La Bonne Étoile (2009)

A-couverture
décembre 16th, 2011
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Ce petit livre a été, dans un premier temps, réalisé pour l’Association des Petits débrouillards de La Réunion en février 2009. 200 exemplaires furent imprimés et distribués gratuitement dans les écoles. Il fut ensuite modifié pour être publié par les éditions Azalées.

Ce petit conte est inspiré d’une légende Réunionnaise concernant la tortue étoilée, introduite sur l’ïle de La Réunion depuis Madagascar. J’ai réalisé les dessins, la mise en page (maquette), renommé et retravaillé le texte avec ma femme, Solenn. L’histoire entourant sa publication se trouve en bas de page.


Pour la petite histoire…

Le texte original de Caroline Meyers m’ a d’abord été présenté par Jean-Luc Morisse, des Petits Débrouillards Réunionnais, rencontré par le biais de mes activités bénévoles au sein de son association. Ce texte devait être la matière première du projet et je fus invité à le modeler à ma guise. Ce petit conte est un bien public appartenant aux Réunionnais, il est répandu et bien connu.

Il fut assez contraignant pour nous d’améliorer la qualité du texte d’origine plutôt que de composer entièrement le récit par nos moyens.  Même le titre était inadéquat et peu attrayant pour le contexte – celui que nous lui avons attribué a donné un sens et une touche d’originalité à l’ensemble de l’histoire. Ceci étant dit nous sommes parvenus à relever ce défi d’adaptation et c’est bien notre texte qui a su susciter l’intérêt d’un éditeur. Enfin, la 4ème de couverture (doc sur la tortue de bourbon et la tortue étoilée – presque le tiers du texte au final!) plonge ses racines exclusivement dans nos petits neurones.

Le travail derrière ce petit bouquin a été colossal : le remaniement du brouillon initial, un travail d’illustrateur (avec investissement financier), de mise en page (étant autodidacte, avec les logiciels concernés, cela fut pénible), la recherche de l’éditeur, etc. On parle de semaines entières, à plein temps, sans revenu substantiel, avec deux jeunes enfants dont une à la maison. Aujourd’hui réaliser ce travail me serait beaucoup plus facile.

Ce livre devint pour moi une carte visite pour mes projets ultérieurs. Je suis très reconnaissant de l’aide de Jean-Luc Morisse avec qui j’ai beaucoup apprécié travailler. Bien que sa contribution sur l’ensemble du projet soit considérable, il n’a rien réclamé : son objectif était de partager l’histoire avec des jeunes réunionnais et de me filer un coup de main pour que je puisse me tailler une place dans ce métier.

Ci-dessous, la version adaptée suivi du texte original :

Titre : La belle étoile
Adapté par Solenn & Alex

Il y a de cela bien longtemps, dans une forêt reculée de l’île de la Réunion, une jeune femme mit au monde un beau petit garçon. Malheureusement, les mois passants, la santé de l’enfant se dégrada. Sa respiration se fit de plus en plus difficile et, malgré tous les soins que lui prodiguait sa mère, la situation ne s’améliora pas.

Très inquiète pour son petit, la jeune mère décida de faire appel aux trois esprits protecteurs de l’île, afin qu’ils la conseille. Les esprits de l’air, de l’eau et de la terre se réunirent pendant trois jours et trois nuits, mais ils ne trouvèrent pas de remède. L’esprit de l’air proposa alors d’aller consulter leurs voisins, les esprits de Madagascar. Pendant son absence, ses compagnons veilleraient sur l’enfant.

L’esprit de l’air prit son envol et parcourut des centaines de kilomètres, sans manger ni dormir. Arrivé à Madagascar, il se reposa un moment contre un rocher et dîna avec des lémurs. Un paysan lui indiqua le chemin à suivre pour rencontrer les esprits malgaches. Au bout d’une longue marche, il se trouva au cœur de la forêt où siégeaient les esprits de la grande île.

Le gardien du territoire ancestral vint à la rencontre de l’esprit de l’air. Après les politesses traditionnelles, celui-ci lui exposa la raison de sa présence. Le génie entraîna aussitôt le visiteur dans une grande clairière, le priant d’attendre l’arrivée du maître des esprits malgaches qu’il s’empressa d’aller prévenir.

Peu de temps après la silhouette du maître se dessina dans la pénombre. Il se présenta et écouta d’une oreille attentive l’esprit de l’air. Bienveillant, il s’assura que son invité ne manquait de rien et l’invita à bien se reposer. La nuit était tombée et le souverain ne révélerait la solution que le jour suivant.

Le lendemain lorsque le maître des esprits malgaches réapparut, il tenait entre ses mains, un drôle d’animal avec une carapace sur laquelle figuraient des étoiles dorées. « Voici le remède dont vous avez besoin, dit-il, cette tortue symbolise notre grande île. Emmène-la auprès du petit garçon, et assure-toi qu’elle y demeure. »

L’esprit de l’Air remercia chaleureusement le sage et reprit son envol. De retour sur l’île de la Réunion, il plaça la tortue près du petit lit et attendit. Spontanément, l’enfant se détendit. Sa respiration ralentit et prit le rythme du souffle lent de l’animal.

Les esprits et la mère dansèrent de joie. L’esprit de l’eau donna à boire à la tortue, et l’esprit de la terre lui donna des fruits et de la verdure. Depuis ce jour, lorsqu’un enfant naît à La Réunion, une petite tortue lui est offerte, qui lui assurera santé et bonheur. A chaque enfant sa bonne étoile…

……………………………….

