Au pays des gentils

Aprilus plante le décor

Ça s’amuse ferme au pays des gentils. Après tout, l’été c’est fait pour jouer. Et celui de 2018 aura été riche en amusements. Vu de ce microcosme où galopent licornes et pangolins fluorescents, dans la vie, il y a des méchants et des gentils. Et heureusement, chez les gentils, il y a des gardiens de la pensée. Fort des algorithmes de Facebook, tout ce petit monde évolue en vase clos sur fond de patchouli.

Or les gentils ne se cantonnent pas qu’à Montréal et certaines de leurs âneries remontent le fleuve. C’est ainsi qu’un échange «qui n’a pas eu lieu» et qui pourtant a généré son lot de petits cœurs et de pouces levés m’a donné envie de varger à nouveau dans ce guêpier qui constitue la clientèle de Québec Solidaire.

Au pays des néo-cléricaux québécois, dès lors qu’on a de bons sentiments, les faits et la sémantique comptent peu. On s’y bricole un petit cocon d’intransigeance bien sélectif et on n’aime pas qu’on vienne nous y secouer les puces. Chez les gentils, on peut partager des énormités et, dès lors qu’un pauvre bougre vient polluer notre petit monde, on se contente de se distribuer des likes entre calinours. Mais au fond, on est quand même bien contents que les méchants nous accordent autant d’importance. Alors entre vertueux, on peut pousser le bouchon jusqu’à endosser la racialisation ambiante et l’onde de censure et d’auto-censure qui balaie actuellement le Québec.

La récréation se terminera peut-être lorsque le monde extérieur appellera enfin les choses par leurs noms.

Retourner l’insulte – RACISTE – et y adjoindre CENSEUR

Le largage d’énormités racistes nappées de bien-pensance induisent une autocensure qu’on mesure par la tiédeur des réponses qu’il suscite. Un hurluberlu fringué en gothique avec une empreinte de loup sul’ chest, assurément, on lui fera sa fête. Le néo-clergé, lui, est à l’abris de tels déferlements d’indignation car il s’affirme bruyamment antiraciste et égrène sont petit chapelet pseudo-intellectuel, le plus souvent dans la langue de Shakespeare.

Devant le racisme, je n’y vais pas par quatre chemins. Qu’il émane du bec de lièvre d’un fakir tamoul, d’un pygmée hydrocéphale ou d’un apache hermaphrodite, si tu partages des propos racialistes, je vais le relever. Et surligner en rouge fluo si tu les endosses. Idem pour ce qui est d’excuser ce fléau intemporel qu’est la censure.

Lettre à un gentil de mon patelin

Avant de me lancer, Gentil-de-mon-patelin, je te prie d’excuser mon ton, mon style. C’est plus fort que moi. Autrement, écrire m’est moins amusant et puis tu le sais, en vrai, je ne suis pas spécialement teigneux. Ce qui m’intéresse ce sont d’avantage les idées que tu véhicules que ta petite personne, rassure-toi. De toute façon, je sais bien que tu ne liras pas mes mots. Enfin, ma marde, si tu préfères.

1- L’antiracisme raciste

On va mettre les choses au clair. Le racisme tient de l’ignorance. Et ignorants, nous le sommes tous à des degrés divers – ne pas le reconnaître tient de la connerie absolue. Je veux bien croire, cher justicier de la justice, que tes intentions sont nobles. Moi aussi, je me réjouis de voir nombre d’autochtones sortir du mutisme et se tailler une place dans le débat public. Seulement, je me méfie de ces petits porte-paroles autoproclamés que tu suis fiévreusement. Tu ne trouves pas ça réducteur de ranger les quelques 500 nations autochtones des Amériques derrière Maïté Labrecque Saganash ou Natasha Kanape? Les indiens, ils n’ont pas le droit d’être de droite? D’être cons, tout simplement. Tu les fantasme comment? Tous traditionalistes, gentils, de gôche, avec des plumes au cul? Et à partir de quel degré de métissage peut-on se prétendre indien? Tu ne t’étais pas posé la question? Effectivement, c’est débile. C’est raciste. Maïté et Natasha ne représentent qu’elles même, ou tout au plus, une poignée d’exaltés. De la même manière, Wiel Prosper, si prompt à fustiger ceux des «siens» ne se ralliant pas à ses idées, ne représente en rien les «noirs». Pas plus que Dalila Awada ne représente les gens de confession musulmane.

Mais avant d’aller plus loin cher Gentil, je t’invite à ne pas remettre en question ma sensibilité aux réalités autochtones. C’est un peu nul de le rappeler mais je vois pointer la bêtise, le classique dénigrement du messager. J’ai vécu des années marquantes chez les cris et les inuits, mes enfants sont nés là-haut, très loin de Montréal, de l’UQAM et de Concordia. J’y ai même des parents adoptifs, eux-mêmes passés par le rouleau compresseur des écoles résidentielles. Et je t’assure que je sais prendre tout le recul historique qui s’impose. Alors épargne-moi tes raccourcis vaseux, car pour l’heure, le raciste qui s’ignore, c’est toi.

Le racisme donc, chemine lentement mais sûrement. Pour le justifier, les nazis l’ont enrobé d’un jargon scientifique. Pour le diffuser, la RTLM, radio populaire Rwandaise, l’a asséné en boucle, sous forme d’un quolibet, «cafard». Ici, le néo-clergé québécois, recoure à la bien-pensance anglo-saxonne. Il importe le discours racialiste des Étazuniens. Et pour le gauchiste d’un autre cru que je suis, le pouvoir de nuisance de ce néo-clergé ne s’arrête pas là. Bien qu’il aboie à l’occasion à leur endroit, il sert les puissants. À force de sottises racialistes, d’écriture zinclusive et de délires de reconnaissance d’individualités toujours plus excessifs, il détourne l’attention publique du pillage économique, de la destruction environnementale et de notre asservissement collectif à une autre nation.

Parmi les inepties racistes que tu véhicules – ou like – allègrement, il y ce concept tordu de whitesplaining. Ainsi la couleur de la peau assignerait certains individus à résidence. Tout individu né blanc (là aussi il faudrait que tu nous indiques à partir de quel degré de blanchitude) serait coupable de colonialisme. Évidemment le colonialisme, l’esclavagisme et la traite négrière perpétrés jadis – et encore aujourd’hui – par certains musulmans ne t’indispose pas. L’antiracisme raciste, par exemple Jaggi Singh qui vomit du blanc, ça ne te pose pas problème car, dans ton cosmos, les porteurs d’épidermes basanés sont vaccinés contre l’ignominie suprême! Le seul racisme digne de ta vindicte c’est celui des blancs d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Le poids du passé, pour toi, c’est aux individus de le porter. Suivant ton raisonnement, puisque le nazisme fut une invention germanique, tout enfant allemand né depuis devrait porter la responsabilité des bourreaux d’autrefois. Vraiment, l’absurdité tu ne la sens pas? Il faut vraiment t’expliquer?

Tout ceux qui prennent à la légère ce genre de dérives verbeuses se montrent complices de cet authentique racisme néo-clérical. Il faut le voir, le reconnaître et le dénoncer comme tel.

Pour clore sur ce point, j’aimerais reprendre les propos de mon ami André Gagnon alors qu’il réagissait à une autre donneuse de leçon. Le racisme qui a façonné l’Amérique du nord n’était pas spécialement blanc, mais bien anglo-saxon et protestant. Il n’était pas plus «blanc» que le racisme aryen des nazis. De quel traitement «privilégié blanc» ont bénéficié les Acadiens, dépossédés, traités et déportés comme du bétail, sans droits reconnus et sans indemnisation pendant 2 siècles? De quel «privilège blanc» a bénéficié Louis Riel et ses métis? Pour certains enfants de Lord Durham, premiers bénéficiaires encore aujourd’hui de ce racisme, il est de bon ton de se déculpabiliser en rejetant le blâme sur ceux que leurs prédécesseurs ont opprimé. La preuve vivante que leur racisme se porte bien.

2- Non, la censure ce n’est pas une question d’hygiène

Voici un exemple de comment, à force de branlettes intellectuelles, on excuse la censure – où lorsque des relents staliniens diffusent dans la bien-pensance :

«Les mécontents et les protestataires vous agacent peut-être, mais ils sont les vrais gardiens de vos droits et de vos libertés, y compris de la liberté d’expression. La critique, la dissidence, le refus, c’est le dernier rempart de la démocratie. (…) Réjouissons-nous tout de même de vivre dans une société où les artistes ont le droit de se tromper, et où le public a également le droit de les critiquer et de les rappeler à l’ordre quand ils errent. La liberté d’expression, c’est pour tout le monde ou ça n’existe pas. C’est bien ce qu’il y a de plus positif à retirer de ce lamentable épisode.»

Cet extrait et l’article d’où il a été tiré, tu les as partagé. Sérieux, tu trouves ça malin? Tu n’a pas voulu me répondre quand j’ai relevé la grossièreté, les contradictions et la condescendance de cette affirmation. Tu crois vraiment que les «noirs», les «indiens» et la «démocratie» se portent mieux depuis que deux œuvres de Robert Lepage ont été mises à l’index par «les gardiens de nos droits et liberté»? D’abord, ce sont peut-être tes gardien à toi, mais pour moi ce sont des clowns obscurantistes, dangereux et nuisibles. Ça ne te saute pas au yeux à quel point ce charabia ne veut rien dire? Il faut vraiment que je t’explique? Relie l’extrait, mesure la bêtise. Cher Gentil, tes gardiens de mes deux, les fameuses pièces de Lepage, ils ne les ont même pas vues! Et ils ont œuvré à les faire censurer! Faut vraiment être débiles…

Avant d’aller plus loin, je vais ouvrir une parenthèse égocentrique. Je voulais te dire que vous (enfin, toi, ton likeux attitré et quelques autres du patelin), m’avez bien déçu par votre silence alors que le petit éditeur du Journal Le Québécois foutait mon article intitulé «Ceux qui hurlent avec les loups» aux poubelles. C’était sous prétexte que je n’étais pas assez fin avec Québec Solidaire. Peut-être qu’à vos yeux, un safe space médiatique était de mise, dès lors que Paul Cliche, un gourou prosélytiste de la gauche orange, était venu mettre son grain de sel en me qualifiant de scatophile. N’empêche, vous pouviez tout à fait ne pas être d’accord avec mon propos. Mais sachez toutefois qu’il manque visiblement une dimension à votre engagement prétendument progressiste : la défense de la liberté d’expression. L’humanité n’a pas à réagir à mes déboires, mais quand on est du même patelin, un peu plus de 3000 habitants, votre silence, même en privé, m’est apparu, du moins pour les deux premiers moineaux, comme un appui tacite au censeur (d’un propos qui vraisemblablement vous agaçait). Eh les mecs, la liberté d’expression ce n’est pas l’affaire d’un clan. Vous devriez relire Chomsky, gauchistes que vous êtes. Et pour ce qui est de mon irritant propos, vous devriez relire Falardeau que vous aimez tant citer de manière sélective.

Mais revenons à l’affaire Lepage, autrement plus évocatrice que ma banale petite histoire. Faudra-t-il recourir à une gamme de couleurs SICO, à un test d’ADN ou revenir à la crâniométrie du 18ème siècle (photo de 1912 ci-contre) pour que soit déterminée notre «case raciale» et de ce fait notre latitude de parole? Et pour causer de l’homosexualité, devrons-nous fournir aux gardiens de la bonne pensée un rapport de nos activités sexuelles? Pour causer d’un genre, devrons-nous baisser notre slip? Pour causer d’une idéologie religieuse devrons-nous en être nous-mêmes endoctrinés?

D’ailleurs à propos de bondieuseries, ce sont aussi tes amis calinours, anarchopanda, inspecteur Camus, Singh et autres tenants du multiculturalisme (en tête, le PLQ) qui se sont mis à diaboliser la laïcité, à associer religions et races, à chier des stéréotypes racistes et à vomir un portrait hétérogénéisant des croyances. Voilà 15 ans qu’on se replonge périodiquement dans le même merdier et à chaque fois, tu cries présent pour bien envenimer l’affaire. Tu ne trouves pas qu’on marche sur la tête là? Qu’il est temps de passer à autre chose?

Ressaisi toi Gentil! Est-ce qu’il faudrait t’énumérer toutes les œuvres qui devraient être mises à l’index selon ton raisonnement de raciste et d’analphabète culturel? Pas sûr que t’aurais la patience de tout te farcir tellement il y en aurait, y compris parmi tes héros anarchistes et gauchistes. Tu mesures le risque qu’on court, collectivement si les artistes, les auteurs, les citoyens se soumettent à l’autocensure, par peur de déplaire à tes bruyants amis du néo-clergé?

C’est pourtant pas compliqué, ami Gentil. TOUT le monde peut s’exprimer, créer, peindre, écrire, dessiner, danser, jouer, sculpter à l’abris du carcan idéologique de tes prétendus gardiens à la con. Le bourgeois comme le prolo. En création, TOUT le monde a le droit de s’inspirer de quoi bon lui semble. On peut s’inspirer de TOUT ce qu’on veut! TOUT le monde a le droit de se planter, de se raviser, ou d’assumer. Devant une création, TOUT le monde a le droit de réagir, d’aimer, de ne pas aimer, de critiquer, de caricaturer, de pasticher, etc. Mais pour ce faire, ça aiderait que tes amis du néo-clergé mettent au placard leurs petits réflexes totalitaires. Faudrait qu’ils comprennent que le monde ne s’arrête pas à la paroi de leur bulle.

La rencontre de deux dérives

Je veux bien croire que ton positionnement part de bonnes intentions (en fait, j’en suis convaincu). Mais au final, il est aussi nuisible que celui qui transpire de la meute ou autre rassemblement de guignols – qui, aussi, peuvent s’être braqués sur des bêtises à partir de craintes légitimes. Nier que ces gens ne sont pas tous forcément mal intentionnés; c’est se comporter en petit Lénine. Se croire appartenir à une élite éclairée, omnisciente, seule apte à penser. C’est mépriser le peuple et s’en couper, c’est pervertir les luttes de la gauche en autocratie; c’est nourrir la fragmentation, la division, la ghettoïsation. Alors que la gauche devrait penser le commun. 

Avec votre surexposition médiatique, vous faites passer l’ensemble des anarchistes et des gauchistes pour une bande d’abrutis! Ne serait-ce que pour cette raison, on peut remercier Roméo Bouchard et Louis Favreau pour leur manifeste de L’Aut’ Gauche.

On assiste à deux types de dérives racialistes qui carburent à l’ignorance et se nourrissent mutuellement. Pour l’heure, tu t’inscris dans l’un de ces courants. Est-ce que tout ceux qui macèrent dans l’un comme dans l’autre sont des racistes finis? Non, mais certainement, ils sont ignorants quelque part. Bonne nouvelle, ça se corrige.

