Au pays des gentils

Aprilus plante le décor

Ça s’amuse ferme au pays des gentils. Après tout, l’été c’est fait pour jouer. Et celui de 2018 aura été riche en amusements. Vu de ce microcosme où galopent licornes et pangolins fluorescents, dans la vie, il y a des méchants et des gentils. Et heureusement, chez les gentils, il y a des gardiens de la pensée. Fort des algorithmes de Facebook, tout ce petit monde évolue en vase clos sur fond de patchouli.

Or les gentils ne se cantonnent pas qu’à Montréal et certaines de leurs âneries remontent le fleuve. C’est ainsi qu’un échange «qui n’a pas eu lieu» et qui pourtant a généré son lot de petits cœurs et de pouces levés m’a donné envie de varger à nouveau dans ce guêpier qui constitue la clientèle de Québec Solidaire.

Au pays des néo-cléricaux québécois, dès lors qu’on a de bons sentiments, les faits et la sémantique comptent peu. On s’y bricole un petit cocon d’intransigeance bien sélectif et on n’aime pas qu’on vienne nous y secouer les puces. Chez les gentils, on peut partager des énormités et, dès lors qu’un pauvre bougre vient polluer notre petit monde, on se contente de se distribuer des likes entre calinours. Mais au fond, on est quand même bien contents que les méchants nous accordent autant d’importance. Alors entre vertueux, on peut pousser le bouchon jusqu’à endosser la racialisation ambiante et l’onde de censure et d’auto-censure qui balaie actuellement le Québec.

La récréation se terminera peut-être lorsque le monde extérieur appellera enfin les choses par leurs noms.

Retourner l’insulte – RACISTE – et y adjoindre CENSEUR

Le largage d’énormités racistes nappées de bien-pensance induisent une autocensure qu’on mesure par la tiédeur des réponses qu’il suscite. Un hurluberlu fringué en gothique avec une empreinte de loup sul’ chest, assurément, on lui fera sa fête. Le néo-clergé, lui, est à l’abris de tels déferlements d’indignation car il s’affirme bruyamment antiraciste et égrène sont petit chapelet pseudo-intellectuel, le plus souvent dans la langue de Shakespeare.

Devant le racisme, je n’y vais pas par quatre chemins. Qu’il émane du bec de lièvre d’un fakir tamoul, d’un pygmée hydrocéphale ou d’un apache hermaphrodite, si tu partages des propos racialistes, je vais le relever. Et surligner en rouge fluo si tu les endosses. Idem pour ce qui est d’excuser ce fléau intemporel qu’est la censure.

Lettre à un gentil de mon patelin

Avant de me lancer, Gentil-de-mon-patelin, je te prie d’excuser mon ton, mon style. C’est plus fort que moi. Autrement, écrire m’est moins amusant et puis tu le sais, en vrai, je ne suis pas spécialement teigneux. Ce qui m’intéresse ce sont d’avantage les idées que tu véhicules que ta petite personne, rassure-toi. De toute façon, je sais bien que tu ne liras pas mes mots. Enfin, ma marde, si tu préfères.

1- L’antiracisme raciste

On va mettre les choses au clair. Le racisme tient de l’ignorance. Et ignorants, nous le sommes tous à des degrés divers – ne pas le reconnaître tient de la connerie absolue. Je veux bien croire, cher justicier de la justice, que tes intentions sont nobles. Moi aussi, je me réjouis de voir nombre d’autochtones sortir du mutisme et se tailler une place dans le débat public. Seulement, je me méfie de ces petits porte-paroles autoproclamés que tu suis fiévreusement. Tu ne trouves pas ça réducteur de ranger les quelques 500 nations autochtones des Amériques derrière Maïté Labrecque Saganash ou Natasha Kanape? Les indiens, ils n’ont pas le droit d’être de droite? D’être cons, tout simplement. Tu les fantasme comment? Tous traditionalistes, gentils, de gôche, avec des plumes au cul? Et à partir de quel degré de métissage peut-on se prétendre indien? Tu ne t’étais pas posé la question? Effectivement, c’est débile. C’est raciste. Maïté et Natasha ne représentent qu’elles même, ou tout au plus, une poignée d’exaltés. De la même manière, Wiel Prosper, si prompt à fustiger ceux des «siens» ne se ralliant pas à ses idées, ne représente en rien les «noirs». Pas plus que Dalila Awada ne représente les gens de confession musulmane.

Mais avant d’aller plus loin cher Gentil, je t’invite à ne pas remettre en question ma sensibilité aux réalités autochtones. C’est un peu nul de le rappeler mais je vois pointer la bêtise, le classique dénigrement du messager. J’ai vécu des années marquantes chez les cris et les inuits, mes enfants sont nés là-haut, très loin de Montréal, de l’UQAM et de Concordia. J’y ai même des parents adoptifs, eux-mêmes passés par le rouleau compresseur des écoles résidentielles. Et je t’assure que je sais prendre tout le recul historique qui s’impose. Alors épargne-moi tes raccourcis vaseux, car pour l’heure, le raciste qui s’ignore, c’est toi.

Le racisme donc, chemine lentement mais sûrement. Pour le justifier, les nazis l’ont enrobé d’un jargon scientifique. Pour le diffuser, la RTLM, radio populaire Rwandaise, l’a asséné en boucle, sous forme d’un quolibet, «cafard». Ici, le néo-clergé québécois, recoure à la bien-pensance anglo-saxonne. Il importe le discours racialiste des Étazuniens. Et pour le gauchiste d’un autre cru que je suis, le pouvoir de nuisance de ce néo-clergé ne s’arrête pas là. Bien qu’il aboie à l’occasion à leur endroit, il sert les puissants. À force de sottises racialistes, d’écriture zinclusive et de délires de reconnaissance d’individualités toujours plus excessifs, il détourne l’attention publique du pillage économique, de la destruction environnementale et de notre asservissement collectif à une autre nation.

Parmi les inepties racistes que tu véhicules – ou like – allègrement, il y ce concept tordu de whitesplaining. Ainsi la couleur de la peau assignerait certains individus à résidence. Tout individu né blanc (là aussi il faudrait que tu nous indiques à partir de quel degré de blanchitude) serait coupable de colonialisme. Évidemment le colonialisme, l’esclavagisme et la traite négrière perpétrés jadis – et encore aujourd’hui – par certains musulmans ne t’indispose pas. L’antiracisme raciste, par exemple Jaggi Singh qui vomit du blanc, ça ne te pose pas problème car, dans ton cosmos, les porteurs d’épidermes basanés sont vaccinés contre l’ignominie suprême! Le seul racisme digne de ta vindicte c’est celui des blancs d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Le poids du passé, pour toi, c’est aux individus de le porter. Suivant ton raisonnement, puisque le nazisme fut une invention germanique, tout enfant allemand né depuis devrait porter la responsabilité des bourreaux d’autrefois. Vraiment, l’absurdité tu ne la sens pas? Il faut vraiment t’expliquer?

Tout ceux qui prennent à la légère ce genre de dérives verbeuses se montrent complices de cet authentique racisme néo-clérical. Il faut le voir, le reconnaître et le dénoncer comme tel.

Pour clore sur ce point, j’aimerais reprendre les propos de mon ami André Gagnon alors qu’il réagissait à une autre donneuse de leçon. Le racisme qui a façonné l’Amérique du nord n’était pas spécialement blanc, mais bien anglo-saxon et protestant. Il n’était pas plus «blanc» que le racisme aryen des nazis. De quel traitement «privilégié blanc» ont bénéficié les Acadiens, dépossédés, traités et déportés comme du bétail, sans droits reconnus et sans indemnisation pendant 2 siècles? De quel «privilège blanc» a bénéficié Louis Riel et ses métis? Pour certains enfants de Lord Durham, premiers bénéficiaires encore aujourd’hui de ce racisme, il est de bon ton de se déculpabiliser en rejetant le blâme sur ceux que leurs prédécesseurs ont opprimé. La preuve vivante que leur racisme se porte bien.

2- Non, la censure ce n’est pas une question d’hygiène

Voici un exemple de comment, à force de branlettes intellectuelles, on excuse la censure – où lorsque des relents staliniens diffusent dans la bien-pensance :

«Les mécontents et les protestataires vous agacent peut-être, mais ils sont les vrais gardiens de vos droits et de vos libertés, y compris de la liberté d’expression. La critique, la dissidence, le refus, c’est le dernier rempart de la démocratie. (…) Réjouissons-nous tout de même de vivre dans une société où les artistes ont le droit de se tromper, et où le public a également le droit de les critiquer et de les rappeler à l’ordre quand ils errent. La liberté d’expression, c’est pour tout le monde ou ça n’existe pas. C’est bien ce qu’il y a de plus positif à retirer de ce lamentable épisode.»

