intégration de photos de pierres et de sol forestier, pour donner un peu de texture, même si au final ça ne paraît plus beaucoup. Reste à régler les luminosité et à tripatouiller par ci et là.

Et finalement, la version présentant mes animaux émasculés, celle qu’Illustration Québec m’a fortement conseillé de présenter. J’ai obtempéré, un peu déçu quand même car les animaux asexués ça n’existe pas et les enfants qui en côtoient le savent bien.

Quelques projets en gestation

Ces horribles et dégoutantes créatures

Les crapauds, tritons, insectes, couleuvres et autres bestioles m’ont toujours fasciné. Enfant, soulever les roches et les souches me permettait de découvrir de merveilleux petits univers. Cela m’a inspiré une petite histoire enfantine. En dormance depuis un bon moment déjà…

Je suis

Un autre projet intitulé «Je suis». Je devrais m’y pencher à nouveau sous peu et c’est le projet le plus susceptible d’aboutir. Cette histoire imaginée par ma blonde est plutôt rigolote.

Histoire Crie

Et enfin, un projet en collaboration avec des Cris de Chisasibi. En léthargie profonde mais j’espère y revenir.

La Bonne Étoile (2009)

Ce petit livre a été, dans un premier temps, réalisé pour l’Association des Petits débrouillards de La Réunion en février 2009. 200 exemplaires furent imprimés et distribués gratuitement dans les écoles. Il fut ensuite modifié pour être publié par les éditions Azalées.

Ce petit conte est inspiré d’une légende Réunionnaise concernant la tortue étoilée, introduite sur l’ïle de La Réunion depuis Madagascar. J’ai réalisé les dessins, la mise en page (maquette), renommé et retravaillé le texte avec ma femme, Solenn. L’histoire entourant sa publication se trouve en bas de page.


Pour la petite histoire…

Le texte original de Caroline Meyers m’ a d’abord été présenté par Jean-Luc Morisse, des Petits Débrouillards Réunionnais, rencontré par le biais de mes activités bénévoles au sein de son association. Ce texte devait être la matière première du projet et je fus invité à le modeler à ma guise. Ce petit conte est un bien public appartenant aux Réunionnais, il est répandu et bien connu.

Il fut assez contraignant pour nous d’améliorer la qualité du texte d’origine plutôt que de composer entièrement le récit par nos moyens.  Même le titre était inadéquat et peu attrayant pour le contexte – celui que nous lui avons attribué a donné un sens et une touche d’originalité à l’ensemble de l’histoire. Ceci étant dit nous sommes parvenus à relever ce défi d’adaptation et c’est bien notre texte qui a su susciter l’intérêt d’un éditeur. Enfin, la 4ème de couverture (doc sur la tortue de bourbon et la tortue étoilée – presque le tiers du texte au final!) plonge ses racines exclusivement dans nos petits neurones.

Le travail derrière ce petit bouquin a été colossal : le remaniement du brouillon initial, un travail d’illustrateur (avec investissement financier), de mise en page (étant autodidacte, avec les logiciels concernés, cela fut pénible), la recherche de l’éditeur, etc. On parle de semaines entières, à plein temps, sans revenu substantiel, avec deux jeunes enfants dont une à la maison. Aujourd’hui réaliser ce travail me serait beaucoup plus facile.

Ce livre devint pour moi une carte visite pour mes projets ultérieurs. Je suis très reconnaissant de l’aide de Jean-Luc Morisse avec qui j’ai beaucoup apprécié travailler. Bien que sa contribution sur l’ensemble du projet soit considérable, il n’a rien réclamé : son objectif était de partager l’histoire avec des jeunes réunionnais et de me filer un coup de main pour que je puisse me tailler une place dans ce métier.

Ci-dessous, la version adaptée suivi du texte original :

Titre : La belle étoile
Adapté par Solenn & Alex

Il y a de cela bien longtemps, dans une forêt reculée de l’île de la Réunion, une jeune femme mit au monde un beau petit garçon. Malheureusement, les mois passants, la santé de l’enfant se dégrada. Sa respiration se fit de plus en plus difficile et, malgré tous les soins que lui prodiguait sa mère, la situation ne s’améliora pas.

