Moi, raciste? Fuck you!

Le voile islamique s’est invité en campagne électorale. La question n’est pas réglée, on l’a remarqué. Une question qui détournerait d’enjeux autrement plus importants. Un Harper va-t-en-guerre qui nous la brandit tel un épouvantail pour leurrer l’électeur. Des craintes légitimes tournées en dérision par des esprits javellisés au multiculturalisme. Des amis, des militants, des familles qui se brouillent, toujours sur cette question. Et pourtant! «Laïcité», qui se souvient encore du sens de ce mot? Voici comment il s’est taillé une place dans mes neurones. Je procéderai d’un exemple vécu d’intrusion religieuse dans l’espace public, en l’occurrence une école publique prise d’assaut par les évangélistes chrétiens (histoire de foutre un peu la paix aux musulmans). Je basculerai ensuite dans l’actualité, puis aborderai l’éducation, notamment le cours d’ECR.

(Des centaines de partages sur le Site Le Québécois…. Merci de votre intérêt et de vos commentaires)

muslimquebecois aprilus

L’éveil du mécréant…

Histoires de préhistoire et regards naturalistes, c’est la science qui a d’abord fait éclater tout ça d’entre mes deux oreilles. J’avais 12 ans, on ne m’avait jamais trop matraqué de chrétienneries, mais elles étaient là, omniprésentes. À l’école, où on nous bassinait d’âneries catholiques – je me souviens d’un diaporama où l’on nous présentait le pape Jean-Paul II en ski alpin, sur fond de hard rock – on dirait du Ozzy Osbourne! me disait un pote. Bien-sûr c’était plus gentil que ce qu’avaient connu mes parents, mais ça demeurait la promo d’un placebo, un ramassis de fables grotesques issues de manipulations et de triturations pathétiquement primates. Mais voilà, grâce à Charles Darwin, les couleuvres, tritons et salamandres que je capturais et observais en terrarium avaient mis à mal cette pathologie psychique que les grandes personnes tentaient de m’inoculer. Des adultes avaient insulté mon intelligence de mioche à grands coups de ce catholicisme, qui à l’instar de toutes les doctrines monothéistes, n’est qu’un obscur méli-mélo de tout et de son contraire. «Cette voix du dedans qui fait parfois un de ces boucans», comme le chantait Ferré, n’était donc que le fruit de mon encéphale, moi, l’Homo sapiens.

bilboquet coul aprilusHors de l’école et de sa rectale pastorale, malgré nos églises désertées, les bondieuseries, perduraient (et perdurent), stagnantes et putrides, dans nos cervelles de colonisés. Je pense ici à cette saleté de culpabilité judéo-chrétienne troublant l’éveil des hormones, exécrant le plaisir, le sexe, les femmes et l’intelligence. Autant de névroses institutionnalisées et instrumentalisées glorifiant la mort, l’obéissance béate et la détestation du savoir. Une fois fait ce constat, le goût des blasphèmes n’en est devenu que plus doux pour l’ado que j’étais. D’autant plus qu’en bon boutonneux Post-Passe-Partout Québécois, je les pimentais allègrement de riffs punks et métalleux. «Clic, il fait clair, vive la lumière!1»

…et la claque évangéliste

À ce stade, je ne me sentais toutefois pas le besoin d’inscrire mon «dégoût» du religieux dans le cadre d’une lutte. Au Québec, le phénomène me semblait désarmé, voire agonisant, une affaire de vieux lobotomisés qui freakent au crépuscule de leur vie. On avait viré le catéchisme des écoles publiques, j’avais d’autres centres d’intérêt et surtout deux jeunes enfants. Pourtant, en 2005, alors que j’enseignais au Nunavik, dans le Nord du Québec, les bondieuseries sont revenues par la porte arrière : une direction d’école publique m’interdisait d’aborder le thème de l’évolution des espèces en classe. Le monde n’aurait que 6000 ans et aurait été créé en 6 jours. Les évangélistes chrétiens avaient pignon sur rue dans la toundra. Oui, ces mêmes exaltés qui mènent aujourd’hui des offensives de prières dans les tribunes du Parlement d’Ottawa et qui sont courtisés par la clique de Stifine Harper; lui-même appartenant à l’organisation religieuse évangélique Alliance chrétienne et missionnaire. Le 11 septembre 2001 n’était pas très loin derrière. Les cul-bénits, me semblaient soudainement prendre du poil de la bête, comme revenus d’outre-tombe.

doublediscour aprilusJe fus sanctionné pour insubordination, raconté par Québec Science, appuyé des milieux scientifiques et des syndicats d’enseignants, mais grossièrement harcelé par les pets secs de la Bible Belt et trahi par une certaine gauche québécoise qui se découvrait multiculturaliste (à l’époque, l’Union des Forces progressistes2). Bien que la sanction me fut retirée, la Commission scolaire cautionna publiquement la censure pratiquée par son établissement et m’accusa de ne pas respecter la culture inuite, à savoir les insanités créationnistes prescrites par les églises pentecôtistes! J’étais donc devenu une sorte de raciste, moi qui l’année précédente mangeais de la tête de castor bouillie et des tripes de caribou au sein de ma famille adoptive Crie; moi l’ancien coopérant en Amérique Centrale. Ces quolibets, la gauche à bobettes de babiche et à jupes de terre cuite me les a réchauffé lors du récent débat sur la Charte. Et aujourd’hui, ils en remettent avec cette histoire de vote à visage découvert. Mais j’y reviendrai.

Au sommet de la terre, je n’avais pas anticipé un tel bazar et je dois reconnaître que j’en suis ressorti bien «égratigné». Je me mis dès lors à me gaver des bouquins de Richard Dawkins (le pitbull britannique de Darwin), pour ensuite plonger dans les crus locaux, Guy Rocher, Normand Baillargeon, Daniel Baril, Louise Mailloux, Djemila Benhabib et plus récemment, le français Michel Onfray. Confronter les contes de fées, les sectes et autres opiums, à la rationalité, aux sciences et à l’histoire devint vite une passion. Je n’allais certainement pas tendre l’autre joue comme le mythique granole cosmique. Ce triste personnage inventé de toute pièce afin de consacrer la soumission du bon peuple; aujourd’hui, vestige anachronique et dégoulinant, cloué sur son instrument de torture, bien en vue à l’Assemblée Nationale.