Le bisou de la fin

De grâce, Gentil n’embrasse plus ces conneries mortifères. Ne crains plus l’excommunication de cette clique de fanatiques unidimensionnels, fussent-ils tes amis. L’indépendance d’esprit, c’est une belle expérience de la liberté. Pour l’essentiel, Gentil, on est plutôt d’accord. Du coup, c’est bête qu’on se crêpe le chignon tous les deux car j’ai pour toi, à bien des égards, une sincère admiration. Mais quand tu endosses des propos racistes et que tu te comportes en gardien de la pensée, je surligne la chose en rouge.

Le racisme, d’où qu’il émane, et la censure ne passeront pas.

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Des claques pour la CAQ

Faire du vieux avec du vieux

  legault couillard aprilusPapi Legault présente sa CAQ comme le parti du changement par rapport au PLQ qui trône de façon quasi-ininterrompue depuis seize ans. Et pourtant, la CAQ et le parti Libéral sont des versions similaires d’une pensée politique mortifère pour le Québec. Ensemble, on pourrait les comparer à un serpent qui change de peau. Exhibant un épiderme «neuf», le reptile, au fond de ses entrailles, reste le même.

Pour faire court, la CAQ est une créature créée en 2011 par Papi Legault et l’homme d’affaires Charles Sirois. Elle a voulu mettre son cul sur la mappe en lorgnant du côté des «électeurs fatigués du débat entre fédéralistes et souverainistes». La formule procède d’une curieuse contorsion : se prétendre nationaliste et éviter tout débat sur la place du Québec au sein du Canada. Ses politiques économiques résolument de la droite la plus fétide, empestent de l’arsenal argumentaire simpliste des radios X : réduction des impôts et dégraissage de l’État. Du même souffle , les gymnastes de la CAQ prétendent vouloir améliorer les services à la population. Gratouillons un peu pour essayer de dégotter des différences entre la CAQ et le PLQ.

Le statut constitutionnel du Québec

Les libéraux comme la CAQ considèrent que le statut constitutionnel du Québec ça n’intéresse pas le vrai monde. Il serait amusant de spéculer pour savoir lequel de ses sbires Papi Legault enverrait quémander au Canada, tel Jean Marc Fournier, téteux et doucereux, pour le voir ensuite se faire remballer par son Altesse Justin premier. Papi Legault a la prétention de vouloir changer les choses mais il évite de dire quoi et comment. En fait, sur tous les enjeux, il se terre, lui et ses troupes, autant que faire se peut, de peur de s’enfoncer le pied jusqu’aux amygdales. Il gagne du temps et fait de son mieux pour dissimuler le vide intersidéral qui caractérise son option.

Le françâ

Circulez, y’a rien à voir. La seule nuance avec les Libéraux que propose la CAQ, c’est de s’affirmer préoccupée par la survie du français tout en ne ne proposant rien, de peur de froisser la minorité anglophone. D’ailleurs les quelques modifications à la loi 101 proposées par l’éphémère gouvernement Marois minoritaire n’ont pas eu l’appui de la CAQ. Voici donc un autre grand écart de Papi Legault qui finira un jour par se fendre la raie. Les Libéraux, de leur bord, prétendent que le français se porte merveilleusement bien et nous ont pondu une sorte de secrétariat aux affaires anglophones pour éviter à cette «minorité maltraitée» de s’éroder d’avantage… CAQ-PLQ, le résultat est le même, on s’enlise.

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Les vases communicants

Club école des libéraux, la CAQ est une pépinière à transfuges opportunistes et sans scrupules. Bref, le genre de crapules dont les québécois prétendent saturer.

La star incontestée de cette usine à nuisibles est l’actuel ministre de la santé, Gaétan Barette. Battu en 2012 en tant que Caquiste, l’homme dont l’arrogance est aussi grande que la circonférence, s’est présenté en 2014 pour être élu Libéral, une job qui lui a permis de briller parmi les artisans de l’actuel fiasco. Signe de son succès, même les Libéraux s’efforcent de le planquer d’ici les élections.

Un autre opportuniste d’envergure, Martin Coiteux, a reluqué du côté de la CAQ et même du parti conservateur d’André Pouliot, notre libertarien Québécois. Mais bon, puisqu’à l’époque c’était le train libéral qui fonçait, c’est à bord de c’lui-là qu’il s’est garoché… Comme on le sait, en obtenant le poste de président du Conseil du Trésor, Coiteux a pu mettre en pratique tous ses fantasmes de démolition à grand renfort de discours boiteux.

Pour sa part, la vice première ministre Dominique Anglade s’est fait élire dans une élection partielle en tant que libérale alors qu’elle occupait le poste de présidente de la CAQ. Mêmes virevoltes de girouette avec Sébastien Proulx, l’actuel ministre de l’Éducation. L’ancienne vedette de l’ADQ, bien que dégoulinante de sympathie pour la CAQ, s’est laissé convaincre de se présenter dans une élection partielle sous la bannière Libérale. La CAQ et le PLQ, c’est blanc bonnet, bonnet blanc.

blanc bonnet CAQ PLQ aprilus

Dégraisser l’État pour améliorer les services…

Cette quadrature du cercle a été abondamment utilisée par les libéraux durant leur présent mandat. La solution à tous nos maux serait de tchopper dans la bureaucratie, celle-ci étant «inefficace». Depuis que les libéraux sont au pouvoir, la Fonction Publique a subit des coupures de personnel importantes et c’est le privé qui rafle la mise. Dans certains secteurs, il faut même engager des consultants du privé pour surveiller d’autres consultants du privé ! Or si le privé était miraculeux, ça se saurait. Les exemples démontrant les failles, les limites, les risques et les travers de cette solution «miracle» pullulent. Et comme on le sait bien cheux-nous, la facture peut être salée, ce qui n’est pas pour déplaire aux amis du régime. Ici, la seule différence avec les libéraux, c’est que la CAQ s’est engagée à réduire l’État alors que les libéraux ont mis en place cette politique en ayant promis le contraire. Il ne faut pas se leurrer, il est mathématiquement impossible de baisser les impôts et de maintenir ou d’améliorer le niveau de services.

Legault Bismol logo aprilusCoiteux, l’ancien groupie de Legault devenu minette de Couillard, a réservé ses toutes premières salves pour affirmer que les finances du Québec étaient dans un état déplorable. La faute à qui? Évidemment, à l’éphémère gouvernement Marois qui nous aurait laissé un déficit de près de 7 milliards. De la bouillie pour les chats, puisqu’il s’agissait des demandes budgétaires des ministères avant que l’arbitrage gouvernemental ne soit fait. Faut dire qu’avec la bénédiction d’un ancien vérificateur général, la pirouette avait l’air tellement crédible… Par la suite, notre ragondin à lunettes y est allé rondement de coupes paramétriques d’une ampleur sans précédent, frappant allègrement les plus faibles. À tel point que l’ombudsman du Québec mentionnait de façon explicite que les coupes faisaient très mal à certains secteurs de la population. Bref, pour améliorer le modèle québécois et sous prétexte de rigueur, il faudrait s’efforcer de faire disparaître tout ce qui nous distingue du reste de l’Amérique du Nord.

D’une certaine façon, ce genre d’énergumène a cannibalisé le parti libéral, lequel s’affichait – tout de même – un peu plus au centre de l’échiquier politique. Mais peu importe le train, seule compte la destination pour cette clique de boulimiques.

Papi Renouveau

Legault NEW aprilusCelui qui était perçu comme «Monsieur indicateur de performance» alors qu’il occupait les ministères de l’Éducation et de la Santé ne rechignait pas à exiger de ses fonctionnaires des montagnes de rapports statistiques pour démontrer la rigueur de sa gestion (beau paradoxe pour celui qui claironne l’inefficacité des fonctionnaires). Pas besoin de tendre l’oreille et de flâner dans les écoles et les hôpitaux. Avec les indicateurs de performances tout est clair et net! Comme lors des famines soviétiques. Les gens crevaient de faim alors que les récoltes étaient excellentes sur papier. Papi Legault voit la société comme un bilan comptable. Comme ceux de sa race, il peine à comprendre la complexité des sociétés. Il pense qu’avec une bonne poigne, il va gérer.

Gorgé de testostérone, Papi Legault trouve qu’on manque d’ambition, ici au Québec. Il faudrait «penser plusse big», comme aux States. Eux, affirme-t-il, ont le plusse meilleur niveau de vie au monde – quand on ne s’intéresse qu’à une moyenne, piètre indicatrice s’il en est, puisqu’elle zappe copieusement les abyssales inégalités caractérisant notre voisin du sud. Avec de tels propos, il n’est pas surprenant que le nouveau poster boy du Papi soit Youri Chassin, économiste à l’Institut Économique de Montréal, ce repaire de la droite pure, dure et obtuse. Un petit monsieur de plus, bien propre avec des dents bien blanches et une petite gueule de Ken, qui va nous rappeler que quelque soit le défi auquel nous sommes confrontés, y’aura qu’le privé pour le régler. Avec des mots de monsieurs respectables, les caquistes nous feront des démonstrations nébuleuses qui seront reprises par des merdias tout aussi respectables. Enfin, les radios poubelles réchaufferont tout ça avec du glutamate monosodique et le feront tourner en boucle dans les shops de Québec. Entre les lignes, suintera néanmoins le fantasme d’origine: un État coupé de sa populace mais généreux pour sa p’tite élite de carnassiers insatiables. Le pathétique de l’histoire, c’est que nombre de ces parvenus se sont bâtis grâce à ce modèle québécois dont ils souhaitent aujourd’hui la mort.

Des questions et de la consternation

Notre déculturation tranquille s’explique-t-elle par une résignation assumée? Est-ce le contrecoup d’offensives médiatiques orchestrées par des couillons sans scrupules exploitant bassement, au micro de radios privées, la niche de l’insignifiance? Quelle part de notre écrasement collectif peut-on attribuer aux flux d’intox «bien propre» que nous déverse quotidiennement Radio-Cadenas et ses alliés véreux de chez Power Corp? Saupoudrez à ces fléaux des stratagèmes de division à saveur multiculturaliste et ça vous fait un cocktail pire que du Roundoup! Ça fait la job.

Si la CAQ passe on sera nombreux à avoir une sacrée envie de dégueuler sur ceux qui auront œuvré en ce sens. À commencer par les solidaires vertueux, ces dévots de la revendication religieuse qui nous ont boudé la convergence indépendantiste. Le PQ de son bord n’est pas toujours facile à aimer. Il a sa part de responsabilité dans notre merdier collectif. Évidemment, ce serait tentant de lui mettre le nez dans sa p’tite bouse. Mais d’ici le prochain rendez-vous électoral, vaut mieux s’en garder car dans l’état actuel des choses, ce sont eux qui demeurent le meilleur scénario. C’est pas le temps de leur lancer des roches. Entéka, moi j’me sens pas d’le faire.

Pour commenter l’article, allez virer sur Fèces-Bouc

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Legault bismol

 

Ce que susurre la censure…

L’article se subdivise comme suit : L’acte de censure; Le censeur; La caution molle; L’artiste mis à l’index (l’expulsion – la mise en marché de la satire – ce qui titille mon crayon – Aprilus scelle (encore) son sort).

Censorship aprilus

 

L’acte de censure

«[…]. Si vous croyez en la liberté d’expression, vous croyez alors dans la liberté de parole pour les opinions qui vous déplaisent également. Goebbels était en faveur de la liberté de parole pour les opinions qu’il aimait… Et Staline était pareil. […] Si vous êtes en faveur de votre liberté de parole, cela signifie que vous êtes en faveur de la liberté de parole pour les opinions que précisément vous méprisez. Sinon, vous n’êtes pas en faveur de la liberté d’expression. »

Noam Chomsky, Manufacturing Consent: Noam Chomsky and the media, 1992

QS gang aprilus censureUn même propos suscite deux réactions. D’un bord, on manœuvre pour court-circuiter la réflexion et induire la censure. C’est la voie royale de la gauche régressive. Profondément dégueulasse. En prime, il y la diffamation menée par les meutes que ces salauds dorlotent. S’enclenche alors le salissage des messagers mis à l’index, lesquels, dans une société à peu près libre, devraient être en droit de critiquer les personnalités publiques et politiques. Cette méthode, c’est l’option de prédilection du professeur Camus qui, piochant dans ses névroses, investit beaucoup d’heures à bricoler des captures d’écran, les amputant soigneusement de leur contexte. Beaucoup de temps aussi pour chier des raccourcis et servir les habituels anathèmes : bouffeurs de minorités, racistes, laïcards intégristes, identitaires obtus, etc.

Lacensurepue

Mon censeur

safespaceaprilus censureLà c’est le moment pittoresque où un artiste invisible parle d’un journal qui l’est tout autant.

Quand je replonge sur cet article qui m’a valu une censure, puis, par effet de cascade, une éviction du Journal le Québécois, je demeure pantois. Il n’était pas si roffe ce texte. Les dessins non plus. Replongez-y : http://aprilus.com/ceux-qui-hurlent-avec-les-loups/ Pas de quoi fouetter un chat! Pour moi, ça reste un portrait du réel, avec, à peine, une pincée de piment.

Au delà de l’acceptation de censure, les nouvelles conditions que «l’illustre éditeur», Carlo Mosti, m’imposait étaient intenables. Cette mise sous tutelle constituait une offense à l’intelligence d’abord, puis à l’histoire de ce canard web qui jadis avait soutenu un texte de Falardeau intitulé «La mort de Ryan». Je nourrissais abondamment cette plateforme depuis trois ans et ma chronique allait grandissant. Mosti s’est comporté en sauvage totalitaire.

Qui est-il? D’où vient-il? Cet invincible censeur des temps nouveaux.

avatars censureVous aurez remarqué que nous causons présentement d’un type qui, au final, est encore plus anonyme que moi. Qui est-il? D’où vient-il? Cet invincible censeur des temps nouveaux. Sa plume n’est pas spécialement prolifique et son succès est plus que modeste. Quatre publications en 2017, trois en 2016, trois (et deux insignifiances moquant le mouvement Je suis Charlie) en 2015… En 2018, un copié-collé n’indiquant pas le nom de l’auteur. Je ne vous invite pas spécialement à découvrir la pensée de ce justicier de la bonne morale.