Très inquiète pour son petit, la jeune mère décida de faire appel aux trois esprits protecteurs de l’île, afin qu’ils la conseille. Les esprits de l’air, de l’eau et de la terre se réunirent pendant trois jours et trois nuits, mais ils ne trouvèrent pas de remède. L’esprit de l’air proposa alors d’aller consulter leurs voisins, les esprits de Madagascar. Pendant son absence, ses compagnons veilleraient sur l’enfant.

L’esprit de l’air prit son envol et parcourut des centaines de kilomètres, sans manger ni dormir. Arrivé à Madagascar, il se reposa un moment contre un rocher et dîna avec des lémurs. Un paysan lui indiqua le chemin à suivre pour rencontrer les esprits malgaches. Au bout d’une longue marche, il se trouva au cœur de la forêt où siégeaient les esprits de la grande île.

Le gardien du territoire ancestral vint à la rencontre de l’esprit de l’air. Après les politesses traditionnelles, celui-ci lui exposa la raison de sa présence. Le génie entraîna aussitôt le visiteur dans une grande clairière, le priant d’attendre l’arrivée du maître des esprits malgaches qu’il s’empressa d’aller prévenir.

Peu de temps après la silhouette du maître se dessina dans la pénombre. Il se présenta et écouta d’une oreille attentive l’esprit de l’air. Bienveillant, il s’assura que son invité ne manquait de rien et l’invita à bien se reposer. La nuit était tombée et le souverain ne révélerait la solution que le jour suivant.

Le lendemain lorsque le maître des esprits malgaches réapparut, il tenait entre ses mains, un drôle d’animal avec une carapace sur laquelle figuraient des étoiles dorées. « Voici le remède dont vous avez besoin, dit-il, cette tortue symbolise notre grande île. Emmène-la auprès du petit garçon, et assure-toi qu’elle y demeure. »

L’esprit de l’Air remercia chaleureusement le sage et reprit son envol. De retour sur l’île de la Réunion, il plaça la tortue près du petit lit et attendit. Spontanément, l’enfant se détendit. Sa respiration ralentit et prit le rythme du souffle lent de l’animal.

Les esprits et la mère dansèrent de joie. L’esprit de l’eau donna à boire à la tortue, et l’esprit de la terre lui donna des fruits et de la verdure. Depuis ce jour, lorsqu’un enfant naît à La Réunion, une petite tortue lui est offerte, qui lui assurera santé et bonheur. A chaque enfant sa bonne étoile…

……………………………….

Vers 1840, la tortue géante de Bourbon (Cylindrapis indica), victime d’une chasse abusive, disparaît de l’île de la Réunion. Sa cohabitation avec l’homme n’aura duré que deux siècles.

Originaire du sud de Madagascar, la tortue étoilée (Geochelone radiata) a, depuis, été introduite sur l’île. Les réunionnais lui attribuent des vertus contre l’asthme et sa présence dans un jardin est gage d’un bon climat social.

Cette espèce est actuellement protégée par la convention de Washington. Elle est sérieusement menacée par la destruction de son habitat naturel à Madagascar et par son exploitation pour le marché des animaux de compagnie.

S’assurer de l’origine légale des individus ainsi que procéder à leur identification contribue à préserver l’espèce et à perpétuer ce lien particulier qui s’est tissé entre les familles
réunionnaises  et la tortue étoilée.

Titre : Légende réunionnaise
Caroline Gaudefroy – Meyer  (d’après une histoire Réunionnaise)

Il était une fois, il y a fort longtemps, dans la forêt reculée de l’Ile de la Réunion une jeune maman mit au monde un petit garçon appelé xxx. Le bébé semblait en bonne santé mais, très vite la maman s’aperçut qu’il avait du mal à respirer, et que l’enfant était aussi très nerveux. Elle alla cueillir des plantes médicinales pour soigner sa progéniture et en fit des décoctions comme lui avait apprit sa mère et sa grand-mère. Au bout de quelques jours aucune amélioration, et la maman était très inquiète.