Cet extrait et l’article d’où il a été tiré, tu les as partagé. Sérieux, tu trouves ça malin? Tu n’a pas voulu me répondre quand j’ai relevé la grossièreté, les contradictions et la condescendance de cette affirmation. Tu crois vraiment que les «noirs», les «indiens» et la «démocratie» se portent mieux depuis que deux œuvres de Robert Lepage ont été mises à l’index par «les gardiens de nos droits et liberté»? D’abord, ce sont peut-être tes gardien à toi, mais pour moi ce sont des clowns obscurantistes, dangereux et nuisibles. Ça ne te saute pas au yeux à quel point ce charabia ne veut rien dire? Il faut vraiment que je t’explique? Relie l’extrait, mesure la bêtise. Cher Gentil, tes gardiens de mes deux, les fameuses pièces de Lepage, ils ne les ont même pas vues! Et ils ont œuvré à les faire censurer! Faut vraiment être débiles…

Avant d’aller plus loin, je vais ouvrir une parenthèse égocentrique. Je voulais te dire que vous (enfin, toi, ton likeux attitré et quelques autres du patelin), m’avez bien déçu par votre silence alors que le petit éditeur du Journal Le Québécois foutait mon article intitulé «Ceux qui hurlent avec les loups» aux poubelles. C’était sous prétexte que je n’étais pas assez fin avec Québec Solidaire. Peut-être qu’à vos yeux, un safe space médiatique était de mise, dès lors que Paul Cliche, un gourou prosélytiste de la gauche orange, était venu mettre son grain de sel en me qualifiant de scatophile. N’empêche, vous pouviez tout à fait ne pas être d’accord avec mon propos. Mais sachez toutefois qu’il manque visiblement une dimension à votre engagement prétendument progressiste : la défense de la liberté d’expression. L’humanité n’a pas à réagir à mes déboires, mais quand on est du même patelin, un peu plus de 3000 habitants, votre silence, même en privé, m’est apparu, du moins pour les deux premiers moineaux, comme un appui tacite au censeur (d’un propos qui vraisemblablement vous agaçait). Eh les mecs, la liberté d’expression ce n’est pas l’affaire d’un clan. Vous devriez relire Chomsky, gauchistes que vous êtes. Et pour ce qui est de mon irritant propos, vous devriez relire Falardeau que vous aimez tant citer de manière sélective.

Mais revenons à l’affaire Lepage, autrement plus évocatrice que ma banale petite histoire. Faudra-t-il recourir à une gamme de couleurs SICO, à un test d’ADN ou revenir à la crâniométrie du 18ème siècle (photo de 1912 ci-contre) pour que soit déterminée notre «case raciale» et de ce fait notre latitude de parole? Et pour causer de l’homosexualité, devrons-nous fournir aux gardiens de la bonne pensée un rapport de nos activités sexuelles? Pour causer d’un genre, devrons-nous baisser notre slip? Pour causer d’une idéologie religieuse devrons-nous en être nous-mêmes endoctrinés?

D’ailleurs à propos de bondieuseries, ce sont aussi tes amis calinours, anarchopanda, inspecteur Camus, Singh et autres tenants du multiculturalisme (en tête, le PLQ) qui se sont mis à diaboliser la laïcité, à associer religions et races, à chier des stéréotypes racistes et à vomir un portrait hétérogénéisant des croyances. Voilà 15 ans qu’on se replonge périodiquement dans le même merdier et à chaque fois, tu cries présent pour bien envenimer l’affaire. Tu ne trouves pas qu’on marche sur la tête là? Qu’il est temps de passer à autre chose?

Ressaisi toi Gentil! Est-ce qu’il faudrait t’énumérer toutes les œuvres qui devraient être mises à l’index selon ton raisonnement de raciste et d’analphabète culturel? Pas sûr que t’aurais la patience de tout te farcir tellement il y en aurait, y compris parmi tes héros anarchistes et gauchistes. Tu mesures le risque qu’on court, collectivement si les artistes, les auteurs, les citoyens se soumettent à l’autocensure, par peur de déplaire à tes bruyants amis du néo-clergé?

C’est pourtant pas compliqué, ami Gentil. TOUT le monde peut s’exprimer, créer, peindre, écrire, dessiner, danser, jouer, sculpter à l’abris du carcan idéologique de tes prétendus gardiens à la con. Le bourgeois comme le prolo. En création, TOUT le monde a le droit de s’inspirer de quoi bon lui semble. On peut s’inspirer de TOUT ce qu’on veut! TOUT le monde a le droit de se planter, de se raviser, ou d’assumer. Devant une création, TOUT le monde a le droit de réagir, d’aimer, de ne pas aimer, de critiquer, de caricaturer, de pasticher, etc. Mais pour ce faire, ça aiderait que tes amis du néo-clergé mettent au placard leurs petits réflexes totalitaires. Faudrait qu’ils comprennent que le monde ne s’arrête pas à la paroi de leur bulle.

La rencontre de deux dérives

Je veux bien croire que ton positionnement part de bonnes intentions (en fait, j’en suis convaincu). Mais au final, il est aussi nuisible que celui qui transpire de la meute ou autre rassemblement de guignols – qui, aussi, peuvent s’être braqués sur des bêtises à partir de craintes légitimes. Nier que ces gens ne sont pas tous forcément mal intentionnés; c’est se comporter en petit Lénine. Se croire appartenir à une élite éclairée, omnisciente, seule apte à penser. C’est mépriser le peuple et s’en couper, c’est pervertir les luttes de la gauche en autocratie; c’est nourrir la fragmentation, la division, la ghettoïsation. Alors que la gauche devrait penser le commun. 

Avec votre surexposition médiatique, vous faites passer l’ensemble des anarchistes et des gauchistes pour une bande d’abrutis! Ne serait-ce que pour cette raison, on peut remercier Roméo Bouchard et Louis Favreau pour leur manifeste de L’Aut’ Gauche.

On assiste à deux types de dérives racialistes qui carburent à l’ignorance et se nourrissent mutuellement. Pour l’heure, tu t’inscris dans l’un de ces courants. Est-ce que tout ceux qui macèrent dans l’un comme dans l’autre sont des racistes finis? Non, mais certainement, ils sont ignorants quelque part. Bonne nouvelle, ça se corrige.

Le bisou de la fin

De grâce, Gentil n’embrasse plus ces conneries mortifères. Ne crains plus l’excommunication de cette clique de fanatiques unidimensionnels, fussent-ils tes amis. L’indépendance d’esprit, c’est une belle expérience de la liberté. Pour l’essentiel, Gentil, on est plutôt d’accord. Du coup, c’est bête qu’on se crêpe le chignon tous les deux car j’ai pour toi, à bien des égards, une sincère admiration. Mais quand tu endosses des propos racistes et que tu te comportes en gardien de la pensée, je surligne la chose en rouge.

Le racisme, d’où qu’il émane, et la censure ne passeront pas.

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«Placébo Bio Québec Solidaire»

QS agit comme marchepied pour les Libéraux et la CAQ

En lien avec cet extrait, un texte d’André Parizeau. Pour le lire, SUIVEZ LE LIEN. Non, la gauche ce n’est pas ça!

Un médicament placebo contient des substances supposées neutres, c’est-à-dire sans effet pharmacologique démontré dans la pathologie considérée, administré dans le but de plaire au patient… (https://fr.wikipedia.org/wiki/Placebo_(pharmacologie)

Note sur le ton : La satire, la caricature, ça grossit le trait, ça brasse, pis à priori, quand on a les outils, ça fait gamberger. Massé, c’est une politicienne, une personnalité publique, donc pas de traitement de faveur. On n’est pas dans une de ces foutues «safe space» pour débiles. La vulgarité, on la voit là où on veut. Je me doutais bien ne pas faire l’unanimité avec ce dessin. Tant que tu réponds pas à la kalachnikov, t’as le droit de détester.

Aprilus

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La Grande dérape

1 Derape aprilus

2 Derape aprilus

3 Derape aprilus4 Derape aprilus5 Derape aprilus

Cette BD modérément méchante fut longue mais ô combien satisfaisante à chier. Je la dédie aux rats des villes, aux philosophes de supermarchés, aux anarchistes du dimanche, aux bibittes à «safe spaces» et surtout à ceux de mes amis qui traînent encore chez QS. Il ne me reste plus qu’à vider mes tiroirs de tout ce qui se rapproche de ce débat empoisonné et à tirer ma révérence de ces redondantes chicanes. Du débat sur la laïcité, j’ai jamais voulu faire un fond de commerce ou une sorte de spécialité. C’est juste que la bêtise m’inspire. Oh simonac que j’en ai perdu des plumes! Oh saint-siboire que j’en ai reçu des roches! Mais même si je sature en gériboire, il me fallait un rituel en deux actes pour décrisser en beauté. Car oui, même les mécréants s’offrent des rites.

