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novembre 19th, 2015
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et pour cause aprilus

Globale Connerie

L’Homo sapiens est un être évolué et complexe, mais globalement con. Si on parle du «global warming», on ne devrait pas pour autant négliger la «globale connerie». La nôtre. Nous, les acteurs centraux de l’anthropocène, l’ère géologique correspondant à l’expansion de l’humanité. Bien que certains sapiens cogitent sur le Big Bang, d’autres célèbrent l’insignifiance, ou font les deux; et dans l’équation, c’est la connerie qui triomphe. Ceux qui ne sont pas du calcul, ils crèvent, misérables, en silence ou en brassant leur cage, en vain.

comperesPrès de nous, les salamandres et les tritons sont des êtres anciens. Plusieurs formes contemporaines ont peu changé depuis l’époque où leurs ancêtres pionniers ont quitté les eaux pour conquérir la terre ferme. Or aujourd’hui, les batraciens dans leur ensemble, voient leurs populations diminuer et ce dans tous les écosystèmes de la planète. La prise de conscience de ce phénomène mondial remonte aux années cinquante et depuis, on ne peut que constater l’ampleur des dégâts : 120 espèces, des grenouilles, des crapauds et des salamandres, se sont déjà éteintes depuis 1980.

Vivant à cheval entre les milieux aquatiques et terrestres, les amphibiens constituent un baromètre précieux pour la santé des écosystèmes. Leur déclin est donc alarmant et significatif de ce qui nous pend au nez. Hormis des concerts de grenouilles moins intenses au printemps, la disparition de ces charmantes bestioles entraîne en cascade l’extinction de nombreuses autres espèces avec lesquelles elles interagissent naturellement. Des dégâts collatéraux, comme disent les militaires. Pour les moustiques, les brûlots et les frappes-à-bord ce sera l’orgie d’hémoglobine sapienne, et on l’aura bien mérité : destruction, modification et fragmentation des milieux naturels, introduction d’espèces invasives, surexploitation des ressources, changements climatiques, augmentation des radiations UV-B, rejet de polluants chimiques dans l’environnement et émergences de nouvelles maladies infectieuses, etc. – tout ça grâce à la «globale connerie». Chapeau les sapiens!

Salamandres et tritons ont survécu à l’extinction massive qui a radié les dinosaures de la surface du globe. Survivront-ils à une humanité suffisamment conne pour s’autodétruire? Et ce sans météorites ni augmentation de l’activité volcanique! On peut craindre le pire, quand à l’aube du Sommet sur le climat de Paris, des cons kamikazes s’évertuent à semer la mort en brandissant leur livre patchwork et leurs fantasmes d’arrière-monde. Des cons finis fabriqués et armés par d’autres cons, bien propres ceux-là, et eux mêmes formatés par les exploits millénaires de nuées de cons, tous tentant de s’extraire du cosmos, convaincus que l’univers gravite autour de leur petite et éphémère dimension de singes bipèdes.

Soit on joue aux morpions de la Terre, jusqu’à ce qu’on en soit éradiqué, soit on se ressaisi et on se retrousse les manches. Globalement.

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