–    Que faire ? Je suis seule dans la forêt, mon époux est en ville partit vendre quelques volailles et acheter de la nourriture. Mon bébé respire mal et il s’agite beaucoup.

La pauvre maman était bien triste et elle cherchait par tous les moyens comment faire pour guérir son petit garçon. Elle s’adressa aux trois esprits de la forêt qui veillent sur l’ile de la Réunion. Il y avait l’esprit de l’air, l’esprit de l’eau et l’esprit de la terre. Les esprits se réunirent et discutèrent pendant 3 jours et 3 nuits pour savoir comment ils allaient guérir le petit garçon. Au bout du troisième jour l’esprit de l’air eu l’idée d’aller voir comment faisait les esprits voisins de l’ile de Madagascar pour ce genre de situation. Pendant son absence, les deux autres esprits veilleraient sur le bébé et la maman.

L’esprit de l’air s’envola. Pendant plusieurs jours, il parcourut des centaines de kilomètres sans dormir, sans manger. Il arriva sur l’ile de Madagascar et il se reposa un moment contre un rocher pour reprendre des forces. Au bout d’un moment il prit la direction de la forêt pour essayer de rencontrer les esprits Malgaches. Il rencontra des paysans qui lui indiquaient le chemin, il dîna avec les lémuriens. Au bout d’une longue marche il trouva enfin « la forêt » où siègent les esprits malgaches. Il y pénétra et à la fin d’un long sentier il trouva l’endroit où sont « les esprits de Madagascar».

–    Qui est tu ? lui demanda le garde.
–    J’arrive de l’Ile voisine, je suis l’esprit de l’air et je viens demander de l’aide pour soigner un petit garçon.
–    Viens je t’emmène voir notre chef.

Tous deux partirent au grès du vent et ils arrivèrent dans une grande clairière.

–    Chef, c’est l’esprit de l’air de l’ile voisine il vient te demander de l’aide
–    Fais le entrer, et donne lui tout ce dont il a besoin, il doit très fatigué.
–    L’esprit de l’air, s’installa et commença à raconter l’histoire du petit garçon.

Le chef l’écoutait avec une grande attention et lui dit :

–    Il se fait tard, la nuit est tombée et il fait bien noir maintenant. Nous allons dormir et je te donnerai la solution demain. Le lendemain l’esprit de l’air se leva mais il ne vit pas le chef. Il cherchait partout le chef, qui avait disparut. Alors il resta là sans bouger à attendre.

Au bout de quelques heures le chef réapparut avec un grand sac et il lui dit :

–    J’ai trouvé le remède pour le petit garçon

Il sortit de son sac un drôle d’animal avec une carapace sur laquelle il y avait des étoiles dorées.

–    Quel est cet étrange animal ? demanda l’esprit de l’air.

–    C’est une tortue, lui dit le chef, elle est notre symbole à l’île de Madagascar, emporte la, et tu verras. Mais surtout, il faut qu’elle soit toujours auprès du petit garçon.

L’esprit de l’air remercia le chef et s’en alla. De retour sur l’île de la Réunion, l’esprit de l’air donna la tortue au à la maman du petit garçon. Elle plaça la tortue près du berceau et attendit.

Au bout d’un moment, et instinctivement, la respiration du petit garçon ralentie et se cala sur celle de la tortue. L’enfant se calme. Il se met au rythme de la tortue.

Les esprits et la maman dansèrent de joie. L’esprit de l’eau donna à boire à la tortue, et l’esprit de la terre lui donna des fruits et de la verdure.

Depuis dans cette île merveilleuse, quand un enfant naît, les amis ou la famille offre une petite tortue pour que l’enfant soit sage et reste en bonne santé.