Donc tout ça, c’est pas mal de boulot. C’est pas payé, ça va de soi. Et en plus d’aimanter les fous furieux, c’est invendable. C’est garoché en ligne pour la beauté du geste, pour résister. Sans doute aussi un peu par pure mésadaptation commerciale… Alors si ça t’as plu et que t’as envie de me donner une tape dans le dos, tu peux l’écrire, partager le lien ou même me faire un don.

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À bâbord! Les publireportages d’une gauche régressive urbaine

Publié dans le Journal du Québécois le 10 avril 2016

Une job à 4 mains menée par Aprilus et François Doyon.

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Aprilus met la table.

Le Monde Diplomatique, pour moi, c’est l’incarnation du bon journal de gauche. Et si le petit côté universitaire vous saoule, en France, il y a aussi le drôlement féroce Fakir. Ici au Québec, on a ce truc, À Bâbord! Un canard urbano-centriste qui impose le carcan d’un parti politique, Québec Solidaire. Voici donc un papelard restrictif au niveau des nombreuses expressions de la gauche, allergique au principe de la laïcité et frileux quant à ce qui devrait pourtant faire vibrer tout progressiste: la liberté et l’indépendance. Le philosophe François Doyon, auteur du texte qui suit, et moi avons tous les deux oeuvré au sein de ce véritable cloaque idéologique – exception faite de la chronique de Normand Baillargeon. Depuis l’horrible numéro célébrant l’anniversaire de «la» gauche québécoise, l’idée de fesser sur ce publireportage fondu dans le papier glacé nous titillait. C’est finalement le tendancieux numéro sur le racisme qui nous aura fait sortir de nos gonds et poussé à commettre ce que vous avez sous les yeux. Alors que non-seulement le Diplo a anticipé la montée des extrêmes, qu’il en fait régulièrement une lecture éclairée, relevant les raisons du mécontentement populaire ambiant ainsi que les trahisons d’élites soit disant progressistes; alors que nombre de voix s’élèvent quant aux erreurs tactiques des mouvements anti-racistes européens; Québec Solidaire et ses sbires régressistes persistent dans leur aveuglement et leur mépris du «troupeau dérouté», cette populace ignare et raciste capable de conduire des hurluberlus comme Trump au pouvoir. Attisant allègrement le ressentiment populaire et entretenant une incendiaire polarisation, cette gauche québécoise adulée des puissants, prétend pourtant vouloir parler d’autre chose que d’identité, de souveraineté et de laïcité. À force de célébrer les différences individuelles, elle a dilué sa vocation première: défendre les classes populaires. À Bâbord! n’est qu’un des véhicules de cette mortifère propension sur laquelle mise le PLQ pour éradiquer toute velléité indépendantiste. Fort à parier que Couillard, qui lui aussi se contre-crisse de la paix sociale, est abonné à ce torchon Montréalais.

Doyon procède à la dissection.

À bâbord! est une revue de gauche qui s’autoprésente en ces termes : « La revue À bâbord! est une publication indépendante, sans but lucratif, paraissant cinq fois par année depuis sa fondation en 2003. Elle est éditée par des militantes et des militants de toutes origines, proposant une révolution dans l’organisation de notre société, dans les rapports entre hommes et femmes et dans nos liens avec la Nature [sic]. La revue a pour but d’informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d’offrir un espace ouvert pour débattre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d’origine populaire. À bâbord! veut appuyer les efforts de celles et ceux qui dénoncent les injustices et organisent la rébellion. »

Aprilus et moi-même sommes tous les deux d’anciens collaborateurs de cette revue. Nous avons quitté le pont de ce navire qui prend l’eau, marginalisés au sein même de la marginalité. En effet, À bâbord! ne représente « qu’une gauche » et demeure sectaire et urbain même lorsqu’il traite de sujets régionaux. La gauche ne se limite pas qu’à cette vision biaisée. Car reléguer la lutte pour l’indépendance du Québec au ras de la moquette, ce n’est pas ce qu’il y a de plus progressiste.

Le lecteur un tant soit peu perspicace aura déjà compris : À bâbord!, est un éditeur de publireportages pour Québec solidaire.

Plusieurs voies d’eau ont précipité À bâbord! dans un abîme de niaiseries. Le naufrage est apparu inévitable avec la publication d’un dossier spécial dans le numéro 67, intitulé « Racisme au Québec : au-delà du déni ».

 Il est dit dans ce dossier qu’il n’y a pas de capitalisme sans racisme. Cette affirmation est lancée sans preuve suffisante.

« Notre manière de nous mobiliser autour de la question du racisme, écrit l’auteur, est une question de premier ordre au Québec, alors que l’élite utilise des sentiments identitaires rigides et rétrogrades pour maintenir une position de privilèges, s’attaquer aux conditions de travail et maintenir les travailleuses et travailleurs racisés dans une situation de vulnérabilité et d’exploitation. »

Le texte énonce bien quelques faits, mais l’agencement de ceux-ci donne à croire que le phénomène du racisme est lié au seul capitalisme nord-américain. C’est de la malhonnêteté intellectuelle. Une généralisation abusive qui manifeste une profonde ignorance de l’histoire et de l’essence du capitalisme. Il ne faut pas comprendre grand-chose au monde actuel pour écrire qu’il n’y a pas de capitalisme sans racisme. S’il existe une idéologie qui ne fait pas la différence entre un homme noir et un homme blanc, c’est bien le libéralisme économique et son culte de l’Homme remplaçable.

L’article relate des faits historiques sans faire la moindre différence entre Français et Anglais, il se contente de traiter du Québec et du Canada comme s’il s’agissait du même peuple!

L’auteur sait-il qu’il ne parle pas du Québec lorsqu’il écrit : « La fondation du capitalisme au Canada repose en effet sur une logique racisée. La dépossession des terres autochtones et le vol de leurs ressources étaient fondamentaux pour l’accumulation historique du capital et ces mécanismes sont toujours bien à l’œuvre aujourd’hui. Avec la Loi sur les Indiens, l’élite du Canada s’est assurée que les peuples autochtones soient marginalisés au sein d’un système d’apartheid » ?

Le Québec n’est pas du tout responsable de la loi sur les Indiens, c’est une loi fédérale. Le texte dénonce le racisme, mais la pire forme de racisme n’est pas justement de nier l’existence d’un peuple?

Plus absurde encore, l’auteur, déformant outrageusement la réalité, présente le projet de loi 62 comme raciste :

« Loin de promouvoir les idéaux universels de sécularisme, ce projet de loi régressif vise clairement les musulman.e.s [sic] du Québec. Il est même critiqué par le parti québécois pour ne pas aller trop loin. La ministre libérale Stéphanie Vallée a suggéré d’adopter des mesures similaires à la France, telles que permettre à la police de fouiller les femmes qui portent le niqab. Tout cela est présenté sous le couvert du sécularisme et de la civilité, alors que l’intention politique est manifestement de consolider certains segments de l’Électorat en mobilisant un discours sur les communautés immigrantes, particulièrement les communautés arabes et musulmanes; en insinuant que le Québec, comme nation blanche et judéo-chrétienne, serait menacé de l’extérieur et de l’intérieur par des barbares à nos frontières et entre notre sein. »

Prêter de telles intentions au PLQ relève du pur délire de persécution. Tout ce qui limite la liberté de cette religion d’État non repentante est vu comme du racisme…

Bref, en publiant ce torchon, les harpies intersectionnelles de À bâbord! occultent complètement dans leur diatribe le fait que les canadiens-français étaient dans une position de subordination tant sur le plan économique que social et culturel jusqu’à la fin des années 1970. Et encore aujourd’hui, ils sont sous-représentés tant au Canada qu’au Québec dans le 1 % les mieux nantis. C’est bien beau de dire aux autres de vérifier leurs privilèges, mais que ces harpies commencent par réviser leurs manuels d’histoire.

