Miki & Riki font chier le peuple

juin 20th, 2020
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RACISME: le poids des mots

Un texte de Roméo Bouchard

Racisme et racialisme

Ces temps-ci, les mots racisme, racisme institutionnel, racisme systémique, minorités racisées, profilage racial, ségrégation raciale, discrimination raciale sont utilisés pour désigner toutes sortes de réalités qui n’ont souvent rien à faire avec le racisme mais qui ont pour effet délibéré de ramener les rapports sociaux à des questions de races. En d’autres mots, de faire la promotion d’une vision racialiste de la société. Une vision où ce n’est plus la citoyenneté, l’égalité, la solidarité, le cadre national et le Bien commun qui servent de cadre social et démocratique mais les luttes de minorités juxtaposées et concurrentes. Une société divisée, fragmentée. Une société de ghettos. Une démocratie de minorités qui exigent toutes que leurs intérêts soient prioritaires. On le voit, ce racialisme est un pur produit du multiculturalisme. Feu l’identité collective et le Bien commun. Feu l’humain tout court.

Ce racialisme idéologique, particulièrement le racisme qu’on nomme systémique, donne lieu présentement à un chantage sans précédent pour faire avouer aux Québécois qu’ils sont racistes, particulièrement envers les Noirs, sans égard au fait que le rapport historique des Québécois aux communautés noires est somme toute plutôt positif et et au fait que les Québécois ont fait et font toujours eux-mêmes l’objet d’un véritable racisme de la part des Britanniques et du Canada anglais, qui, à la suite du rapport Durham -où nous sommes décrits comme une « race inférieure, arriérée, inapte au progrès et donc devant être assimilée »-, continue à nous nier le statut de nation fondatrice du Canada, tout comme pour les Premières nations d’ailleurs, l’autre racisme incontestable au Canada. Ces deux racismes, qui refusent à des peuples leur nationalité, sont inscrits dans la Constitution canadienne et la Loi sur les Indiens, et continuent à se répercuter quotidiennement dans la vie de ces peuples. De là à dénoncer le nationalisme, et la laïcité, comme une forme de racisme identitaire ou ethnique, il n’y a qu’un pas que certains n’ont pas tardé à franchir. La boucle est bouclée : les racisés sont devenus racistes.

Il est nécessaire de résister à ce chantage qui réclame de nous une profession de vertu racialiste : celle-ci exige ni plus ni moins de renier notre nationalité, d’ignorer notre propre statut de « Nègres blancs d’Amérique » et de peuple réduit au statut de « minorité racisée » dans son propre pays.

Racisme et discrimination

Si le racialisme est une idéologie, ce qu’on camoufle sous le mot, par contre, est bien réel et mérite qu’on s’en préoccupe.

D’abord, biologiquement, on reconnaît aujourd’hui que LES RACES n’existent pas. Nous sommes tous des humains de la même espèce. Tout au plus, le concept de race est sociologique et basé sur des caractères secondaires de certaines populations : origine, couleur de la peau, culture, religion, traits physiques, histoire, etc.

De plus, ce qu’on convient d’appeler RACISME implique qu’on juge une « race », c’est-à-dire tel groupe humain, inférieur à d’autres. Le racisme proprement dit implique une hiérarchisation des groupes humains. Il ne s’agit donc pas simplement de préjugés ou de discrimination envers certains groupes, ni surtout du sentiment de peur, d’inquiétude ou de précaution que suscite spontanément l’étranger, le nouveau venu, la différence. La diversité doit forcément être apprivoisée avant d’être reconnue et intégrée.