Fustiger la connerie made in Quebec à coups de crayon, façon Charlie…

Depuis, toutes griffes dehors, je buzze à célébrer l’absurdité du monde à renfort de second degré, d’insolences et de vulgarités qui ne sont gratuites qu’en apparence. L’humour noir et la satire c’est l’exutoire qui m’empêche de poser des bombes et d’entartrer les politiciens véreux. C’est mon antidote à l’écrasante bien-pensance des gonades molles qui flageolent, l’arme non aseptisée qui fustige les pilleurs environnementaux, l’avidité obscène des crapules, les fachos, les mysos, les homophobes, les fédéralistes coincés du cul et bien sûr les gourous de tout acabit. Ah! Ces fonctionnaires de Dieu! Intarissable terreau à bêtises, infinie source d’inspiration! Ridicules clowns costumés, fantasmant la mort, dérobant son caractère indubitable à des fidèles qu’ils enfument pour mieux régner, pour les détourner de leur vie, la seule qu’ils auront pourtant jamais.

extremiste ababord

…À bâbord

Je veux secouer les puces de cette «nouvelle gauche québécoise» qui me donne de l’urticaire. D’abord pour sa laïcité mitée d’adjectifs creux et relatifs, mais aussi pour son indépendantisme mou et mortifère. Lorsqu’en 2005, timidement sur son site officiel, l’UFP emboîta le pas à mes détracteurs, je comprenais qu’un cancer avait fait son nid dans ma famille politique : le multiculturalisme. Désormais, chez Québec Solidaire, en chœur avec le Parti Libéral, il est de bon ton de cautionner l’intolérance inhérente aux religions sous prétexte de «tolérance» et sur fond de culpabilisation de la société d’accueil. La démocratie au service de l’anti-démocratie. On s’adresse aux minorités comme à des imbéciles, on les flatte et les encourage à l’auto victimisation plutôt qu’au débat et à la rationalité. Même approche avec les indiens et les inuits : à go-gauche, on est les amis des bons sauvages, on «stéréo-typise» : sur fond de tam-tam, on se met des plumes au cul, de l’igunaq3 entre les oreilles et on offre l’exclusivité de tribune aux plus cons d’entre-eux. «LES musulmans, LES juifs, LES indiens, LES schtroumphs…» Une connerie qui mène droit aux communautarismes et à la fragmentation. Lors des dernières élections provinciales, l’accusation d’électoralisme, pas forcément infondée, fut balancée à la pelletée à l’endroit du PQ et de sa Charte de la laïcité. Il vaut pourtant parfois mieux regarder le reflet de sa propre gueule avant d’aboyer. Qui donc QS voulait-il séduire en embrassant le multiculturalisme?

Bien sûr, pour les mauvaises raisons, des fachos se sont greffés à ce projet de Charte, fondamentalement progressiste. C’était exaspérant, d’autant plus qu’un flou malsain a été entretenu par les Péquisses. Mais les apôtres théocratiques du surnaturel, de l’homophobie et du machisme, les Charkaoui et compagnie, ils étaient aux côtés de cette gauche métamorphosée, ils militaient en leurs rangs. Et au final? On a rien du tout. On a Couillard et ses couillons qui coupent. Point de balises, une merde législative liberticide sur le discours haineux (loi 59), que des cloisons qui s’érigent… Et du provincialisme Cana’ien en prime.

Ces 91 % de Québécois…

Garderie aprilusAujourd’hui, quand des citoyens «ordinaires» font part, parfois maladroitement, de leurs inquiétudes quant à l’Islam, ils sont nombreux, au sein de cette «gauche» coupée du peuple et chez les fédéralistes, à associer ce qui constitue la majorité des québécois à des fachos de base. Et pourtant, à la lumière des nombreuses expériences multiculturalistes virées en fiasco, de ces images de décapitations, de lapidations, de destructions de trésors patrimoniaux, de mariages forcés, de persécutions en tout genre et depuis la tuerie de chez Charlie Hebdo, CES CRAINTES SONT LÉGITIMES. Les balayer sous le tapis contribuera assurément à envenimer la situation, laquelle pourrait effectivement dégénérer en racisme primaire. Distinguer l’islamiste exalté du type qui prie peinard sans emmerder tout le monde, ce genre de type qui, en Syrie ou en Irak, est la première victime de Daech; discerner l’extrême moron du paisible croyant,  finira par devenir plus ardu pour le citoyen moyen. Les gens, ils n’ont pas toujours raison, mais il faut les écouter avant qu’ils ne pètent une coche. C’est vexant ne pas être écouté. Lorsque Mitterrand s’est recentré, voire droitisé, suivi de ses successeurs «socialistes»; lorsque les résultats du référendum français sur la Constitution Européenne ont été balayés du revers de la main par Sarkozy le nabot, pour ne citer que ces exemples; il y avait matière à être vexé. Et c’est un peu pour ces raisons que le Front National est à 30% aujourd’hui. Un parti xénophobe jusqu’au tréfonds de son histoire, qui glane des recettes altermondialistes inventées par «des gauches bien splittées entre-elles» et qui capitalise sur l’arrogance des grands partis, sur les trahisons dont ils sont porteurs, pour se présenter comme le seul vecteur de changement.

Depuis quelque temps, des déclarations de Marine Le Pen, la fille du monstre, dégoulinent jusqu’ici, au Québec. Des petits clips Youtube ça et là. Une saveur étonnamment gauchisantes. Dès qu’on gratte, ça pue. «Ça schlingue grave»! Suffit de zyeuter le CV des pourceaux qui se terrent derrière le nouvel emballage du FN. Au Québec, le terreau susceptible de recevoir ce purin fasciste, à mon humble avis, ce sont les multiculturalistes qui le préparent, inconsciemment. C’est pas les gars comme moi!