Au fond, j’ai commis deux erreurs. La première, être en désaccord idéologique avec un petit éditeur anonyme vadrouillant quelque part entre QS et les antifas. La seconde, avoir collaboré avec Philippe Dujardin, un homme que ce dernier méprisait. Cette bisbille, à priori anecdotique, n’en demeure pas moins éclairante sur la vérole qui gruge la gauche et les débats publics en général. Mosti avait viré Dujardin (co-auteur du texte censuré) de son Facebook car il n’arrivait pas à rivaliser d’arguments avec lui. Je prenais part à l’échange l’ayant mené à resserrer son safe space. Dujardin demeurait respectueux malgré une horde de loups s’acharnant sur lui. Une agressivité suintant le fachisme. Pour donner une idée de l’ambiance, j’ai eu droit aux insultes de l’un des canidés qui, après être venu faire des captures d’écran de mes «amitiés», est venu, en privé, me traiter de sale raciste tout en me comblant de menaces. Ça puait la charogne. Une charogne que Mosti, artiste à ses heures, affectionne suffisamment pour en croquer le portrait et le diffuser. Car oui, à temps perdus, dans son petit carnet rouge, notre homme ne rechigne pas à croquer Guevara, Marx et… des fous furieux. C’est dire si la liberté tient à peu de chose.

Malgré ce délire, j’avais ma tribune. J’étais moins isolé que seul au fond de mon rang Pistolois. L’adorateur de Castro respectait mon espace. Pour ma part, je pouvais cohabiter avec lui. Je me serais même battu pour défendre son droit de parole. Malgré nos divergences, j’éprouvais une certaine affection pour ce garçon. J’aurais bien aimé avoir le temps de lui recommander ce livre, L’homme qui aimait les chiens, sur l’assassin de Trotsky. Un de mes coups de cœur littéraire. Je crois qu’il aurait aimé, comme tous mes autres potes fascinés par ces lointaines révolutions immanquablement érodées. En commun, nous avions une passion pour la bière et le heavy métal. C’était marrant de se retrouver ensemble à commenter un post sur Motörhead.

70388_262_rg-130_c_lgMalheureusement, Mosti a cédé à la tentation totalitaire et moi je l’ai pointé (et moqué) publiquement. Je trouvais obscène de négocier ma liberté dans un Journal vendant des t-shirt à l’effigie de Falardeau, de Bourgault, ainsi que des camisoles «esprit libre»!

Le gars restera braqué à défendre l’indéfendable et, peut-être, finira-t-il par couler le Journal. Je suppose qu’il ne l’a pas eu facile lui non plus. Je ne l’excuse pas, mais je regrette qu’on en soit là tous les deux. Pour peu qu’il reconnaisse cette bêtise, je tracerais, direct, une croix sur l’embrouille. À moins d’un improbable revirement, il portera l’odieux d’avoir trahi l’idéal faisant vibrer toutes les plumes s’agitant dans les colonne de «son» journal.

Mosti a donné raison au propos d’un article qui s’intitulait «ceux qui hurlent avec les loups». Et c’est pas rien de le dire…

La caution molle

GND aprilus censurePour l’heure, je suis toujours brouillé avec l’un des anciens fondateurs du Journal, un homme que je continue d’estimer malgré tout. J’ai essayé d’être gentil un bout de temps. Je me suis publiquement excusé pour mon seul tort, commis sous le coup de l’émotion (publier le courriel où il cautionnait Castro le petit). En vain. Je n’ai pas accepté que Bourgeois, sur un coup de sang, persiste outre-mesure à discréditer publiquement mon travail (qu’il ne connaît vraisemblablement pas). Je lui ai donc répliqué. Qu’on aime ou pas mon travail, l’enjeu est ailleurs : L’ACTE DE CENSURE ET LE PROPOS DU TEXTE.

Masse Aprilus censureÊtre énervé de se retrouver sous les projecteurs alors qu’on n’y tenait pas, c’est certes légitime. Toutefois, l’autre chose à faire, c’est se désolidariser de la décision prise par Mosti. Reconnaître ne pas s’être penché posément sur la question et être allé un peu vite en affaire. Affirmer, comme il l’a fait, qu’à une certaine époque, il aurait mieux valu fermer le journal et dissoudre le RRQ, ça ressemble à une sorte de désaveu du petit Staline. Mais pour moi, ça reste mi-dur, mi-mou.

On venait de faire connaissance. Je l’avais reçu comme un frère et on s’était bien accordé. Je suis freak a souhait et je bouffe de la cervelle de lièvre. Il a un égo turgescent teinté de machisme. On ne s’en est pas formalisé et on s’est éclatés à courir les coyotes ensemble (sérieusement). Depuis, entre-nous, c’est frette comme une plote de nonne. Il a bien ses petits principes, mais ne mesure ni la violence de la censure, ni le choc du gars qui constate que depuis trois ans, son travail passe sous le radar de ceux qu’il considérait comme des frères de lutte.

Pincez-moi quelqu’un, mais l’ensemble de mon stock, le fruit de mois de travail acharné, mérite-t-il d’être réduit à la seule dimension scatologique? J’invite cordialement le gaillard à aller se faire une tête sur mon site.

CENSUREaprilus

chier Sol Zanetti censureL’autre fondateur impliqué, Bégin, s’est quant à lui contenté de lancer un truc du genre : «les péquistes teigneux et les solidaires méchants, on ne les aime pas». Soit, mais on peut s’interroger sur sa compréhension de l’enjeu au sein d’une tribune claironnant «la libération par la plume». Peu loquace sur cette affaire, il est, au demeurant, plus que mou. Carrément flasque. Du moins jusqu’ici. Depuis mon entrée au Journal, je n’ai jamais loupé une chronique de Bégin. Elles me plaisaient bien. Certaines étaient puissantes pour leur dimension rassembleuse. Là, j’avoue que ça risque de m’énerver un peu. S’il est important de se rassembler, il l’est tout autant de critiquer les incohérences et les travers des partis. Qu’il se rassure, le bordel ne prendra plus au journal car il est peu probable que Mosti trouve à redire des chroniques de Sol Zanetti. Il est tellement gentil Sol. Tellement Solidaire.

Pour faire court, IL N’Y A AUCUNE EXCUSE POUR CAUTIONNER CETTE CENSURE, qu’on ait été – bien malheureusement – contraint de se prononcer ou pas. Puissent ces vieux routiers de la lutte pour l’indépendance ne jamais être tentés de nous enfumer avec leur passé glorieux de militants héroïques et ne jamais fantasmer d’une privatisation intellectuelle de l’héritage de Pierre Falardeau.

L’artiste mis à l’index

L’expulsion

Il y a eu la censure, puis l’expulsion. Que je sois viré du canard pour avoir garoché en ligne des propos privés? Possible. Un bel alibi pour Mosti qui exécrait mon travail. Mais quand même, c’eût été sauvage. J’ai nourri en abondance le Journal en publications remportant un succès grandissant, et ce depuis 2015. J’étais l’une des plumes les plus actives du site. On aurait pu s’arranger autrement.

Je n’ai jamais été payé au Québécois. Aussi naïf que cela puisse paraître, j’ai trimé pour l’indépendance et la liberté. Pas toujours adroitement, mais avec tout mon cœur. En assumant mon suicide commercial, les risques et les coûts que ça impliquait. J’ai mis beaucoup d’énergie là-dedans.

J’ai perdu un univers visuel qui me plaisait bien. Les petits patriotes armés de plumes, c’était hyper bien vu. La seule consigne lorsque j’ai intégré le canard? À gauche et indépendance. C’était tout naturel pour moi. J’en ai invité du beau monde sur ma tribune. L’ethnomusicologue Gérald Côté qui nous a pondu un superbe texte intitulé Vide de stars, la docteur en art communautaire Dominique Malacort qui nous a causé d’une forme de résistance méconnue et le philosophe François Doyon qui, à trois reprises, est venu donner du scalpel. Avec permission, j’ai associé mes dessins sur la CAQ à des textes décapants de Steve e Fortin. Du fond de ma campagne, je pensais être dans une sorte de famille. Mais force est de constater que ça n’a pas gueulé fort quand Mosti m’a censuré puis viré. Le soutien est venu d’ailleurs. D’André Parizeau et du PCQ, de Roméo Bouchard, de Steve e Fortin, de Jérôme Blanchet-Gravel et de Vigile. Merci à ceux là.

PaulClichePreuve de notre insignifiance médiatique, la chose est passée relativement inaperçue chez nos héros de la liberté d’expression, ce qui remet les pendules à l’heure (et l’égo à sa place). Djemila Benhabib n’en a pas fait tout un cinéma. Normand Baillargeon n’en a pas profité pour philosopher. Le preux Bock Côté n’a pas dégainé ses verbes. Martineau n’a même pas saisi l’occasion pour rire de la gauche. Et Lisée? S’est-il dissocié de mes «immondices» comme le réclamait Paul Cliche? Eh ben non! Papi Cliche me voyait pas mal plus gros que je ne l’étais… Il peut être fier l’autobiographié : je suis licencié et plutôt que de donner des claques à la CAQ et que de botter le cul du PLQ, je réponds aux hostilités de la meute régressive. Qu’est-ce qu’on rigole quand les grosses stars de QS écrasent les petits merdeux de mon acabit! Mais trêve de plaisanterie… Je parle du père Cliche mais qu’en est-il de tous les autres beuglards qui sont tombés sur le lard du pauvre petit Castro d’arrondissement Montréalais. Qui sont-ils? Zanetti en est-il? A-t-il pleuré quand il s’est vu chié par Gabriel Weasel? S’est-il plutôt questionné sur le sous-entendu? Silver Fox m’a-t-elle fait l’honneur de se plaindre au petit Mao vêtu de son t-shirt «Corsica libera»? On imagine son calvaire au pauvre petit révolutionnaire de pacotilles, déjà qu’il n’était pas chaud de m’avoir sur les bras… Pas d’illusions camarades, jamais celui là n’ira nous raconter tout ça publiquement. On ne saura jamais. Ça restera dans son safe space.

Dali Awada aprilus copieLa mise en marché de la satire politique

J’ai exécré Facebook depuis le jour où, à reculons, j’y ai mis les pieds. Dans cet univers, je suis mésadapté et je multiplie les gaffes. Toujours refusé de leur payer une job de promo. Je trouve insupportable la façon dont cet hydre trie sur le volet les infos qui circulent sur mon mur. J’haïs ça me faire cartographier le cerveau par leurs algorithmes de marde. Je vomis le quasi-systématique basculement dans l’insulte des échanges qu’on y tient dès que les opinions divergent. Sur Facebook on perd notre sens du civisme. On ne se voit plus entre humains. Des gars comme Roméo Bouchard se font insulter par des petits crisses d’analphabètes politiques. Alors quand on me dit qu’en tant qu’artiste, il faut savoir se mettre en scène sur les réseaux sociaux, ça m’énerve. On en est là, c’est rendu incontournable. Au delà de ce constat, le stuff satirique, politique et indépendantiste à tendance anarchiste se heurtera toujours à nombre de murs. J’en ai déjà cogné quelques uns. Car faut pas croire que j’ai pas essayé. On pourrait écrire une foutue thèse là-dessus. Ça te tentes-tu Dominique Malacort?

Je reconnais que le Québec n’est pas une terre accueillante pour le dessin satirique, notamment celui hérité des fondateurs d’Hara Kiri.

Là-dessus, Bourgeois a raison. Sur pellicules, on a eu les Gratton et les Bougon. On a bien quelques humoristes incisifs. Mononc’ Serge s’aventure parfois en musique dans ces eaux troubles. Mais côté illustration, nous sommes anémiques en la matière. Aprilus est-il le gars qui changera la donne? Impossible. Faire ma promo, c’est comme remplir un rapport d’impôt, ça m’écœure profondément. Cette inaptitude fait parti du package. Même accompagné d’un camarade apprenti-gérant, l’expérience s’est soldée avec le vol d’un concept de mon cru, par un éditeur bien gros. En mode séduction, on rampe et on fait le beau. Les gros sales, bien rodés au jeu, en profitent. Ils pillent, placent leurs proches et roulent des mécaniques si on a le malheur de s’insurger trop fort. Claude Robinson connaît la chanson. J’y ai dansé aussi.

Et puis des fois, on désespère un peu. On se sent inutile, tout simplement. On essaie de pas trop le montrer, pour ne pas décourager les potes, ceux qui se bagarrent encore. Au Québec, le courage, s’il vient à descendre sous le seuil viable, il nous viendra peut-être d’ailleurs…

« Entre ces peuples meurtris, sans États et parfois invisibles, existe une fraternité réelle. Je crois que le Québec peut donner de l’espoir aux Kabyles, car il a survécu à la Conquête. Mais peut-être que les Kabyles peuvent aussi apprendre le courage aux Québécois qui en manquent parfois. » – Karim Akouche

«Celui qui veut améliorer son sort (…) doit soulever la poussière avec ses pieds au lieu de la garder collée à son derrière.» – Boucar Diouf

Marchepied aprilus censure

Ce qui titille mon crayon…

membership QS aprilus censureL’idée de gribouiller Québec «l’imprenable» me chatouille. J’en suis de Québec. De la banlieue dortoir déculturisée comme disait Falardeau (La liberté n’est pas une marque de yogourt). Mais la bonne chose, c’était la forêt qui bordait notre maquette banlieusarde. La réserve d’eau potable de Beauport, les étangs gorgées de vie, les couleuvres, les tritons, etc. Ça m’a filé un coup de pouce. Ça m’a évité de trop m’intéresser aux tas de tôles sur roues et autres choses futiles. Québec donc. Pourquoi certains de mes amis d’enfance, des gars qui ont grandi dans le bois, des types sensibles à la nature, des pères avec le coeur sur la main, pourquoi annônent-ils aujourd’hui tout l’arsenal idéologique débile des radios poubelles? On causait du fameux tramway l’autre jour, des vieux chums et moi. J’en suis reparti boulversé. À la shop, forcément, quand on te farci l’encéphale de ces conneries radiophoniques à longueur de journée et qu’en plus, la vie te fait pas de cadeaux, eh ben tu finis par vomir ces saletés à qui mieux mieux. C’est pas marrant comme situation. J’aimerais poser un geste à ce niveau. Faire des dessins là-dessus.

J’aimerais aussi produire une série intitulée – un peu ironiquement – «sagesse rurale» inspirée par les gens d’ici, au Bas-St-Laurent. Les «ruraux». M’intéresser au monde que les politiciens qualifient d’ordinaire. Faire comme Reiser. Lâcher les politicards et me pencher sur la plèbe, pour le meilleur et pour le pire. Car c’est pas toujours joli au sein de la populace. Mais je peux vous dire que les matantes qui servent les cafés pisse-d’âne au Temiscouata, elles ont les yeux qui brillent et de l’amour à revendre. Ça c’est beau. Et aussi, ce brave gars qui travaille au Pétro-Canada de Rivière-du-Loup, celui qui essaie toujours de nous refourguer des billets de loterie et des palettes de chocolat passées date en usant d’un imparable humour…

Couillard parasites aprilus censure
Peut-on être trop dur avec Philippe Couillard dans un Journal comme Le Québécois? La réponse est oui. Cette caricature a également été visée par la censure. Couillard, une sorte de petit Jérémy fédéraliste? Bullshit!