Je leur recommande notamment la lecture de l’historien américain Francis Parkman, spécialiste de la Nouvelle-France, qui écrit : « La civilisation espagnole a écrasé les Indiens; la civilisation anglaise les a méprisés et négligés; la civilisation française les a enlacés et chéris. » (cité par Alfred A. Cave, The French and Indian War, Greenwood Press, 2004) Enlacés et chéris c’est beaucoup dire, mais pour des raisons économiques et politiques les autorités coloniales françaises les ont perçus comme des alliés et de nombreux « Canadiens » vivaient en leur compagnie…

Si les auteurs de À bâbord! étaient moins ignorants de l’histoire du Québec, ils comprendraient que si nos relations avec les autochtones avaient été mauvaises, jamais ils ne nous auraient permis de découvrir le continent américain jusqu’au fin fond du Mississippi. On se serait fait massacrer le temps de le dire. La population de la Nouvelle-France était trop petite pour conquérir ce coin de pays. Même lors de la première paix des Braves, les Amérindiens avaient la force militaire nécessaire pour nous vaincre et nous confiner à Québec et Montréal. Nous n’avions pas les moyens de les exterminer. Après il y a eu la conquête anglaise…

Il faut voir le film L’empreinte pour comprendre que les Québécois sont certainement la nation la plus proche des autochtones de toute l’Amérique du Nord. Sirop d’érable, épluchettes de maïs, hockey : est-il quelque chose de nous qui soit typiquement québécois et qui ne porte pas la trace de notre métissage?

Le dossier « Racisme au Québec : au-delà du déni » est un appel à la repentance et à l’autoflagellation. Or tenter de faire ressentir de la white guilt est le meilleur moyen de produire un suprémaciste. À chaque attaque de culpabilisation, on devient davantage ce que la gauche régressive croit combattre. La gauche régressive incite à remarquer plus que jamais la couleur des gens! Inutile de continuer à traiter les Québécois de racistes, ils le savent et ça les indiffère de plus en plus. La gauche régressive a réussi à banaliser le racisme à force de le voir partout où il n’est pas.

Un procès du Québec pour racisme qui jette de l’huile sur le feu, est-ce mieux qu’un débat sur une charte qui souffle sur les braises de l’intolérance? En faisant le procès du Québec, la gauche régressive provoque les mêmes dommages qu’elle reprochait au débat sur la charte des valeurs du PQ.  Avec son dossier, À bâbord! jette de l’huile sur un feu qui réchauffe l’extrême droite.

Dans le numéro 68, À bâbord! réplique à l’indignation et aux dérapages racistes qu’à suscité le texte « Pas de capitalisme sans racisme », qui fût aussi publié dans Le Devoir[1]. Les coordonnateurs du dossier et l’auteur du texte conspué écrivent :

« Évitons les sophismes : dénoncer le racisme et le fait qu’il sert l’implantation d’un capitalisme déshumanisant ne signifie pas qu’on est raciste anti-Québécois ou anti-blanc; ce n’est pas non plus l’expression d’une volonté d’invisibiliser l’histoire du Québec pour prôner des valeurs islamistes. »

Ce n’est pas un sophisme que de dire que l’auteur de « Pas de capitalisme sans racisme » déforme l’histoire du capitalisme et l’histoire du Québec.

Ce n’est pas un sophisme que de dire que le capitalisme n’est pas toujours lié au racisme. Le capitalisme est lié au racisme durant ce que Marx appelle la « phase d’accumulation primitive : “La découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d’accumulation primitive qui signalent l’ère capitaliste à son aurore[2].” Mais lorsque le Québec est sorti du régime seigneurial, si son industrialisation était liée au racisme, c’était le racisme anti-francophone. Nous pensons aux ouvriers francophones des quartiers industriels de l’est de MontréaI. Ces ouvriers travaillants pour des boss anglophones sont bien représentés dans les œuvres Michel Tremblay. Il faut vraiment ignorer l’histoire du Québec, ainsi que sa littérature, pour penser que les francophones du Québec se sont enrichis en exploitant les autres races.

Nous reconnaissons qu’il est important “d’écouter et d’entendre l’Autre”, mais nous refusons qu’on fasse le procès des Québécois sur la base de mensonges colportés par des immigrants et des militants de gauche qui ne prennent pas la peine de s’instruire correctement sur notre histoire avant de nous juger. Remarquez que le processus de sécularisation amorcé durant la révolution tranquille, est complètement zappé des radars de ces progressistes à deux balles…

Combattre le racisme est une noble cause. La façon la plus perfide de nuire à une cause, c’est de la défendre avec de mauvaises raisons. Or, c’est précisément ce qu’a fait À bâbord! avec son dossier sur le racisme. Pour renflouer l’épave À bâbord!, il faudrait son comité de rédaction cesse de publier des surdoses d’ignorance.

 

Biographie – François Doyon – Ose te servir de ton propre entendement! Voilà la phrase fétiche de François, une phrase qu’il aime appliquer au jour le jour. Que ce soit dans ses luttes épiques contre les impostures intellectuelles, son amour pour les plantes que personne ne connaît par leur vrai nom ou son dévouement pour ses élèves, François ne se chauffe pas de n’importe quel bois. Spécialiste de la philosophie de Hans-Georg Gadamer, il est l’un des auteurs de Philosophical Apprenticeships, contemporary continental philosophy in Canada (Presses de l’Université d’Ottawa, 2009), de L’art du dialogue et de l’argumentation, s’initier à la pensée critique pour le cours « Philosophie et rationalité » (Chenelière Éducation, 2009) et de La face cachée du cours Éthique et culture religieuse (Léméac, 2016). Il vient de publier Les philosophes québécois et leur défense des religions (Connaissances et Savoirs, 2017). François Doyon est également contributeur pour la revue Québec sceptique.

 

Aprilus…

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[1] http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/488276/pas-de-capitalisme-sans-racisme.
[2] Karl Marx, Le Capital, Livre I, VIIIe section : L’accumulation primitive, Chapitre XXXI : Genèse du capitaliste industriel.


 

 

 

 

 

 

Couillon, fossoyeurs, girouette et satire!

12241394_566712196816851_6235432760476409155_nCouillard continue de donner du couperet et part à la pêche aux «improductifs». Québec Solidaire boude les évènements à saveur indépendantistes et célèbre le fiasco de la dite option lors de l’élection partielle de St-Henri-Ste-Anne. Et Legault, eh ben, il fait du Legault… Actualité très inspirante donc. Me suis même retenu de croquer ce déversement de merdes Montréalaises dans le Fleuve. Dessiner des petits Mickeys à 4o ans passés, y’a des limites. Pour cause de disette de feebacks. Car hormis les NON aux mille et une propositions que je sème à tout vents, en courant d’un bord pis d’l’autre, le pire, le fléau, celui qui donne envie de tout plaquer, c’est bien le silence. Quand tu dois  te contenter d’un commentaire de zincluzif ânonnant des zincluzivités sans même se donner la peine de lire tes propres âneries, c’est légitime de se questionner. Je dis ça en bon râleur. Allez, je m’offre un Oscar! Merci le Fringuant, merci Gilles, merci Roméo, merci Dominique. Vos zygomatiques me sont précieuses. 

fossoyeurs aprilusLegaultRenegat aprilus

Sur ce, les nostalgiques, je vous recommande fortement de mettre la main sur ces bouquins :

Hara Kiri Charlie

Et à mater ce petit film qui souligne la sortie du livre de Denis Robert à propos de Charlie Hebdo : Denis ROBERT, le temps des Mohicans

Dommage tous ces déchirements dans la presse satirique française.

Pour finir, en dédicace à mes amis et collègues du Taon qui se rencontrent pour savoir si le canard survivra : le souvenir d’une séance photo (création de pastiches) pour la revue Tabarnak! Projet avorté mais débile comme on aime. Les artistes invités, c’étaient les viscères d’une vaillante brebis réformée. Saine folie. Le monde est absurde, lâchons nous gaiement!

saine folie

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Individualistes de gauche & autres bricoles

Individualistes de gauche

deguisementChaque fois que l’enjeu de la laïcité revient au menu, les indépendantistes tièdes décochent leurs critiques les plus acerbes au Bloc et au PQ. Avec un zèle troublant. Curieusement, ces adeptes de démocratie participative ne sont pas en symbiose avec le malaise qu’éprouve la plèbe québécoise. Peints dans le coin avec le PLQ, en chœur avec les fédéralistes, ils accusent tout le monde, sans nuances aucune, d’obsession identitaire, de xénophobie et d’islamophobie (bien que le refus, la critique ou la peur de l’islam, ne soit qu’une position idéologique comme une autre). Au final, en polarisant ainsi le débat, ces hurluberlus alimentent les conditions d’une réelle montée des intolérances. Et pour ça ils sont dangereux. Suintant la nouvelle culture mondialiste et multiculturelle où tout est interchangeable – les nationalités, les religions, les cultures – ils subordonnent la communauté à l’individu; ce qui n’est pas sans rappeler un certain carré vert, Jean-François Morasse. Leur déni de l’enracinement historique et culturel réduit le pays à un fade cadre juridique de citoyenneté. Pourtant, baliser le religieux n’a rien d’odieux. La laïcité garantit la liberté de croyance (ou d’incroyance), elle rend possible la cohabitation pacifique des différentes religions ou idéologies. Un pays laïque n’est ni athée ni religieux. Il protège toutes les religions, comme il garantit le droit de n’en avoir aucune et de les critiquer toutes. Par ailleurs, il assure la protection des cibles involontaires d’interprétations religieuses cavalières, tels les femmes et les LGBT.