Construire un espace commun neutre, c’est quand même pas la mer à boire… Ah merde, j’oubliais! Nous sommes un peuple conquis, inféodé à Ottawa… Rien n’est simple dans notre posture. La preuve : les présentes élections fédérales. Un pallier gouvernemental de conneries supplémentaires! Entre les prouesses d’Harper, le tacticien véreux, et les stépettes du monstre bicéphale NPD-PLC, on se fait encore bassiner par les têtes de nœud du Fédéral. Il faut retrouver notre liberté, qu’on s’administre enfin nous même. Au plus criss.

etui penien aprilusIl y a mieux à faire à l’école…

Mes mots, mes dessins, bien que parfois grossiers, ils sont aussi pour mes enfants, Arthur et Zoé. Car entre la fin du catéchisme et le retour du religieux à l’école, via le mal nommé cours d’Éthique et Culture Religieuse, aucune génération n’a eu le temps de passer. Les bondieuseries demeurent incrustées et sournoises. Emballées d’un multiculturalisme canadien éructant l’assujettissement pernicieux de l’État au religieux, de la communauté à l’individu, bref, l’apologie de l’accommodement raisonnable. On invite aujourd’hui nos gamins à découvrir les sectes à succès comme les mets d’un inoffensif buffet : all you can eat, stick to the cultural origin of your parents! L’athéisme y passe à la trappe. Meslier, Holbach, Feuerbach, Nietzche, ces pionniers qui n’avaient pas le cul entre deux chaises, sont évincés par l’inventaire puéril des lieux de cultes qui parsèment la province. Exit : les Croisades, l’Inquisition, les bûchers, les autodafés, les fatwas islamiques, les théocraties, les écoles résidentielles indiennes et aborigènes, les scandales de pédophilie, l’islamisme politique, l’obscurantisme, le démontage rationnel des mythes, leurs incohérences, le fantasme d’un peuple se croyant élu, les rituels religieux soumis à l’approche évolutive et dépeints en simples dérivés de mécanismes cognitifs«nécessaires» à la vie sociale, le climato-scepticisme des nouveaux prédicateurs de l’apocalypse, etc. Que nenni. Les commissaires Bouchard et Taylor servent à nos gamins une bouette infâme dépourvue de perspectives historiques, philosophiques et scientifiques. Ils cuisinent l’idéologie multiculturaliste. Définitivement, il y a mieux à faire à l’école.

Et puis, qu’on cesse enfin de financer les écoles confessionnelles, bien trop souvent obscurantistes. D’ailleurs, c’est aussi le seul bon point qu’avance Québec Solidaire dans ce dossier.

Buffet aprilus

Aménager le vivre ensemble

Athées, ne soyons plus complexés, faisons taire tous ces faux-culs aux mains ensanglantées qui prétendent que seule la religion est vecteur de morale. La sélection naturelle a retenu l’altruisme et l’empathie chez les hominidés et ces attributs sont au cœur même de notre succès évolutif. Réclamons la lumière, démythifions publiquement les fables surnaturelles, combattons les intrusions religieuses et bâtissons une éthique post-chrétienne axée sur le vivre-ensemble dans le monde réel.

Et puis, let’s «tax the fuck out of the churches», pour reprendre Frank Zappa. Ça suffit les conneries!

Baptisés païens et croyants écœurés des institutions, je vous invite à faire acte d’apostasie, pour la beauté du geste, pour ne plus faire partie des statistiques et envoyer un message aux saintes sangsues embusquées.

Les pieux, je vous convie, sans mépris aucun – puisque je le réserve aux gourous et autres marchands d’arrière-mondes – à bien mesurer pour vous, pour nous tous, les indéniables avantages d’un Québec laïque et pluraliste. Une garantie que la religion ou l’athéisme enragé (oui oui!) des autres n’étouffent pas ce droit fondamental et personnel qu’est votre liberté de culte. Une garantie d’intégration paisible par le biais d’un espace commun neutre.

La laïcité, surtout, c’est pour que les enfants qui naissent au sein d’une tradition qu’ils n’ont pas choisi sachent que des fenêtres existent, que le monde est plus complexe qu’il n’en a l’air et qu’ils peuvent choisir la forme de spiritualité qui leur convient, quelle soit religieuse ou pas.

Sur ce, vaut mieux en rire que de s’en crisser! Vive le droit au remue-méninges via le blasphème! Car les religions sont des idéologies comme les autres, elles ne sont sacrées que pour ceux qui y souscrivent, et encore à différents degrés. J’adhère pleinement à la maxime des Zappartistes : rire est une si jolie façon de montrer les dents. Et c’est ce que je m’efforce de susciter en vous, convaincu que le grotesque des accommodements, ridicule avant même d’être caricaturé, ne fait pas sourire que dans les rangs des mécréants mais aussi parmi les croyants.

patte blanche aprilus

1-Référence à Passe-Partout, emblématique série de télévision québécoise pour les enfants de la décennie 80…

2-L’UFP fusionna en 2006 avec l’Option Citoyenne de Françoise David pour former QS.

3-Bloc de gras, de viande et parfois de viscères de morse faisandé du printemps à l’automne arctique puis congelé en hiver. Il est consommé par les inuits qui le considèrent comme un délice.