Aprilus s’éternise et remet un oscar

QS exposure aprilus censureJe ferai du ménage sur Aprilus.com. Alors que j’étais au Québécois, je ne m’en souciais plus guère. À l’occasion, j’y archivais du matériel. C’était au cas où!!! Les vieilleries qui s’y trouvent me font un peu honte. C’est là que je vois que je n’ai pas fait du surplace depuis l’époque du Journal Ensemble. Mon trait est plus agile, je surcharge moins. Chez Illustration Québec, ils m’ont dit : «style original, punché, lecture claire, a fait l’unanimité du jury».

Mais le plus important, c’est tous ces mots que j’ai reçus après m’être fait jeté. Ça vaut tout l’or du monde. Celui-là, l’extrait ci-dessous, c’est mon préféré. Rien que de savoir qu’une personne, au moins une, qui plus est, porte des ovaires – ma première expérience de censure m’ayant été assenée par des dindes se réclamant du féminisme – qu’une dame donc, ait saisi ce que j’espérais un jour pouvoir réaliser, eh ben juste pour ça, je suis comblé. Et qu’elle me le dise aussi joliment…

(…) Votre talent sera toujours de loin supérieur à vos censeurs (…) Ce que vous avez créé avec Dujardin tient du génie, rien de moins, tant vous visez dans le mille. Ne vous laissez pas démonter et ne déviez pas de votre route. Mon livre étant lui-même sous le coup de la censure,  je vous assure que cela confirme la pertinence et la valeur du travail en cause. Dans le contexte vicié actuel, c’est là la meilleure des confirmations! Merci et mille fois bravo pour votre art, vos traits et votre regard à nul autre pareil !

C’est justement l’absence de tout compromis dans l’expression de votre perception de la scène politique qui rend votre travail redoutable. Et ça prend rien de moins que du génie pour produire une œuvre aussi puissante. Le courage ne vous fait pas défaut. Et le matériel d’inspiration abonde dans notre médiocratie de vendus et de baise-la-piastre. Bien sûr, ce qui vous arrive est chiant. Je vous considère comme le meilleur illustrateur que nous avons eu au Québec. Le plus grand. Vous êtes unique. Vous accomplissez ce que devrait être le rôle-critique de tout artiste: l’impitoyabilité dans le regard porté sur la société. Ce que vous faites à merveille. C’est dire à quel point le potentiel de l’art est puissant dès lors qu’il emprunte les voies de la résistance. – Suzanne Bousquet, auteure « déviante » mise à l’index.

Aprilus scelle (encore) son sort

Ce qui est ironique, c’est que je comptais me retirer tranquillement après mon article sur Legault. Je rêve souvent de me déconnecter. Ma famille en serait ravie. Mes abeilles, mon potager, le vent… Je vais probablement m’offrir une cure estivale et ensuite, on verra. Peut-être que les élections me mettront le feu. En attendant, je vous boucle prochainement cet article sur Legault (il sera peut-être moins étoffé que prévu car pour être franc, en ce moment, je sature un peu) et je vous filerai toutes les pointes de Brie (faites à partir des aphorismes du prénommé Albert).

Salutations!

 

Celui qui nourrit les loups

Aprilus met la table

Une job à quatre mains avec Philippe Dujardin. Voici donc un hommage corrosif dédié à Philippe Couillard que les stratèges du PLQ tentent nous faire passer pour un papi affable, un brave nounours bienveillant et rassembleur. Nous souhaitons également un électrochoc à cet électorat que le principal intéressé considère comme à jamais acquis. La prochaine salve de notre duo s’intéressera au marchepied de cette véritable tumeur sociale, à savoir QS.

 

Celui qui nourrit les loups

– Un texte de Philippe Dujardin –

Depuis 4 ans, avec son apathie habituelle, notre premier sinistre Couillard a charcuté le tissus social québécois. Ce marabout du mercantilisme au brutal esprit comptable a coupé en éducation, en santé, mais aussi dans les services communautaires, les programmes sociaux, afin d’imposer son austérité.

Ce charognard miteux a imposé de nouvelles taxes, en a augmenté d’autres, laissé Hydro monter les tarifs d’électricité, coupé des aides de l’état, avec pour résultat d’aggraver la situation des citoyens les plus précarisés.

Ce dépravé de l’extrême-droite économique a pavé la voie aux privatisations, affaiblissant le système public. Il a aussi favorisé la compagnie Uber au détriment des chauffeurs de taxis qui sont, dans la grande région de Montréal, originaires à plus de 90% des communautés culturelles.

Les sous-catégories de la population les plus affectées par ces mesures ont été les personnes âgées et celles en perte d’autonomie, mais surtout celles des quartiers défavorisés de Montréal, lesquelles sont composées principalement de gens issus de l’immigration.

Cela ne l’a pas empêché d’augmenter les quotas d’immigrants économiques, sans pour autant améliorer la reconnaissance des diplômes et qualifications, sans pour autant leur assurer une meilleure intégration au marché de l’emploi. Chaque nouvelle vague va s’entasser dans les mêmes quartiers défavorisés, concentrés à Montréal, et devra se trouver une job dans les pires conditions, accepter l’inacceptable, et cela fragilisera encore plus les travailleurs des vagues précédentes arrivant péniblement à se faire une place au sein de notre société. Ces derniers devront alors entrer en concurrence avec les nouveaux arrivants.

Ce sadique, sous ses airs de nounours, ne laisse d’autre choix à ces nouveaux arrivants que de se retourner vers leur communauté pour chercher de l’aide, du soutien, de l’espoir, un emploi, etc. Et c’est là que les attendent les chefs de bande et autres dealers de malheurs. Ces exploiteurs, vendeurs de sommeils, refilant des job au rabais, n’auront aucun scrupule à profiter de leurs semblables en détresse, de les presser jusqu’à la dernière goutte. C’est dans ce terroir que se cachent les prédicateurs et les enrôleurs de l’extrême-droite religieuse, toujours à l’affût d’un miséreux pour lui porter secours, en échange de quelques bigoteries identitaires. C’est la naissance des ghettos communautaires qui participeront à alimenter les préjugés, les peurs et ressentiments des Québécois.

Couillard, et ses amis du patronat et des chambres de commerce, s’en foutent. Ils aiment ces immigrants dociles et facilement exploitables, ne connaissant ni les lois, ni les règles, ni les prix, ni la culture du pays et ne se syndicalisant pas ou peu. C’est tellement plus simple pour faire fructifier le dollars sur le dos des malheureux courbant le dos en silence, résignés, soumis aux discours de peur : « Attention aux Québécois, ils sont racistes, ils ne veulent pas vous embaucher, c’est pour cela que vous avez de la misère et que la vie est dure, c’est systémique, ils ne vous aiment pas, ne vous acceptent pas, méfiez-vous. »

Cette ordure a polarisé le Québec en deux factions sur des sujets émotifs en accusant le Parti Québécois d’être responsable de l’augmentation de l’intolérance et la CAQ de souffler sur les braises de l’intolérance.

Depuis 4 ans avec des sorties incendiaires, dangereuses, irresponsables, il aggrave les clivages, creuse le fossé entre les communautés du Québec, consolide le repli des uns envers les autres. Qu’importe, du moment que les Québécois ne s’unissent jamais contre son parti, ni contre la fédération canadienne. Ce boucher divise, dissèque, démembre la société québécoise, à la manière d’un pervers.

Calculateur, il a refusé de légiférer sur le consensus autour des recommandations de Bouchard Taylor, malgré les concessions du PQ et de la CAQ, et l’appui de QS. Au contraire, prétendant que la neutralité de l’état n’était pas un enjeu au Québec, il a laissé se dégrader une situation, qui deviendra encore plus émotive et explosive. Or, comme l’avançait Gérard Bouchard, un chef d’état prévoyant légifère avant d’avoir un problème sur les bras. Nenni, notre Couillon n’a pas plus utilisé les instruments de l’état québécois pour lutter contre la discrimination. Il nous a plutôt pondu un plan foireux intitulé projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État, lequel n’a fait que rendre la situation encore plus confuse et inextricable, tout en remisant dans le néant les principes de laïcité.

Tout ce que cet autoproclamé bon père de famille (famille se référant ici au peuple québécois) a su faire, c’est politiser et instrumentaliser la tuerie de Québec, faisant fi de son devoir de réserve en la déclarant acte terroriste avant toute enquête. L’ignominie a atteint son paroxysme lorsque papa ours a tenu le parti québécois pour responsable en évoquant des événements malheureux (comprendre a charte des valeurs) ayant mené à une augmentation de la haine. «Des chiffons identitaires» qu’aurait agité le PQ». Lorsqu’un rabbin a comparé la charte des valeurs à la Shoah, affirmant préférer la mort que d’enlever sa kippa, Couillard et Jean-Marc Fournier s’étaient levés et avaient applaudi frénétiquement.

Ce dépravé va jusqu’à « choisir son camp » quand il apprend que des groupes violents antifas s’en prennent à des citoyens dans les manifestations, au nom de la lutte au racisme dira-t-il.

Tout cela a participé à créer en réaction, un bloc identitaire réactionnaire à ses discours et politiques. Des Québécois se sentant abandonnés par leur propre gouvernement, traités comme une minorité de parasites, d’étrangers devant baisser le front dans leur propre pays, se sont réunis en meutes.

Qui se nourrit de cette putréfaction sociale ?

 Ce coprophage aux discours odieux, jouant sur les peurs et les ressentiments, ne fait qu’aggraver la haine et l’apparition de meutes religieuses, de meutes réactionnaires, se réfugiant auprès de ceux qui leur ressemblent.

Du ventre fécond de la bête surgissent aussi des vers solitaires, qui dans une symbiose mortifère, participent à saper la paix sociale.

Cette pourriture de neurochirurgien, cruel, cynique, calculateur, implacable, jouant avec le système nerveux de notre société, n’arrêtera que lorsqu’il aura mis le Québec à sa botte. Alors tel un Néron, il préféra le voir pris dans les flammes, pendant qu’il continuera de jouer de sa lyre en entonnant encore son chant austère à la gloire du Canada et du spectacle de la marchandise.

 

 

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La pelure de banane

À l’adresse des sept nabots démissionnaires : même si Martine Ouellet s’avérait aussi insupportable que ce que vous nous tartinez, larmoyants, à largeurs d’écrans, vous aviez le devoir de prendre votre trou. Huit mois au moins, le temps que passent les élections, ça n’aurait pas été grand chose. À ce que je sache, vous n’étiez pas en train de croupir dans un mouroir à ciel ouvert comme les Syriens. Alors que le Parti Québécois retrousse les manches (Québec Solitaire s’en tenant à câller des pétitions) et que pointent des élections capitales pour le mouvement indépendantiste, alors que des tas de travailleurs ordinaires subissent eux-mêmes des conditions difficilement supportables, la décence s’impose.

On est bien loin de l’abnégation de Parizeau. Ça suffit les conneries!

Pour se faire une tête sur les magouilles de l’ombre derrière cette affaire (notamment le cas de Duceppe), sur les fausses contradictions quant aux missions du Bloc ainsi que sur l’avenir de ce dernier, je recommande les récents textes de Patrick Bourgeois – Une cabale odieuse – et de Benoit Arcand – Est-ce la fin du Bloc Québécois?

Legault Bismol

Aprilus met la table

 

Cette fin de semaine, à la lumière d’un sondage Léger-Le Devoir, Michel David relevait que la population tend actuellement à attribuer à Legault et à la CAQ des vertus qu’ils n’ont pas. C’est le moins que l’on puisse dire! En pareille situation, on peut s’attendre à ce que les multiculturâleux de QS, avec leur compassion de missionnaires à la con, leur manie d’asepsie individualiste et leur foutu fantasme d’un Québec orange citrouille, étalent à nouveau leur incapacité à prendre le recul qui s’impose. Pour ouvrir le dialogue avec cette plèbe qu’ils affublent régulièrement des pires ignominies, ils sont vraiment, mais vraiment, mal barrés. Comme l’étaient tous ces donneurs de leçons yankees, prétendument de gauche, qui se sont réveillés un bon matin avec une merguez blonde, joufflue et vociférante à la présidence. De toute façon, les quelques confettis de cette pseudo-gauche seront trop occupés dans la métropole à tenter de ravir des votes au vilain PQ, à leurs yeux, l’incarnation absolue du mal. Le tout sous le feu de projecteurs avides. Quand on dit d’eux qu’ils sont le «marchepied du pire» et ben, c’est ça. Et moi, excédé par ces vecteurs du pire, j’en oublie parfois ce qui nous pend au nez, à savoir LE PIRE. Pour planter le décors autour de mon dessin de Legault-Bismol, j’ai eu envie de remettre en circulation ces articles fort éclairants de mon ami STEVE FORTIN.

 

Travailler 60h par semaine? Non merci!

Publié le 26 janvier 2018

 

Simon-Jolin-Barrette, ce jeune député de la CAQ, souhaite que nous développions la même fierté que les Américains, qui s’enorgueillissent de travailler plus de 60 heures par semaine…

Simon Jolin-Barrette fait un excellent Poster boy du Conseil du patronat et autres idéologues de l’hyper-productivité et du capitalisme effréné… Son collègue caquiste Youri Chassin doit mouiller dans son froc.

Quand j’observe le monde autour de moi, l’état du monde en général, de la planète sur laquelle nous sommes condamnés à vivre, il m’apparait de façon indiscutable que ce qui presse le plus ce n’est pas de travailler plus pour consommer plus et engranger plus pour consommer plus lors d’une très hypothétique retraite que des idéologues comme Jolin- Barrette souhaiteraient qu’elle soit le proche possible de la mort…

Non.

Ce qui presse le plus, et ce dont je suis très fier, c’est de ralentir la cadence. De travailler mieux, de travailler plus intelligemment, en consommant moins, en jetant moins. Le plus pressant c’est de nous acquitter de l’essentiel et de penser à l’essentiel.

Ma plus grande fierté professionnelle, c’est de réussir à concilier le travail (que j’aime) et ma vie familiale (la chose que j’aime le plus). Je suis là au réveil des enfants, quand ils prennent l’autobus. Je les attends après l’école, je suis témoin de leur apprentissage, je constate avec émerveillement, les progrès de lecture de ma cadette, comme j’ai pu le faire de mon aînée. La plus belle chose qui soit, de voir, de m’émerveiller de la croissance de mes enfants.

Non Simon Jolin-Barrette – Député de Borduas je ne veux rien savoir de travailler plus, de manquer les cours de gymnastique de mes filles pour « avoir la fierté de travailler 60h par semaine », les sociétés du futur, résolument tournées vers ce qui est le mieux pour notre descendance, ralentissent la cadence, investissent dans le savoir, dans l’intelligence, prévoient le changement de nos structures économiques et de l’organisation du travail, ouvrent grande la porte à la fin de l’organisation conventionnelle du travail et délocalisent leurs employés pour leur permettre de travailler de la maison quand c’est possible et misent sur l’organisation du travail comme UNE DES COMPOSANTES de la vie professionnelle, mais pas la plus importante, les organisations du futur placent la conciliation du travail avec la vie familiale comme l’élément le plus important, justement, pour que nous puissions passer moins de temps à « travailler » et plus de temps à nous épanouir, notamment, en redéfinissant le rôle du père, que l’on veut moins « pourvoyeur » et plus actant de la vie familiale, à plein temps.