sauvages aprilus

Cheap shot

grde gueuleGabriel Nadeau Dubois m’a récemment donné de l’urticaire en tournant en dérision un article de Christian Rioux (Les noms d’oiseaux). Sur son compte Facebook, il associait grossièrement la tragédie autochtone au soi-disant  racisme congénital des québécois. Vraiment cheap. J’aime beaucoup GND. Le gars qui a contribué à remplir les coffres de Coule pas chez nous! J’aime les rebelles, ceux qui tiennent tête aux pouvoirs. J’aime aussi le monde perméable aux arguments des autres (ceux de Lise Payette ou de Guy Rocher, par exemple). J’aime les militants capables de revenir sur leurs positions, surtout si ces dernières entretiennent le «champ de ruine» qu’évoquait Parizeau. J’aimerais définitivement mieux croquer de mes crayons la grosse face édentée de Deltell plutôt que la poire de GND…

Nationalisme et biodiversité

barette fond aprilusMon nationalisme procède d’un réflexe de biologiste. Pour moi, la dilution et la disparition du français dans la mer anglo-saxonne, la distillation de notre mémoire collective, c’est pareil à l’érosion de la biodiversité. Avec notre effacement s’éteindrait une lecture du monde. Ni meilleure ni pire que les autres, mais unique et précieuse. Il s’agirait alors d’une perte pour l’humanité. Aussi consternante que le furent la disparition  du loup de Tasmanie, du dodo de l’Île Maurice ou du grand pingouin qu’on retrouvait jadis dans l’estuaire du Saint-Laurent. Aussi tragique qu’une éventuelle disparition de la culture Crie, Naskapis, Inuite, Bushmen ou Pygmée. Aussi angoissante que la perspective de la disparition de la rainette faux-grillon de l’Ouest, du pluvier siffleur, de la baleine noire, du protée anguillard,  du tigre de Sumatra ou de nos cousins orangs-outans…

 Le dessin bête et méchant :

Sucer aprilus(En espérant ne pas vexer Beaulieu pour qui j’ai une grande admiration…)


Peluche pansue (dépendance vs indépendance)


yukiDépendance – Yuki c’est la chatte de mon frangin. Obèse, vieille, malade, dégriffée, édentée et stérilisée. C’est l’un des fruits pourris obtenus à partir d’une laborieuse sélection artificielle orchestrée par l’homme. Son ancêtre était un petit félin tigré, un véloce prédateur de rongeurs d’Afrique du Nord. Yuki, elle, ressemble plutôt à l’odieux recouvre-boite de kleenex poilu de ma tante Thérèse. Sauf qu’au lieu d’être rose nanane, elle est «écaille de tortue», une coloration qui se prête mal à la prédation. Elle vomit occasionnellement des mottes de son extravagante pilosité mélangées à des croquettes au glutamate, lesquelles sont partiellement digérées. À la base de sa queue, zone qu’elle n’arrive plus à atteindre pour mener à bien sa toilette, ses poils virent parfois en dreadlucks dignes de Peter Tosh. Quand ça devient excessif et sans doute douloureux, Yuki a droit à un changement de look : rasée, coupe queue-de-rat avec la touffe au bout, tête de lion et bide adipeux qui ballote. D’ici quelques mois, les Homo sapiens qui l’entretiennent, à savoir mon frère et sa dulcinée, auront une petite larve. Un heureux évènement que Yuki semble anticiper avec angoisse. Petits cacas nerveux sur le lit de papa et maman, contestation fécale ou sphincter déficient? Le lieu du crime suggère la première hypothèse. Gastrique offense! Voici venue pour Yuki l’heure de l’euthanasie. La pauvre peluche pansue ne se doute pas que l’espérance de vie de ses congénères sauvages, ainsi que des renards, une espèce occupant une niche écologique similaire, excède rarement 4 ans.

IMG_1038Indépendance – Crochet, c’est un autre genre. Je l’ai recueilli avec les poules du voisin alors qu’on habitait sur l’Île de la Réunion. C’était en 2007, pendant le cyclone Gamède. Miteux, os saillants, queue croche – d’où le nom – il était misérable, mais reconnaissant. Aux Trois-Pistoles, en terres d’Amériques, le créole carnassier est au top en été. Il fait ses petites affaires, bouffe du surmulot, du campagnol, de la souris et même du rat musqué. En automne, il se tape les viscères des oies que me refile Pierre, mon pote chasseur. En hiver, névrosé car confiné par le frette extrême, il se console avec les tripailles des lièvres que je trappe et les malheureux rongeurs ayant cru bon s’incruster dans la piaule. Parfois, pendant la belle saison, il disparaît pendant des semaines. On flippe souvent, avec tous ces coyotes, les autres matous ou ces bagnoles qui roulent en malade sul’ Rang… À chaque fois qu’il réapparaît, on l’accueille comme un héros. Faut voir sa tête. Le king de la pampa Pistoloise redevient chaton, ronronnant comme un con et acceptant volontiers que les enfants le transforment en jouet. On compte alors ces nouvelles cicatrices et on fantasme ses milles et une aventures. On sait bien qu’un jour il ne reviendra pas. Et pourtant, la misère, pour nous, c’est Yuki qui l’incarne.

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Moi, raciste? Fuck you!

Le voile islamique s’est invité en campagne électorale. La question n’est pas réglée, on l’a remarqué. Une question qui détournerait d’enjeux autrement plus importants. Un Harper va-t-en-guerre qui nous la brandit tel un épouvantail pour leurrer l’électeur. Des craintes légitimes tournées en dérision par des esprits javellisés au multiculturalisme. Des amis, des militants, des familles qui se brouillent, toujours sur cette question. Et pourtant! «Laïcité», qui se souvient encore du sens de ce mot? Voici comment il s’est taillé une place dans mes neurones. Je procéderai d’un exemple vécu d’intrusion religieuse dans l’espace public, en l’occurrence une école publique prise d’assaut par les évangélistes chrétiens (histoire de foutre un peu la paix aux musulmans). Je basculerai ensuite dans l’actualité, puis aborderai l’éducation, notamment le cours d’ECR.

(Des centaines de partages sur le Site Le Québécois…. Merci de votre intérêt et de vos commentaires)

muslimquebecois aprilus

L’éveil du mécréant…

Histoires de préhistoire et regards naturalistes, c’est la science qui a d’abord fait éclater tout ça d’entre mes deux oreilles. J’avais 12 ans, on ne m’avait jamais trop matraqué de chrétienneries, mais elles étaient là, omniprésentes. À l’école, où on nous bassinait d’âneries catholiques – je me souviens d’un diaporama où l’on nous présentait le pape Jean-Paul II en ski alpin, sur fond de hard rock – on dirait du Ozzy Osbourne! me disait un pote. Bien-sûr c’était plus gentil que ce qu’avaient connu mes parents, mais ça demeurait la promo d’un placebo, un ramassis de fables grotesques issues de manipulations et de triturations pathétiquement primates. Mais voilà, grâce à Charles Darwin, les couleuvres, tritons et salamandres que je capturais et observais en terrarium avaient mis à mal cette pathologie psychique que les grandes personnes tentaient de m’inoculer. Des adultes avaient insulté mon intelligence de mioche à grands coups de ce catholicisme, qui à l’instar de toutes les doctrines monothéistes, n’est qu’un obscur méli-mélo de tout et de son contraire. «Cette voix du dedans qui fait parfois un de ces boucans», comme le chantait Ferré, n’était donc que le fruit de mon encéphale, moi, l’Homo sapiens.

bilboquet coul aprilusHors de l’école et de sa rectale pastorale, malgré nos églises désertées, les bondieuseries, perduraient (et perdurent), stagnantes et putrides, dans nos cervelles de colonisés. Je pense ici à cette saleté de culpabilité judéo-chrétienne troublant l’éveil des hormones, exécrant le plaisir, le sexe, les femmes et l’intelligence. Autant de névroses institutionnalisées et instrumentalisées glorifiant la mort, l’obéissance béate et la détestation du savoir. Une fois fait ce constat, le goût des blasphèmes n’en est devenu que plus doux pour l’ado que j’étais. D’autant plus qu’en bon boutonneux Post-Passe-Partout Québécois, je les pimentais allègrement de riffs punks et métalleux. «Clic, il fait clair, vive la lumière!1»