Note : Oui, l’étui pénien, koteka ou horim ça existe, suivez le LIEN.

multiculturalism aprilusj

QS & accomodements coul Dj

 

 

 

facebook_logo_aprilus

Pot-pourri

À ceux qui ne savaient pas, Mike Ward est poursuivi pour ses propos tenus à l’endroit de Jérémy Gabriel et de son handicap dans un numéro. Chu 100% avec l’humoriste. Plutôt que de l’envoyer gémir devant le pape, les parents du gosse auraient dû y réfléchir à deux fois. Ils en ont fait une personnalité publique, chose qui visiblement ne le rebute pas puisqu’il a l’ambition de maltraiter les tympans de l’humanité entière. Mentalité de cons.

lendemains aprilusAutrement. Sur ma dernière publication, enfin la suivante publiée simultanément, je vous sers une brique sur la laïcité. Encore. Pourtant j’ai la tête ailleurs en ce moment et je suis plutôt exaspéré que ce sujet revienne dans l’actualité. Forcément il revient, puisque rien n’a été réglé et que tout ne cesse de s’envenimer. Grâce à nos politicards, tous partis confondus. Soudaine envies de ne plus jamais voter… Mais voilà, des dessins sur les religions, j’en ai fait des pelletées. Et il m’en reste un camion. Projets barbotant quelque part dans l’incertain du néant. La version première du texte qui accompagne le tout a aussi été écrite il y a belle lurette. Alors non, je ne suis pas obsédé, je fais de la récup.

Ce qui me prends l’encéphale, c’est la suite des choses. Plein le cul de dessiner des politiciens, plein le cul d’écrire à la première personne, pour justifier mes images, comme si c’était important. Envie de dessiner des gens ordinaires ou leur représentation animalière. Ou le Maraîcher Masqué, tiens.

Les images qui suivent ont été griffonnées avec des gros crayons de merde sur des papiers pendant la rencontre de la Journée de la Vitalité Culturelle dans les Basques.

Qu’est-ce qu’être artiste en ruralité? Vague à l’âme, anonymes sursauts de dignité, déjà-vu, élus régionaux au compte-goutte, omniprésente asphyxie orchestrée par les élites politiciennes : austérité quand tu nous tiens… Il est temps que les citoyens de la ruralité (et de partout d’ailleurs) s’intéressent à ce qui les touche directement, qu’ils cessent d’être de passifs spectateurs dont le destin est enfumé par des spécialistes de la politique. Sous perfusion d’images préfabriqués pour voyeuristes, tu chie pas loin.

Artiste tout court, artiste en région…

metier artiste aprilus

duconaprilus

Donquichotte aprilus 

aprilus notoriete  thinklocal aprilus

Un peu loin pour moi mais très belle initiative :

Capture d’écran 2015-09-25 à 08.55.03La Journée sans culture est une journée de grève symbolique, portée par des artistes, travailleuses et travailleurs culturel.les, pour nous-mêmes et pour la société dans laquelle nous œuvrons. Non pas une grève comme refus, mais comme un temps d’arrêt, une pause que nous nous donnons, collectivement, pour discuter de ce qui nous importe. C’est une journée où les travailleuses et travailleurs de l’art de toutes disciplines et milieux sont invité.es à se rencontrer pour réfléchir au présent des arts et à son avenir. Que voulons-nous pour les arts, au-delà ou en-deçà des politiques culturelles qui, en cherchant à nous soutenir, finissent aussi par nous administrer?

Le 21 octobre prochain, nous serons au Théâtre Aux Écuries pour ouvrir un espace de réflexion et de discussion sur des enjeux centraux, depuis la manière dont nous faisons l’art jusqu’à celle dont nous participons au monde que nous habitons. Où que vous soyez en cette journée – chez vous ou dans votre salle de répétition, dans votre atelier ou dans les bureaux de votre organisme, dans un café ou dans un parc – vous êtes invité.es à organiser vos propres rencontres, portes ouvertes ou portes closes. Nos voix sont multiples; nos possibilités, infinies.

Au terme de l’événement, une publication sera réalisée afin de rassembler et de relayer les idées, questionnements, urgences et désirs qui nous animent, dans un esprit de dissensus fertile. Notre manière de redonner la tribune à celles et ceux qui produisent cette « culture » dans laquelle l’art se dissout, une culture que l’on vante à profusion, mais au sujet de laquelle on nous consulte bien peu. Vivement l’indocilité !

facebook_logo_aprilus

Au fait, j’ai eu un premier don, 20$, en main propre. «Pour l’ensemble de l’œuvre, pour ce que tu fais». Ostie, c’est cool.

Ouverture de la chasse?

11226024_434375016756665_4407278791535467441_oL’essentiel de ces dessins ont été réalisés pour le Journal satirique Le Taon. Consultez-le en cliquant sur l’image ci-contre (et tant qu’à y être, encouragez-moi, encouragez-nous, aucun des contributeurs n’y gagne un rond). Ce mois ci, entre autre, le carnaval électoral.

En ce qui me concerne (ça me reprend, je donne du «je»), je ne vais pas m’étaler en branlettes neuronales : si je souhaite ardemment l’éviction du morpion trop bien peigné, je ne peux me résigner à voter Canada. Les Canadiens peuvent très bien se débrouiller sans moi. Bibite bicéphale, NPD et PLC n’ont qu’à fusionner, eux qui ratissent au même centre élargi. Mulcair, l’apôtre de Tatcher, gêné par la simple évocation du mot «socialisme», girouette ambitieuse et pétrophile quand ça l’arrange ou Trudeau, le dernier rejeton du parti des commandites, lapin de Pâques à coquille vide, nouveau justicier des impôts appuyant néanmoins C51 et la loi sur la clarté…  Ce sont eux les spliteurs de votes canadiens. On a assez de nos cons, pourquoi s’encombrer de ceux des autres? Pas envie de jouer dans la cours du 51éme État Ricains. Alors être conséquent et voter Don Quichotte, pour moi c’est parfait. Allez le Bloc!

Le Méga-Centre Vidéotron qui enrichira les Méga-mercenaires du Hockey, lesquels s’appliqueront à sortir l’essentiel du fric du pays. Pareil pour les méga-rock stars.

videotron aprilus

Paradoxe Étazunien : Sur le traité de non-intervention yankee quant aux magouilles saoudiennes, en échange de l’accès à la ressource mortifère, si je puis dire. La pépinière à fanatiques tourne pendant que le pétrole rentre. Celui là, c’était pour le livre de Djemila, en veilleuse. À priori, il commémorera, façon québécoise, les attentats de chez Charlie.