Vers 1840, la tortue géante de Bourbon (Cylindrapis indica), victime d’une chasse abusive, disparaît de l’île de la Réunion. Sa cohabitation avec l’homme n’aura duré que deux siècles.

Originaire du sud de Madagascar, la tortue étoilée (Geochelone radiata) a, depuis, été introduite sur l’île. Les réunionnais lui attribuent des vertus contre l’asthme et sa présence dans un jardin est gage d’un bon climat social.

Cette espèce est actuellement protégée par la convention de Washington. Elle est sérieusement menacée par la destruction de son habitat naturel à Madagascar et par son exploitation pour le marché des animaux de compagnie.

S’assurer de l’origine légale des individus ainsi que procéder à leur identification contribue à préserver l’espèce et à perpétuer ce lien particulier qui s’est tissé entre les familles
réunionnaises  et la tortue étoilée.

Titre : Légende réunionnaise
Caroline Gaudefroy – Meyer  (d’après une histoire Réunionnaise)

Il était une fois, il y a fort longtemps, dans la forêt reculée de l’Ile de la Réunion une jeune maman mit au monde un petit garçon appelé xxx. Le bébé semblait en bonne santé mais, très vite la maman s’aperçut qu’il avait du mal à respirer, et que l’enfant était aussi très nerveux. Elle alla cueillir des plantes médicinales pour soigner sa progéniture et en fit des décoctions comme lui avait apprit sa mère et sa grand-mère. Au bout de quelques jours aucune amélioration, et la maman était très inquiète.

–    Que faire ? Je suis seule dans la forêt, mon époux est en ville partit vendre quelques volailles et acheter de la nourriture. Mon bébé respire mal et il s’agite beaucoup.

La pauvre maman était bien triste et elle cherchait par tous les moyens comment faire pour guérir son petit garçon. Elle s’adressa aux trois esprits de la forêt qui veillent sur l’ile de la Réunion. Il y avait l’esprit de l’air, l’esprit de l’eau et l’esprit de la terre. Les esprits se réunirent et discutèrent pendant 3 jours et 3 nuits pour savoir comment ils allaient guérir le petit garçon. Au bout du troisième jour l’esprit de l’air eu l’idée d’aller voir comment faisait les esprits voisins de l’ile de Madagascar pour ce genre de situation. Pendant son absence, les deux autres esprits veilleraient sur le bébé et la maman.

L’esprit de l’air s’envola. Pendant plusieurs jours, il parcourut des centaines de kilomètres sans dormir, sans manger. Il arriva sur l’ile de Madagascar et il se reposa un moment contre un rocher pour reprendre des forces. Au bout d’un moment il prit la direction de la forêt pour essayer de rencontrer les esprits Malgaches. Il rencontra des paysans qui lui indiquaient le chemin, il dîna avec les lémuriens. Au bout d’une longue marche il trouva enfin « la forêt » où siègent les esprits malgaches. Il y pénétra et à la fin d’un long sentier il trouva l’endroit où sont « les esprits de Madagascar».

–    Qui est tu ? lui demanda le garde.
–    J’arrive de l’Ile voisine, je suis l’esprit de l’air et je viens demander de l’aide pour soigner un petit garçon.
–    Viens je t’emmène voir notre chef.

Tous deux partirent au grès du vent et ils arrivèrent dans une grande clairière.

–    Chef, c’est l’esprit de l’air de l’ile voisine il vient te demander de l’aide
–    Fais le entrer, et donne lui tout ce dont il a besoin, il doit très fatigué.
–    L’esprit de l’air, s’installa et commença à raconter l’histoire du petit garçon.

Le chef l’écoutait avec une grande attention et lui dit :

–    Il se fait tard, la nuit est tombée et il fait bien noir maintenant. Nous allons dormir et je te donnerai la solution demain. Le lendemain l’esprit de l’air se leva mais il ne vit pas le chef. Il cherchait partout le chef, qui avait disparut. Alors il resta là sans bouger à attendre.

Au bout de quelques heures le chef réapparut avec un grand sac et il lui dit :

–    J’ai trouvé le remède pour le petit garçon

Il sortit de son sac un drôle d’animal avec une carapace sur laquelle il y avait des étoiles dorées.

–    Quel est cet étrange animal ? demanda l’esprit de l’air.

–    C’est une tortue, lui dit le chef, elle est notre symbole à l’île de Madagascar, emporte la, et tu verras. Mais surtout, il faut qu’elle soit toujours auprès du petit garçon.

L’esprit de l’air remercia le chef et s’en alla. De retour sur l’île de la Réunion, l’esprit de l’air donna la tortue au à la maman du petit garçon. Elle plaça la tortue près du berceau et attendit.

Au bout d’un moment, et instinctivement, la respiration du petit garçon ralentie et se cala sur celle de la tortue. L’enfant se calme. Il se met au rythme de la tortue.

Les esprits et la maman dansèrent de joie. L’esprit de l’eau donna à boire à la tortue, et l’esprit de la terre lui donna des fruits et de la verdure.

Depuis dans cette île merveilleuse, quand un enfant naît, les amis ou la famille offre une petite tortue pour que l’enfant soit sage et reste en bonne santé.

 

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