…et la claque évangéliste

À ce stade, je ne me sentais toutefois pas le besoin d’inscrire mon «dégoût» du religieux dans le cadre d’une lutte. Au Québec, le phénomène me semblait désarmé, voire agonisant, une affaire de vieux lobotomisés qui freakent au crépuscule de leur vie. On avait viré le catéchisme des écoles publiques, j’avais d’autres centres d’intérêt et surtout deux jeunes enfants. Pourtant, en 2005, alors que j’enseignais au Nunavik, dans le Nord du Québec, les bondieuseries sont revenues par la porte arrière : une direction d’école publique m’interdisait d’aborder le thème de l’évolution des espèces en classe. Le monde n’aurait que 6000 ans et aurait été créé en 6 jours. Les évangélistes chrétiens avaient pignon sur rue dans la toundra. Oui, ces mêmes exaltés qui mènent aujourd’hui des offensives de prières dans les tribunes du Parlement d’Ottawa et qui sont courtisés par la clique de Stifine Harper; lui-même appartenant à l’organisation religieuse évangélique Alliance chrétienne et missionnaire. Le 11 septembre 2001 n’était pas très loin derrière. Les cul-bénits, me semblaient soudainement prendre du poil de la bête, comme revenus d’outre-tombe.

doublediscour aprilusJe fus sanctionné pour insubordination, raconté par Québec Science, appuyé des milieux scientifiques et des syndicats d’enseignants, mais grossièrement harcelé par les pets secs de la Bible Belt et trahi par une certaine gauche québécoise qui se découvrait multiculturaliste (à l’époque, l’Union des Forces progressistes2). Bien que la sanction me fut retirée, la Commission scolaire cautionna publiquement la censure pratiquée par son établissement et m’accusa de ne pas respecter la culture inuite, à savoir les insanités créationnistes prescrites par les églises pentecôtistes! J’étais donc devenu une sorte de raciste, moi qui l’année précédente mangeais de la tête de castor bouillie et des tripes de caribou au sein de ma famille adoptive Crie; moi l’ancien coopérant en Amérique Centrale. Ces quolibets, la gauche à bobettes de babiche et à jupes de terre cuite me les a réchauffé lors du récent débat sur la Charte. Et aujourd’hui, ils en remettent avec cette histoire de vote à visage découvert. Mais j’y reviendrai.

Au sommet de la terre, je n’avais pas anticipé un tel bazar et je dois reconnaître que j’en suis ressorti bien «égratigné». Je me mis dès lors à me gaver des bouquins de Richard Dawkins (le pitbull britannique de Darwin), pour ensuite plonger dans les crus locaux, Guy Rocher, Normand Baillargeon, Daniel Baril, Louise Mailloux, Djemila Benhabib et plus récemment, le français Michel Onfray. Confronter les contes de fées, les sectes et autres opiums, à la rationalité, aux sciences et à l’histoire devint vite une passion. Je n’allais certainement pas tendre l’autre joue comme le mythique granole cosmique. Ce triste personnage inventé de toute pièce afin de consacrer la soumission du bon peuple; aujourd’hui, vestige anachronique et dégoulinant, cloué sur son instrument de torture, bien en vue à l’Assemblée Nationale.

Fustiger la connerie made in Quebec à coups de crayon, façon Charlie…

Depuis, toutes griffes dehors, je buzze à célébrer l’absurdité du monde à renfort de second degré, d’insolences et de vulgarités qui ne sont gratuites qu’en apparence. L’humour noir et la satire c’est l’exutoire qui m’empêche de poser des bombes et d’entartrer les politiciens véreux. C’est mon antidote à l’écrasante bien-pensance des gonades molles qui flageolent, l’arme non aseptisée qui fustige les pilleurs environnementaux, l’avidité obscène des crapules, les fachos, les mysos, les homophobes, les fédéralistes coincés du cul et bien sûr les gourous de tout acabit. Ah! Ces fonctionnaires de Dieu! Intarissable terreau à bêtises, infinie source d’inspiration! Ridicules clowns costumés, fantasmant la mort, dérobant son caractère indubitable à des fidèles qu’ils enfument pour mieux régner, pour les détourner de leur vie, la seule qu’ils auront pourtant jamais.

extremiste ababord

…À bâbord

Je veux secouer les puces de cette «nouvelle gauche québécoise» qui me donne de l’urticaire. D’abord pour sa laïcité mitée d’adjectifs creux et relatifs, mais aussi pour son indépendantisme mou et mortifère. Lorsqu’en 2005, timidement sur son site officiel, l’UFP emboîta le pas à mes détracteurs, je comprenais qu’un cancer avait fait son nid dans ma famille politique : le multiculturalisme. Désormais, chez Québec Solidaire, en chœur avec le Parti Libéral, il est de bon ton de cautionner l’intolérance inhérente aux religions sous prétexte de «tolérance» et sur fond de culpabilisation de la société d’accueil. La démocratie au service de l’anti-démocratie. On s’adresse aux minorités comme à des imbéciles, on les flatte et les encourage à l’auto victimisation plutôt qu’au débat et à la rationalité. Même approche avec les indiens et les inuits : à go-gauche, on est les amis des bons sauvages, on «stéréo-typise» : sur fond de tam-tam, on se met des plumes au cul, de l’igunaq3 entre les oreilles et on offre l’exclusivité de tribune aux plus cons d’entre-eux. «LES musulmans, LES juifs, LES indiens, LES schtroumphs…» Une connerie qui mène droit aux communautarismes et à la fragmentation. Lors des dernières élections provinciales, l’accusation d’électoralisme, pas forcément infondée, fut balancée à la pelletée à l’endroit du PQ et de sa Charte de la laïcité. Il vaut pourtant parfois mieux regarder le reflet de sa propre gueule avant d’aboyer. Qui donc QS voulait-il séduire en embrassant le multiculturalisme?

Bien sûr, pour les mauvaises raisons, des fachos se sont greffés à ce projet de Charte, fondamentalement progressiste. C’était exaspérant, d’autant plus qu’un flou malsain a été entretenu par les Péquisses. Mais les apôtres théocratiques du surnaturel, de l’homophobie et du machisme, les Charkaoui et compagnie, ils étaient aux côtés de cette gauche métamorphosée, ils militaient en leurs rangs. Et au final? On a rien du tout. On a Couillard et ses couillons qui coupent. Point de balises, une merde législative liberticide sur le discours haineux (loi 59), que des cloisons qui s’érigent… Et du provincialisme Cana’ien en prime.

Ces 91 % de Québécois…

Garderie aprilusAujourd’hui, quand des citoyens «ordinaires» font part, parfois maladroitement, de leurs inquiétudes quant à l’Islam, ils sont nombreux, au sein de cette «gauche» coupée du peuple et chez les fédéralistes, à associer ce qui constitue la majorité des québécois à des fachos de base. Et pourtant, à la lumière des nombreuses expériences multiculturalistes virées en fiasco, de ces images de décapitations, de lapidations, de destructions de trésors patrimoniaux, de mariages forcés, de persécutions en tout genre et depuis la tuerie de chez Charlie Hebdo, CES CRAINTES SONT LÉGITIMES. Les balayer sous le tapis contribuera assurément à envenimer la situation, laquelle pourrait effectivement dégénérer en racisme primaire. Distinguer l’islamiste exalté du type qui prie peinard sans emmerder tout le monde, ce genre de type qui, en Syrie ou en Irak, est la première victime de Daech; discerner l’extrême moron du paisible croyant,  finira par devenir plus ardu pour le citoyen moyen. Les gens, ils n’ont pas toujours raison, mais il faut les écouter avant qu’ils ne pètent une coche. C’est vexant ne pas être écouté. Lorsque Mitterrand s’est recentré, voire droitisé, suivi de ses successeurs «socialistes»; lorsque les résultats du référendum français sur la Constitution Européenne ont été balayés du revers de la main par Sarkozy le nabot, pour ne citer que ces exemples; il y avait matière à être vexé. Et c’est un peu pour ces raisons que le Front National est à 30% aujourd’hui. Un parti xénophobe jusqu’au tréfonds de son histoire, qui glane des recettes altermondialistes inventées par «des gauches bien splittées entre-elles» et qui capitalise sur l’arrogance des grands partis, sur les trahisons dont ils sont porteurs, pour se présenter comme le seul vecteur de changement.

Depuis quelque temps, des déclarations de Marine Le Pen, la fille du monstre, dégoulinent jusqu’ici, au Québec. Des petits clips Youtube ça et là. Une saveur étonnamment gauchisantes. Dès qu’on gratte, ça pue. «Ça schlingue grave»! Suffit de zyeuter le CV des pourceaux qui se terrent derrière le nouvel emballage du FN. Au Québec, le terreau susceptible de recevoir ce purin fasciste, à mon humble avis, ce sont les multiculturalistes qui le préparent, inconsciemment. C’est pas les gars comme moi!