Paradoxe aprilus

Méchancetés gratuitesPaul aprilus

Fait en 5 minutes, «Paul chez le taxidermiste»… Moi, Paul, j’en peux plus. L’est trop gentil, ça me saoule. «Oh le jaloux!» qu’y diront! Y répondra que pour un «phénomène qu’a la cote» combien «d’anonymes qu’ont les crocs»? Tant qu’à piocher parmi les grands succès de la BD québécoise, Guy Delisle est pas mal moins gentil et inoffensif, et ça, ça me plaît.

Extrait du dernier Taon – N’y allez pas, c’est une merde (partie 1)

«Tout le monde aime Paul». Ainsi commence l’une des nombreuses critiques dithyrambiques du film Paul à Québec. Pas moi. J’ai toujours détesté Paul. Paul est une merde inexistante à la vie aussi plate et terne qu’un dimanche pluvieux à la fin de l’hiver, mais en mieux dessiné. Amateur de BD en tous genres depuis mon plus jeune âge, c’est tout naturellement et plein d’espoir que je me suis tourné vers le plus grand succès du neuvième art de notre province et là… Mais alors là… Rien. Le vide. Le néant total. Je crois qu’il y a plus d’intérêt à relire pour la troisième fois Martine à la plage qu’à découvrir l’intégrale de Paul. Résumons: Paul est un homme ordinaire, avec une vie ordinaire, des amis ordinaires et, finalement, une BD ordinaire. Dans ses époustouflantes aventures, Paul pêche, Paul prend le métro, Paul s’ennuie, Paul nous ennuie, quelquefois, il fait caca aussi. Finalement, le seul truc sympa avec Paul, c’est qu’aucun tome n’est paru depuis 2011. Mais rassurez-vous, il revient nous faire chier très bientôt. Alors pourquoi en est-il sorti un film? Parce que la médiocrité se vend. Parce que Paul a trouvé un public et que les producteurs savent que le film sera rentable. Pour nous vendre ce navet, l’acteur principal déclare: «Je n’ai jamais joué un personnage qui me ressemble autant dans la vraie vie». Et il donne des exemples. Quand Paul hésite à acheter une maison, il se pose des questions sur son hypothèque. C’est un père de famille en couple depuis longtemps. Il vit dans une ville. Vous sentez déjà l’originalité. Je vais être honnête, je n’ai pas lu Paul à Québec, j’en avais déjà trop lu avant. Je n’irais certainement pas le voir et je vous incite fortement à en faire autant. Même si vous avez du temps à perdre, contemplez le fond d’écran de votre ordi ou l’aquarium du restaurant chinois de votre choix, ce sera plus palpitant. Et si vous voulez vraiment que je le lise ou que j’aille le voir, cotisez-vous et envoyez l’argent au journal. Mais je vous préviens, il faudra me payer cher. – Jean-Cyrille Fontaine

Du réchauffé… À l’époque Jolly ne s’était pas encore fait retirer la pustule. On avait dû la lui photoshoper.

boculbellgueuleAlors qu’était annoncée la découverte de l’Homo naledi, au Québec notre Legault semble au seuil de l’extinction et il se sent bien seul. On aimerait bien que tout comme Stifine, lui aussi décrisse.

Legault aprilus

facebook_logo_aprilus

Le Maraîcher Masqué faucheur volontaire

Le p’tit blues est passé. Je reprends du service au compte-goutte. Zéro ambition. 100% thérapeutique et purement égoïste (je suis enfin en phase avec l’époque).

Le Maraîcher Masqué est de retour! Il continue de nous livrer ses pouvoirs de justicier agricole. Mais aussi, petit à petit, ses contradictions de progressiste, ses côtés obscurs… Ici, un briquet orné d’une paire de glandes mammaires. Pour le moment, y’a pas matière à horrifier Manon Massé. On verra plus tard… Toujours est-il que je rends hommage aux faucheurs volontaires et autres désobéisseurs de conscience (oui, oui Manon, l’emploi du masculin c’est pour alléger le texte). Salut aussi à mes amis de la Ferme du Vert Mouton à Saint-Valérien.

Normalement, vous devriez retrouver votre justicier rural préféré chaque mois, dans Le Taon, seul canard où je peux laisser libre cours à ma dangereuse, subversive et malsaine passion scatologique. Je persiste, la vulgarité n’est pas là où on la croit!

Le premier épisode du Maraîcher :

Maraicher Taon 1

Encourage-moi, j’accepte les chèques, le chocolat, la bonne bière et des tas d’autres choses qui ne poussent pas dans mon potager.

facebook_logo_aprilus

Rejoins-moi icitte : CONTACT


Les dessins du mois…

letaonlogoJe vous colle des dessins qui sont dans le prochain numéro de la nouvelle revue satirique LE TAON. Des gens que je n’ai, pour le moment, pas encore eu le plaisir de rencontrer, mais qui tapent avec brio dans le bon registre. Un canard «qui fait mal et ça fait du bien», pour reprendre les mots de Siné. Un mensuel libre de pubs, où d’ailleurs personne ne gagne un rond. S’exprimer c’est merveilleux en soi, mais ça ne paye pas les factures. Quand on pense que des têtes de nœud comme Pratte, Martineau et Duhaime, le nouvel ami québécois du lobby pro-arme, sont payés pour vomir leurs âneries ça donne la gerbe… Donc, encouragez-moi, encouragez-nous, filez du fric, si vous appréciez et voulez que ça dure. 98 % des dessins (ou des pavés, c’est selon) commis sur ce blog ne m’ont pas rapporté une crisse de cenne et pourtant, ils ne se sont pas faits tout seuls. Précarité, c’est le mot.