Cette idéologie est tellement dépassée. mais elle s’inscrit parfaitement dans le cadre du programme d’un parti qui cherche, justement, à démanteler les CPE… On est là dedans. Que c’est pitoyable…

Scridb filter

La CAQ choisit le camp de la droite fiscale radicale…

Publié le 10 janvier 2018

 

Faudra cesser de dire « Coalition avenir Québec ». Car ce parti n’a plus rien d’une coalition; loin s’en faut. Si, lors du lancement de son parti politique, François Legault aimait s’enorgueillir que son « mouvement » dépassait le vieux clivage fédéraliste/indépendantiste – dans le sens de vieilles affaires qui ne sont pas les vraies affaires –, au moins dorénavant il n’y a plus de doute possible.

La CAQ est un parti de droite très, très fédéraliste. Et très, très à droite.

Tout au long de l’année, chaque parti ponctuera les semaines de différentes annonces à saveur électorale. Un des travers de l’élection à date fixe; la campagne est déjà bien lancée. Et aujourd’hui, Denis Lessard de La Presse révélait que la CAQ avait trouvé son « candidat économique », sa grosse pointure en la matière, sa caution électorale économique en quelque sorte.

Il s’agit d’un des porte-étendards de la droite fiscale la plus radicale au Québec, un fier représentant du think tank de droite qu’est l’Institut économique de Montréal, le chroniqueur Youri Chassin.

En réaction à la nouvelle, l’ex-ministre péquiste Camil Bouchard, l’un des instigateurs du réseau des CPE, y allait du commentaire suivant :

Capture d’écran 2018-03-19 à 14.10.45

En effet, on est ici dans ce que la droite produit de plus radical. On imagine sans difficulté Youri Chassin avec le parti conservateur du Québec d’Adrien Pouliot. La caution économique de la CAQ est un chantre de la privatisation des services publics et de la réduction de la taille de l’état.

Genre, l’état peau de chagrin.

Ce sera intéressant de voir comment François Legault répondra des prises de position passées de son candidat vedette-économique. Sur la privatisation en santé, sur la privatisation de la SAQ, la privatisation d’Hydro-Québec, la privatisation des prisons (bref, tout ce qui peut être privatisé et selon Chassin, la liste est très longue, voire même Postes Canada au fédéral) la fin de la gestion de l’offre en agriculture, ce à quoi on ajoutera les positions déjà affichées par la CAQ qui souhaite l’abolition des commissions scolaires, la fin des CPE, etc.

Si l’on taxe souvent Québec solidaire d’être l’incarnation de l’extrême-gauche – faut lire le programme pour s’en convaincre -, on pourra dorénavant dire de la CAQ qu’elle se situe aussi, par une telle candidature économique, dans la radicalité économique fiscale.

Car Youri Chassin a beaucoup publié. Voilà une candidature de très haut risque, un personnage polarisant, dont les prises de position radicales en matière de services publics, de fiscalité et d’économie seront étalées au grand jour par les adversaires politiques de la CAQ.

Et oublier tout nationalisme économique avec cet ancien collaborateur du conseil du patronat. C’est pas du tout le bon registre. Si Stéphane Gobeil a encore quelconque rôle à jouer à la CAQ, cela fera des discussions intéressantes entre lui, l’auteur du bouquin « Un gouvernement de trop », ce gouvernement étant l’état fédéral selon l’auteur, et Youri Chassin, dont les publications s’opposent radicalement à ce principe.

Voilà une candidature qui sera applaudie à tout rompre dans les radios parlées de Québec. Les Duhaime et Fillion de ce monde jubileront. Mais qu’en sera-t-il de la population en général?

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Steve Fortin – rédaction-web, journaliste pigiste, blogueur HuffPost Québec, chroniqueur à la radio, gribouilleur et fouineur des internet, a été publié à l’occasion, enseigne comme chargé de cours dans le domaine de la littérature et des communications.

 

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Fonds de tiroir (multiculturalisme & accommodements)

Note : Depuis la censure dont j’ai été l’objet, les nombreux dessins de cet articles devront être téléversés sur Aprilus.com et insérés à nouveau. Je suppose que le Journal Le Québécois a vidé sa corbeille et comme j’avais tout copié-collé, eh ben voilà. Ça viendra.

Pour vot’ bon plaisir mais aussi pour mettre mes tripes sur table, histoire de m’alléger enfin. Y’a du stock, faut prendre le temps de s’asseoir et peut-être d’y revenir. À lire et regarder comme on le faisait avant les écrans tactiles.

Au moment où les Libéraux et la gauche régressive, nous replongent dans le bourbier de l’éternel procès des québécois, je me débarrasse de tous ces invendables gribouillages. SI VOUS SAVIEZ LE POIDS QUE ÇA M’ENLÈVE! Initialement concoctés pour un bouquin avant les attentats contre Charlie Hebdo (et ceux qui immanquablement devaient suivre), on m’a laissé, de façon fort peu élégante, en plan avec ces œuvres mécréantes. J’en avais déjà laissé filtrer quelques-unes, ici dans le Journal Le Québécois, en expliquant ma démarche vociférant tant bien que mal, que je ne suis pas raciste, que je ne m’en prend qu’à des idéologies religieuses, pas à des races et que les caves, qu’ils soient fluorescents, albinos, translucides ou carottés, de gauche comme de droite, se valent tous. J’évoquais mon parcours et les raisons qui m’ont emmené à combattre les intrusions religieuses dans l’espace public étatique et dans les lieux de savoir que sont les écoles. Aujourd’hui, alors que visiblement nous nous enfoncerons encore dans des élections où ces enjeux seront à nouveau instrumentalisés, alors que des abrutis mal avisés et des analphabètes politiques déguisés en vikings ne manqueront pas d’aimer mes dessins pour les mauvaises raisons, je fais le ménage. Comme toujours, ces jambons nuisibles et les «inclusifs», ces petits inquisiteurs du multiculturalisme qui se prennent pour des progressistes, voire des anarchistes, se nourriront mutuellement au grand plaisir de politiciens pyromanes, de gauche comme de droite, pour l’essentiel, fédéralistes ou opportunistes. En livrant ces dessins, je tourne une page. Je sature de cette sensation d’immobilisme. Si vous aimez, avec le recul que ça exige, tant mieux.

Autrement, collègues crayonneux, camarades sensibles à la précarité des artistes insoumis, subversifs et incisifs, que vous adhériez ou non à mon propos, mon texte dit «facultatif», en bas de page, vous permettra de prendre du recul sur une injustice ordinaire affligeant trop souvent les pouilleux de mon genre. C’est pour vous que je mets mes tripes sur la table. Surtout les jeunes qui m’écrivent pour me demander conseil. Comme si j’arrivais à vivre du dessin satirique dans ce Québec si petit, isolé, polarisé, divisé, judiciarisé, parfois lobotomisé, honteux, rampant et qui, trop souvent, tape sur tout ce qui dépasse. Non, camarades, pas une cenne que je fais. Zéro. Nada. J’espère que ça secouera quelques neurones et surtout que ça vous aidera à protéger vos gueules.

À la revoyure, au compte-gouttes, sur d’autres thèmes, l’environnement, l’agriculture, l’indépendance, la catalane, la québécoise, encore et toujours. Des apparitions plus sporadiques pour ne pas péter au frette. La laïcité, c’est pas mon fond de commerce. J’y reviendrai certainement car ça m’interpelle à mort. Mais les étiquettes non merci. Je ne suis pas le dessinateur d’UNE cause. Dret’ là, j’ai surtout envie de lire des montagnes de livres et de remettre sur les rails mes projets agricoles (ce qui est assurément aussi hasardeux que l’illustration). Ah oui, désolé pour l’usage du «je». Ça fait parti de mon rite, de ma thérapie. Donc, pour les intéressés, c’est en bleu, en bas de page.

On va commencer par un dessin bien gras…

Le monde est rempli de stimulus. Dur dur de vivre dans un corps gorgé d’hormones, dans un monde où pullulent les phéromones. Comment certains croyants peuvent-ils s’infliger de tels régimes? On voit bien que les résultats ne sont pas toujours à la hauteurs des ambitions…

Les contraintes et rites que s’infligent les religieux sont malléables selon les circonstances et l’histoire nous le démontre facilement. Les exemples sont nombreux, je vous en présente trois ci-dessous. N’ayons pas peur de moquer le ridicule. Nous ne parlons que de dogmes religieux. Les idéologies religieuses peuvent être débattues et même combattues lorsqu’elles s’immiscent sournoisement dans l’espace public étatique, dans les CPE et les écoles.

Le bouddhisme codifié en religion, c’est pas forcément cool. J’en ai connu des sous-embranchements et des variantes patentées. Évidemment, dans le bouddhisme, on peut glaner des trucs sympathiques. N’empêche que, des fariboles jardinées sous des crânes de mâles chauves et vêtus de tissus enfumés d’encens, ça reste des fariboles. La prétendue infaillibilité omnisciente d’un gourou, qu’il soit monothéiste, polythéiste, bouddhiste, capitaliste ou communiste, c’est ridicule. La preuve, sa sainteté le Dalaï Lama déclarait que les victimes du Tsunami qui a frappé l’Indonésie en 2004 avaient simplement un mauvais karma. Si c’est pas con ça…

Ci-dessous, deux dessins que j’ai déjà partagé ici même. À gauche, celui avec l’étui pénien, j’ai bien l’impression qu’il a été repris ça et là, y compris chez Charlie. À droite, celui avec la fillette boule de quille, est basé sur une réelle demande montréalaise d’accommodement religieux. Jusqu’où les tenants du multiculturalisme oseront-ils aller? Devant qu’elles contradictions se buteront-ils encore? S’il n’y a que les cons qui ne reculent jamais, là je trouve qu’on patine dans le beurre en sacrement. Quinze ans que ça dure. Quand on regarde du côté de la Suisse, on a un autre tableau. Au nom de l’intégration sociale, les cours de natation mixtes dispensés à l’école priment sur l’intérêt privé (religieux) de certains parents à en exclure leurs filles. Et la cours Européenne des droits de l’homme vient tout juste de conforter cette politique. Récemment, toujours en Suisse, deux adolescents se sont fait remettre dans le rang par le Département de l’instruction public pour avoir refusé, appuyés en cela par leurs pieux géniteurs, de serrer la main de leur enseignante. Devant ces symptômes de l’Islam politique, quand il est question d’intégration et d’égalité homme-femme, PAS DE DISPENSE!

Ci-contre, en haut, un dessin de Mère Thérésa-David et Mahatma  Kadhir, fait pour Le Québécois. C’était avant l’arrivée de Massé et de ses vibrisses. Avant GND et ses chaussures vernies. Ces gens, probablement bien intentionnés, se révèlent nuisibles à notre marche vers la sécularisation et l’indépendance. Ils torpillent littéralement notre capacité à organiser le vivre ensemble et à intégrer nos immigrants en défendant un individualisme autrefois vilipendé à gauche. Au delà de cet aspect des plus irritant, j’écorche souvent Québec Solidaire pour avoir refusé de former une alliance électorale avec le Parti Québécois. Après pareille offense au bon sens, que ces usurpateurs du terme «solidaire» aient phagocyté Option Nationale n’est pas de nature à me réconforter. La tiédeur de Zanetti lorsqu’il s’agit de se positionner sur le multiculturalisme m’exaspère. D’ailleurs, Sol nous a déjà livré quelques sottises de tradition zinclusive sur ce sujet de discorde majeur et fratricide au Québec. Et puis, aller s’enfoncer dans un tel cloaque de bouffeurs de péquistes primaires… Ça donne envie de le disqualifier drette là. Non, patienter le temps d’un autre mandat de la grosse droite sale et fédéraliste, c’est vraiment beaucoup me demander. Ça me fout la haine. J’ai du mal à souscrire à l’optimisme posé de Pierre-Luc Bégin et de Patrick Bourgeois même si je sais pertinemment que c’est ce qui nous reste de mieux à faire.

Ci-dessus, également pour le Journal Le Québécois. Le poster boy était on the way, alors que mère Théresa-David préparait sa sortie. L’idée que la jeunesse, vecteur d’adaptabilité et de dynamisme dans un monde en mutation, puisse faire table rase des progrès réalisé par ses prédécesseurs m’est insupportable. Malheureusement, l’histoire nous rappelle sans cesse que rien n’est à jamais acquis. C’est ce qu’évoque aujourd’hui le discours de Nasser, ancien président de l’Égypte, à propos du voile et des Frères musulmans dans cette VIDÉO.  Aujourd’hui, la gauche régressive se targue d’être le refuge des jeunes en embrassant des positions rétrogrades, des procédés calomnieux et des stratagèmes électoralistes de vieux politicards. C’est une chose que je refuse d’admettre, d’autant plus qu’il existe encore des voix, à gauche, capables de cohérence. La gauche ce n’est pas eux.

Durant cette période, j’ai également dessiné et écrit un texte sur une initiative puant le machiavélisme (si on regarde le chemin emprunté ensuite par Nadeau Dubois) et idéologiquement biaisée, j’ai nommé la mal nommée «Faut qu’on se parle» : http://www.lequebecois.org/faut-quon-se-parle-vraiment/

Tout ce que je sais, aurait dit Socrate, c’est que je ne sais rien. Peu de gourous ont cette modestie devant les mystère de notre monde. Sur ce dessin, j’ai représenté un gourou chrétien orthodoxe. Eux, ces fonctionnaires de cet autre produit dérivé du christianisme, les gourous orthodoxes donc, mettent le paquet pour arborer des costumes à faire pâmer Bowie de jalousie.

Si la désobéissance civile québécoise se limitait aux entarteurs du genre de celui qui s’en est pris à Bock-Côté en janvier dernier, les cendres diluées de Gandhi s’agglutineraient d’effroi. Les dernières particules de Mandela, Luther King et Thoreau partiraient en quête d’un autre cosmos. Bové, le faucheur volontaire, en perdrait les poils de sa gauloise moustache. L’offense aurait été moindre, à la limite drôle, si elle n’avait été accompagnée des quolibets classiques de la gauche régressive. De ces redondantes accusations de xénophobie et de racisme émane un ignoble et tenace relent de buffet froid. Dessin fait pour Le Québécois.

