Dorion ne dit pas que de la merde (mais…)

Catherine Dorion n’a pas tout faux, bien au contraire. Mais elle sous-estime l’aversion que suscite son parti. Elle semble incapable de prendre la mesure du degré d’irritabilité d’un large pan de la population n’ayant pas digéré les quolibets dont QS l’afflige régulièrement (je vous laisse deviner lesquels). Dorion polarise. Pour une politicienne, c’est un défaut et pour la population, une nuisance de plus. Moi, perso, mélanger la « personne privée » avec la fonction d’élu du peuple, je trouve ça nul et déplacé. Dorion donne régulièrement dans le p’tit spectacle sauce web-cam, bien de notre temps. Le genre de manifestation égocentrique où on se met en scène. Le Péquiste Paul St-Pierre Plamondon s’y est adonné en campagne et je trouvais ça pitoyable. À mon avis, la fonction d’élu exige davantage de sobriété, de modestie et de tact. Moi qui suis un admirateur inconditionnel de Falardeau et de Chartrand, pour autant, je ne les aurais pas vu en politiciens. Il y a ceux qui font la politique à l’assemblée Nationale et les autres, ceux qui en font à l’extérieur. Trump qui joue son personnage de boss à l’épiderme carotène ou Dorion qui joue à l’ado cool, en politique, c’est la même crisse d’affaire. Ça fait des buzzs médiatiques, c’est divertissant, mais dans les faits, c’est dommageable. Ce n’est pas une question de novlangue, il s’agit plutôt de ménager les susceptibilités et de rallier. Et c’est certainement pas le maire Labaume, un autre petit metteur en scène du dimanche, qui va venir me donner l’impression d’être un coincé du cul. Bien sûr, Dorion, je trouve qu’elle en a lâché des énormités pendant la campagne (cette histoire d’hommes blancs de 55 ans). Et je soupçonne qu’elle soit proche des thèses racialistes de QS, ce parti se prétendant indépendantiste et réclamant, du même souffle, la tutelle d’Ottawa. Ceci étant, il n’empêche que Dorion ne dit pas que de la merde et parfois, je suis bien content de ce qu’elle nous sert. Elle dit des choses que je veux entendre. Ce qui m’emmerde, c’est l’emballage et les clowneries. Le coup du «3ème lien c’est de la marde» en Espagne et la banalisation de la coke façon Youtubeuse, c’était deux prouesses d’insignifiance. La recette gagnante pour torpiller ses propres combats et entretenir cette foutue polarisation qui nous mine collectivement. Dorion est loin d’être la tarte que certains prétendent et j’ose espérer qu’elle fera mieux que ses potes trotskystes et autres admirateurs de Sartre, collabos, sectaires et obtus.

Note : Le dessin était pour le Journal L’index (avorté). Voilà pourquoi il n’est pas 100% en symbiose avec le texte. On distingue tout de même, parmi les chiens, ce qu’il faut de «solidaires» pour permettre au statut quo de perdurer.

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2 réponses sur “Dorion ne dit pas que de la merde (mais…)”

  1. Elle ne peut avoir tout faux mais tout ce qui est public peut être critiqué sinon on reste chez soi .

    Il est vrai que l’art de se mettre en scène peut être intéressant mais le talent doit y être

    Faire de la politique comme si on jouait dans une pièce de Tartuffe ou carrément croire qu’ être aussi génial que Tartuffe, faut avoir un sacré talent !
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tartuffe_ou_l'Imposteur

    Ceci dit, elle peut compétitionner avec Justin Trudeau qui aime bien aussi faire l’ arrrrrtiste …

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Hybris
    La mythologie regorge de récits mettant en scène un personnage puni pour son hybris envers les dieux :

    Hybris

    L’hybris, ou hubris, du grec ancien ὕϐρις / hybris, est une notion grecque qui se traduit souvent par « démesure ». C’est un sentiment violent inspiré des passions, particulièrement de l’orgueil.

    Dans Les Travaux et les Jours d’Hésiode, les différentes races d’hommes (de bronze, de fer, etc.) qui se succèdent sont de même condamnées pour leur hybris.

    Dans cet extrait d’Aristote11, où hybris est traduit par « outrage » :

    « V. Celui qui outrage méprise. En effet, l’outrage c’est le fait de maltraiter et d’affliger à propos de circonstances qui causent de la honte à celui qui en est l’objet, et cela dans le but non pas de se procurer autre chose que ce résultat, mais d’y trouver une jouissance. Ceux qui usent de représailles ne font pas acte d’outrage, mais acte de vengeance.
    VI. La cause du plaisir qu’éprouvent ceux qui outragent, c’est qu’ils croient se donner un avantage de plus sur ceux auxquels ils font du tort. Voilà pour quoi les jeunes gens et les gens riches sont portés à l’insolence. Ils pensent que leurs insultes leur procurent une supériorité. À l’outrage se rattache le fait de déshonorer, car celui qui déshonore méprise, et ce qui est sans aucune valeur ne se prête d’aucune estimation, ni bonne, ni mauvaise.

  2. Cette « pouet »(poète dis rapidement) nous interdira sûrement l’usage de quelques mots de plus qui grossiront l’index de ce lieu de « parlementarisme » que devrait pourtant être l’Assemblée Nationale. :/ On va sûrement perdre « Cat-à-strophes », ou « Cat-à-tonics », et encore « Cat-ment-doux »… :/

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