En Mai, on a vu le buck PKP pointer dans l’arène :

BUCKS aprilus

 …On a vu un Couillard aller faire le couillon en Italie :

pute Couillard aprilus

…On a vu un distillateur de haine déguisé en gentil lapin :

Charkaoui aprilusqueb-300x209

Sur les radios poubelles (dans Journal Le Québécois) :

virusFM93 aprilus lequebecois

Labeaume, le nain de jardin (toujours dans journal Le Québécois).

aprilus-Labeaume-lequeb-1160x725

– en exclusivité sur le blog –

Avril dernier. Le maire Tremblay, le catho cosmique du Saguenay, s’est fait botter le saint siège  :

Aprilus Jean TremblaySur notre déprimante condition de colonisés  :

Fleaux aprilus

Dans la revue À Bâbord! (pour la bonne cause, au cinquième du prix) : Des lendemains qui chantent?

 

guillotine aprilus
Et, à ce dernier dessin; un lendemain, tel que je l’ai imaginé (dans le cadre du lancement du Salon des gitans à Trois-Pistoles). Faut dire que ces porcs ont reculé devant la grogne à Cacouna :

Aprilus Porc

facebook_logo_aprilus

 Ou rejoins-moi icitte : CONTACT

La sexualité PAR les nuls

L’orientation sexuelle, l’identité sexuelle et la masturbation ne seraient pas des sujets appropriés pour des enfants d’âge scolaire.

C’est ce que baratinent les opposants au nouveau programme scolaire de l’Ontario. Essentiellement pour des motifs religieux. Vous êtes étonnés? Le sexe est une des fixations des  grandes sectes à succès. Et même ceux qui n’évoquent aucune bondieuseries, les autres râleurs; eux aussi ils pataugent dans le même vieux fond de culture monothéiste. En occident nous en sommes tous imprégnés et je n’y échappe pas. Cette omniprésente et malsaine culpabilité pour ce qui a trait à la jouissance du corps et de la vie est incrustée dans nos caboches par des siècles de sermons professés par des frustrés costumés. Rien à voir avec l’anti-religion ou la «zinclusivité»; je ne critique que des idéologies ici… Ah l’arrogance athée!

Success vs wannabe coul Dj

Autrement – je vous dit ça comme si vous en aviez quelque chose à crisser – lundi à Montréal, j’ai fait une rencontre qui m’a fait chialer, tout seul au volant de mon char, alors que je rentrais. À mon endroit, la bienveillance d’un humaniste qui a eu a grandeur de ne pas se la ramener, de se faire tout discret… Ça panse des plaies. Ça donne foi en l’humanité. Et ça promet une belle collaboration. Merci Monsieur Baillargeon.

avataraprilus2

Bon, faut bien que je rassemble un peu mon bazar. Sur un thème apparenté, un autre texte que j’ai servi au Journal Le Québécois au mois de mars, ainsi que les dessins qui l’accompagnait :

Biologiste de formation, j’ai cette tendance à observer mes semblables avec un regard évolutionniste, c’est-à-dire à la lumière de l’évolution. Cette théorie formulée par Charles Darwin il y a plus de 150 ans (et maintes fois validée depuis) m’aide à dédramatiser nos conneries des primates glabres. Nous sommes le cancer de la biosphère, l’épicentre de la sixième grande crise d’extinction massive. Un abcès qui finira forcément par crever. Si nos plus proches Primates aprilusparents, les gorilles, bonobos, chimpanzés et orangs-outans, risquent fort d’être rayés de la surface de la planète d’ici 2050 (85% des gorilles ont disparu au cours des 20 dernières années); il n’est pas improbable que nous réussissions à nous glisser dans le prochain chapitre de la vie sur terre. Après tout, dans 35 ans, l’humanité devrait compter 10 milliards d’individus. Sur le lot, il devrait bien y avoir quelques Homo sapiens pour survivre aux désastres environnementaux déjà amorcés. Mais à quel prix?

Le concept de l’évolution m’aide aussi a accepter la fatalité du phénomène religieux. À cet égard, l’ouvrage de Daniel Baril «La grande illusion – comment la sélection naturelle a créé l’idée de Dieu» est fort éclairant. La religiosité, cette tendance à expliquer le monde par le surnaturel plutôt que par la raison, serait le fruit de l’évolution, une sorte de sous-produit dérivé de mécanismes cognitifs nécessaires à la vie sociale de notre espèce. Une fois fait ce constat, il est clair qu’envisager éradiquer la chose tient du délire absolu. Il nous faut donc vivre avec les croyances (ou l’incroyance) des autres.

Dans cet optique, la laïcité consiste à s’organiser pour que les intolérances, les rites parfois fort contraignants et les tentations obscurantistes de nombre de dogmes religieux, notamment monothéistes, n’empiètent pas sur le «vivre ensemble». Il s’agit donc de baliser l’espace commun, en tablant sur ce qui nous rassemble et en reléguant les bondieuseries à la sphère privée. Bref, un projet éminemment progressiste, aujourd’hui mis en quarantaine par le PLQ. Évidemment, les bourdes et l’électoralisme dégoulinant du PQ y sont pour quelque chose. Tout comme les têtes de nœud qui se baladaient, septembre 2013, aux côtés d’Adil Charkaoui en pleurnichant à l’islamophobie…Etat Islamik coul 2 Dj

Voilà ce qui me sidère le plus; la défection décomplexée d’une partie de la gauche pour cet enjeu. En avalisant la recette anglo-saxonne de l’accommodement raisonnable, ces idiots utiles, galvanisés par la peur de passer pour des fachos ou des suppôts de Martineau, contribuent aux récupérations belliqueuses d’Harper, le petit Bush bis. Et comme les exploits des lobotomisés de l’État Islamique n’ont pas fini de faire les manchettes, je crains que l’on se soit engagé dans un beau merdier. Chez les fédéraux, les stepettes de Mulcair et de Trudeau servent à merveille les Conservateurs, toujours plus hauts dans les intentions de vote. Thoughs on crime mais cons comme des huitres, pour notre plus grand malheur.

De l’eau au moulin? La semaine dernière, on apprenait que six gamins du pays, dont une jeune fille, sont partis rejoindre ces meutes de pieux pileux en Syrie… Il faut vraiment que notre société soit malade! L’avidité et l’individualisme triomphants qui nous accouchent, nappés de relents djihadistes, des «likes» d’Irak pis des «selfies» de Syrie! Bravo les singes bipèdes! Et pourtant, le pathétique de la situation c’est que s’il est un facteur comportemental ayant favorisé l’essor de l’Homo sapiens, c’est bien l’altruisme.