Ricochet, Presse-toi à gauche, À Bâbord!, mêmes dérives. La petite presse torche-culs de gauche s’est vautrée de façon quasi-unanime dans le moule multiculturaliste régressif, trahissant ses luttes passées et nombre de militants progressistes dont je suis. Nous reste L’aut’ Journal. En France, Le Monde Diplomatique, Manière de Voir et peut-être Fakir.  À l’époque où je l’avais sous le coude, jamais je n’y ai décelé les âneries qui caractérisent nos canards miteux. L’orange reptile que vous avez sous les yeux, ci-dessus, fut exclusif au Journal Le Québécois. Il était accompagné de quelques autres illustrations et surtout, d’un texte du philosophe François Doyon qui, comme moi, a déjà collaboré au Magazine À Bâbord! pour s’y trouver marginalisé. Le lien est ici : À Bâbord! Les publireportages d’une gauche régressive urbaine.

Aujourd’hui, des abrutis répondent aux crayons à l’aide de kalachnikovs, de poignards, d’explosifs, de censure et de procès bâillons. Bien sûr, malgré ma relative invisibilité en tant que dessinateur, j’ai quelquefois flippé. Faut savoir que j’ai déjà été copieusement insulté et menacé après avoir dénoncé des intrusions créationnistes au sein d’une école publique où j’enseignais. Des trous-de-cul de la Bible Belt et de l’Alberta m’ont bombardé de pamphlets en papier glacé dont certains allaient jusqu’à détailler mes six premières journées en enfer. Bien au fait des exploits islamistes, j’ai donc bien mesuré les conséquences qu’aurait pu me valoir ce bouquin avorté. D’ailleurs, un dessin manque à ce vidage de tiroir. Comme il n’était pas forcément hyper-marrant, je me suis abstenu. En gros, c’était titré : blasphémez dans la tranquillité de vos chiottes. Sur un rouleau de papier cul figurait la face de Celui-dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom.

Voici deux œuvres à propos de l’obscurantisme à visée scientifique. Ces deux dessins ont déjà été partagé sur Le Journal Le Québécois. Ma sensibilité de biologiste et ma fascination pour l’évolution des espèces s’y expriment. L’évolution constitue pour moi le plus grand et le plus magnifique spectacle du monde. Un éminent biologiste et généticien affirmait d’ailleurs que…

Rien n’a de sens en biologie, si ce n’est à la lumière de l’évolution – Theodosius Dobzhansky

Et pourtant, cet indéniable FAIT est constamment soumis aux attaques d’analphabètes scientifiques se réclamant de fables aussi délirantes et controversées les unes que les autres. J’aime bien la légende au bas de mon défilé de primates, elle résume bien ce qui me fait sourire quand cognent à ma porte des témoins de Jéhovah…

Ci-contre, ce poisson à nageoires charnues, représentation personnelle d’un ancêtre des tétrapodes modernes, a déjà été publié sur le site. C’était le printemps dernier. J’ai ruminé cette idée de dessin depuis le congrès Athées sans frontières de 2011 à Montréal. Un conférencier Canadien y racontait avoir ironiquement collé sur sa voiture un petit symbole chrétien, l’ichtyus, mais avec des pattes évoquant l’évolution des espèces. Offensés, des chrétiens plutôt crétins ont cru bon vandaliser sa voiture. Voilà pour l’inspiration. À ce même congrès, j’ai rencontré de nombreux américains pour qui révéler leur athéisme fut vécu comme une véritable sortie du placard, avec toute la purée que ça implique.

Ceci étant dit, l’athéophobie étasunienne est bien douce en comparaison de ses penchants indonésiens, libyens, mauritaniens, iraniens, malaisiens, égyptiens, soudanais et de nombre d’autres pays où les interprétations radicales de l’Islam dominent… Je vous laisse imaginer la sordide créativité des sbires de ces régimes obscurantistes.

Autre sujet. Les mariages forcés de fillettes à des vieux tordus libidineux existent. Parfois le marié est, lui aussi, un gamin. La religion constitue un alibi plutôt commode pour cette pratique qui relève souvent de la pauvreté.

Ah, les écoles confessionnelles du Québec! J’en connaît des profs qui ont œuvré dans des contextes indéniablement obscurantistes subventionnés par l’État. Achalant et irrationnel. De la pure maltraitance.

Je l’aime bien celui-là, ci-dessous, à gauche. Je l’ai bricolé pour Le Québécois, sachant que finalement le livre n’adviendrait pas. Il exprime le mépris que portent les gourous monothéistes à la sexualité et au corps, lesquels sont dépeints comme la chose la plus hideuse qui soit. Le monstre a été fait en 95 à l’huile sur canevas au bord d’une rivière albertaine! Je bossais dans un restaurant des Rocheuses canayennes. J’y ai même suivi le dernier référendum. Sale moment! À droite, toujours la haine monothéiste des jeux de l’amour. La détestation d’un des plaisirs les plus élémentaires que puisse nous procurer notre brève existence. Faut vraiment être frustré ou dérangé de l’encéphale pour tenter d’imposer pareille balivernes.

Ci-contre, en haut, Mère Thérèsa-David rayonnante devant Couillard, son improbable allié, à l’époque où elle était reine de la gauche régressive. Je sourcille toujours lorsque son nom ressort quand on évoque les femmes s’étant le plus illustrées au Québec. Depuis Option Citoyenne, David a toujours transpiré l’indépendantisme mou en reléguant la liberté aux calendes grecques. Pour moi, elle incarne une gauche fade de missionnaires condescendants. Est p’têt ben fine en privée, c’est sûrement super cool de manger une platée de lentilles avec elle et de voir luire ses yeux de musaraigne à la lueur d’une chandelle, mais force est de constater que tous ses bons coups furent ternis par le zèle de ses envolées multiculturalistes et par l’évidente mollesse de ses convictions indépendantistes. Khadir, son «co-porte-parole» de l’époque, est un tantinet plus sincère pour ce qui est de briser les chaînes qui nous lient au Canada. Cet admirateur de Gandhi qui lui, en son temps, avait pris la mesure de ce que perdaient les indiens à se disperser, a visiblement pris acte de la leçon catalane en appuyant un rapprochement électoral avec le PQ. Malheureusement, comme la mère David, il nous rabâche inlassablement les oreilles d’inclusiveries culpabilisantes coupées de la populace. Et la relève d’entonner les mêmes refrains contre vents et marées.

Le roi de la discorde c’est, sans conteste, Couillard… Ci-contre, le multiculturalisme à l’œuvre. Chacun pour sa paroisse, à tirer la couverte de son bord. Au yable le collectif. Les francophones regardent ailleurs, trop occupés à s’entre-déchirer pendant que l’auto-proclamé «bon père de famille» se dilate la rate en veillant à bien alimenter la zizanie. Tiens, après coup ça me fait penser à cet album d’Astérix, La Zizanie

«À mon humble avis, le problème du PLQ n’est pas seulement dans le message, mais aussi dans le messager qui en est chef. Et le problème du messager, c’est qu’une grande partie de la population ne se sent plus fière d’être québécoise et francophone dans son regard.» Boucar Diouf

La gauche régressive et le PLQ préfèrent défendre d’intolérantes idéologies colportées avec zèle par une minorité de croyants prosélytes et bruyants, plutôt que de condamner (entre autres) l’homophobie que sous-tendent leurs interprétations religieuses. Avaliser indirectement des archaïsmes plutôt que de les baliser…

Assassiné en 2015 par des paumés devenus djihadistes, Charb demeure, à mon humble avis, le meilleur dessinateur satirique de sa génération. Il faut relire ses fatwas, redécouvrir son incisif coup de crayon et ses ignobles personnages jaunes pisse. Un maître de la satire! Avant que ce présent projet de livre n’avorte, on m’avait demandé mon avis quant à sa préface. Il s’agissait de choisir entre Charb et Plantu. J’optais évidement pour Charb, pour sa droiture, son courage et son registre d’humour bien plus audacieux et baveux que celui de Plantu. Stéphane Charbonnier, dépourvu du moindre tabou, est un digne héritier de Reiser mon maître, même si ce dernier rechignait à représenter politiciens et personnalités publiques (hormis Franco). Cette habileté à croquer les gens ordinaires était la grande originalité du père du Gros Dégueulasse.

J’ai toujours trouvé ridicules les fringues de gourous. Leurs tenues sont plus délirantes que ce que portent les plus excentriques des rock stars. Et les papes cathos sont particulièrement forts! Un jour, alors que je bossais au Nord, chez les Cris, mon frère m’a envoyé par la poste des photos des funérailles du pape Jean-Paul II. Les images étaient saisissantes. Ciboire que j’ai ri! Le pape Jipi Two a été empaillé et envoyé au compostage dans des atours de haute voltige. Petites godasses d’Aladin, casque de bigoudène, costume de carpe koï…

Ci-dessous, à gauche, la sordide parade des multiculturalistes. À l’époque Mulcair était encore aux commandes du NPD. Sur le dessin de droite, la UNE du second et dernier numéro de la seule revue satirique Québécoise depuis CROC, Le Taon. On y célébrait le flushage d’Harper lors des dernières élections fédérales. Le Taon fut une belle tentative. Avec du bon monde qui, évidement, travaillait pour pas un rond.

Quelques mots sur les années Harper :

Les Jesus freaks avaient eu du mal à digérer l’institutionnalisation des mariages gays. L’arrivée au pouvoir d’Harper les rassura : il mit en œuvre une stratégie lui assurant l’allégeance d’une base religieuse organisée. Dès lors, les born again affluèrent vers leurs élus évangélistes et les tribunes du Parlement se garnissaient d’illuminés menant des offensives de prières. Convaincus de l’imminence de l’Apocalypse et que le Canada y jouera un rôle prescrit par les Écritures (en 2006, l’horloge de la Tour du Parlement s’est «miraculeusement» arrêtée à 7h28, une allusion au Psaume 72:8) ces crétins s’affairent d’avantage à sauver des âmes pour la moisson finale qu’à lutter contre les changements climatiques. Les incontournables : offensives pro-vie, moralisation artistique, retour des femme à la maison, obscurantisme, etc. Et, puisque, selon la prophétie, Israël jouera un rôle capital au second avènement, ce belliqueux «Bush bis» assuma un virage pro-Israélien et éroda allègrement l’image pacifiste qui caractérisait le pays. En 2010, malgré les flacons de sirop d’érable offerts aux ambassadeurs présents au moment du vote, ce virage coûta au Canada un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Accepter que l’on puisse faire ce qui nous plaît de nos gonades entre adultes consentants, c’est trop demander aux tordus qui runnent les grandes sectes à succès. Dans sont Traité d’athéologie, Michel Onfray a bien décortiqué le pourquoi de cette fixation chez les chrétiens. Toujours est-il qu’en France, quand Hollande a voulu faire passer le mariage pour tous, les cathos intégristes ont fait un boucan qui en a étonné plus d’un au Québec.

Circulez, y’a rien à voir. L’Islam n’est que bonté, amour et paix! Eh ben non! Gauche islamophile tu te plantes! Dans le coran, s’il y a bien quelques sourates invitant à l’amour et à la miséricorde, le ratio est en faveur de celles qui vont dans le sens contraire. Les passages belliqueux dominent, validant l’inégalité femmes-hommes, l’homophobie, l’antisémitisme, la haine des incroyants et des non-musulmans. Nombreux sont les passages légitimant le recours à la violence. Le curriculum vitae du prophète n’est pas vraiment reluisant. Alors, on fait quoi? On vit dans le dénis? Est-ce xénophobe que de relever les inaptitudes sociales qu’encouragent les religions? Je me demande par quel miracle une société ayant déserté les églises comme la nôtre a pu s’enfoncer dans de telles chicanes plutôt que d’assumer une singularité qui, justement, la prédisposait à bien accueillir et intégrer ses immigrants. Ils sont malins nos ennemis.

Ne pas vouloir se plier à ce rite, le ramadan, en bien des endroits, peut vous valoir un lot de problèmes. Est-ce xénophobe d’en faire des caricatures? Crier au blasphème et à l’islamophobie pour si peu c’est encourager les interprétations les plus obscures et autoritaires de l’islam, c’est nuire à l’épanouissement de lectures plus compatibles à notre société, c’est prendre nos compatriotes de culture arabe pour des cons monolithiques, c’est cracher sur ceux qui, sous d’autres latitudes, luttent avec courage.

Celui-là, avec les caves,  s’est glissé dans les pages d’À Bâbord! Étonnant que le comité de rédaction n’ait pas rogné la partie de gauche, avec les gourous. Têtus, ils refusent obstinément de prendre acte du fiasco multiculturaliste anglo-saxon et des erreurs de nos cousins français. Je pense notamment à l’effet catalyseur dans la montée du FN (et de son vieux fond bel et bien xénophobe) qu’ont rendu possible les stratagèmes de division de la droite menés par le Parti Socialiste de Mitterrand. Idem pour l’abandon de La Défense de la laïcité par les mouvements antiracistes français. La p’tite presse urbaine de gôche, grossièrement partisane de la p’tite gôche politicienne urbaine, encourage les mêmes bévues et méprise la plèbe jugée vulgaire, ignare et raciste. Repliés sur eux-mêmes, ils font le lit de la droite en lui garantissant le pouvoir. Ce sont, avec les gourous obscurantistes et les fachos de base, des caves. Et c’est peu de le dire car ce sont eux, au milieu avec le PLQ, qui nourrissent ces deux extrêmes.

Le cours d’ECR est une intrusion multiculturaliste dépourvu de recul historique et de regard critique. Négligeant l’athéisme et l’agnosticisme, il invite les jeunes à passer au buffet, suggérant, pour l’occasion, qu’il s’agit-là d’une quasi-nécessité. Les dérives religieuses qui ont ponctué le parcours de l’humanité y sont outrageusement négligées. Décidément, on aurait pu faire mieux, pour nos mioches, que ce foutu cours. Des pistes? Je ne peux que vous recommander (encore) ce magnifique ouvrage publié sous la direction du Daniel Baril et de Normand Baillargeon : La face cachée du cours Éthique et culture religieuse.

Seule une école laïque est en mesure de remplir sa fonction d’intégration sociale des enfants de toutes origines, indépendamment de leur culture ou de leur religion. Nadia El-Mabrouk

En 2014 le vice-premier ministre Turc y allait de cette déclaration délirante. Puisse la peste noire bouffer le cul de ce grotesque fossile vivant.

À priori, c’est pas nos lanternes les plus éblouissantes qui quittent pour la Syrie. Mais coudonc, ça se pourrait tu qu’les tensions entretenues par les ennemis de la (mal nommée et politiquement instrumentalisée) Charte du PQ aient contribué à nourrir le sentiment d’exclusion de ces pauvres bougres. Est-ce vraiment au PQ de porter à lui seul l’odieux de la situation? Ah, c’est depuis la Charte, la foutue charte, la Charte à Drainville, la Charte raciste, la Charte de la honte, la catho-laïcité… Et si la gauche avait défendu les avancées de notre sécularisation collective, même modestes (à savoir que le crucifix de l’Assemblée Nationale, entre autres choses, n’était qu’en sursis), au lieu de s’acharner à flageller le peuple québécois d’anathèmes ignominieux. Comment un citoyen issu de l’immigration peut-il intégrer une Nation dominée qui ne cesse de s’excuser d’exister? Franchement, aller faire le zouave en Syrie, plutôt que d’épouser notre lutte de libération nationale! QS et le PLQ encouragent le communautarisme et le repli sur soi. Ils contribuent au mal-être des djihadistes du dimanche.