Construire un espace commun neutre, c’est quand même pas la mer à boire… Ah merde, j’oubliais! Nous sommes un peuple conquis, inféodé à Ottawa… Rien n’est simple dans notre posture. La preuve : les présentes élections fédérales. Un pallier gouvernemental de conneries supplémentaires! Entre les prouesses d’Harper, le tacticien véreux, et les stépettes du monstre bicéphale NPD-PLC, on se fait encore bassiner par les têtes de nœud du Fédéral. Il faut retrouver notre liberté, qu’on s’administre enfin nous même. Au plus criss.

etui penien aprilusIl y a mieux à faire à l’école…

Mes mots, mes dessins, bien que parfois grossiers, ils sont aussi pour mes enfants, Arthur et Zoé. Car entre la fin du catéchisme et le retour du religieux à l’école, via le mal nommé cours d’Éthique et Culture Religieuse, aucune génération n’a eu le temps de passer. Les bondieuseries demeurent incrustées et sournoises. Emballées d’un multiculturalisme canadien éructant l’assujettissement pernicieux de l’État au religieux, de la communauté à l’individu, bref, l’apologie de l’accommodement raisonnable. On invite aujourd’hui nos gamins à découvrir les sectes à succès comme les mets d’un inoffensif buffet : all you can eat, stick to the cultural origin of your parents! L’athéisme y passe à la trappe. Meslier, Holbach, Feuerbach, Nietzche, ces pionniers qui n’avaient pas le cul entre deux chaises, sont évincés par l’inventaire puéril des lieux de cultes qui parsèment la province. Exit : les Croisades, l’Inquisition, les bûchers, les autodafés, les fatwas islamiques, les théocraties, les écoles résidentielles indiennes et aborigènes, les scandales de pédophilie, l’islamisme politique, l’obscurantisme, le démontage rationnel des mythes, leurs incohérences, le fantasme d’un peuple se croyant élu, les rituels religieux soumis à l’approche évolutive et dépeints en simples dérivés de mécanismes cognitifs«nécessaires» à la vie sociale, le climato-scepticisme des nouveaux prédicateurs de l’apocalypse, etc. Que nenni. Les commissaires Bouchard et Taylor servent à nos gamins une bouette infâme dépourvue de perspectives historiques, philosophiques et scientifiques. Ils cuisinent l’idéologie multiculturaliste. Définitivement, il y a mieux à faire à l’école.

Et puis, qu’on cesse enfin de financer les écoles confessionnelles, bien trop souvent obscurantistes. D’ailleurs, c’est aussi le seul bon point qu’avance Québec Solidaire dans ce dossier.

Buffet aprilus

Aménager le vivre ensemble

Athées, ne soyons plus complexés, faisons taire tous ces faux-culs aux mains ensanglantées qui prétendent que seule la religion est vecteur de morale. La sélection naturelle a retenu l’altruisme et l’empathie chez les hominidés et ces attributs sont au cœur même de notre succès évolutif. Réclamons la lumière, démythifions publiquement les fables surnaturelles, combattons les intrusions religieuses et bâtissons une éthique post-chrétienne axée sur le vivre-ensemble dans le monde réel.

Et puis, let’s «tax the fuck out of the churches», pour reprendre Frank Zappa. Ça suffit les conneries!

Baptisés païens et croyants écœurés des institutions, je vous invite à faire acte d’apostasie, pour la beauté du geste, pour ne plus faire partie des statistiques et envoyer un message aux saintes sangsues embusquées.

Les pieux, je vous convie, sans mépris aucun – puisque je le réserve aux gourous et autres marchands d’arrière-mondes – à bien mesurer pour vous, pour nous tous, les indéniables avantages d’un Québec laïque et pluraliste. Une garantie que la religion ou l’athéisme enragé (oui oui!) des autres n’étouffent pas ce droit fondamental et personnel qu’est votre liberté de culte. Une garantie d’intégration paisible par le biais d’un espace commun neutre.

La laïcité, surtout, c’est pour que les enfants qui naissent au sein d’une tradition qu’ils n’ont pas choisi sachent que des fenêtres existent, que le monde est plus complexe qu’il n’en a l’air et qu’ils peuvent choisir la forme de spiritualité qui leur convient, quelle soit religieuse ou pas.

Sur ce, vaut mieux en rire que de s’en crisser! Vive le droit au remue-méninges via le blasphème! Car les religions sont des idéologies comme les autres, elles ne sont sacrées que pour ceux qui y souscrivent, et encore à différents degrés. J’adhère pleinement à la maxime des Zappartistes : rire est une si jolie façon de montrer les dents. Et c’est ce que je m’efforce de susciter en vous, convaincu que le grotesque des accommodements, ridicule avant même d’être caricaturé, ne fait pas sourire que dans les rangs des mécréants mais aussi parmi les croyants.

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1-Référence à Passe-Partout, emblématique série de télévision québécoise pour les enfants de la décennie 80…

2-L’UFP fusionna en 2006 avec l’Option Citoyenne de Françoise David pour former QS.

3-Bloc de gras, de viande et parfois de viscères de morse faisandé du printemps à l’automne arctique puis congelé en hiver. Il est consommé par les inuits qui le considèrent comme un délice.

Note : Oui, l’étui pénien, koteka ou horim ça existe, suivez le LIEN.

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QS & accomodements coul Dj

 

 

 

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Deux rockstars, un gourou et des mots

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Quel plaisir!

Quel bonheur que de se foutre de la gueule du Grand Schtroumph papal costumé! Et aucun risque de me faire trouer la peau par un commando d’intégristes en soutanes! Et la gauche communautariste? Me traitera-t-elle de christianophobe raciste? Mheuuuu non! Mais attention!!! Pas touche aux papillotés et aux barbus! «Eux» c’est pas pareil! «Eux» c’est les zautres. «NOUS», c’est les cathos.

Reliquat catho au service du multiculturalisme

C’est ce qu’affirmait il y a deux semaines, le plus sérieusement du monde, une fade formatrice d’enseignants en «éthique et culture religieuse» (en un lieu dit «rural» dont je tairai le nom, précarité exige). Devant l’expression de mon indignation, des collègues se sont empressés de souligner que dans leur classe, tous les lardons étaient baptisés. Superbe! Les bœufs sont lents, comme disait Falardeau… Ceci étant dit, n’allez pas croire que dans l’arrière pays, ces matantes sont la normes. Nombreux sont les enseignants qui sont agacés par le contenu de ce cours associant l’éthique à de notoires placébos dont l’histoire a été outrageusement aseptisée. Entendons nous, ce cours n’est rien d’autre qu’un reliquat de catéchisme pimenté de bondieuseries «exotiques», l’un des nombreux moyens mis en œuvre pour communautariser le Québec et faire croire au bon peuple que la quête de sens n’est possible qu’en adhérant à une secte homologuée.

À mes zamis zincluzifs – d’un artisse superbement anonyme

mere theresa coul DjIl y a deux semaines, Roméo Bouchard écrivait un texte pertinent sur un ton fort respectueux intitulé «À mes amis de la gauche». Une critique adressée à l’une des expression politicienne de la gauche québécoise, Québec Solidaire. Eh ben, le monsieur, il s’en est pris plein la gueule! La candidate déchue de QS à Rimouski, par ailleurs fort sympathique, n’a pas apprécié que l’on s’en prenne à sa secte. Elle y est donc allée d’un pitonnage compulsif, espèce de fourre-tout, complètement à côté du propos, un genre de discours électoral truffé de copier-collers (références à l’appui) et de pleurnichements quant au traitement médiatique injuste qui serait réservé à son parti. Le tout couronné d’un titre inapproprié qui se voulait ironique : «à mes amis cyniques».

Ce ne sont pas les propos de Roméo qui m’intéressent ici, mais l’attitude de cette gauche politicienne, somme toute classique. Ce sont ses sympathisants, et non pas les parvenus de la CAQ et les «jeunes-vieux du PLQ qui m’agressent pour mes propos de «laïcard intégriste». Et ça, ça m’énerve, moi l’indépendantisse, environnementalisse au tréfonds de la moelle, moi, l’escogriffe aux deux pieds solidement plantés à gauche.

trinité aprilusCeux qui me connaissent savent que j’ai été happé par cette lutte contre les intrusions religieuses pour des raisons bien personnelles. Je crois que les accommodements raisonnables sapent l’intégration des immigrants et souillent le principe de laïcité; deux idées bénéficiant d’un fort soutien populaire. QS et le PLQ baratinent qu’il s’agit là d’une manifestation d’intolérance, semant à tout vent des accusations d’islamophobie. Curieux… Traditionnellement, à gauche, on analyse les évènements de manière sociale. Aujourd’hui, les moutons mélaniques bleachés de QS procèdent d’une lecture ethnique, pour la plus grande satisfaction des extrémistes.