La Charte, pour y revenir, n’était pas parfaite et n’aurait pas tout réglé, mais elle aurait constitué un pas dans la bonne direction. Car la laïcisation, celle qui est exempte d’adjectifs creux, plonge ses racines dans la Révolution tranquille. Elle s’inscrit dans notre histoire, dans l’évolution politique, culturelle, démographique des cinquante dernières années de notre nation colonisée et «empêchée», le Québec. Meilleure chance la prochaine fois…

 

Deux rockstars, un gourou et des mots

multiculturalisme aprilus

Quel plaisir!

Quel bonheur que de se foutre de la gueule du Grand Schtroumph papal costumé! Et aucun risque de me faire trouer la peau par un commando d’intégristes en soutanes! Et la gauche communautariste? Me traitera-t-elle de christianophobe raciste? Mheuuuu non! Mais attention!!! Pas touche aux papillotés et aux barbus! «Eux» c’est pas pareil! «Eux» c’est les zautres. «NOUS», c’est les cathos.

Reliquat catho au service du multiculturalisme

C’est ce qu’affirmait il y a deux semaines, le plus sérieusement du monde, une fade formatrice d’enseignants en «éthique et culture religieuse» (en un lieu dit «rural» dont je tairai le nom, précarité exige). Devant l’expression de mon indignation, des collègues se sont empressés de souligner que dans leur classe, tous les lardons étaient baptisés. Superbe! Les bœufs sont lents, comme disait Falardeau… Ceci étant dit, n’allez pas croire que dans l’arrière pays, ces matantes sont la normes. Nombreux sont les enseignants qui sont agacés par le contenu de ce cours associant l’éthique à de notoires placébos dont l’histoire a été outrageusement aseptisée. Entendons nous, ce cours n’est rien d’autre qu’un reliquat de catéchisme pimenté de bondieuseries «exotiques», l’un des nombreux moyens mis en œuvre pour communautariser le Québec et faire croire au bon peuple que la quête de sens n’est possible qu’en adhérant à une secte homologuée.

À mes zamis zincluzifs – d’un artisse superbement anonyme

mere theresa coul DjIl y a deux semaines, Roméo Bouchard écrivait un texte pertinent sur un ton fort respectueux intitulé «À mes amis de la gauche». Une critique adressée à l’une des expression politicienne de la gauche québécoise, Québec Solidaire. Eh ben, le monsieur, il s’en est pris plein la gueule! La candidate déchue de QS à Rimouski, par ailleurs fort sympathique, n’a pas apprécié que l’on s’en prenne à sa secte. Elle y est donc allée d’un pitonnage compulsif, espèce de fourre-tout, complètement à côté du propos, un genre de discours électoral truffé de copier-collers (références à l’appui) et de pleurnichements quant au traitement médiatique injuste qui serait réservé à son parti. Le tout couronné d’un titre inapproprié qui se voulait ironique : «à mes amis cyniques».

Ce ne sont pas les propos de Roméo qui m’intéressent ici, mais l’attitude de cette gauche politicienne, somme toute classique. Ce sont ses sympathisants, et non pas les parvenus de la CAQ et les «jeunes-vieux du PLQ qui m’agressent pour mes propos de «laïcard intégriste». Et ça, ça m’énerve, moi l’indépendantisse, environnementalisse au tréfonds de la moelle, moi, l’escogriffe aux deux pieds solidement plantés à gauche.

trinité aprilusCeux qui me connaissent savent que j’ai été happé par cette lutte contre les intrusions religieuses pour des raisons bien personnelles. Je crois que les accommodements raisonnables sapent l’intégration des immigrants et souillent le principe de laïcité; deux idées bénéficiant d’un fort soutien populaire. QS et le PLQ baratinent qu’il s’agit là d’une manifestation d’intolérance, semant à tout vent des accusations d’islamophobie. Curieux… Traditionnellement, à gauche, on analyse les évènements de manière sociale. Aujourd’hui, les moutons mélaniques bleachés de QS procèdent d’une lecture ethnique, pour la plus grande satisfaction des extrémistes.

 

Donc. Amis granoles solidaires qui êtes concernés, votre ardeur à me faire chier quand je cause de laïcité m’exaspère; tout comme les adjectifs creux que vous accolez à la laïcité. Votre zèle à nous spliter et à nous condamner au PLQ à perpétuité me met en pétard.

Et il y a aussi cet ORANGE, cette ostie de couleur que vous partagez ouvertement avec le NPD (parti fédéraliste et centralisateurs incapable d’assumer le mot socialisme). Sachez que c’est aussi le nom du l’agent défoliant de Monsanto. Celui qui fut balancé par les Ricains sur la gueule des Viets. Eh ben, visiblement, avec votre sacro-sainte ligne de parti, cette partisanerie fratricide, vous avez en commun cette fâcheuse tendance politicienne à tout cramer autour de vous.

Et là, malgré le pathétique de mon anonymat fermier, avec une autosatisfaction aussi assumée que la turgescence d’une bite gorgée d’amour; en une bienheureuse giclée de laitance rurale, je proclame haut et fort à tous ces «zislamo-zincluzifs misérabilistes» que je ne me soucie pas exclusivement de laïcité et d’indépendance! JE SUIS UN GENTIL! La preuve :