Quinze ans après ce débat sur le kirpan qui a enflammé le Québec, le NPD vient de couronner un rigolo trimballant son p’tit kit religieux. Un bonimenteur orange au CV garni d’âneries multiculturalistes. Un hipster sikh qui s’est illustré par sa verve à défendre les accommodement religieux, en particuliers ceux qui concernent sa propre communauté. Pour séduire le Québec, ce charmeur de serpents affirme aujourd’hui renoncer à s’opposer ouvertement à ce que le Québec débatte de la place des signes religieux… Il n’aura qu’à s’en remettre à la Charte Canadienne de papa Trudeau le moment venu. On voit rapidement poindre les limites de l’ouverture de la gauche molle fédéraliste.

Les enfants ont besoin d’un visage pour décoder les signes élémentaires de l’expression humaine. Si la face d’une éducatrice se planque sitôt que pointe une barbe, le message envoyé est celui de la subordination de la femme. Toujours les femmes, avec leurs foutus appâts… Et ces hommes aux ingérables couilles… Soyons clair, le voile dans les centres de la petite enfance et dans les écoles, n’est que l’expression d’un dogme religieux qui s’impose là où il n’a rien à crisser. Ouste! la religion, ça relève du domaine privé.

Non à la discrimination entre les religions! À chaque secte son espace de recueillement! Astiquons nos bites, roulons nos billes, giclons et mouillons allègrement à la gloire de Dieu! Amen!

L’ancien maire du Saguenay, Jean Tremblay, alors qu’on lui refusait le droit à sa petite prière municipale. On espère que les extra-terrestres viendront nous le ravir celui-là.

Le dessin d’origine représentait Mitt Romney, mormon et dernier opposant républicain d’Obama. Je l’ai détourné pour moquer le pentecôtisme et autres sectes dérivées du christianisme. Les illustres adeptes canadiens de ce délire born again en plein essor, c’est la gang de cowboys d’Harper, les Stockwell Day, Preston Manning, James Moore, Gary Goodyear et autres exaltés qui prétendent se taper la discute avec un barbu céleste splitté en trois.

Celui-là, j’en suis fier, ne serait-ce que pour l’histoire de sa genèse (évoquée dans la complainte en bas de page). Il symbolise la phallocratie religieuse dans toute son obscénité. Un gourou «tout en un».

Logique de gauche régressive, encore… Ces alliés de la droite et anti-péquistes primaires.

La libido cocotte-minute, ça donne du tordu sexuel et du pédophile. Pour tenir votre vœu de chasteté, curetons, coupez-vous les bourses et faites-en des reliques à adorer. Comme pour le palpitant mariné du Frère André!

On est tellement dans une catho-laïcité… qu’on peut moquer le christianisme sans s’attirer les foudres des multiculturalistes! Peut-on rigoler de TOUS les symboles religieux? Peut-on les blasphémer? Absolument. Ils peuvent être passées à la moulinette de l’humour, de la réflexion et de la raison car ils n’engagent que ceux qui y souscrivent.

Pensées athées! Effets secondaires dérivés de comportements sociaux remontant à l’aube de l’humanité, les bondieuseries, ces placebos pour primates glabres, ne sont pas des hypothèses dignes d’intérêt pour déchiffrer les mystères de notre monde. Elles reposent sur des fictions triturées par des générations de scribes et comportent nombre d’anachronismes et de contradictions. Inscrites dans les contextes historiques qui les ont vu naître et évoluer, elles révèlent les manipulations, bien humaines, dont elles ont fait l’objet.

Heureux les croyants, mais je préfère mon angoisse et ses yeux grands ouverts – François Cavanna

J’ai fait la première mouture de ce dessin alors que le Mali basculait dans le chaos. Après le renversement de Kadhafi en Libye, alors que des armes se sont mises à déferler sur le pays. Un autre dégât collatéral généré par l’Occident. Vous n’avez pas le monopole de cette critique, les zinclusifs. Seulement, vous minimisez l’autre dimension de ces dégâts : les dérives et les instrumentalisations religieuses.

Le guett, une sympathique coutume juive orthodoxe. Le divorce n’est possible que si le détenteur de testicules y consent. Pas de bol pour les détentrices d’ovaires. Est-ce antisémite que de critiquer cette injustice?

L’islamisme et ses relents patriarcaux : couvrons les femmes, ces paires de glandes mammaires surmontant un orifice! L’homme, vulnérable créature assiégé de stimulus démoniaques, se tient, quant à lui, dans son sac scrotal. J’ai déjà partagé ce dessin sous le titre «Féminisme, le front négligé».

«(…) le glissement marqué vers des positions de droite d’une partie de la population ne résulte pas d’une islamophobie qui serait intrinsèque au Québec et qui remonterait à l’orientalisme. Elle résulte en partie du fait que les courants progressistes n’apportent pas de réponses satisfaisantes et réalistes aux défis posées par la montée des courants religieux conservateurs, fortement imprégnés de la pensée islamiste. » – Rachad Antonius

L’anarcho-panda et le prof Xavier Camus, sont des progresso-tartuffes bien utiles à ceux qu’ils prétendent pourfendre, ce 1% visiblement plus malin qu’ils ne l’imaginent. Comme profs de philo, ils ne sont pas la panacée. Deux dessins parmi d’autres insérés dans les propos du philosophe François Doyon, de redoutables dissections, ici même, au Journal Le Québécois. Les liens : La poutre dans l’œil du panda et Les dérapages sophistiques de l’inspecteur Camus.

Mettre les arabes dans le même panier, laisser les trous-de-cul monopoliser les tribunes, tasser les modérés, ceux qui épousent notre lutte d’émancipation, faire la sourde oreille (la sourde oreille, c’est bien ce qu’a fait l’initiative tordue Faut qu’on se parle dans sa petite plateforme safe space sauce QS). Belle job, on avance à reculons!

La judiciarisation de la société est un cancer contemporain et bien américain. Du bâillon s’étant abattu sur le livre De Noir Canada aux procès contre Djemila Benhabib, on parle de la même tactique liberticide.

Sur le traité de non-intervention yankee et les magouilles saoudiennes qu’il couvre en échange de l’accès à la ressource mortifère, si je puis dire. La pépinière à fanatiques tourne pendant que le pétrole rentre.

Oui, ça existe. Des compagnies aériennes proposent bel et bien des voyages halal. La tête dans le cul, le nez dans les hémorroïdes et les villosités les plus ténébreuses. Entre-nous, coupés des autres, ces étranges, on est si bien. Oh boy, le multiculturalisme à l’œuvre produit de bien curieuses patentes!

Texte facultatif – Complainte de celui qui a du talent, certes, mais pas c’qu’y faut.

 

J’écoutais sur Radio-Cadenas une émission qui datait de quelques année. C’était sur les forts en gueule, les Falardeau, Chartrand et compagnie. Luc Picard et Josée Legault étaient présents et relevaient que prendre position, parler haut et coloré, dans la tradition pamphlétaire, sortir ses griffes pour quelque chose qui ne soit pas égocentrique, ou carrément, juste se tailler une place sur les tribunes du Québec, eh ben, c’est particulièrement dur. On dit souvent des québécois que nous n’aimons pas la chicane. Falardeau trouvait qu’on n’était pas assez baveux. C’est peut-être lié aux dégâts collatéraux de notre statut de dominés. Des fois, je trouve aussi qu’on fait preuve d’un snobisme délirant compte tenu de notre situation de peuple inféodé. Une sorte d’élitisme de classe, un tantinet urbano-centriste. Prenons mon modeste cas, sans imaginer que je puisse oser revendiquer l’envergure intellectuelle de nos forts en gueule nationaux. Mes dessins «de presse» donc. À part Roméo Bouchard, un grand monsieur fort culotté qu’on gagnerait à écouter d’avantage, parmi nos personnalités publiques, y’a pas grand monde à avoir osé faire circuler mes coups de sang crayonnés. Pourtant, on n’est pas des masses à le faire au Québec. Dans la tradition du dessin satirique, c’est plutôt désertique quand il s’agit de certains thèmes. Bien sûr, c’est pas exclu que je sois nul. N’empêche, des fois je rigole jaune en voyant des personnalités du même côté de la barricade que moi regarder ailleurs et diffuser des trucs similaires aux miens, mais pondus par des Belges, des Français, des Ricains, etc. Bizarre ça, monter aux front pour les dessinateurs, parfois même en faire des livres, mais zapper les crus locaux. Surtout si leur bouille n’a pas eu le privilège de briller chez Guy A. Lepage. Bon, c’est vrai, parfois je reçois une ‘tite étoile en privé, pour coller dans mon cahier d’écolier.

Mais c’est quand je regarde THE projet avorté que je grimace le plus. Tous ces dessins, ceux que vous avez sous les yeux. Des semaines de job monastique perdues pour échouer ici. Malgré tout le bien que je pense du journal Le Québécois, formidable espace de liberté, on ne parle, dans mon cas, en terme d’exposition, que de quelques centaines de likes. On est loin de rivaliser avec les minous dans les paniers, les Pierrot-la-lune et nombre de chroniqueurs aussi insignifiants que Cassivi. Bien que je n’exclue pas le rôle de la simple ignorance de ce que sous-tend la condition des artisans de la culture, surtout s’ils ne sont pas «inoffensifs»; c’est cette expérience qui me permet d’affirmer qu’il existe des castes assez hermétiques chez les militants. Pour mieux comprendre mon propos, prenons un épisode ultérieur à ce fameux projet de livre. Plus court, cet épisode résume cependant le précédent.

Sachez qu’une fois THE coup encaissé, j’ai conclu que le prestige, la réputation ou l’apparente amitié d’une personnalité publique, lorsque celle-ci me propose une collaboration, ne devraient plus jamais m’exempter de méfiance. Voir en conférence quelqu’un qui soit en mesure de m’arracher des larmes, être témoin de son courage sur le front et considérer son usage des vocables de l’amitié, ça reste hasardeux. En illustration, quand t’es sérieux (et précaire), pour une commande particulière, tu restes méfiant et tu signes un contrat d’abord. Une fois tes esquisses validées, tu te lances sur le «propre». Deux, trois changements demeurent possible sur la version avancée, mais au-delà, c’est payé à l’heure. Comme on paie le plombier, le cordonnier ou le conférencier. Pour une job à 4 mains, dans le cadre d’un livre, avant de te garocher, t’as besoin d’une entente signée avec un éditeur.

Donc ma star, celle from THE initial book project, réapparait dans le décor. Bien entendu, en bon con, bêtement honoré d’être qualifié de champion, je propose encore du rabais et zappe le contrat. La bonne cause d’abord! ¡Venceremos tabarnak! ¡Hasta la victoria siempre! Comme si je pouvais financièrement me le permettre. Mais bon, j’estime remettre un peu mon cul dans le radar d’une personnalité dont je respecte passionnément, encore à ce jour, l’engagement et les luttes. Je me suis donc pincé le nez (très fort) et fais une croix sur l’embrouille antérieure. Cette fois, il s’agit de créer une affiche originale pour promouvoir une conférence. Un autre nom que j’apprécie (pour certaines de ses positions, pas toutes, car lorsqu’il encense l’écrémage scolaire et va faire le mariole en France pour le compte des Républicains, je le vomis) était greffé à l’événement. On attend de moi une job d’illustrateur et de graphiste. Hormis un contrat signé en aval, cette fois, je fais à peu près dans les règles, puisqu’on s’est entendu sur un montant. Mon esquisse approuvée dans l’enthousiasme, je me lance avec pour contrainte un délai serré, et ce, même si mon calendrier est gorgé de jobs alimentaires énergivores, même si ma famille ne se met jamais sur pause et même si ma dulcinée, elle aussi précaire, ne comprend pas toujours mes manœuvres.

On bascule alors dans un cas de figure proche de ce qu’on qualifie de «copinage» à Madagascar. Je me retrouve dans les talons aiguilles d’une putain Malgache et la star, dans les gougounes d’un adipeux gringo. Entre partenaires, on n’est pas sur le même pied d’égalité.

Une fois la chose bouclée dans les délais et conformément à l’esquisse, PAF! ça ne colle plus! Un comité surprise de 15 personnes dans le lointain Paris, probablement des fervents défenseurs de Charlie Hebdo et des dessinateurs de presse, n’avalise pas mon dessin. Sachant que l’unanimité est une inaccessible étoile, un comité qui débarque comme ça, à ce stade du processus, c’est emmerdant. On bascule alors dans un cas de figure proche de ce qu’on qualifie de «copinage» à Madagascar. Je me retrouve dans les talons aiguilles d’une putain Malgache et la star, dans les gougounes d’un adipeux gringo. Entre partenaires, on n’est pas sur le même pied d’égalité. Après une série de changements docilement apportés, dont certains dénaturent le gag d’origine, confronté à des réponses au compte-goutte, de plus en plus espacées, puis inexistantes, je produis une affiche «plan B», à partir de mes archives, notamment à partir de ce qui aurait dû être la couverture du livre, celui duquel j’avais été écarté (THE projet). Toujours est-il que le silence radio a perduré, que la conférence s’est tenue et que j’ai constaté qu’on avait fait sans moi, avec une affiche d’amateur poche. Certains diront qu’évidemment, dans la cour des grands, la lutte doit se poursuivre et qu’on ne perd pas de temps avec ce genre de bagatelles. Avec les greluches Malgaches.

J’ai dû me bagarrer un peu pour le principe, perdre encore du temps, stresser encore un tantinet, pour être payé au tarif de misère dont nous avions convenu. J’ai reçu le fric avec en prime le verdict du couperet : tu as du talent, certes, mais pas ce qu’il faut. Détail marrant, j’ai compris à ce moment que le dessin du plan B, c’était comme s’il était sorti de nulle part, comme si j’avais halluciné le destin qui lui fut un jour promis. Il n’a même pas été reconnu! C’était comme si un tel dessin, ça se chiait en 5 minutes. Voilà pour l’ego!

Nous en sommes maintenant à l’objet de cette complainte : à quoi correspond ce «ce qu’il faut»? Vous irez de vos suggestions. À mon humble avis, l’habileté à placer son produit, à procéder à sa mise en marché et à cultiver «les relations» compte pour visiblement autant que le talent à proprement parler. Quand ta place est taillée sous le soleil des projecteurs, quand t’as été suffisamment habile pour vendre ta camelote, quand tu connais les bonnes personnes, on ne te traite pas comme une pitoune Malgache. Le malheur des créateurs, c’est qu’on n’a pas tous la bosse des affaires.