 

Donc. Amis granoles solidaires qui êtes concernés, votre ardeur à me faire chier quand je cause de laïcité m’exaspère; tout comme les adjectifs creux que vous accolez à la laïcité. Votre zèle à nous spliter et à nous condamner au PLQ à perpétuité me met en pétard.

Et il y a aussi cet ORANGE, cette ostie de couleur que vous partagez ouvertement avec le NPD (parti fédéraliste et centralisateurs incapable d’assumer le mot socialisme). Sachez que c’est aussi le nom du l’agent défoliant de Monsanto. Celui qui fut balancé par les Ricains sur la gueule des Viets. Eh ben, visiblement, avec votre sacro-sainte ligne de parti, cette partisanerie fratricide, vous avez en commun cette fâcheuse tendance politicienne à tout cramer autour de vous.

Et là, malgré le pathétique de mon anonymat fermier, avec une autosatisfaction aussi assumée que la turgescence d’une bite gorgée d’amour; en une bienheureuse giclée de laitance rurale, je proclame haut et fort à tous ces «zislamo-zincluzifs misérabilistes» que je ne me soucie pas exclusivement de laïcité et d’indépendance! JE SUIS UN GENTIL! La preuve :

granolesI do care a lot about…

Les mesures d’austérité, la concentration des médias, les effets génétiques des rayonnements ionisants, la financiarisation du vivant, la giardiose, le nucléaire, les multinationales véreuses, la destruction des milieux humides, les pesticides, les OMG, les protées anguillards, la malbouffe, l’exode rural, les nanotoxiques, l’arraisonnement de la finance, de la répartition des richesses et du mode de production, l’exil fiscal, l’obscène enrichissement des oligarques, les abeilles, les intrusions du privé dans le système de santé, le pillage des ressources, l’éducation, la santé, le viol des femmes autochtones, la militarisation, les politiques belliqueuses des Conservateurs, les radios poubelles, l’agriculture biologique, les intrusions publicitaires, l’hyper-sexualisation, la masturbation intellectuelle élitiste, l’homophobie, le contrôle des armes à feu, la constituante, la gratuité de l’éducation, la face de pet d’Éric Duhaime, la répartition de la richesse, les gaz à effet de serre, le sexisme, l’exploitation du pétrole et des saletés fossiles, l’insignifiance culturelle institutionnalisée et médiatisée, les peuples indigènes, les impérialismes, les hémorroïdes, la corruption et la collusion, la croissance illimitée, la gueule d’ange du fils de l’autre, l’électrification des transports, la légalisation de la marijuana, l’encéphalite spongiforme bovine, les banlieues parisiennes, l‘éducation, la protection des écosystèmes, le commerce équitable, le revenu minimum garanti, la surconsommation, la concentration et la délocalisation des activités de production et de transformation entre les mains de multinationales apatrides, les maquiladoras, les rénovations du bureau de Jean D’amours le twit qui veut toujours être sur la photo, la marchandisation du vivant, les semences ancestrales et rustiques, la désintégration des territoires et des collectivités qui les habitent, les morpions, la liberté d’expression, les marées noires, les régimes de concession des ressources pour quelques emplois, les mines anti-personnelles, la tauromachie, le suif du gros Barette, l’exil des profits provenant de l’exploitation des ressources territoriales et leur fuite vers l’étranger au lieu de servir au développement des populations, le chikungunya, le néocolonialisme, les travailleurs clandestins, les polluants organiques persistants, la démocratie territoriale, le chômage, la réappropriation des ressources naturelles, l’anémie artistique médiatique, l’eau, l’énergie marémotrice,la trichinellose, l’aménagement du territoire, TAFTA, la torture, le terroir et le patrimoine, le pillage, le gaspillage, la maladie de Lyme, le machisme, la restauration de la souveraineté des collectivités territoriales, les ongles incarnés, l’obscurantisme idéologique traduit en politiques conservatrices, l’intégration des immigrés, le racisme, la mysoginie, la vente d’armes, les coups d’État financiers, les zapatistes, les grandes compagnies, les pluies acides, pharmaceutiques, ebola, l’intégration des élèves en difficultés d’adaptation et d’apprentissage, le réchauffement climatique, la liberté des Palestiniens, Idle no more, la fracturation hydraulique, la dette grecque, le fichage des internautes (ACTA), la destruction des forets vierges et des récifs coralliens, les Pussy Riots, la malaria, la désertification, le réchauffement climatique, le viol, la sécurité alimentaire, le trafic sexuel, les éléphants, Anticosti, les mutilations génitales, les ambitions de Transcanada, la fièvre aphteuse, les élevages industriels, etc.

Oh, its a dirty job but someones gotta do it! Oh, its a dirty DRAWING but someones gotta DRAW it now!

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Le pâté chinois anthropologique

pate chinois aprilus - suite

Eh, les tizamis, pas besoin d’expliquer c’que c’est qu’le second degré j’espère… Alors, trouvée la femme? L’était en bas. Comment, vous aviez cru que c’était une ruche?! Mais non, l’était sous la burqa la dame!!!

Ci-dessous, un dessin de Régis Labeaume rebidouillé pour la revue À Bâbord!

Regis Labeaume aprilus

Pssst, le trio d’enfer, un projet en gestation qui va brasser la cage avec Aprilus Dominique Malacort et Félix Charbonneau :

triodenfer aprilus

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Rough translation for my friends up North…

Game – A woman hides on this page. Find her.

Title : The anthropological sheperd pie

Tell me what do you eat and I’ll tell you who you are.
In Quebec, shepherd pie is eaten from Ivujivik to Granby, from Blanc-Sablon to Ville-Marie.

English : The English, paternalistic oligarch, in his top class beef.

Indian : The infantilized savage, stuck in his emblematic corn, between both fuckers.

French : The white nigger of America, in his mashed potatoes, food of the conquered poor man.

And not to offend customers of the Liberal Party and the compassionate and individualistic fringe of Quebec Solidaire, here’s few ethnic ketchups that give luster to our national meal…

Aprilus says : « This is the ketchup which accommodates with the meal – and not the opposite »

The islamist says : « racist » but thinks « fagot, misbeliever… »

 

D’hiver

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Bienvenue chez les vieux

(Trois-Pistoles et environs)

– par un artisse narcissik, comme savent si bien l’être les artisses –

 

Patelin(s) anémique(s), abiotique(s), pogné(s) entre deux pôles.

Icitte on mange mou*, on vomit du jeune.

On mouline fort pour tuer la différence, aseptiser et homogénéiser la marmaille.

«Sus aux mutins, mutons les mioches en moutons, puis en clients!»

Quitte à en sacrifier le tiers sur l’autel d’une école molle.

Icitte, tu rentres dans l’rang, tu t’unidimensionnises ou tu scrames.

Icitte, tu parles pas, t’écris pas, t’as peur pis tu baves ou tu crames.

Tu votes Libéral, pour ta «région au pouvoir» ou un produit local fade et fardé.

Icitte, t’as des granoles à couvârtes qui virent consanguines, aigries ou pire, canadiennes;

Des graines d’ananar’ qui broient du noir parmi les doryphores, les frappe-à-bords;

Pendant qu’les bœufs font crisser leurs pneus…

 

«Oui mais… moi y’en a pas être tout à fait étranger!»

«Suis des vôtres! Mon pépé l’est d’ici, l’est du terroir!»

On s’en câlice : «l’a quitté, l’a coupé, toi y’en a être énucléé».

«Néochose!»

 

Quelle ironie de se sentir chez soi au cœur d’une réserve indienne. Là ou l’asphalte arrête, au fond d’la Baie James. Être souhaité, pas au compte-gouttes. Adopté par un peuple aux plaies pourtant béantes. Devenir Eeyou, sur une terre conquise, écrasée et annexée ou tu ne peux ethniquement pas voter.

Quelle misère de quémander, étranger sur la terre de l’ancêtre. Greffe qui pogne pas, qui suinte pis qui souffre. Délit de faciès. Fiché, excommunié, controversé, isolé, roté… avant même d’avoir mordu. Puis t’assumes, tu te lâches, tu t’exprimes. L’art antibrouillard ça transgresse, ça stresse, ça fesse, forcément.

Chapeau les guerriers, les diplomates. Y’en aura pas de facile. Vous êtes des lucioles. Des phares.

Moé, d’la marde, c’pas icitte que je plante ma tente.

À moins que…

Et merde!

 

*Le «mangé mou», c’est de VLB…

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