Enfin, ce qu’on appelle le RACISME SYSTÉMIQUE, par contre, est une invention des racialistes, en ce sens qu’il vise à racialiser toutes sortes de formes de discriminations d’origine autres que « la race ». C’est une notion fourre-tout, qui va du racisme proprement dit, au racisme au sens large, au racisme institutionnel, au racisme inconscient, sociologique, culturel, jusqu’aux inégalités sociales et aux simples mécanismes complexe d’intégration de la diversité. C’est surtout un concept qui permet de racialiser toutes les inégalités sociales. Le Barreau du Québec le définit comme la «production sociale d’une inégalité fondée sur la race dans les décisions dont les gens font l’objet et les traitements qui leur sont dispensés. L’inégalité raciale est le résultat de l’organisation de la vie économique, culturelle et politique d’une société. » Selon la Commission des droits de la personne et de la jeunesse du Québec, la discrimination systémique est « la somme d’effets d’exclusion disproportionnés qui résultent de l’effet conjugué d’attitudes empreintes de préjugés et de stéréotypes, souvent inconscients, et de politiques et pratiques généralement adoptées sans tenir compte des caractéristiques des membres de groupes visés par l’interdiction de la discrimination ». On pense bien sûr aux inégalités face à l’emploi, à l’école, au logement, à la police, à la justice et à la représentation, mais aussi aux multiples situations de rejet social. Ça sert à tout..

Racisme et inégalités sociales

Ce que recouvre l’usage souvent abusif qu’on fait présentement du mot racisme et racisme systémique ou minorité racisée, ce sont essentiellement les inégalités et les discriminations basées sur les distinctions « de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique et de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation », selon l’article 2 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, en contradiction avec l’article 1 de la même Déclaration: «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, ils sont doués de raison et de conscience, et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Il est reconnu que les écarts de revenus et autres inégalités sociales et économiques sont le principal facteur à la base des discriminations. C’est là le mal essentiel. Certaines situations historiques ont aussi engendré des discriminations précises et tenaces pouvant aller jusqu’au racisme proprement dit et à la ségrégation, comme l’esclavage des Noirs dans l’édification des États-Unis d’Amérique, les conquêtes militaires et coloniales, les systèmes de pouvoir comme le patriarcat ou le colonialisme européen, les croyances religieuses qui sacralisent l’infériorité des femmes ou d’autres groupes particuliers, comme les homosexuels ou les malades mentaux. La mondialisation et les vagues croissantes de migrations et d’immigrations récentes ont aussi donné lieu à des situations de peur et de discrimination explosives, au niveau des droits civiques, de l’emploi, du logement, de la représentation, etc. L’intégration des étrangers dans les communautés exige un temps d’apprivoisement et des politiques appropriées qui sont souvent déficientes et lentes, chez nous comme ailleurs.

Chaque cas de discrimination a son histoire et ses caractéristiques qui doivent être comprises et prises en considération pour ce qu’elles sont : les racialiser sans discernement comme on le fait trop souvent présentement favorise la division et les conflits sociaux plutôt que l’égalité.

Le credo de la racialisation

La racialisation et la fixation actuelle sur le racisme systémique agit comme un accélérateur d’incendie plutôt que comme un facteur de changement. Legault a raison de vouloir s’attaquer au problème sans céder au racialisme des justiciers du racisme systémique. C’était minable une fois de plus ce midi de voir les journalistes s’acharner, comme les inquisiteurs autrefois sur Galilée, à obtenir de lui une confession officielle de racisme systémique au nom du Québec tout entier : c’est tellement plus facile et sensationnel que de s’attaquer aux inégalités sociales de notre société et aux scandaleux écarts de richesse de notre système néo-libéral. Pourtant, c’est là que le bât blesse.

Un autre bon texte : Le racisme « systémique » québécois, une fabrication (par André Lamoureux et Michèle Sirois – Respectivement politologue à l’UQAM et anthropologue et militante féministe).

Depuis la publication de la BD, j’ai ajouté ceci…

Et pour les autres… Arianne et Pierrot nous donnent un aperçu du niveau d’âneries qui a percolé entre les neurones d’une certaines gauche; à Montréal ils confisquent au peuple la fête nationale pour promouvoir leur idéologie individualiste boboïde – à lire, cet article paru dans la Presse. Essentiel pour prendre la mesure : https://www.lapresse.ca/…/ariane-moffatt-et-pierre-lapointe…

Quand j’entends les discours de certains séparatistes — je précise « certains » —, j’ai peur. Dans ce temps-là, je suis désolé, mais j’ai encore envie de Toronto et de Vancouver.

Pierre Lapointe

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