Bien qu’il soit ce qu’il est, créativement parlant, parce que justement, à ses heures, il broie son noir avec les doryphores et les frappe-à-bords (…) Sa singularité compte pour peu.

Plantez un dessinateur mésadapté de la vente en «région», au fond d’un rang, et constatez le gaspillage de talent. Bien qu’il soit ce qu’il est, créativement parlant, parce que justement, à ses heures, il broie son noir avec les doryphores et les frappe-à-bords; bien qu’il soit original à souhait, traînant dans sa besace un vécu l’ayant mené aux quatre coins du monde, de l’Île de La Réunion, au sommet de la Terre, chez les Cris et les inuits, en passant par l’Amérique latine et l’Europe; bien qu’il sache, avec le maraîchage, l’apiculture et le trappage, faire le pont entre les saisons; bien qu’il soit délicieusement étrange, humaniste, indépendantiste contre vents et marées, sensible aux idées de décroissance, collectionneur de crânes, entomophage, mélomane aux racines barbares, champion des lacto-fermentations et du cannage; bien qu’il soit technicien en santé animale, biologiste spécialiste en zoologie et en parasitologie, qu’il ait tâté de l’enseignement avec tous les groupes d’âges; bien que ce type, avant de s’armer de crayons, se fut dressé de sa personne contre des intrusions évangéliques créationnistes en milieu scolaire et fut l’une des première cible qualifiée de «raciste» par une gauche amorçant sa dérive vers l’insignifiance; il n’a visiblement pas ce qu’il faut. Sa singularité compte pour peu.

Pouilleux, il est loin des réseaux. Là où les portfolios ne passent pas de main à main, circulant des canaux d’internet aux caniveaux d’éditeurs croulant sous les sollicitations et n’ayant que faire d’un hurluberlu rural brassant d’la marde et aimantant poursuites judiciaires et fatwas. Ses relations, c’est ses potes, sa famille, la couleuvre qui chaque année réapparaît dans ses rangs de blé d’Inde, les batraciens et autres bêtes de l’étang d’à côté, etc. Non camarades, Péladeau ne va pas prendre l’apéro, au Rang 3 ouest, là où le fumier de chèvre embaume l’air. Et ce pauvre Aprilus qui n’a même pas, le guts de ranger sa pathétique petite morale le retenant de payer Facebook pour faire la promo d’une job qui, au fond, est surtout motivée par l’avancement de causes et le désir de contribuer au grand remue-méninges collectif. Ça le déchire, ce con. Tant de choses lui semblent contradictoires dans ce métier. Et encore, si ce n’était que ça qu’il lui fallait pour mettre son cul sur la mappe. Pôvre crotté, tout pogné et inconfortable quand vient le temps de faire mousser sa job, sa personne. Un con d’anthologie, un pittoresque plouc, un folklorique marginal qui n’a pas voix au chapitre, un mythique mité régional, larmoyant lascar… Pour ce genre de naufragé de la société, il ne reste plus que la marge.

À quoi bon se faire pousser des tumeurs quand on peut faire pousser des choux et en faire de la choucroute?

Ceci étant, à priori, la marge n’est pas forcément inconfortable. On peu très bien s’appliquer à y mener une existence philosophique des plus riche. Voir le ciel et sentir passer les saisons, ça aide. La quête de reconnaissance et la consécration n’ont, au fond, que peu d’importance dans une vie de singe. Au bout du compte, on finit tous par crever et faire du fumier. Y compris les stars et ceux qui laissent, momentanément, leur nom dans l’éphémère histoire des hominidés que nous sommes. Alors décontractons-nous le cul. À quoi bon se faire pousser des tumeurs quand on peut faire pousser des choux et en faire de la choucroute? Je suis fier de ce que j’ai modestement exprimé depuis presque 10 ans dans mes BD, ici, sur mon blog et au travers de ce que les aseptiseurs de la gauche compassionnelle façon QS ont laissé filtrer dans les pages d’À Bâbord! La synthétique et pédagogique BD La Grande Dérape, l’existentielle La Marge, la noire Kwebek 3000, les épisodes rurales et scatologiques du Maraîcher Masqué, les méchantes Dion le Sale Roquet et Les Aventures de Stifine, les délirantes Couilles de terre, les dessins éditoriaux, les aphorismes d’Albert Brie, le story board autobiographique Pauv’, Moche, Gras-Dur, etc. Je trouve que mes gribouillages ont pris du gallon au fil du temps. Depuis que je me suis lancé dans le Journal Ensemble (c’était mignon comme paris, une coopérative journalistique, même si au final jamais une crisse de cenne ne m’aura été payée), en autodidacte, j’ai progressé dans l’art de croquer le monde. Je suis moins maladroit qu’au départ, mon trait s’est décoincé. Bref, j’ai vécu mon trip Hara Kiri et renoué avec le plaisir d’écrire. Car à travers tout ça, j’ai aussi balancé quelques textes qui ne me font pas rougir (bien qu’ils aient été encore plus long à pondre que les dessins). Mêmes si mes bricoles n’ont pas été chiées à la bonne époque ou du bon endroit, même s’ils ne sont que des coups d’épée dans la flotte, elles sont du pays, du terroir, façonnées par le Québec. Elles sont thérapeutiques et authentiques, ostie.

Merci à ceux et celles qui ont considéré, valorisé et diffusé mon travail; aux quelques-uns qui, parfois de leurs poches, m’ont soutenu dans les bouttes roffes, les passages cloutés et les creux de vague. Ne serait-ce que pour vous avoir côtoyé et vous avoir fait rigoler, ça valait le coup.

Ciao!

Aprilus

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Guilbeault est-il un écotartuffe?

De Standing Rock à Guilbeaut, en passant par Hulot

En janvier dernier, j’ai contacté un pote de Coule pas chez nous! et de Non à une marée noire dans le Bas-St-Laurent pour essayer de dénicher une plume avisée voulant bien se pencher avec moi sur les évènements de Standing Rock aux states. J’avais envie de dessiner là-dessus et je voulais coller mes gribouilles à un texte qui planterait le décor. En échangeant avec des militants, j’ai capté que l’urticant du moment, dans notre petit contexte, c’était Steven Guilbeault, dépeint comme le poster boy aux commandes d’Équiterre, une organisation perçue comme tiède et molle. Le thème de Guilbeault s’est dès lors imposé (Standing Rock, je l’ai croqué en solo). Lorsque des bribes d’infos ont commencé à me circuler sous le nez, j’ai tout de suite pensé à Nicolas Hulot. Présentateur vedette adulé, éco-star et actuel ministre français de la «Transition écologique et solidaire», Hulot s’est mérité le caustique quolibet d’écotartuffe par certains courants de gauche.

Qu’est-ce qu’un éco-tartuffe?

Je crois que c’est le magazine français La Décroissance qui a pondu ce terme, éco-tartuffe. Il désigne des individus qui ne sont pas à une contradiction près. Bibittes à médias, offrant des bilans carbone démesurés, appartenant à la jet set, parfois même exilés fiscaux (comme Charles Aznavour), ils sont d’intarissables moralisateurs. Les éco-tartuffes donnent des leçons d’écologie «de surface», nous exhortent de bien fermer nos robinets et de bien composter, tout en s’abstenant de poser les vraies questions, celles qui égratignent. Bref, ils s’efforcent de repeindre le capitalisme en vert avec, quelquefois, la bénédiction de douteux sponsors. À leur adresse, La Décroissance garroche ceci : «Vous incarnez de manière pratiquement parfaite la capacité du néolibéralisme à digérer sa contestation et à semer la confusion chez ceux qui lui résistent. … Elle amène à penser que la société de consommation ou le néolibéralisme sont compatibles avec la préservation de la planète». Au final, les éco-tartuffes, purs produits de la société du spectacle, seraient pour les dominants de ce monde à la fois d’inoffensifs imposteurs et d’utiles rigolos.

Je vais encore me faire plein d’amis

Pourquoi représenter notre Tarzan des écolos sous un jour aussi défavorable? Le monde ne manque pourtant pas de méchants. Au départ, Guilbeault, c’était pas le type qui m’irritait le plus, d’ailleurs, chaque année, ma blonde file du fric à Équiterre et ça ne m’a jamais fait râler. Pour moi, Steven, c’est un gentil qui a choisi de jouer dans les ligues majeures, là où, forcément, il faut se pincer le nez et aseptiser son discours. Grosso modo, l’idée c’est de diffuser quelques idées dans les cercles du pouvoir et de grappiller des miettes d’infos utiles pour nourrir les bras armés du mouvement écolo. Non vraiment, Guilbeault à la radio, à la télé, c’est pas celui qui me pompait le plus. Il passe bien. Il a une bonne tête de granole qui s’est rangée. Un brave curé défroqué. Français impeccable. Belle fringues. À priori, rien d’achalant. Je me dis que tout de même, ça m’étonnerait que ce type soit indépendantiste, je le sens vielle mandarine. Me semble qu’on aurait beau l’ensevelir de pelletées d’arguments écolos et progressistes pour l’indépendance, il resterait canadian à l’os. Toujours est-il que le vertueux verbiage et la moiteur mesurée (nécessaires diront certains), ça ne transpire pas la promotion active et décomplexée d’une vision politique et économique audacieuse, révolutionnaire et indépendantiste. Devant ce vert vernis beurrant une économie indéniablement mortifère, je partage l’agacement et l’impatience de mes potes militants. Moi aussi j’ai soif de coups de pieds dans la fourmilière. Moi aussi la novlangue m’exaspère.

Alors je me suis lâché. À un point tel que ça n’a pas fait l’unanimité. La satire et les références scatologiques ne font pas rigoler tout le monde. Nonobstant la magnificence symbolique de la marde et des culs, la recette ne passe pas toujours. Ainsi, la première «plume» a finalement choisi de s’en tenir aux échinodermes, méduses et crustacés du St-Laurent (vous devinez qui?). La seconde «plume» fut victime d’un vague à l’âme et tomba en panne. Nous mîmes donc dessins et ébauches de textes à macérer sur les tablettes. Jusqu’à ce que nos sources entrent en contact avec Rémy Bourdillon de chez Ricochet (où on ne produit pas que des âneries régressives d’arrondissements urbains). Celui-ci a fait de leurs témoignages un solide texte, équilibré et éclairant pour quiconque ignorait l’existence de ces tensions au sein du mouvement écolo. Le point de vue de Guilbeault y est exposé et c’est très bien (pour le lire, suivez le LIEN). Rien toutefois sur un autre vecteur de frustration qui me titillait et que j’aurais voulu explorer. Il y a un an, lors de la rencontre du CAPÉ, j’ai eu aussi l’occasion d’entendre des collègues maraîchers faire état de sentiments mitigés à l’endroit d’Équiterre. Hors de l’exigeante formule du panier, point d’appuis. Même si le panier valorisé par Équiterre a indéniablement contribué au développement du maraîchage bio, la formule semble parfois un peu sclérosée et plus ou moins pertinente selon les régions, surtout si elles sont éloignées de Monrial.

Tintin souillant d’une bouse bio son mythe

J’ai ressorti mes sales dessins en solo parce que je crois qu’ils pourront faire rigoler les adeptes d’humour noir et requinquer quelques militants. Je n’ai pas la haine de Guilbeault, faudrait pas croire. Vraiment. Simplement, je pensais bien illustrer le sentiment de mes camarades en jouant le stéréotype du sauveur médiatique, angélique et aseptique. Le justicier de la justice. Je me suis d’abord inspiré du gag de feu Charb (Charlie Hebdo) à propos du Front National : «Tous les 5 ans, il y a des gogols qui chient sur le paillasson». La chose fut représentée par un étron formant les lettres FN et ornant une carpette aux couleurs de la république (pour le voir, cliquez sur le LIEN). Puis j’ai pensé aux éco-tartuffes de ce monde, notamment à Hulot. Il n’en fallait pas plus pour qu’apparaisse entre mes neurones notre Tintin national souillant sa légende d’une bouse certifiée bio. Point barre. Guilbeault est-il vraiment un éco-tartuffe? À vous de voir. Je ne me sens pas spécialement habilité. Ni particulièrement intransigeant dans ma gourmandise de progrès. Mais des fois, c’est clair que j’écraserais l’accélérateur. Et comme, je ne suis qu’un dessinateur…

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La Grande dérape

1 Derape aprilus

2 Derape aprilus

3 Derape aprilus4 Derape aprilus5 Derape aprilus

Cette BD modérément méchante fut longue mais ô combien satisfaisante à chier. Je la dédie aux rats des villes, aux philosophes de supermarchés, aux anarchistes du dimanche, aux bibittes à «safe spaces» et surtout à ceux de mes amis qui traînent encore chez QS. Il ne me reste plus qu’à vider mes tiroirs de tout ce qui se rapproche de ce débat empoisonné et à tirer ma révérence de ces redondantes chicanes. Du débat sur la laïcité, j’ai jamais voulu faire un fond de commerce ou une sorte de spécialité. C’est juste que la bêtise m’inspire. Oh simonac que j’en ai perdu des plumes! Oh saint-siboire que j’en ai reçu des roches! Mais même si je sature en gériboire, il me fallait un rituel en deux actes pour décrisser en beauté. Car oui, même les mécréants s’offrent des rites.

Donc tout ça, c’est pas mal de boulot. C’est pas payé, ça va de soi. Et en plus d’aimanter les fous furieux, c’est invendable. C’est garoché en ligne pour la beauté du geste, pour résister. Sans doute aussi un peu par pure mésadaptation commerciale… Alors si ça t’as plu et que t’as envie de me donner une tape dans le dos, tu peux l’écrire, partager le lien ou même me faire un don.

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Les pointes de Brie (4, 5 & 6)

Droite gauche aprilus

albert brie aprilus poing

Quatrième, cinquième et sixième publications des Pointes de Brie au Journal Le Québécois. De bons mots présentés sous l’angle d’un bestiaire façon Aprilus.

Qui c’est Albert Brie?

Écrivain et humoriste québécois. Il a participé comme scripteur francophone à plusieurs médias. Il est notamment connu comme auteur d’aphorismes humoristiques et philosophiques salués par ses pairs. Albert est décédé le 27 octobre 2015 à l’âge de 89 ans.

« Un écrivain prodigieux, à mettre quelque part entre le vieux Montaigne et le jeune La Bruyère » ­- Jean Marcel

« Ses pensées précises et fines ont éclairé des générations de lecteurs. Ses traits, il les décoche en quelques mots qui lui suffisent à cerner une idée, une impression, un sentiment.  » – Jean François Nadeau

« Si tous ceux qui parlent pesaient leurs mots, comme l’air serait léger ! » – Albert Brie

« La plupart des grands hommes sont considérés comme des lumières seulement quand ils sont éteints et les morts sont enterrés deux fois, sous la terre et sous les éloges ! » – Albert Brie

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