granolesI do care a lot about…

Les mesures d’austérité, la concentration des médias, les effets génétiques des rayonnements ionisants, la financiarisation du vivant, la giardiose, le nucléaire, les multinationales véreuses, la destruction des milieux humides, les pesticides, les OMG, les protées anguillards, la malbouffe, l’exode rural, les nanotoxiques, l’arraisonnement de la finance, de la répartition des richesses et du mode de production, l’exil fiscal, l’obscène enrichissement des oligarques, les abeilles, les intrusions du privé dans le système de santé, le pillage des ressources, l’éducation, la santé, le viol des femmes autochtones, la militarisation, les politiques belliqueuses des Conservateurs, les radios poubelles, l’agriculture biologique, les intrusions publicitaires, l’hyper-sexualisation, la masturbation intellectuelle élitiste, l’homophobie, le contrôle des armes à feu, la constituante, la gratuité de l’éducation, la face de pet d’Éric Duhaime, la répartition de la richesse, les gaz à effet de serre, le sexisme, l’exploitation du pétrole et des saletés fossiles, l’insignifiance culturelle institutionnalisée et médiatisée, les peuples indigènes, les impérialismes, les hémorroïdes, la corruption et la collusion, la croissance illimitée, la gueule d’ange du fils de l’autre, l’électrification des transports, la légalisation de la marijuana, l’encéphalite spongiforme bovine, les banlieues parisiennes, l‘éducation, la protection des écosystèmes, le commerce équitable, le revenu minimum garanti, la surconsommation, la concentration et la délocalisation des activités de production et de transformation entre les mains de multinationales apatrides, les maquiladoras, les rénovations du bureau de Jean D’amours le twit qui veut toujours être sur la photo, la marchandisation du vivant, les semences ancestrales et rustiques, la désintégration des territoires et des collectivités qui les habitent, les morpions, la liberté d’expression, les marées noires, les régimes de concession des ressources pour quelques emplois, les mines anti-personnelles, la tauromachie, le suif du gros Barette, l’exil des profits provenant de l’exploitation des ressources territoriales et leur fuite vers l’étranger au lieu de servir au développement des populations, le chikungunya, le néocolonialisme, les travailleurs clandestins, les polluants organiques persistants, la démocratie territoriale, le chômage, la réappropriation des ressources naturelles, l’anémie artistique médiatique, l’eau, l’énergie marémotrice,la trichinellose, l’aménagement du territoire, TAFTA, la torture, le terroir et le patrimoine, le pillage, le gaspillage, la maladie de Lyme, le machisme, la restauration de la souveraineté des collectivités territoriales, les ongles incarnés, l’obscurantisme idéologique traduit en politiques conservatrices, l’intégration des immigrés, le racisme, la mysoginie, la vente d’armes, les coups d’État financiers, les zapatistes, les grandes compagnies, les pluies acides, pharmaceutiques, ebola, l’intégration des élèves en difficultés d’adaptation et d’apprentissage, le réchauffement climatique, la liberté des Palestiniens, Idle no more, la fracturation hydraulique, la dette grecque, le fichage des internautes (ACTA), la destruction des forets vierges et des récifs coralliens, les Pussy Riots, la malaria, la désertification, le réchauffement climatique, le viol, la sécurité alimentaire, le trafic sexuel, les éléphants, Anticosti, les mutilations génitales, les ambitions de Transcanada, la fièvre aphteuse, les élevages industriels, etc.

Oh, its a dirty job but someones gotta do it! Oh, its a dirty DRAWING but someones gotta DRAW it now!

facebook_logo_aprilus

Stifine, le conte intégral (4 planches)

StifDeux planches actualisées et deux nouvelles pour célébrer la connerie d’Harper et de ses sbires.

Et ça devrait paraître (avec deux autres planches faites de dessins recyclés) en BD au sein d’un ouvrage d’œuvres collectives concocté par Coup d’Griffe (une association d’artistes autogérés basée dans le sud de Montréal). Également dans le Journal Le Québécois (journal indépendantiste fondé en 2001 par les journalistes Patrick Bourgeois et Pierre-Luc Bégin.). Tout ça sur le thème des hydrocarbures et de leurs groupies. Amusez-vous et cliquez sur les dessins pour agrandir… Ciao!

stifine page 1 aprilus

stifine page 2aprilusstifine page 3 aprilusstifine page 4 aprilusfacebook_logo_aprilus

Pas de quartier pour les dogmes!

Islamophobie? Une imposture intellectuelle qui tente de faire croire que critiquer une idée, critiquer un dogme revient à critiquer des personnes, ce qui est faux.

Le lien entre laïcité et islam est le suivant : Il y a tout un tas de procédés mis en place par les fondamentalistes pour faire taire toute critique rationnelle de l’islam. Ça peut aller du crime, du meurtre, du terrorisme, comme ce qui a été fait à Charlie Hebdo, jusqu’à un discours beaucoup plus édulcoré, plus pernicieux, qui se sert de l’argument de l’islamophobie.

S’intégrer c’est d’abord accepter que l’islam est une religion au même titre que les autres religions et qu’il accepte à la fois la laïcité et l’humour.

Il faut cesser de s’allier aux idiots utiles des intégristes […], ces gens qui disent toujours «oui, mais… quelque part ils l’ont cherché». Certes, ces gens ne sont pas des terroristes, mais par leur discours, ils donnent une certaine légitimité à ces actes.

Zineb El Rhazoui – Rédactrice de Charlie Hebdo, en entrevue au Devoir 26/01

Lion-dor-Charlie-Hebdo-complet

mots aux-chiottes

facebook_logo_aprilus

Je suis laïcité

Journée de verglas, pas de boulot, je peux reprendre les armes.  Enfin, les crayons.  J’en pondrais des pelletées en ce moment, des dessins. Mais voilà, je redeviens un monsieur pour trois mois. Un métier qui ne peut être bâclé. Et de toute façon qu’est-ce que ça peut vous foutre mes p′tites affaires? Serais-je en train de patauger dans ce registre d’humour narcissique dit «jeune»? Je, moi, je, moi, je. Inoffensif, consensuel, apolitique, du «on s’y reconnaît tous». Du sécuritaire qui vend bien. Eh ben, non! Vive le poil à gratter! À plus tard donc (et un peu moins souvent)!

PS. La BD ci-dessus, c’est extrait du bouquin mentionné précédemment. J’en laisserai passer au compte-goutte. Modeste et discrète contribution à cette lutte pour la laïcité et le droit de rire.Marde2

MarineSarkoFachosAlexApril copyfacebook_logo_aprilus